Notre quête de dolmens et mehirs nous a inévitablement menés vers de
jolies petites chapelles, lesquelles étaient bâties sur les sites
païens. Renseignez-vous, certainement chez vous aussi est-ce le cas de
vos anciennes églises, posées là pour éradiquer les religions bannies...
Petite chapelle en granite ...donc en bretagne Photos été 2008
Florence nous envoie une fenêtre de sa ville natale : Lille et son vieux quartier avec des couleurs surprenantes et ce chat un peu boudeur ... Qu'a-t-il bien pu voir à l'intérieur pour rester ainsi perché ? (photo prise en octobre 2006)
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Présentation de l'éditeur : Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d'une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine ... Dans des décors familiers transformés par la magie des personnages hauts en couleurs, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu'on rencontre rarement. "Peu importait le fond pour Guylain. Seul l'acte de lire revêtait de l'importance à ses yeux. Il débitait les textes avec une même application acharnée. Et à chaque fois, la magie opérait. Les mots en quittant ses lèvres emportaient avec eux un peu de cet écœurement qui l'étouffait à l'approche de l'usine." Jean-Paul Didierlaurent vit dans les Vosges. Le Liseur du 6h27 est le premier roman de ce nouvelliste exceptionnel, lauréat à deux reprises du fameux Prix Hemingway.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Bon ben voilà… Je vais ajouter ma pierre à l’édifice des lecteurs enthousiasmés par ce roman. Pour moi, Colin et Chloé (L’écume des jours) ont bien du se rencontrer dans ce genre d’histoire : un monde hostile où la poésie se débat pour exister. D’ailleurs, depuis le début, j’ai le sentiment qu’ici est le point de départ de leur rencontre… Mais ça, c’est mon côté rêveuse à l’imagination galopante. Autant dire que dans ce roman j’étais donc parfaitement dans mon univers, avec une mention spéciale pour la description des faïences de Julie, très poétique. Mais j’ai aussi adoré l’immersion de Guylain (non non : le héros de notre histoire ne se prénomme pas Colin…) dans l’univers des retraités, et faire la rencontre de son ami Yvon, grand amateur d'alexandrins et de théâtre classique. C’est léger, sans l’être vraiment, tendre et pourtant incisif, avec cette fantaisie particulière qui sait quelle corde faire vibrer dans mon âme de lectrice acharnée.
Morceaux choisis :
"Avoir pour confident un poisson rouge impliquait de ne rien attendre d'autre de lui que cette écoute passive et silencieuse, même s'il croyait parfois déceler dans le filet de bulles qui sortait de sa gueule un début de réponse à son questionnement"
"Comment voulez-vous que le monde tourne droit si n'importe qui se met à écrire".
"Pour l'avoir déjà vécu, il savait qu'il existait une énorme différence entre vivre seul et vivre seul avec un poisson rouge".
"Ses silences étaient pleins. Guylain pouvait s'y glisser comme dans un bain tiède."
« Les gens n’attendent en général qu’une seule chose de vous : que vous leur renvoyiez l’image de ce qu’ils veulent que vous soyez. »
"Car, quoi que l'on puisse penser, rien n'est jamais figé dans la vie."
"J'ajouterais enfin que depuis quelques temps, j'ai découvert qu'il existait sur cette planète un être qui avait le pouvoir de faire paraître les couleurs plus vives, les choses moins graves, l'hiver moins rude, l'insupportable plus supportable, le beau plus beau, le laid moins laid, bref, de me rendre l'existence plus belle."
"J'aime ce moment particulier, quand la planète semble suspendre sa course, le temps pour elle de faire son choix entre la lumière du jour naissant et le noir de la nuit qui se meurt. Je me dis qu'un jour peut -être, la Terre ne va pas reprendre sa rotation et s'immobilisera à jamais tandis que la nuit et le jour camperont chacun sur leur position respective, nous plongeant dans une aube permanente. Je me dis alors que, baignées de cette lueur crépusculaire qui donne un ton pastel à toute chose, les guerres seront peut être moins moches, les famines moins insupportables, les paix plus durables (...)"
Un passage un peu long (il y avait longtemps !). Une histoire dans l'histoire. Il y a juste à se laisser porter...
"Je les connais par cœur mes faïences. Malgré l'assaut journalier des coups d'éponge et des détergents, beaucoup sont restées éclatantes comme au premier jour et ont su conserver intacte cette glaçure légèremnet laiteuse qui nappe leur terre cuite. A vrai dire, celles-là m'intéresent peu. Leur trop grand nombre a fait de leur perfection une banalité sans attrait. Non, mes attentions vont plutôt aux éclopées, aux fendillées, aux jaunies, aux ébréchées, à toutes celles que le temps a estropiées et qui donnent à l'endroit, outre ce petit cachet vieillot que j'ai fini par aimer, une touche d'imperfection qui étrangement me rassure. "C'est dans les cicatrices des gueules cassées que l'on peut lire les guerres, Julie, pas dans les photos des généraux engoncés dans leurs uniformes amidonnés et tout repassés de frais, m'a dit un jour ma tante tandis que toutes deux briquions les carreaux à grands coups de peau de chamois pour leur rendre leur lustre d'antan. Je me dis parfois que le bon sens de ma tante mériterait d'être enseigné en faculté. Mes gueules cassées à moi témoignent qu'ici comme ailleurs l'immortalité n'exite pas. Parmi tout ce petit monde d'esquintées, j'ai bien sûr mes préférées, comme celle situé en haut à gauche du troisième robinet et dont l'éclat manquant dessine une jolie étoile à cinq branches ou cette autre à la brillance à jamais disparue et dont l'aspect étrangement terne contraste avec la pureté étincelante de ses congénères du mur nord."
