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Le bruit des vagues
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1 avril 2016

dernière lecture : Une vie entre deux océans

de ML Stedman

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. 
À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. 
Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler "l’incident" et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.
" Lire Une vie entre deux océans est une expérience d’immersion totale, incroyablement émouvante. "
Monica Ali, auteur de Sept mers et treize rivières

Mon sentiment au sujet de ce roman :

Je vous avouerai que je ne sais pas trop comment aborder cette synthèse de lecture. 
C'est un roman composé de trois parties à mon avis vraiment distinctes qui, chacune, m'ont touchée d'une manière très différente.
J'ai d'abord été embarquèe dans un univers puissant et grandiose : celui la mer dans son état brut, exactement comme je l'aime. 
Petite parenthèse sur ces premières pages du roman : je crois que l'école laisse de grands blancs dans nos connaissances historiques... Vous le saviez, vous, que les australiens sont venus combattre avec les français dans les tranchées pendant la guerre 14-18, laissant le pays dans un chagrin immense de la perte de très nombreux jeunes hommes ? 
Voilà la trame de fond du roman, puis vient une histoire d'amour "toute simple" (mais une histoire d'amour peut-elle  vraiment être simple... Une belle histoire d'amour serait sans doute plus juste. L'amour de deux assoiffés de vie. Ou plutôt de deux grands blessés par la vie). 
Et le bonheur d'être deux.
Viennent ensuite des temps plus difficiles pour le couple installé sur l'île, 
Pour moi aussi.
Trop d'émotion. Trop d'injustice. Trop d'inquiétude, avec la certitude que cela ne peut que très mal finir.
J'ai dû faire de nombreuses pause, avec le besoin de souffler, cette lecture ayant été pour moi vraiment intense.
Pourtant, à aucun moment, je n'ai envisagé de l'abandonner. C'est un roman très bien écrit (une écriture "toute simple" aussi, comme l'amour de ces deux-là...   ;)  ), avec une histoire tellement plausible, qui procure d'intenses et confuses èmotions. 
C'est beau et triste jusqu'à la dernière page.

Morceaux choisis :
"Je vous en dirai plus si vous le souhaitez vraiment. C'est juste que je préférerais m'abstenir. Quelquefois, c'est mieux de laisser le passé à sa place. Mais la famille ne fait jamais partie du passé. Vous l'emportez partout avec vous, où que vous alliez."

"On ne peut jamais vraiment parler de l'avenir, si vous y pensez sérieusement. On ne peut parler que de ce que l'on imagine, ou de ce que l'on souhaite. Ce n'est pas la même chose".
"Lorsqu'il repense aux choses de la guerre, à ces années de manipulation des faits, ou à l'impossibilité de mesurer, et encore plus de décrire, l'enfer absolu qui régnait dans les tranchées tandis que les explosions déchiquetaient le sol autour de lui, il apprécie au plus haut point le luxe d'énoncer des vérités simples."
"Un phare, ça fonctionne pour les autres : il est impuissant à éclairer l'espace le plus proche de lui".
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20 avril 2016

dernière lecture : Un assassin blanc comme neige

de Christian Bobin

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur
«L'encre fraîche de Rimbaud tache mes doigts. Ses proses font trembler l'air au-dessus de la page comme sur une route fondue au soleil d'été. 
Je vais chercher mon pain, mes nuages et mes étoiles dans l'unique librairie du Creusot. L'acacia au bas de la rue du Guide surgit comme un donateur fou. Son haleine sent le miel et l'or. 
Toutes les fleurs se ruent vers nous en nous léguant de leur vivant leur couleur et leur innocence. Les contempler mène à la vie parfaite. 
Les anémones sont si crédules que même l'enfer leur donne raison.»

Mon sentiment au sujet de ce texte ET morceaux choisis

Quand je lis Christian Bobin, je pourrais me mettre à pleurer.
Ou à rire.
Ou les deux à la fois.
D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi j'ai écrit cela : "je pourrais".
Je pleure et je ris, au fond de moi. Mon coeur est encore une fois, à cette lecture, balloté à droite et à gauche, malmené, mais pleinement vivant et connecté. à ce que Bobin nommerait probablement l'invisible.
Il me fait toucher de près cet invisible tellement puissant, à la fois violent et apaisant.
Tel un assassin blanc comme neige, il me relie en force et en douceur (comment est-ce possible...) au divin en moi et en ce monde.
(il le dit lui-même : "écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu")
---
Une réflexion me revient souvent, les lundis et les jours de pluie : ces jérémiades des uns et des autres, qui me deviennent de plus en plus insupportables. Ils ne savent (ne veulent ?) plus être heureux que les vendredis ("ce soir, c'est week-end !) ou quand il fait soleil.
Christian Bobin, lui, me réconforte. A chaque fois que je le lis.
"Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue" 
Voilà.
Ce seront là les deux seules citations que j'extrairai aujourd'hui de cet encore extraordinaire "Bobin", parce que sinon, il faudrait que je vous en fasse une intégrale lecture, la voix brisée d'émotion.
Et avec quel ravissement !
 
