Le bruit des vagues

mardi 10 octobre 2017

chez moi...

"Partout où s'étend le ciel, on est chez soi.
En tout lieu de cette terre on est chez soi,
lorsqu'on porte tout en soi."

Etty Hillesum

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Photo juillet 2017
(Portsall, dans le Finistère)

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jeudi 5 octobre 2017

ne pas se confondre

"Exister,
ce n'est pas se confondre avec le milieu environnant
,

c'est être hétérogène,
c'est à dire différent.

Chaque couleur n'est elle-même
que par le contraste avec la couleur qui lui fait face.
Elle n'a de valeur que dans l'opposition."

(une citation d'Albert Jacquart)

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Plaque décorée en pâte polymère,
création à venir

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dimanche 1 octobre 2017

dernière lecture : La tristesse des éléphants

de Jody Picoult

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Présentation de l'éditeur :
La mère de Jenna, Alice, a disparu lorsque dcelle-ci n'avait que trois ans. Aujourd'hui, elle en a treize et est bien décidée à retrouver sa trace. Elle n'a qu'une certitude : jamais sa mère ne l'aurait abandonnée. Jenna se met à relire le journal de bord d'Alice, une scientifique qui étudiait le deuil chez les éléphants. Pour progresser dans sa quête, elle s'adjoint les services de Serenity Jones, une voyante qui prétend être en lien avec l'au-delà, et de Virgil Stanhope, l'inspecteur qui avait suivi l'enquête à l'époque.
Émouvant et haletant, le dernier roman de Jodi Picoult nous fait croire à l'impossible.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je viens de dévorer ce roman. Avec un rebondissement vers la fin qui m'a, je l'avoue, sidérée et le récit, sur la longueur, m'a beaucoup séduite (même si, certains le disent, je suis un peu "bon public" comme lectrice).
Et puis j'ai regardé les commentaires des uns et des autres sur cette incroyable histoire... Evidemment, chacun peut avoir un avis différent, d'ailleurs, c'est flagrant : chacun A un avis différent. Heureusement, sinon notre monde serait bien triste...
Pourtant, cela m'a fait réfléchir à ce mot là : critiquer.
Critiquer est-il nécessairement souligner les côtés négatifs des créations artistiques, démontrer qu'ici il y a eu une faille, et que là l'artiste aurait aussi bien fait de rester couché.
C'est vraiment ce qui m'a frappée, et j'ai pensé : "voilà, c'est exactement ça que j'ai envie de dire sur ma dernière lecture" quand j'ai écouté une émission de Laurent Ruquier à laquelle était conviée la chanteuse Camille (qui pour moi est une VRAIE artiste). Elle était venue présenter son dernier album : "Ouï". L'un des critiques m'a, oui, je crois que je peux le dire, choquée, en s'acharnant sur le sens et la forme des textes, qu'il jugeait indignes d'une ex-élève d'Hypocagne.
Pardon, Môssieu Moix : des textes qui touchent les lecteurs lambda doivent-ils être rédigés pour que seuls les (ex)élèves de Kagne, Hypocagne, Sciences Po, et j'en passe (d'ailleurs, quelle proportion de la population francophone cela représente-t-il, je serais bien curieuse de le savoir)... en saisissent le sens subtil ?
Perso (qui sais lire et écrire ...et accessoirement comprendre aussi, je crois...), je sais exactement ce qui me touche.
Un sens dans le texte
Une émotion
Une reliance ou/et une nouvelle connaissance au monde qui m'entoure.
Je sais que certains artistes un peu fêlés, qui utilisent la plupart du temps des mots simples, ont ce don là de me toucher.
Je n'ai pas besoin d'entendre pour cela des formulations intellectuelles et artificielles. J'ai juste besoin d'entendre des mots qui résonnent.
Bref...
Je voulais juste vous dire que ce roman est sacrément bien pensé, écrit, documenté (même si, même si, même si)... Si vous voulez vous laisser surprendre, séduire, et même cultiver (voui-voui), osez...
Ouvrir ce livre que le commun des "mortels" ne peut qu'encenser.
Sauf s'il a perdu son âme d'enfant
Sauf s'il a perdu le chemin des rêves et de la fiction. (fiction = Construction imaginaire consciente ou inconsciente se constituant en vue de masquer ou d'enjoliver le réel)

Morceaux choisis :
"Les grands-mères, au Botswana, disent à leurs petits-enfants, si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble".
"L'écran noir de la télévision me nargue.Je ne veux pas la brancher.Je ne veux pas m'entendre annoncer quelque nouvelle horreur survenue dans ce monde où la tragédie ne connaît pas de limites."