Présentation de l'éditeur : "Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Ce n'est pas un livre écrit pour choquer : c'est un récit qui permet à l'auteur de se délivrer en racontant. N'empêche, il choque ! Beaucoup, du début à la presque fin : jusqu'au moment ou Eddy devient Edouard, jusqu'au moment où, enfin, il peut naître. Donc vivre et respirer. Librement. Au secours !!! C'est le sentiment que j'ai eu tout au long de cette lecture, que j'ai faite en apnée complète. Heureusement, Edouard a eu ce courage-là : se sauver par sa propre force. En fuyant la misère intellectuelle et sociale. Tout ceci est raconté d'une manière très impudique et très crue. En général, je dirais que "ça n'est vraiment pas ma tasse de thé". Pourtant, ici, je n'ai jamais pu décrocher. J'étais spectatrice d'un enchaînement d'événements plus sordides et tristes les uns que les autres, espérant avec l'enfant, puis le jeune garçon, la délivrance. Et j'y croyais, moi aussi.
Morceaux choisis : "Il (le père) demandait à ma mère si j'étais un garçon, C'est un mec, oui ou merde ? Il pleure tout le temps, il a peur de mourir, c'est pas un vrai mec. Pourquoi ? Je l'ai pourtant pas élevé comme une fille, je l'ai élevé comme les autres garçons, bordel de merde !" "Les silences, au bout d'un moment, on oublie. ça n'a plus d'importance, c'est la vie." "C'est la surprise qui m'a traversé, quand bien même ce n’était pas la première fois que l'on me disait une chose pareille. On ne s'habitue jamais a l'injure." "Ferme ta gueule, tu commences à me pomper l'air. Moi mes gosses je veux qu'ils soient polis, et quand on est poli, on parle pas à table, on regarde la télé en silence en famille." "Il fallait fuir. Mais d'abord, on ne pense pas spontanément à la fuite parce qu'on ignore qu'il existe un ailleurs. On ne sait pas que la fuite est une possibilité. On essaye dans un premier temps d'être comme les autres, et j'ai essayé d'être comme tout le monde." "La cour de récréation fonctionne comme le reste du monde." "On ne s’habitue pas tant que cela à la douleur."
Si vous voulez écouter Edouard Louis (ce que je vous encourage à faire, franchement il a un vrai message à faire passer...), c'est par ici (clic).
La semaine dernière, alors que j'avais confectionné un quatre quart aux pommes pour mes collègues de bureau, la réflexion de l'une d'entre elles m'a fait m'exclamer "mais oui, bien sûr, tu as entièrement raison !...". Elle a juste dit : "ça, c'est un bon gâteau breton". Et effectivement, chez ma grand-mère comme à la maison ou chez mes oncles et tantes, LE gâteau du goûter, c'était le quatre-quart. La raison ? un : il est facile à faire, et deux : y'a du beurre (salé) et des pommes dedans. ingrédients : 3 oeufs moyens + un jaune (soit environ 70 g) - leur poids en farine - leur poids en sucre - leur poids en beurre - 1/2 sachet de levure chimique - le jus de 1 citron - 2 belles pommes. préchauffer le four th 5 - beurrer soigneusement un moule à manqué - déposer le beurre dans un saladier, et le ramollir (sans qu'il soit fondu : juste mou. S'il fond, ça n'est pas dramatique non plus : j'ai testé pour vous, et le gâteau ne se comporte pas trop mal...) au micro-ondes - y verser le sucre et fouetter avec le batteur jusqu'à ce que le mélange blanchisse et devienne un peu crémeux - ajouter les oeufs et bien mélanger - ajouter la farine et la levure en une seule fois, mélanger - la pâte doit être parfaitement homogène - ajouter les pommes épluchées et coupées en tout petits morceaux - verser la pâte dans le moule - faire cuire une quarantaine de minutes - laisser tiédir avant de démouler.
Résumé : Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende, ville endormie face à la mer du Nord. Sa logeuse, la solitaire Anna Van A ., va le surprendre en lui racontant l'étrange histoire de sa vie, où se conjuguent l'amour le plus passionné et un érotisme baroque. Superbe mystificatrice ou femme unique ?
Mon sentiment au sujet de ce roman : Il s'agit en fait d'un recueil, avec 5 nouvelles toutes plus succulentes les unes que les autres, où la frontière entre le réel et l'imaginaire est infime. J'aime décidément énormément cet auteur : l'enchaînement de ses phrases, ses mots simples pourtant utilisés pour nous surprendre, son humour, la tournure de ses histoires. Demain, j'en démarre un autre de lui, me voilà tombée sous son charme.
Quelques citations : "d'ordinaire, la vie est une tueuse d'histoires : certains matins, on sent que quelque chose va commencer, de plein, de pur, d'exclusif, puis le téléphone sonne, c'est fini. "comme j'aurais désiré pouvoir pénétrer derrière ces fronts, pour les connaître mieux. Et cependant, comme j'appréciais que l'on ne fende pas le mien ! Il est si douloureux, ce crâne, cette enceinte de paroles non prononcées, ce sanctuaire sombre encadré par mes tempes !" "le fascinant, ce n'est pas qu'il y ait des imbéciles pour lire ça, mais qu'il y ait un malheureux pour l'écrire" "comme elle était la seule personne qu'il aimait, il avait décidé de l'aimer bien, c'est-à-dire telle qu'elle était" "d'un amour essentiel, on ne se remet pas..." "ce qui constitue la séduction d'un homme, ce n'est pas qu'il soit beau, mais qu'il convainque une femme qu'elle est belle auprès de lui".
Présentation de l'éditeur : Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale du début du siècle, Anny Lee à Los Angeles de nos jours. Trois destins, trois aventures singulières, trois femmes infiniment proches tant elles se ressemblent par leur sentiment de différence et leur volonté d'échapper à l'image d'elles-mêmes que leur tend le miroir de leur époque. Tout les éloigne de ce que la société, leur entourage, les hommes ont décidé à leur place. Anne la Flamande ressent des élans mystiques qui l'entraînent vers le béguinage. Hanna, une des premières patientes d'un disciple de Sigmund Freud, enfreint tous les codes familiaux et moraux de son temps. Anny, dont le talent annonce une fulgurante carrière d'actrice, pourrait se révolter contre le modèle hollywoodien. Egalement insoumises et rebelles, laquelle trouvera, et au prix de quels combats, sa vérité et sa liberté ? Or, de manière inattendue et par une suite de hasards objectifs ménagés par l'auteur avec une habileté extrême, ces femmes vont devenir, par delà le temps, les héroïnes d'un seul et même roman.
