jeudi 3 juillet 2014

dernière lecture : Le libraire

de Gérard Bessette

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1,5 etoile

Présentation de l'éditeur :
Le personnage principal du Libraire est une espèce de Meursault, la candeur en moins, le sarcasme en plus, mais tout aussi indifférent à ce qui l’entoure. Il s’appelle Hervé Jodoin, il a perdu son emploi de répétiteur au collège Saint-Étienne, à Montréal, et il est prêt à accepter n’importe quel boulot, du moment qu’il y ait peu à faire et qu’on le laisse tranquille. Quand, au bureau de chômage, on lui propose un travail de commis dans la librairie d’un petit village, Saint-Joachim, à plusieurs heures de la grande ville, il n’hésite pas : “Saint-Joachim ou ailleurs, je m’en balançais.”
Présenté sous forme de journal intime, comme l’était L’Étranger, Le Libraire est le récit à la première personne de la nouvelle existence de Jodoin, coulée dans une morne routine – les jours passés à la librairie Léon, les beuveries solitaires à la taverne chez Trefflé où il enfile “une moyenne de vingt bocks par soirée”, les dimanches, mortels, où pour tuer le temps, il a commencé ce journal. Une existence d’une parfaite uniformité que des événements viendront bientôt perturber, des “événements qui, eu égard à la monotonie de [sa] vie, méritent l’épithète d’importants”. Cela commence quand son patron, monsieur Chicoine, lui révèle avec des airs de grand conspirateur l’existence du “capharnaüm”, un réduit fermé à double tour où sont cachés “des livres à ne pas mettre entre toutes les mains”. Tout déraille le jour où un jeune collégien à qui Jodoin a refilé en douce L’Essai sur les mœurs, d’Arouet, décide de dénoncer l’existence du capharnaüm. Le curé s’en mêle, c’est la pagaille à la librairie Léon, et Saint-Joachim au complet est en émoi.
Paru en 1960, ce deuxième roman de l’auteur de La Bagarre dénonce l’hypocrisie du clergé qui mettait à l’index toute œuvre n’étant pas jugée édifiante, mais aussi ceux qui “collaboraient” en jouant le jeu de l’autorité ecclésiastique. Intimement lié à l’essor de la littérature québécoise pendant la Révolution tranquille, Le Libraire est devenu un classique qui continue d’être étudié dans les programmes d’études littéraires. --Marie Claude Fortin 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Voici un texte très bien écrit. Pas très long.
Donc je dirais plutôt facile à lire.
L'homme qui se raconte ici (il s'ennuie tellement qu'il a décidé d'écrire son journal, juste pour passer le temps...) est un être odieux, solitaire, désolant. Il le sait. Il n'attend plus grand chose la vie, et pourtant il s'amuse de tout. 
C'est ça qui est comique, je trouve (même si le roman ne l'est absolument pas !) : cet oeil critique d'un homme qui ne craint personne, ne doute de rien, observe tout de son regard désabusé. 
Un expérimentateur ? Un joueur ?
Une cloche...

Morceaux choisis :
"Il est étonnant comme le temps passe vite quand on ne fait rien. Pourvu qu'on ne soit pas libre. J e veux dire pourvu qu'un "devoir" vous force à rester en place. Autrement, ça  ne tient plus. Ainsi moi, si je n'étais pas obligé de travailler à la librairie Léon pour gagner ma vie et qu'on me demandât de passer des heures d'affilée perché sur un tabouret,  j'en serais complètement incapable."
"Selon moi, un lecteur sérieux, c'est celui qui lit consciencieusement les livres qu'il achète, moins pour passer le temps ou pour y découvrir des obscénités que pour y chercher des idées, des théories, des critiques, peut-être contraires à ses propres conceptions, mais susceptibles de le faire penser."

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vendredi 27 juin 2014

bientôt, la plage

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bague-galet
(assez énorme...)

et le collier, pour aller avec...