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jeudi 6 juillet 2017

traces de vie

“Le Beau peut durer toujours : 
il est sa propre trace. 
On parle de lui et de ceux qui l’ont servi.”

Amélie Nothomb, dans Péplum

***

Ce sont là
les "toutes petites choses"
qui ont le don de m'émouvoir...

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Photo ce matin, 
devant la maison

 

***

 

 

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lundi 3 juillet 2017

dernière lecture : un appartement à Paris

de Guillaume Musso

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3,5 étoiles

 

 

 

Présentation de l'éditeur :
Le nouveau thriller de Guillaume Musso !
« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je crois bien que je découvre, avec ce roman, la plume de Guillaume Musso... Il fait partie de ces auteurs que je boudais spontanément : trop populaire, un roman tous les ans, pour moi : cet auteur tient le bon filon à bon compte... Il est dans la production, et je n'aime pas ça.
Pourtant, je dois avouer qu'avec ce roman-ci, je me suis totalement laissée séduire. Peut-être parce qu'il est y surtout question du monde artistique ?
C'était à la fois reposant et trépidant. Comment expliquer... l'auteur connaît toutes les bonnes combines, il écrit bien, il ficelle son intrigue, et nous embarque dans un enchaînement de moments tous liés entre eux et passionnants. Avec des personnages atypiques et attachants.
Curieuse comme je suis, je suis allée avant la fin de ma lecture regarder sur internet si Sean Lorenz, un des personnages-clés du roman, est un artiste qui existe vraiment... et je n'arrivais pas à savoir si oui ou non...
Cela brouille encore mes pistes, j'aimerais tellement contempler ses oeuvres...
L'auteur dévoile ce petit secret à la toute fin du roman, j'aurais peut-être préféré rester dans le doute, parce que quand la fiction et le réel ne font qu'un, on appelle ça un vrai tour de passe-passe, non ? Et ça me plaît d'autant plus : je n'ai plus qu'à imaginer...

Morceaux choisis
"L'éphémère, c'est l'essence même de l'art urbain. C'est aussi ce qui fait sa beauté".
"Le temps est le plus grand exterminateur de l'histoire".
"Le bonheur, c'est agréable à vivre, mais ce n'est pas très bon pour la création. Tu connais des artistes épanouis, toi ?".

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jeudi 1 juin 2017

un souffle

La poésie n'est qu'un souffle.
Mais ce souffle remue le monde".

Victor Hugo

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Collier en pâte polymère
(tampon et peinture acrylique)

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mardi 30 mai 2017

dernière lecture : D'entre les pierres

de David Lelait Helo

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Présentation de l'éditeur :
" Les murs ont des oreilles, il faudra vous y faire. Vous l'avez souvent dit, sans jamais y croire. Car vous ne le vouliez pas, mais je vous place aujourd'hui au pied du mur, excusez le jeu de mots, je suis blagueuse [...] Ah, si les murs pouvaient parler ! Je vous le dis, ils parlent. Mes parquets grincent en mille bavardages, mes boiseries craquent en petits cris et, en dépit de mon grand âge, mes fenêtres voient loin, au-delà du temps qui passe et par-delà les siècles. L'Histoire ne s'écrit pas dans les livres, elle se respire. À l'encre et au papier, elle préfère le vent et le sang. " Une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu'on ne lui avait jamais donnée. À l'heure d'être détruite, elle révèle ce qu'elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu'elle a été impuissante à empêcher... Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l'immigration qui au xixe siècle a donné le jour à l'Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 1970. Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d'amour et de paix.