Mon sentiment au sujet de ce roman : C'est très étonnant : cette fois-ci, j'ai un mal fou à peser le pour et le contre. On va dire que mon intérêt (partant de très bas, j'ai d'ailleurs failli fermer le roman et ne pas poursuivre...) est allé crescendo au cours de ma lecture, avec une fin qu'il m'aurait été douloureux de ne pas connaître. J'ai aimé cette idée que l'estime de soi ne passe pas par le miroir (ceci prenant tout son poids l'âge avançant...). J'ai aussi aimé ces femmes "différentes", un peu solitaires, à la fois fortes et fragiles, proches de la nature, qui, au cours de ma lecture, m'ont bien souvent semblées en résonnance avec mes propres ressentis. Pourtant : beaucoup de clichés, avec des passages souvent un peu "gnan-gnan" ...Je ne saurais trop dire : un des ingrédients n'a pas vraiment pris (mais il s'en est fallu de peu). Ce roman reste une lecture plutôt agréable, à mon avis destinée à un public féminin (bienveillant...). Pour vos vacances d'été, mesdames ?).
Ah... Et ce portrait de Tamara de Lempicka : "Girl with gloves" en couv', quelle bonne et belle idée ! J'ai toujours été sous le charme de cette artiste peintre, belle et inspirée, l'incarnation du féminin : « Une lumière à la manière d'Ingres, du cubisme à la Fernand Léger, avec du rouge à lèvres Chanel ». Elle aurait probablement pu être une de ces femmes au miroir...
Morceaux choisis : "Notre pensée ne se résume pas à ce que nous en apercevons ou nous en disons. Nous avons des couloirs secrets derrière les murs, des placards dissimulés, des tiroirs latents ; là, nous accumulons parfois des griefs, des ambitions, des peurs. Tout va bien jusqu'au jour où la protection saute, où ça gicle, où ça sort" "La réalité, c'est le rêve qui revient le plus souvent." "As-tu remarqué ce prodige ? On ignore un mot pendant des années puis, une fois qu'on y prête attention, on l'entend partout et constamment". "Inconcevable de partager l'essentiel sans se fondre dans la nature. (...) Pour réfléchir, il lui fallait l'étreinte de l'air frais, la glaise sous ses orteils, l'herbe dans ses doigts, le ciel comme horizon sur lequel s'inscrivaient ses pensées, un bain de lumière que ce fût celle du soleil ou de la lune." "Un don, c'est exécuter spontanément ce que les autres doivent apprendre" "Qu'est-ce qui est le plus difficile ? Souffrir de faire ce qu'on n'aime pas ou souffrir pour faire ce qu'on aime ? " ("Pardon ?") "Avant, elle aimait le monde par routine. Aujourd'hui, elle l'aime avec urgence, intensité. " "Dans les actes quotidiens, nous glissons de multiples adieux car nous avons souvent le sentiment que quelque chose s'évanouit qui ne revienda pas. Chaque jour recèle un accueil et un au revoir. L'éclair présente la première fois et son revers. Dans ce scintillement, on décèle l'éternité."
Et l'auteur, comme toujours, sait très bien parler de son texte...
Présentation de l'éditeur ; Une petite Mauricienne écrit au Bondié. Elle lui adresse ses lettres, des phrases qui parlent du monde qui l'entoure. Mais les écrit-elle vraiment ? Peu importe, puisqu'elles lui permettent de parler, avec ses mots à elle, de son institutrice, de ses amis Ton Faël et Nadège, et des ouvrières de l'usine qui va fermer. De sa mère, de l'amour/haine qui les lie. Et, pesant sur sa vie comme une ombre à peine visible, de son beau-père.
Mon sentiment au sujet de ce roman : La sensitive est une plante dont les feuilles se referment dès le moindre contact. Originaire du Brésil, elle pousse communément dans les cours et les jardins de l’île Maurice. Ici, la petite fille aussi est "sensitive". Elle raconte, dans son journal qu’elle écrit au Bondié, avec pudeur et lucidité, ce conflit insoluble qui la déchire, partagée entre son appétit de vivre et sa révolte devant l’injustice – celle qui lui est faite comme celle qui frappe les autres. C'est une très belle écriture, pour une histoire triste et douloureuse.
Morceaux choisis : "Je suis trop grande pour croire aux tours de la marraine de Cendrillon". "Tous les matins, j'entends le bus de l'usine grimper la côte. Il vient chercher les ouvrières chinoises à 6 h 30. Et puis je l'entends à nouveau qui les ramène le soir vers dix heures.L'autre jour, à la radio, un ministre a déclaré, en insistant beaucoup, qu'il fallait que les producteurs locaux soient plus productifs, qu'ils prennent pour modèle les ouvrières chinoises. Juste après, ils ont diffusé un discours du président de la République dans une fête religieuse. Il disait que nous devons faire attention à ne pas perdre nos valeurs et que nous devons préserver et développer le sens de la famille. C'était joli à entendre. Pourtant, entre les deux, il me semble qu'il y a quelque chose qui cloche." Il paraît que je suis trop petite. Alors en attendant, je voulais juste te dire que je suis si contente de t'avoir crée. Oui je sais, on dit que c'est l'inverse. Que c'est Dieu qui crée les hommes. Mais bon... On dit beaucoup de choses. En ce moment, on n'arrête pas de répéter qu'il faut prendre en compte les enfants parce qu'ils sont les adultes de demain.J'aimerais que quelqu'un dise qu'on est les enfants d'aujourd' hui. Je fais le tournesol... C'est ce que je leur dirai, la prochaine fois, quand je jouerai à mon jeu favori dans la cour de l'école. Les autre filles me regardent d'un air méprisant, elles disent que c'est un jeu de petits et que je dois être un peu attardée pour jouer encore à ça. Si elles se donnaient la peine d'essayer, elles sauraient. C'est tellement bon. Tu tournes, tournes, tournes, les bras ouverts en avion, les pieds tout près l'un de l'autre, et tu sens peu à peu un courant d'air te monter le long des jambes, juste un frisson d'abord, puis ça s'accélère, ça te soulève la jupe en parasol autour de toi, et ça remonte le long des bras qui fouettent l'air comme une hélice, et ça te monte à la tête, qui tourne, qui tourne, à l'extérieur et puis au fur et à mesure à l'intérieur aussi, à l'intérieur, ça tourne, ça tourne, ça fait un grand vertige qui t'attire, encore plus vite, toujours plus vite, et ça entraîne dans un grand mouvement tout ce qu'il y a autour de toi, tout ce qu'il y a à l'intérieur de toi, tout se dissout dans ce mouvement qui tourne, qui tourne, qui tourne... Juste au moment où tu vas t'envoler, c'est la chute. Mais pendant quelques secondes, les choses continuent à tourner autour de toi avec une drôle de sensation au creux de l'estomac.
Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main.
Il est retrouvé par Laurent Lettelier, libraire de profession, qui ne trouve pour seuls indices sur sa propriétaire que quelques effets personnels (un ticket de pressing, un roman, une pince à cheveux, un carnet...).
S'ensuit un jeu de piste romanesque.
Un matin à Paris, alors qu'il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l'inventaire et découvre, faute de papiers d'identité, une foule d'objets personnels : photos, parfum... et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s'improvise détective. À mesure qu'il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l'inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Quel bonheur de lire des romans comme celui-ci. Les mots glissent, l'histoire se déroule, dans une ambiance douce et paisible, malgré l'agression que subit Laure devant chez elle. Laurent serait-il un des derniers romantiques de ce monde ? Je voudrais croire que non.
Pfff..., j'ai lu ce roman beaucoup trop vite ! Il aura tout de même eu le temps de produire sur moi sa magie : m'extraire, le temps d'une lecture, de la réalité et m'accaparer toute entière.
Morceaux choisis :
"Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie" (une citation d'Alain Fournier, en prologue du roman)
"On ne maîtrise pas toujours ses peurs, et faire la part entre l'irrationnel et le possible n'est pas aisé à presque deux heures du matin".
"S'il y avait bien une chose qui définissait la parenthèse adolescente, c'était les fous rires. On ne rit plus jamais ainsi, après. La conscience brutale que le monde et la vie sont complètement absurdes déclenche ces hoquets de rire à en perdre la respiration, quand la même idée, vingt ans plus tard, n'entraînera qu'un soupir résigné."
"Peut-on éprouver la nostalgie de ce qui n'a pas eu lieu ? Ce que nous nommons "regrets" et qui concerne les séquences de nos vies où nous avons la quasi-certitude ne pas avoir pris la bonne décision comporterait une variante plus singulière, qui nous envelopperait dans une ivresse mystérieuse et douce : la nostalgie du possible."
Un passage un peu plus long... une de ces belles histoires dans l'histoire :
"Une étagère s'achevait sur plusieurs livres de Sophie Calle, dont l'un de ses chefs-d'oeuvre poétiques : Suite vénitienne. En 1980, celle-ci avait décidé dans une pure démarche artistique de suivre des hommes - au hasard, dans la rue et à leur insu. A la manière d'un détective privé, elle ramenait de ces longues promenades des photos noir et blanc d'hommes, de dos, dans des lieux divers. Des inconnus qu'elle avait pris en filature des après-midis entiers. Un jour qu'elle avait repéré une nouvelle proie, celle-ci lui échappa et disparut dans la foule. Le soir, l'homme lui était présenté dans un dîner en ville. Il lui dit qu'il allait bientôt partir pour Venise. Secrètement, Sophie Calle décida de reprendre sa filature - de le suivre incognito jusqu'aux ruelles et rii de Venise. De cette expédition, elle ramena un journal de bord de soixante-dix-neuf pages et cent-cinq photos noir et blanc, postfacé par Jean Baudrillard. La quête de Sophie avait pris fin lorsque l'homme s'était retourné, l'avait reconnue et lui avait adressé la parole. Enfin, pas tout à fait, puisqu'elle s'arrangea pour revenir à la gare de Paris quelques minutes avant lui pour prendre un dernier cliché. Toutefois, la tension de l'enquête et la magie s'étaient évaporées au moment de la rencontre. Le retour à la réalité avait sonné la fin de l'histoire."
Présentation de l'éditeur : Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte : les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.
Mon sentiment au sujet de ce roman : C'est un roman que j'ai beaucoup aimé. Mais. J'ai mis un temps fou à le lire. Pourquoi ? J'essaie de comprendre, de mettre de l'ordre. Et là, beaucoup, beaucoup de "choses" à "digérer". Des tableaux, des scènes, des moments. Forts. Puissants. Magiques. Troublants. Un de ces livres qui m'aura marquée. Au fer rouge.
Il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir apprécié ce roman. D'autres commentaires ici.
Morceaux choisis : "Qu'il était doux de s'aveugler un instant et de croire aux miracles !". "Les mains des conteuses sont des fleurs agitées par le souffle chaud du rêve, elles se balancent en haut de leurs longues tiges souples, fanent, se dressent, refleurissent dans le sable de la première averse, à la première larme, et projettent leurs ombres géantes dans des ciels plus sombres encore, si bien qu'ils paraissent s'éclairer, éventrés par ces mains, par ces fleurs, par ces mots". "Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. L'art culinaire des femmes regorge de mystère et de poésie". "Vous m'écoutez et je sais que j'existe".
Et puis, pour ceux qui seraient tentés par la lecture de ce roman, je vous propose d'écouteur l'interview de l'auteure, très intéressante.