Oh ! une découverte : Sei SHÔNAGON, et ses notes de chevet. Je crois que je vais chercher plus loin...
6 février 2016

dernière lecture : Et puis Paulette

de Barbara Constantine

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1 etoile

Présentation de l'éditeur : 

Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. 
Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. A l'évidence, elle n'a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus ( 6 et 8 ans ) lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas...
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette....

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :

J'hésitais à me lancer dans la lecture de ce roman, et puis Paulette (ma copine Paulette !) m'a dit, si-si, tu peux y aller, il est sympa. Franchement, pour être honnête, j'avoue avoir été déçue. Par le côté beaucoup trop gentillet de l'histoire (pour ne pas dire cucu). Si vous voulez une lecture facile, pleine de bons (très bons !) sentiments, alors oui, ce roman est pour vous.

 

Morceaux choisis :
"Peut-être qu’à force de ne plus se voir, on finit par s’oublier."
28 novembre 2015

dernière lecture : Le principe de Pauline

de Didier Van Cauwelaert

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0,5 etoile

Présentation de l'éditeur :
"Pauline avait un grand principe, dans la vie: l’amour ne sert qu’à construire une véritable amitié. Maxime et moi en sommes la démonstration vivante." A vingt ans, Quincy Farriol reçoit pour son premier roman le prix de la Maison d’arrêt de Saint-Pierre-des-Alpes. Dans la librairie déserte où il dédicace, ce grand dépressif rencontre Pauline, sublime étudiante qui s’est portée volontaire pour lui servir d’assistante. C’est la compagne de Maxime, président du jury des détenus, un voyou au grand cœur, pris dans un complot contre un politicien véreux, dont il est le garde du corps et qu’il ne trahira jamais. Condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, Maxime veut que Pauline refasse sa vie. Et il charge « son » lauréat d’une mission de confiance : faire l’amour à Pauline pour qu’elle l’oublie. La réussite de cette mission sera le prélude à une amitié-passion qui, de séparations en retrouvailles, de catastrophes hilarantes en bonheurs fous, unira ces trois êtres pendant plus de vingt ans. Car, à sa sortie de prison, le bouillonnant Maxime hérite, en échange de sa loyauté, de dossiers politiques explosifs. Et il va mettre toute sa puissance nouvelle au service du romancier obscur dont il a décidé de faire un auteur de best-sellers.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
"Vouais-vouais-vouais..." (*)
Comme aurait dit mon père, 
Qui lisait tellement plus que moi...
et ne se trompait pas beaucoup sur la qualité de ses lectures.
Enfin, je l'ai lu tout de même jusqu'au bout. Je me demande encore pourquoi...
Je vous mets le lien (clic) vers la page des critiques sur le site de Babelio : tous les lecteurs ne sont pas aussi catégoriques... Beaucoup sont même complètement séduits (comme quoi, tous les goût sont dans la nature...)
(*) Signifiant : allez, arrête un peu de moquer de moi, pour dire poliment...

Morceau choisi :
"Le manque de répartie à l'oral  est une des raisons qui m'ont conduit à la lillérature."

17 novembre 2015

dernière lecture : La ligne noire

de Jean-Christophe Grangé

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3,5 etoiles


Présentation de l'éditeur :
Il existe, quelque part en Asie du Sud-Est, entre le tropique du Cancer et la ligne de l'équateur, une autre ligne.
Une ligne noire jalonnée de corps et d'effroi…
Source : 4ème de couverture du livre (ISBN 978-2-253-11659-2) imprimé en avr. 2006