2014-060CollierLeBruitDesVagues

Créations en pâte polymère
une autre vue ici (clic)

 

Une création récente 
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mercredi 25 juin 2014

dernière lecture : La petite communiste qui ne souriait jamais

de Lola Lafon

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :

Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques ?
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman-acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman
En ouvrant mon blog, je n'avais nulle intention de raconter ma vie. Seulement voilà : il y a toutes ces lectures, qui me bousculent, qui me ramènent souvent à mon vécu, mes émotions les plus fortes. Alors comment ne pas en parler...
La gym ? J'ai passé jusqu'à 18 heures par semaine dans une salle de sport, spécialisée gym. Souvent, j'en rêve encore la nuit : de vrilles, d'enchaînements de flips au sol, de sauts enjambés les plus "envolés possibles" sur la poutre et encore mille autres acrobaties imaginables. Des sensations de liberté et d'envol. Pour moi ? Le bonheur absolu. Le risque. L'adrénaline. Et puis le partage de tout ça avec les plus petites (dès 5 ans !) qui rêvaient de faire pareil... Un jour, je suis devenue leur "monitrice". Elles progressaient à vue d'œil. Je les adorais. Elles m'aimaient.
C'était un autre monde. Mon monde : celui de la performance (évidemment !), du dépassement de soi, du partage, et du rêve. J'avais trouvé une deuxième famille, qui m'équilibrait. J'adorais mon entraîneur, qui pouvait tirer le meilleur de moi, mes "petites", l'odeur de la salle, les regards inquiets et admiratifs des autres gymnastes... même si je ne ressemblais pas exactement à la gymnaste modèle (cheveux courts et tâches de rousseur...). 
Un jour, j'avais vu Nadia à la télé. J'ai tout de suite eu envie de faire comme elle, de lui ressembler. C'est certainement pour ça que ce roman a si fortement résonné en moi. Avec lui, tout ce (long...) chapitre de ma vie est remonté, en bloc.
Même si, oui, le corps de femme qui ne colle plus (du tout !), les plus jeunes qui nous surpassent trop vite (c'est la loi : en gym, à 20 ans, tu peux ranger tes maniques...), la vie qui nous rattrape. L'exigence du geste parfait.
Mais dans ce roman, tout de même un choc (un électrochoc serait plus juste) : l'Est. J'en étais restée à l'image reçue, idéalisée : Nadia virevoltante et heureuse. Parfaite. Jamais je n'aurais imaginé la suite. Pourtant je savais, je crois, plus ou moins. J'ai préféré éluder encore. J'ai du mal, même maintenant, à me dire que cette histoire (je veux dire la suite de son histoire...) est vraie.
Aujourd'hui, Nadia Comaneci est devenue une cinquantenaire magnifique et sereine. Souriante ! Elle mérite tout cela, je crois.
Ce roman est un coup de pied dans la fourmilière. Il te réveille vite fait. La Roumanie des années 80 ? C'est pas juste un joli justaucorps immaculé et les pirouettes d'une jolie poupée montée sur ressorts, ma jolie ! ...Ni d'ailleurs les jolis roulements de "rrr" absolument inimitables et irrésistibles de ma copine Mihaela ;) : il y a les bonus. 
Et ils sont, je trouve, plutôt indigestes.

 

Morceaux choisis :
"Du jamais vu, la perfection est de ce monde".
"Les roumaines sont des chiots à qui on lance des épreuves, elles rapportent et servent l'Etat. On est dans la géométrie, le calcul."
"Chez nous, on n'avait rien à désirer. Et chez vous, on est constamment sommés de désirer."
"Aujourd'hui, on peut tout dire, félicitations, seulement personne ne nous entend".
"En 1989, ont-ils donné leur vie pour que nous ayons plus de Coca-Cola et de Mc Donald's ? Ont-ils donné leur vie pour que nous devenions esclaves du FMI ? Sont-ils morts pour que nous nous enfuyions toujours plus loin de cette Roumanie qui ne peut nous offrir une vie décente ? Morts pour que des milliers de personnes âgées dorment dehors et meurent de froid ? (...) En 1989, ils ont donné leur vie pour notre liberté. Ce fut leur cadeau de Noël."
"Le dernier qui quitte le pays éteint la lumière en sortant, dit-on à l'époque".
"Je ne vais pas tourner le dos à ce qui me fait peur. Je fais face, parce que la seule façon d'échapper à ma peur est de la piétiner".
"Je rêvais de liberté, j'arrive aux Etats-Unis et je me dis : c'est ça la liberté ? Je suis dans un pays libre et je ne suis pas libre ? Mais où, alors, pourrai-je être libre ?"