Présentation de l'éditeur : « Femme ? Epouse ? Non. Tu es Agouna. Enchaînée, ancrée, enlisée. » Anna a beau être divorcée et avoir trouvé en Sacha son âme soeur, son ex-mari doit d'abord lui accorder le guet, le divorce religieux juif, pour pouvoir céder à ses pulsions amoureuses sans être considérée comme une femme adultère.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Dire que ce roman est une véritable découverte de la vie des femmes juives serait faux, puisque j'avais déjà lu "La répudiée", du même auteur, qui m'avait déja effarée. Mais de cette histoire de "guet", je ne connaissais rien. Et je trouve ça totalement incroyable, incompréhensible, en dehors de notre temps. Ici, un livre-reportage militant et engagé, avec une plume tout à fait plaisante. C'est un bon roman, très instructif. Pourtant Anna me semble bien naïve et manipulable. Bon sang, mais secoues-toi ! Dans quel siècle vis-tu ? Sors de cette aliénation dans laquelle t'ont plongée tes croyances religieuses ! Vis !
Morceaux choisis : « J'aimais lorsqu'il me parlait de la lumière. Des moyens de la sculpter, de la modeler, de la diffuser autour d'un sujet pour lui donner une âme. Celle qui naît miraculeusement d'un rayon de soleil, et celle que l'on ne peut créer que lorqu'il fait sombre. Il avait une prédilection pour les maîtres du clair-obscur qui illuminent les ténèbres. » « Lorsque je lui demandai : "Quelle et ton expérience de l'Absolu ?", il répondit : "Ce que je cherche tous les jours. Ce vers quoi je tends. La lumière d'un matin, celle d'un peintre ou d'une intuition. Une rencontre ?. » « Parfois, on croit perdre quelque chose et, en fait, on ne sait pas qu'on est en train de gagner infiniment plus... » « Une virgule peut tout changer. Cet espace-là, les peintres, les mystiques le connaissent. Et les autres, tous les autres, qui le vivent, ne savent pas qu'ils sont des mystiques. Comme celui qui fait de la prose sans le savoir. »
J'aime toujours autant "aller à la rencontre" des auteurs, les écouter parler, se raconter. En savoir peut-être encore un petit peu plus... Je vous propose de découvrir par la bouche-même d'Eliette Abecassis une présentation-vidéo de son ouvrage :
Présentation de l'éditeur : Victime d’un terrible, et rarissime, accident d’ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu’il en est aussi l’unique survivant : sa fille bien-aimée, Marie, est morte sur le coup avec les autres passagers. Commence alors pour Paul Sneijder une étrange retraite spirituelle qui le conduit à remettre toute son existence en question. Sa femme (qui le trompe), ses deux fils (qui le méprisent), son travail (qu’il déteste, et qu’il finira par quitter), tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu’au jour où, à la recherche d’un job, il tombe sur l’annonce qui va lui sauver la vie : il devient promeneur de chiens pour l’agence DogDogWalk… "Le cas Sneijder" est un livre bouleversant sur un homme qui refuse de se résigner à la perte de sa raison de vivre. Mais ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie saugrenue dans laquelle Jean-Paul Dubois donne libre cours à la fantaisie la plus débridée : entre une esquisse d’une Théorie générale des ascenseurs, la description d’un adultère qui n’échappe pas au grotesque et une plongée dans le monde des promeneurs de chiens, l’auteur d’ " Une vie française " affirme à nouveau son goût pour l’humour noir.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Il y a cette première page, impressionnante, prometteuse. J'aurais sans doute dû en rester là. Je n'ai pas pu. Parce que, cette curiosité qui me caractérise, et qui souvent m'impose de chercher plus loin. Je n'ai pas réussi à lâcher ces pages, qui pourtant ne m'emballaient pas vraiment... Impossible de laisser tomber cet homme blessé, je voulais savoir... Jusqu'où... Son chagrin, ses remords(?), sa lâcheté, son humanité, sa petite mort. Maintenant, je sais (presque !) tout sur les ascenceurs, Maintenant, donc, je monte les quelques étages vers mon bureau à pied, Maintenant, je regarde mon petit chien d'un autre oeil. ...Et je ne suis pas plus avancée.
Le fameux passage, que j'ai tant aimé : "Je me souviens de tout ce que j'ai fait, dit ou entendu. Des êtres et des choses, de l'essentiel comme du détail, fût-il mièvre, insignifiant ou superfétatoire. Je garde, je stocke, j'accumule, sans discernement ni hiérarchie, m'encombrant d'un accablant fardeau qui en permanence travaille mon âme et mes os. Je voudrais parfois libérer mon esprit et me déprendre de ma mémoire. Trancher dans le passé avec un hachoir de boucher. Mais cela m'est impossible. Je ne souffre ni d'hypermnésie ni d'un de ces troubles modernes du comportement solubles dans le Bromazepam. Je crois savoir ce qui ne fonctionne pas chez moi. Je n'oublie rien. Je suis privé de cette capacité d'effacement qui nous permet de nous alléger du poids de notre passé. En le retaillant saison après saison, en lui donnant une forme acceptable, nous nous efforçons de le cantonner dans des domaines raisonnables. C'est la seule façon de lutter contre cette fonction d'enregistrement envahissante et destructrice. Mais quelle que soit l'ampleur de nos coupes, année après année, tel un lierre têtu et dévorant, lentement, notre mémoire nous tue."
Et, comme bientôt à chaque fois, la découverte d'un auteur. Un véritable personnage de roman, devrais-je dire !
Présentation de l'éditeur Maria Callas, " la divine ", la voix du siècle s'il ne devait en rester qu'une, fut une petite fille dépérissant de carences affectives dans un dépôt d'enfants immigrés de New York... Barbara, meurtrie par un viol paternel et persécutée pendant la guerre, a su chanter sa vie et chacun la fredonne... Georges Brassens, mauvais garçon, dut à son professeur de troisième la découverte de la poésie qui donna une autre issue à sa révolte... Ces cas de résilience sont célèbres. Mais Boris Cyrulnik décrit ici ce que pourrait être chacun d'entre nous. Il nous montre comment ce processus se met en place dès la petite enfance, avec le tricotage des liens affectifs puis l'expression des émotions.