Ancien champion de plongée en apnée, Jacques Reverdi est arrêté en Malaisie. Convaincu de meurtres sadiques - il saigne à mort ses victimes, des jeunes femmes -, il risque la pendaison. 
A Paris, Marc Dupeyrat, ancien paparazzi reconverti dans le fait divers sanglant, se prend de fascination pour lui. Afin d’obtenir ses confidences, il va inventer une femme, dont le criminel tombera amoureux du fond de sa prison, et à laquelle il prêtera les traits de Khadidja, le mannequin en herbe que déjà se disputent publicitaires et photographes. 
Commence alors, de Paris à l’Extrême-Orient, une longue odyssée au cœur de la violence et du mal, qui mènera le journaliste bien au-delà de ce qu’il pouvait imaginer? Et un suspense qui, après Les Rivières poupres et L’Empire des loups, confirme Jean-Christophe Grangé comme un maître du thriller. 
« À mi-chemin d’Arsène Lupin et de Hannibal Lecter, les personnages de Grangé sont pris dans une mécanique infernale » 
O.L.N., L’Express.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Jessica, elle est comme ça : quels que soient le temps, son humeur, ou l'état de santé de ses enfants, elle arrive au travail avec le sourire : elle est un vrai rayon de soleil (son sourire est beau et sincère, elle est douce, avec toujours un petit mot gentil pour chacun). Elle fait partie des personnes qui me sont devenues précieuses.
Tout ça pour dire : je ne comprends pas comment elle a pu me faire ça.
Me mettre ce roman-là dans les mains.
Un roman que je n'ai plus jamais pu poser.
Qui m'a empêchée de dormir,
Et qui me fait encore frissonner d'horreur.
Ah bon ? Il y a une suite ? (Le serment des limbes) (http://www.babelio.com/livres/Grange-Le-Serment-des-Limbes/4328)
Mais évidemment, que je veux la lire !!!
Même si j'en tremble déjà...
Bon, Jess, faudra qu'on parle, toutes les deux. Et que tu m'expliques : qui tu es vraiment...
;)

Ah, et au fait, j'ai vérifié : Jacques Reverdy existe bel et bien ! C'est un artiste peintre qui a bien du talent. Je me demandais juste si cela l'amuse ou l'inquiète de partager son patronyme avec l'étonnant et macabre héros de ce roman...

 

Morceaux choisis :
"Ce soir, dans votre chambre, observez le ventilateur. Les pales tournent si vite qu'on ne peut pas les distinguer. Le cerveau humain, pareil. Nos pensées vont trop vite. Impossible de les démêler.
Il ralentit son geste :
Mais arrêtez le ventilateur. Regardez chaque pale qui se précise, retrouve sa forme. Faites pareil avec l'esprit. Détachez chaque idée. Observez-la sous tous ses angles. Voilà le rôle de la méditation : transformer la pensée en objet fixe."
"Seule une blessure qu’on cache affaiblit."
"Il écoutait l'océan, dans une relation d'intimité complète. Une autre idée reçue : le silence de la mer. A cette profondeur, la masse sans limite des fonds compressait, cristallisait chaque son, au point de le transformer en un objet matériel, translucide, aux arêtes de verre."
"Passé un certain âge, vivre sans enfants, c'est devenir tout sec. Il y a beaucoup de tristesse à ne vivre que pour soi-même. Vous trouvez pas ?"
"La prison n'est pas fondée sur un système d'entraide ou de solidarité. C'est un monde où les intérêts personnels cohabitent, sans se mêler. A l'occasion, ils peuvent s'accorder sur un objectif commun, mais la règle est de ne jamais sortir de son propre cercle d'existence. Une logique de rats, où l'intelligence ne s'applique qu'à sa survie immédiate."
"Un rite a besoin d'un espace particulier. Un lieu sacré où chaque geste revêt un sens supérieur, où chaque mouvement est un symbole."
"Là où il y a de l'eau, je suis invincible."
"Souviens-toi toujours de cette règle : moins tu te caches, moins on te voit".
"Des centaines de touristes (...) grouillaient, comme des cafards, proliférant, saccageant la beauté qu'ils prétendaient admirer".
"Marc songea aux femmes à tiroirs des toiles de Dali, qui enfouissent leur secret dans les replis de leur corps".
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16 juillet 2015