 

***

Il y a un film sur la vie de Nadia Comaneci, un peu "cucu", peut-être...
assez proche de la réalité, pourtant... :

Et puis les jeux olymiques qui ont fait de Nadia Comaneci un mythe vivant...

 

Enfin, ce petit clin d'oeil, parce que cela m'a tellement fait rire !
(...et en musique, s'il vous plaît...)

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mardi 24 juin 2014

bijou d'été

Pour ce bracelet, j'ai tenté un nouveau montage
(perles disposées sur câbles métalliques, qui rendent la structure du bracelet rigide).
Et, pour un fois, je suis vraiment contente du résultat.
Et vous, qu'en pensez-vous ?

2014-054BraceletLeBruitDesVaguesV2

Création en pâte polymère
et perles de rocailles

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lundi 23 juin 2014

sur l'eau

Un bateau est conçu pour aller sur l'eau,
mais l'eau ne doit pas y entrer.
De la même façon, nous sommes conçus pour vivre dans le monde
mais le monde ne doit pas nous envahir.

Sathya Sai Baba

DSC02257

photo mai 2014

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dimanche 22 juin 2014

dernière lecture : Le cercle des loups

de Nicolas Evans

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Hope, petite ville du Montana, est en ébullition. Un loup a dévoré un chien, celui de la fille de Buck Calder, une des personnalités les plus en vue de la localité. La vieille querelle qui oppose les éleveurs, qui se sentent menacés, et les défenseurs des loups est à son paroxysme.
C'est à ce moment qu'arrive Helen Ross, jeune zoologiste de 29 ans, chargée par le service de protection des loups de capturer les animaux pour les munir de colliers émetteurs. Les éleveurs, avec à leur tête Buck Calder, s'opposent à cette mission, sabotent le travail d'Helen et abattent les loups qui s'aventurent sur leurs terres.
Helen trouvera en Luke Calder, fils de Buck, un précieux allié mais elle devra affronter la haine de toute une communauté qui se chargera de lui rappeler que l'homme est parfois un loup pour l'homme.

Mon sentiment au sujet de ce roman
C'est un roman que j'ai adoré. Je me suis complètement immergée dans cet univers "western", dans ces immenses forêts du Montana, dans l'ambiance générale du roman, que j'ai dévoré en deux temps trois mouvements. En prenant parti, évidemment, puisqu'ils étaient les "gentils-héros-de-l'histoire", pour les défenseurs des loups, hommes solitaires et engagés, passionnés et surprenants...
C'est assez irréfléchi, comme attitude. Parce qu'il ne faut pas croire que la réintroduction des loups est quelque chose d'anodin. 
Je commentais ma lecture, dimanche dernier, lors de notre repas familial dominical, et mon beau-père s'est crispé. C'est un homme qui, par son travail côtoyait les bûcherons du coin, les hommes des bois en général. Il adore la forêt et la connaît bien... Il la respecte. Des loups ont été réintroduits voilà quelques années dans les Alpes, arrivant jusque dans le Vercors, et se sont pas mal régalés du bétail des alpages. Ils ne sont pas du tout aimés des bergers, et n'ont pas intérêt à se montrer, si j'ai tout compris...
Et puis le loup est encore une des grandes terreurs de l'homme. En tout cas, moi, je détesterais en croiser un sur mon chemin !
Sujet sensible...
que j'ai trouvé très bien traité dans cette très belle aventure !