Mon sentiment au sujet de ce livre : J’aime beaucoup ce genre de lectures, parfois un peu difficiles, mais que je pratique souvent en pointillés, avec la plupart du temps un roman « facile » en parallèle. Dans ces ouvrages, je rencontre des auteurs passionnants et passionnés, qui nous bousculent, nous ouvrent les yeux coûte que coûte. J’aillais écrire « que du bonheur, quoi ! », mais non... Plutôt du chagrin, de la douleur, déposés là et montrés du doigt pour nous apaiser.
Morceaux choisis : "Le fait de s'en sortir et de devenir beau quand même, n'a rien à voir avec l'invulnérabilité ni avec la réussite sociale." "La notion de cycle de vie rend possible la description de chapitres d'une seule et même existence. Etre nourrisson, ce n'est pas être adolescent. A chaque âge noussommes des êtres totaux qui habitent des mondes différents. Et pourtant le palimpseste qui réveille les traces du passé fait ressurgir les événements que l'on croyait enfouis. On ne réussit jamais à liquider nos problèmes, il en reste toujours une trace, mais on peut leur donner une autre vie, plus supportable et parfois même belle et sensée." "Un coup du sort est une blessure qui s'inscrit dans notre histoire, ce n'est pas un destin". "Dans le réel, chaque rencontre est une bifurcation possible". "
Présentation de l'éditeur : L'histoire prend place à la fin du XVIIe siècle : à cette époque, les colonies d'Amérique sont à peine nées, l'esclavage des Noirs venus d'Afrique est un fait nouveau et n'est pas encore la pierre angulaire de l'économie américaine. Dans ce nouveau monde, des Européens ont bâti des propriétés isolées au milieu de régions sauvages où la maladie et la mort sont une menace de chaque instant, où tous, à l'exception des Indiens, viennent d'ailleurs. Dans une petite ferme du Maryland, vit Jacob Vaark, un fermier et négociant anglo-néerlandais marié à Rebekka. Cette jeune Anglaise est l'aînée de sa famille. Ses parents, peu soucieux de son sort ont décidé de répondre à l'annonce de Jacob qui recherchait 'une femme en bonne santé, chaste et désireuse de voyager'. Quand on propose à Jacob de prendre à son service la très jeune Florens, en compensation d'un retard de paiement, il y voit la possibilité d'alléger la peine de sa femme dont aucun enfant n'a survécu. Florens est immédiatement prise en charge par Lina, une esclave indienne dont la tribu a été décimée par une épidémie. Cette dernière dirige la maisonnée avec Rebekka, menant la vie dure à l'autre esclave du couple, Sorrow la bien nommée, unique rescapée d'un bateau attaqué par des pirates. Florens n'a jamais compris pourquoi sa mère avait cherché à se séparer d'elle.
Mon sentiment au sujet de ce roman : C'est un texte qui a été encensé par la presse et par les critiques littéraires, et c'est vrai qu'il s'agit là d'une histoire touchante et belle (troublante et magnifique, diront certains). Mais combien cette lecture est difficile, à mon avis. J'avais déjà abandonné un roman, en cours de lecture ("Trésor d'amour", de Philippe Solers, tout à fait dans un autre registre, on va dire...), donc celui-ci, je ne voulais pas le lâcher... On y ressent le "grand" roman littéraire : une densité symbolique, une période-clé de l'Histoire, le thème de l'esclavage, l'art de narrations entremêlées qui s'imbriquent subtilement et nous font avancer dans le récit. Oui, un grand roman. Mais pas reposant du tout ! De la souffrance, de la lutte pour la survie, de la soumission. Tout cela évoqué avec beaucoup de poésie. ...Mais sans doute trop douloureux pour moi.
Morceaux choisis : Nous ne façonnons jamais le monde, c'est le monde qui nous façonne. C'est le flétrissement à l'intérieur qui rend esclave et ouvre la porte à ce qui est sauvage. Toutes les eaux, rivière ou mer, ont des requins sous la surface. C'est une chose de vivre dans vos propres déchets ; c'en est une autre de vivre dans ceux des autres.
Toni Morrison (prix Nobel de littérature en 1993) a été interviewée sur France-Inter pour "Un don". Ecouter les explications qu'elle donne ici permet de mieux comprendre l'univers dans lequel elle nous plonge, dans son roman.
Une rencontre polymère, des morceaux de scrap qui allaient finir malaxés, un péché de convoitise.. Gadouille me cède quelques petits bouts de "fonds de canes" et je m'amuse...
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J'avais, un moment, envisagé rédiger un petit texte, depuis cet incroyable tableau miniature, qui est ressorti de la magie-polymère.
Si vous voulez vous lancer ?
Pour moi, le texte viendra certainement plus tard, ces deux femmes ayant touché en plein coeur le fragile équilibre de mes émotions...
Quant aux petits cabochons, ils vont, de ce pas, se retrouver montés en colliers
Présentation de l'éditeur : Philomena n'est pas très à l'aise sur la terre ferme. Mais il lui suffit d'entrer dans l'eau pour se sentir à sa place. Quand elle nage, elle est puissante et libre. Lorsqu'un célèbre entraîneur la remarque dans une piscine du Kansas, une nouvelle vie commence pour elle. Philomena laisse place à "Pip", une jeune athlète promise à un avenir olympique. Une fois les médailles autour du cou, elle redevient fragile. Un autre défi l'attend. Parviendra-t-elle à le relever? Nage libre est bien plus qu'un récit initiatique sur une championne hors du commun. Ce texte atypique, porté par la voix étonnante de Pip, est une révélation. Nicola Keegan y imprime sa marque : un humour, une poésie et une énergie remarquables, salués dès sa sortie aux États-Unis.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Beaucoup de plaisir à cette lecture. Philomena est terrible, volontaire, critique, entière, championne, introvertie, blessée, grossière. C'est un sacré personnage. Que l'on ne comprend pas toujours, mais on la voit évoluer, s'adapter, s'interroger. Vivre ! Et c'est passionnant.