dernière lecture : L'océan au bout du chemin

de Neil Gaiman

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
"J'aimais les mythes. Ils n'étaient pas des histoires d'adultes et ils n'étaient pas des histoires d'enfants. Ils étaient mieux que cela. Ils étaient, tout simplement." De retour dans la maison de sa famille pour des obsèques, un homme encore jeune, sombre et nostalgique, retrouve les lieux de son passé et des images qu'il croyait oubliées. Le suicide d'un locataire dans une voiture au bout d'un chemin, sa rencontre avec une petite voisine, Lettie, qui affirmait alors que l'étang de derrière la maison était un océan.
Et les souvenirs de l'enfance, qu'il croyait enfuis, affluent alors avec une précision troublante... 
Ce sont les souvenirs d'un enfant pour qui les histoires existent dès qu'on les croit et qui se réfugie dans les livres pour échapper aux adultes, un enfant pour qui les contes sont sa réalité. Gaiman nous plonge ainsi l'univers de l'enfance en même temps que dans celui des contes anglo-saxons, dont il a une connaissance érudite.
Mais plus encore, il nous convie à une relecture de l'influence des contes sur notre enfance, une réflexion sur la mémoire et l'oubli, et ce qui demeure d'enfance en nous. Fidèle à son imaginaire féérique, Neil Gaiman est un créateur d'archétypes que Stephen King qualifie de "trésor d'histoires". Il épure ici sa phrase et ses possibilités narratives pour nous procurer une émotion toute nouvelle, inédite, dans ce roman court, très personnel, qui dévoile sans doute beaucoup de lui et démontre tout le génie littéraire qui lui a valu le convoité Book of the Year décerné à ce roman par les lecteurs anglais.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est (encore !) un roman auquel je ne m'attendais pas du tout... et qui, je l'avoue, m'a pas mal destabilisée. Une angoisse montait, en même temps qu'un danger tangible rôdait autour de l'enfant, héros de ce roman. Ici, le fantastique côtoie effrontément le monde réel, laissant planer le doute : alors, le monde imaginaire existerait vraiment ?
Neil Gaiman est un auteur talentueux, qui a su me faire passer par moultes émotions, et a laissé ouverte une brêche béante dans mes pensées déjà fort rêveuses sur un monde parallèle, si proche de nous, pour peu que nos pas nous mènent, parfois, au bout de quelque chemin...

 

Morceaux choisis :
"La femme a posé son chiffon sur le buffet. "ça se boit pas, l'eau de mer, hein ? Trop salée. ça serait comme boire le sang de la vie".
"Il y avait plus de sécurité dans les livres qu'avec les gens, de toute façon."
"Personne ressemble vraiment à ce qu'il est réellement à l'intérieur. Ni toi. Ni moi. Les gens sont beaucoup plus compliqués que ça. C'est vrai pour tout le monde."
"J'étais un enfant normal. C'est à dire que j'étais égoïste, que je n'étais pas entièrement convaincu de l'existence de ce qui n'était pas moi, et que j'étais certain, avec une conviction inébranlable, ferme comme le roc, que j'étais l'élément le plus important de la création. Rien n'avait pour moi plus d'importance que moi".
"Rien est jamais pareil, a-t-elle répondu. Que ce soit une seconde, ou cent ans plus tard. ça bouillonne et ça brasse tout le temps. Et les gens changent autant que les océans".
« - Les adultes et les monstres ont peur de rien.
- Oh, si, les monstres ont peur. C'est pour ça que ce sont des monstres.
Quant aux adultes...Vus du dehors, ils sont grands, ils se fichent de tout et ils savent toujours ce qu'ils font. Au-dedans, ils ressemblent à ce qu'ils ont toujours été. A ce qu'ils étaient lorsqu'ils avaient ton âge. La vérité, c'est que les adultes existent pas. »
17 octobre 2014

dernière lecture : Profanes

de Jeanne Benameur

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Ils sont quatre, ils ne se connaissent pas mais ils vont rythmer la vie du docteur Octave Lassalle qui les a soigneusement choisis comme on compose une équipe -- comme avant autour de la table d'opération, mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve, sa propre sortie qu'il prépare. Ensemble, cette improbable communauté progressivement tissée de liens aussi puissants qu'inattendus, franchira un seuil, celui des blessures secrètes. 
Un hymne à la vie et un plaidoyer pour la seule foi qui vaille : celle de l'homme en l'homme.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je n'en peux plus. J'ai envie de les dévorer très vite, ces mots, mais aussi de les déguster le plus délicatement possible, tant ils me semblent précieux. J'ai rarement ces sensations-là, en ouvrant un roman. Mais là, c'en est presque douloureux. Je viens de trouver un texte dont les mots résonnent violemment en moi. Tous les mots. Dès la première page. C'est terrible de bonheur, et le bonheur est une donnée tellement fugace que j'ai peur d'en diluer l'essence ne serait-ce qu'en essayant d'expliquer ce que j'ai ressenti ici.
Parce que mon dieu, quel roman magnifique ! Sélectionner quelques citations est pour moi une vraie torture ! Le livre entier est un génie d'écriture.
Comme une porte ouverte. Qui donne envie de connaître encore tellement de choses... C'est là que l'on se sent minuscule : plus l'on s'instruit (en lisant, en écoutant de la musique, en découvrant de nouveaux artistes), et plus l'on voit devant quel gouffre de connaissances on se présente. C'est à la fois étourdissant et excitant. Mais aussi effrayant... Je n'aurai jamais assez de temps.
L'histoire est tellement fluide... et pourtant percutante. Les personnages sont beaux, jusque dans leur âme.
Roman jubilatoire. Il faut le lire pour comprendre. Doucement, si possible (mais c'est impossible...). Le relire très vite, alors...