Morceaux choisis :
"Dan Prior ne croyait ni à Dieu ni à Diable. Dans le meilleur des cas, il considérait la foi comme une barrière qui empêche de comprendre la vie, un alibi qu'on se donne pour ne pas avoir à affronter la réalité. Quand les choses prenaient mauvaise tournure, il lui semblait plus sage de tâcher d'y remédier par ses propres moyens que d'en laisser le soin à un être aussi inconnu que mystérieux, qui ne répondait pas forcément aux appels qu'on lui adressait".
"Le coeur, il vaut mieux ne pas trop s'y fier, c'est un organe plein de duplicité".
"L'absurdité de la prison des autres est toujours plus facile à voir".
"Dan me disait, l'homme est un prédateur, il ne faut pas qu'on perde le contact avec ça. Il disait que le problème numéro un de l'espèce humaine était de s'être coupée de sa vraie nature".

 

***
J'ai trouvé un site très intéressant qui traite du sujet des loups, en France. Pour les curieux, c'est par ici.
Et un autre, plus engagé pour la défense des animaux sauvages : là (clic).

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samedi 21 juin 2014

tout un monde


2014-051BouclesLeBruitDesVagues

Boucles d'oreilles en pâte polymère
avec serti en perles de rocailles

technique détaillée ici.
Je vous remercie de citer votre source si vous décidez de vous servir de ce tuto !   ;)

 

***

Pour les petites curieuses :
une photo de ces bijoux portés

2014-051BouclesLeBruitDesVaguesPorté

 

Enfin, voici encore deux autres paires de boucles d'oreilles,
également réalisées depuis cette même plaque de hidden-magique
(beaucoup plus petites que celles du haut !)

2014-052BouclesLeBruitDesVagues

2014-053BouclesLeBruitDesVaguesV2

 

 

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lundi 16 juin 2014

dernière lecture : Le sel de la vie

de Françoise Héritier

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
" II y a une forme de légèreté et de grâce dans le simple fait d'exister, au-delà des occupations, au-delà des sentiments forts, au-delà des engagements, et c'est de cela que j'ai voulu rendre compte. De ce petit plus qui nous est donné à tous : le sel de la vie". 
Dans cette méditation tout en intimité et en sensualité, l'anthropologue Françoise Héritier traque ces choses agréables auxquelles notre être profond aspire, ces images et ces émotions, ces moments empreints de souvenirs qui font le goût de notre existence, qui la rendent plus riche, plus intéressante que ce que nous croyons souvent et dont rien, jamais, ne pourra être enlevé à chacun.

 

Mon sentiment au sujet de ce recueil :
100 "toutes petites" pages avec juste une liste d'innombrables "détails" : ceux qui, justement, font toute la différence. 
Ces toutes petites choses de la vie qui lui donnent toute sa saveur : la caresse du vent sur la peau, l'odeur de la terre quand la pluie commence à tomber, le sourire d'un inconnu croisé en chemin, la forme particulière d'un nuage...
Ce recueil donne envie ...de vite attraper nous aussi un petit carnet et y noter tous ces moments fugitifs, si vite oubliés, et pourtant tellement précieux qui, mis bout à bout, font la beauté de notre existence !

 

Morceaux choisis :
"Le monde existe à travers nos sens avant d'exister de façon ordonnée dans notre pensée et il nous faut tout faire pour conserver au fil de l'existence cette faculté créatrice de sens : voir, écouter, observer, entendre, toucher, caresser, sentir, humer, goûter, avoir du "goût" pour tout, pour les autres, pour la vie."
"Ce livre plaide pour que nous sachions reconnaître non pas simplement une petite part ingénue d'enfance, mais ce grand terreau d'affects qui nous forge et continue sans cesse de nous forger, êtres sensibles que nous sommes."