Morceaux choisis : "J'ignore encore ce que je suis, en revanche j'adore les futilités. C'est ce qui me donne un sentiment de sainteté." "Le mensonge se dresse au centre de la salle à manger comme une grue qui s'apprête à lâcher une voiture dans le vide." "Si le cerveau arrive à imaginer quelque chose, le corps trouvera un moyen de l'accomplir". "J'ignore encore que la mort peut télescoper la vie à n'importe quel moment et en détacher quelqu'un d'un petit coup de ses ciseaux aiguisés, avec une précision telle qu'il ne reste qu'un espace béant, là où le vide aurait dû être plein." "Il m'apparaît soudain que le monde dit beaucoup de choses, et que si l'on tend vraiment l'oreille, on acquiert une ouïe exceptionnelle." "Les defunts, qui mènent une vie équilibrée dans l'au-delà, savent prêter une oreille attentive." Enfin, ces deux passages un peu plus longs ...caustiques à souhait ! "Ce n'est pas parce que (les nonnes) restent pures qu'elles n'éprouvent aucune attirance pour le mal. Je parierais qu'aux ventes de charité elles ne présentent pas tous les gâteaux qu'on leur a donnés (...).Pendant les kermesses, elles dégustent des glaces trois boules à l'aide d'une petite cuillère en plastique, le regard dissimulé derrière d'énormes lunettes à monture papillon dont les verres foncent automatiquement au soleil." "Je sais que ma chambre d'hôtel embaumera les violettes en plastique, que les draps de mon lit seront amidonnés à la perfection, que les gens m'adresseront sourires, signes de tête et que je les imiterai, consciente que tout cela est d'un dérisoire absolu.Je me tiendrai en retrait derrière ma surface corporelle, à la façon d'un hologramme, et laisserai mon enveloppe extérieure traiter de problèmes périphériques. Eux seront assis en retrait derrière leur surface corporelle, comme des hologrammes, et leurs enveloppes prêteront attention à mes problèmes périphériques. Ainsi seules les enveloppes se rencontrent, ce qui nous condamne au dérisoire absolu.".
Présentation de l'éditeur : Le premier roman traduit de la Chilienne Elizabeth Subercaseaux. La troublante radiographie d’un couple et de ses zones d’ombre. Entre Clara et Clemente, époux depuis vingt ans, ça ne va pas très bien. Surtout depuis que Clemente a découvert le fascinant cahier tenu par Clara, où elle évoque l’existence – réelle ?, fictive ? – d’un amant aujourd’hui décédé… Clara est-elle une véritable diariste ou se sert-elle de la fiction pour se venger de son mari, dont elle sait la liaison avec Eliana ? C’est dans ce climat on ne peut plus ambigu que se déploie l’univers romanesque d’Elizabeth Subercaseaux, qui nous propose ici une superbe variation sur les sortilèges de l’écriture et la dégradation du sentiment amoureux. Un beau livre d’automne, sombre et troublant, tout simplement.
Mon sentiment au sujet de ce roman : J'ai adoré. Je ne m'attendais pas à un tel roman, qui me touche particulièrement en ce moment précis, puisqu'il traite de la maladie de Clara, cette maladie sournoise et envahissante. Triste histoire, belle jusqu'au bout. Etrange. Comme le sont souvent les récits des auteurs latinos dont je raffole. Une façon particulière de raconter, dérangeante. Avec des mots justes.
Morceau choisi : "En une infime particule de temps, tout peut s'altérer de la façon la plus brutale".
Maria Bethânia est une artiste incomparable, je crois. Si vous ne la connaissez pas encore, je vous propose de la découvrir avec cette chanson magnifique, qu'elle interprète aux côtés de Jeanne Moreau
un clic sur la photo pour écouter "Poema Dos Olhos Da Amada" mais je vous conseille de la découvrir toute entière...
Présentation de l'éditeur : Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait : - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose. - Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds. Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.
Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Pourquoi ai-je emporté ce petit roman dans ma valise ? Tout simplement parce que le texte, au dos de la jaquette, m'a séduite (et je dois dire qu'à le relire, il m'enchante encore !). Et puis je ne connaissais pas Erik Orsenna, que j'avais envie de découvrir. Sans doute un texte se rapprochant davantage à de la poésie, ou à un petit conte à destination des enfants. Pas franchement à mon goût, même si l'objectif de rendre la grammaire attrayante reste louable. J'en suis pour ma part depuis longtemps convaincue, préconisant à mes filles, depuis qu'elles sont toutes petites, de la considérer comme un jeu...
Morceaux choisis : « Nos mots préférés sont des affaires intimes, comme la couleur de notre sang. » « Vingt-cinq langues meurent chaque année ! Elles meurent faute d'avoir été parlées. Et les choses qu'elles désignent meurent avec elles. » « Les mots, c'est comme les notes. Il ne suffit pas de les accumuler. Sans règle, pas d'harmonie. Pas de musique. Rien que des bruits » « Les vrais amis des phrases sont comme les fabricants de colliers. Ils enfilent des perles et de l'or. Mais les mots ne sont pas seulement beaux. Ils disent la vérité. »
Si cette lecture vous tente, je vous conseille de consulter le site evene.fr, qui fait un bel éloge de ce roman. Le lien est juste là. Et puis ce site, vraiment bien fait, qui dit tout sur cet ouvrage. C'est par ici. En tout cas, ce récit a l'air de bien inspirer les enfants ! (...ou peut-être plutôt leurs institutrices...) Pour preuve, ce montage vidéo, très bien réalisé, que je vous propose de découvrir... Le lien : par là.
pfff, ben c'est super dur à dire, ça, et puis, ça porterait presque déjà à confusion, non ?
Bon bref, tout ça pour dire que ce bracelet me fait penser à ces fameuses tâches, là, et qui ressemblent à quoi, hein ? heu..., masques africains ? heu..., , animal en plein envol ? heu..., , motifs imprimés sur tissu (...alors là, trop facile !) ? heu..., , le messie ouvrant les bras face à sa foule d'adeptes ? (...bon, là, faut le regarder à l'envers, et puis après, ça risque de devenir sujet à réflexion très-trop-rorchachitruc... )
MMMhhhh, et vous ? ;)
Création tout polymère (ah oui, et puis il est entièrement réversible, ce bracelet-là... comme ça, si on veut rester dans la version "sans se poser de questions", ben c'est à l'envers qu'il faut le porter !)
