La beauté est indissociable
du regard
de celui qui voit"

Heinz Pagels

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J'avais l'intention de vous raconter la frayeur que m'a procuré ce portrait,
mais je ne sais plus comment dérouler mon récit, maintenant que l'émotion forte est passée,
que le visage a pris sa juste place dans son cadre.
Que tout est redevenu normal.

Pourtant, ce matin-là, alors que la pièce était encore un peu sombre
et que je venais de sortir le pastel de son enveloppe protectrice pour le monter à mon mari, 
il ne ressemblait plus à rien !
Je ne voyais que du noir et du gris. En paquets.
J'avais beau le tourner dans tous les sens, 
impossible d'y retrouver la moindre trace du visage que, la veille, j'avais admiré chez une amie 
qui souhaitait que je lui fasse un cadre personnalisé.
Je n'avais plus qu'une seule certitude : 
celle que le frottement de l'enveloppe avait dilué les nuances subtiles des pastels, 
et tout détruit.

J'étais au bord des larmes.

Je l'ai posé un instant contre un mur.
La lumière est venue au même moment.
Le visage était là, 
comme une évidence
(et moi, je retrouvais mon souffle...).

 

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Benjamen Carbonne2

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Cadre réalisé avec des tesselles en pâte polymère

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Ce portrait (pastel gras), est l'oeuvre du peintre Benjamen Carbonne.
Dans sa biographie, l'on peut lire : 
"cet artiste représente souvent des êtres tourmentés, 
cette période de son travail se concentrera sur des visages parfois doux et sensibles, 
mais aussi très souvent déchirés, arrachés ou déformés par la douleur, le cri, le besoin d'expression. " 

Pour ma part, 
j'ai toujours été fascinée par ces talents qui, 
avec deux-trois couleurs et une virtuosité particulière dans le trait,
savent transmettre des sensations puissantes.

Et bien là, je peux dire que j'ai été servie !
;)