Et puis ses petits moments, à la Prévert, où je me retrouve, parfois :
"Faire siffler un brin d'herbe entre ses doigts et ses lèvres,
entendre la vache de Moelan,
caresser la peau douce et flétrie des mains d'une vieille dame,
appeler sa mère "ma petite mère", sa fille "mon trésor", son mari "mon coeur" et ressentir pleinement la justesse de ces appellations, 

ouvrir une lettre le coeur battant,
prédire qu'il pleuvra le lendemain à la position des rayons du soleil couchant,
donner solennellement du "Monsieur" à un adolescent,
tomber en extase devant une couleur si juste,
sautiller avec Charles Trénet et regarder avec Yves Montand les jambes de la demoiselle sur une balançoire,
appeler avec un frémissement interne par son prénom quelqu'un que l'on vénère et qui vous en a prié,
s'éveiller dans Paris avec Jacques Dutronc,
lécher consciencieusement le fond des plats,
faire se refléter sous le menton le jaune des boutons d'or,
manger du raisin pris directement à la treille sur la façade d'une maison,
voir de grosse gouttes d'eau s'écraser sur le sol ou un immense arc-en-ciel ou une lumière lointaine dans la nuit noire ou une étoile filante ou silencieusement passer très haut une capsule spatiale,
avoir une tirelire,
surprendre un animal qui vaque à ses affaires,
sentir la densité d'un silence attentif,
entrer dans la parole comme on entre dans l'arène,
trouver enfin le mot juste,
attendre un coup de fil,
s'attrister parce que les galets perdent leurs belles couleurs en séchant,
avoir le fantasme d'une grande maison à volets verts située à une croisée de chemins au coeur d'une forêt,
admirer un grand perron doté de deux élégantes volées de marches ou des roses trémières opulentes ou un toit de tuiles vernissées,
chanter à capella et à l'unisson,
vibrer au timbre d'une voix,
recevoir en pleine figure des ressemblances troublantes et agir avec le nouveau venu comme une ancienne connaissance,
se parler à soi-même in petto,
garder fidèlement une certaine idée de ceux que l'on a aimés,
recevoir les épreuves d'un nouveau livre,
manger des rayons de miel sauvage récolté par enfumage,
croquer des radis,
faire des compotes de pomme et des tartes à la pâte brisée,
boire du cidre frais,
coucher à la belle étoile,
admirer le travail de nuit des termites sur des chaussures oubliées sur le sol,
entrevoir au bout du couloir la démarche de grand héron pressé et les pans de la blouse blanche du patron que l'on attend dans son service à l'hôpital et se sentir réconforté, empli de joie et de bien-être,
aimer tout de la vie sur le terrain, même l'inconfort,
nouer conversation facilement,
assumer ses détestations,
garder les vaches,
tirer du vin nouveau,
regarder les mains expertes de son médecin qui sait identifier le mal du bout des doigts,
faire un bon mot ingénument et ne s'en rendre compte qu'à l'hilarité des autres,
aller chez le coiff
eur...

 

 

 

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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dimanche 15 juin 2014

la magie de la pâte (l'âme agit)

Avec le hidden magique (si bien nommé),
on ne sait jamais ce qui va se passer.

La plupart du temps, 
la magie opère.

Et l'on regarde, hypnotisé,
quel motif magique le (presque) hasard a concocté pour nous...

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2014-065BouclesLeBruitDesVagues

 

Créations en pâte polymère

 

 

 

 

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samedi 14 juin 2014

je me suis assise dans mon jardin

Reculez d'un pas
et tout s'élargira spontanément

(proverbe chinois)

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Je me suis assise dans mon jardin.
J'ai regardé autour.
Je veux dire au loin.
Puis j'ai reculé, juste un peu,
pour mieux tout englober du regard.

Mon dieu, quelle immensité !
Que de directions possibles !

J'adore ça, contempler l'univers autour de moi.
Cela m'aide à prendre du recul sur les choses,
sur mes paysages,
sur ma vie.

Avec des repères immuables, rassurants.
Des gestes.
Des moments.
Des certitudes.

J'aime être là.
Juste là,
maintenant.

***

Photo mai 2014
Regard tourné vers le Vercors, par temps d'orage
Tout là-haut : lieu dit "La dent de Moirans"

(photo prise juste devant la porte de ma maison !)

Posté par anne_p à 15:59 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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