En tout cas, pour moi, il évoque surtout une journée où j'ai tellement rigolé que je n'ai pas fait grand chose de bien, sinon : - apprendre avec Murielle (perlimpimpin) la technique pour faire apparaître ces formes délirantes, je vous en resservirai, promis, j'adore ça, - utiliser dans la foulée l'emporte-pièce plus ou moins troqué avec ma lulu, - porter à mon bras un joli bracelet composé par Tewee, - partager un repas où des gens parlaient de la Bretagne amoureusement (yes !), - apprécier la chaleur de l'accueil chez Gadouille, - et retrouver mes "copinettes" fimoteuses : Sylvie (et ses jolies nouvelles lunettes-fun), Crème (et sa fameuse double crème aux chocolats), Chifonie (et son téléphone portable), Tewee (et ses éclats de rire), Danielle (et ses lunettes qui lui tombent sur le bout du nez), Murielle (et Ror-machin), Luce (et ses grimaces), Valérie (et son monstrueux retard), et moi (no comment...),
Allez, je vous montre juste quelques photos, c'était trop-top-génial-à-refaire-comme-d'hab ! (d'autres photos de la rencontre chez Tewee et Luce) (et puis, comme d'hab', un clic sur la photo pour voir en grand)
Bon, et puis, pour poursuivre dans l'article "structuré" (*) :
le thème :
mon interprétation :
(*) Pour ma défense, la journée était organisée dans le cadre des "remues-méninges", de l'association "lézargil" d'après des compositions de Dominique. ...Normal qu'après "ça", ça cogite, non ? et pas spécialement de façon "organisée", cérébralement parlant...
Présentation de l'éditeur : Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses". Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianiste; enfin, la petite-fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l'héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il...
Mon sentiment au sujet de ce roman : L'écriture de Milena Agus ravit. Elle coule de source, comme on dit. Et l'histoire de cette femme sarde, qui aura toute sa vie été en quête de l'amour fou, est à la fois douce et forte. Ellle nous rappelle qu'il suffit souvent d'un rien pour donner la force de poursuivre sa route...
Morceaux choisis : " Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu'au moins, je sente le manque de toi (citation dans le prologue)." " La nostalgie, c'est de la tristesse, mais c'est aussi un peu de bonheur ". " Grand-mère s'étonnait toujours de la bizarrerie de l'amour qui, s'il ne veut pas venir, ne vient pas au lit, ni même à force de gentillesse et d'attentions, et il était étrange qu'on n'eût justement aucun moyen de le provoquer alors que c'était la chose la plus importante".
Présentation de l'éditeur : Simon, Garance et Lola, trois frères et soeurs devenus grands (vieux ?), s'enfuient d'un mariage de famille qui s'annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s'offrir une dernière vraie belle journée d'enfance volée à leur vie d'adulte.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Regard bienveillant, puisque voilà Anna Gavalda. J'ai lu "ça" très vite, avec plaisir. C'était bon. Mais facile ? Vraiment très court ? Je me suis régalée, voilà ce qui compte...
Morceau choisi : Les enfants justifient les réunions de famille et nous en consolent.
Présentation de l'éditeur : Ce roman se déroule dans une petite ville française, divisée entre une cité et un quartier pavillonnaire cossu et somnolent. Mado y habite seule un pavillon. Elle n'a jamais eu d'autre amie qu'Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d'une dizaine d'années, et au fil du temps une profonde tendresse naît entre Mado et l'enfant. Le père de Julide est né dans un pays étranger, et sa mère est issue d'une campagne française. Dans un lieu comme dans l'autre, les mariages sont le fruit de la raison et non des sentiments : ainsi l'adolescente est-elle fiancée dès l'âge de seize ans à un cousin, sort auquel elle se plie. Mais Mado la voit se résigner avec tristesse et impuissance, avec le sentiment que s'éteint la flamme qui habitait la jeune fille. Un jour, Albanala retourne dans son pays natal sans un mot d'explication, mais avant cela elle fait jurer à sa nièce de veiller sur Mado. Arrive en ville un homme que l'on surnomme l'Indien. Dès l'instant où Mado l'aperçoit, elle en tombe éperdument amoureuse. Mais pourquoi le fuit-elle lorsqu'il cherche à l'approcher ? Et pourquoi Julide s'efforce-t-elle d'empêcher à tout prix une rencontre ? Tous les thèmes chers à Dominique Mainard sont présents dans ce roman, l'exil, le monde imaginaire, les secrets et les mensonges, et enfin, les rencontres improbables qui seules nous permettent d'échapper à nous-mêmes.
Mon sentiment au sujet de ce roman : Un peu à la façon d'un conte (les prénoms des personnages sont à eux seuls tout un poème...), la lecture de ce roman nous plonge dans un récit fascinant, dramatique et mélancolique. Une histoire qui pourrait rester très ordinaire, s'il n'y avait ce petit quelque chose qui ressemble à une chanson d'amour déchiré et fragile. Alors que rajouter, sinon que j'ai désormais très envie de mieux connaître cet auteur en poursuivant mes lectures par "Le Ciel des chevaux" dont je n'ai entendu que du bien.
Bien souvent je passe par ici. Un signe de tête ou avec la main. Le vieux paysan me reconnaît. Oui, évidemment : chaque matin je prends cette route pour me rendre au travail, et parfois je m'arrête, le souffle coupé, devant le paysage... Et c'est là, bien souvent, que me revient cette chanson, "Santa Monica", celle où les gens des villes rêvent de vivre ici,
"Les paysans vont, rigolant tout bas, de mille rides, sous leurs chapeaux de paille Ils travaillent été et hiver dans la chaleur et la poussière, pour que ne meure pas leur terre tranquillement sans ombre dans les yeux."
Parce que c'est lui, là, cet homme sur son tracteur.
Ce matin, dans l'un de ses prés, un poulain gambadait joyeusement. Je me suis arrêtée. "Azur", a-t-il dit, "c'est son nom". Il lui fallait bien ça : l'immensité.