Mon sentiment au sujet de cet roman :
Oh là là.. Zut... Je n'en suis qu'à la page 23, et déjà 3 citations qui me bousculent, me font m'arrêter et réfléchir à tout ce qui m'entoure en ce moment même. Avec le sentiment de lire un magnifique recueil de poésie, d'être extraite du réel pour entrer dans un monde parallèle qui existe, là, je n'en doute pas. Je n'en suis qu'à la page 23 et je suis littéralement conquise : par un récit qui décrit une paix profonde et ancrée, et pourtant un tumulte alentour tonitruant, la force et la tranquillité des pierres, la fragilité destructrice de l'homme. Et l'union des deux.
Je vais prendre le temps de respirer entre chaque phrase, pour comprendre la profondeur de ces mots, pour me synchroniser à la pensée de cette extraordinaire maison pensante et celle de la femme qui y vit.
Quelles sensibilités troublantes... J'ai été ce soir invitée au coeur d'un conte extraordinaire, et j'y prends pleinement plaisir.
A bien y réfléchir, ma maison, qui a été construite en 1820, a certainement tellement de choses à conter aussi. L'histoire d'un pays, je le sais, il y a des objets qui parlent pour elle encore, dans le grenier et sous la grange... et la parole des anciens que j'aime tellement écouter. Mais aujourd'hui, je sais que, même si j'aimais déjà tellement ma maison avant, je vais désormais écouter avec beaucoup plus d'attention tout ce qu'elle soufflera à mon oreille...
Vous dire enfin que, fan inconditionnelle d'Isabel Allende, j'ai retrouvé dans ce roman son univers, son talent, son accent, le trouble et la fibre artistique des pays d'Amérique latine. Oh que oui, une corde sensible a vibré, et je ne suis pas prête d'oublier ces mots, magnifiques.

Morceaux choisis :
"Faut-Il donc être au bord de perdre ce que l'on possède pour commencer à l'aimer vraiment ?"

"(...) on ne sait pas se méfier des apparences. À tort car le muet peut se montrer bavard, le sourd accueillir la confidence, le manchot tendre la main et l'aveugle distinguer la beauté de la laideur."
"Je pleurais ce que j'avais perdu, oubliant même que je n'avais pas été heureuse du temps de ma beauté. La mémoire est vicieuse, elle joue à vous inventer des paradis qui n'ont jamais été."

"Je vous dirai tout avec force détails car ce commencement coule en moi de la façon dont l'eau de pluie danse dans la terre et gorge de vie les fleurs éteintes. Commencement qu'aucun de nous ne peut ignorer car il est et sera toujours la source où nous étanchons nos soifs. On ne peut longtemps demeurer indifférent aux fondations des mondes, un jour elles nous rattrapent."
"On parle mieux derrière un masque ou de l'autre côté du rideau. Et on écoute mieux lorsqu'on ne sait rien de l'autre : la curiosité vous ouvre les oreilles, et le cœur parfois. Parfois seulement."
"Il est courant que l'on naisse une seconde fois entre dix-sept et vingt ans. Avant, c'est l'ennui, les membres suspendus à des ficelles que d'autres manœuvrent pour soi, des heures longues à attendre que le spectacle commence vraiment, à rêver d'en être l'acteur magistral."
"Est-il d'instant plus beau que le commencement, de plus émouvant que la prime jeunesse, avec ses désirs en désordre et cette inconscience de ce qui se trame ? Tout était à faire, il suffisait de rêver et de retrousser ses manches."

"Le bonheur est un compagnon inquiétant, dans son ombre rampe la peur de le perdre."
"(...) la poésie du monde ne se disait ni ne se décrivait, elle se respirait naturellement, se ressentait intimement, se faufilait en toutes choses sans autre filtre que l'âme et le cœur."
Le chagrin devait rester intime et propre."

"On ne se figure pas combien de grandes peines peuvent survenir. Je dirais en avoir observé de deux catégories : celles touchant à la mort des êtres chers et les autres causées par le chagrin d'amour ou le manque d'amour. Les deux réclamant un deuil qui pulvérise le cœur des hommes".
"Les hommes vivent plus longtemps que leurs chiens, les maisons plus longtemps que leurs habitants, et les pierres sont éternelles. Le monde est ainsi fait."

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