 

Avec ce roman, j'ai découvert pas mal de choses:
- l'univers photographique d'Alexandre Hollan ("Je suis ce que je vois" ...ah mais oui, de cela je suis certaine !)
- les portraits de Fayoum, dont j'avais entendu parler. Je suis aller voir un peu plus loin de quoi il en retourne... : http://jfbradu.free.fr/egypte/LA%20RELIGION/LE%20FAYOUM/LE%20FAYOUM.php3

Et puis, moi qui ai toujours voulu écrire des haikus, cela me donne encore davantage envie de m'y mettre. Il faudrait alors que quelqu'un m'apprenne... Il y a bien ce site http://www.haikunet.org/, qui donne beaucoup de clés, mais rien ne vaut le partage, je crois...

 

Morceaux choisis : (oh là là, pardon, j'ai essayé de limiter, mais les mots écrits dans ce roman sont si beaux que, même en me limitant, cela déborde de tous les côtés... Picorez, si cela vous semble trop long.)
"(...) ce qui a été est. A l'intérieur. Pour toujours. Pourquoi s'en priver ?"
"On ne peut donc jamais en sortir de cette possession qui empoissonne, dès qu'on s'attache ?"
"Quand on laisse la souffrance vous prendre trop longtemps, on finit par être paresseux de sa propre vie".
"La peur du désastre fait partie de l'aventure. On peut sauver ou ruiner toute une vie quand on prend le risque".
"Il n'y a aucune intention dans un paysage. Il n'y a aucune intention dans la ramure d'un arbre et ça, c'est un repos".
"(...) chacun observe l'autre et on ne sait jamais ce qui de nous sera retenu, à notre insu".
"Quelqu'un d'autre peut-être, invisible, derrière le rideau d'une fenêtre ou sur un balcon, une terrasse, regarde la même chose qu'elle, au même moment, ou bien a regardé, un jour, et elle aime partager ces choses impalpables. Elle se dit que la ville est faite de croisements invisibles. La peinture est là pour les révéler, c'est tout".
"Elle a toujours pensé que les mots détenaient une puissance qu'on ne voulait pas connaître vraiment. Les mots peuvent tout changer. Elle, elle s'est mise du côté muet de la parole, avec la peinture. Elle sait que c'est sa place. Mais elle n'ignore rien de la puissance des mots. Tout au fond d'elle".
"Il ouvre les yeux. Les étoiles au-dessus de sa tête sont mortes depuis longtemps. Pourtant, la beauté est là. Quand même. Bien sûr il y a un phénomène physique et des calculs précis qui permettent de savoir exactement comment la lumière se propage dans l'espace. Mais la beauté ? Ce que provoque en lui ce scintillement-là dans tout le noir, quel chiffre peut le mesurer ? C'est dans les mots qu'il faudrait chercher un passage. Dans le silence juste entre les mots justes. C'est là qu'il y aurait une prière. Peut-être. Il faudrait inventer".
"Elle pense ces drôles de choses qu'on pense parfois quand on prend le temps de s'arrêter dans une histoire, de la regarder d'en haut, comme un oiseau".
"Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort."
"Quand je n'ai plus de refuge, je vais dans les mots. J'ai toujours trouvé un abri, là. Un abri creusé par d'autres, que je ne connaîtrai jamais et qui ont oeuvré pour d'autres qu'ils ne connaîtront jamais. C'est rassurant, de penser ça. C'est peut-être la seule chose qui me rassure vraiment."

« Elle avait été émue par ce texte. Profondément. D’autant plus que l’émotion était inattendue ».
« Tant que la politesse a le dessus, on ne peut rien savoir vraiment des gens. C’est toujours au moment où ça se fendille qu’on sait exactement de quoi le bois est fait ».
« L’amour ne rassure de rien, n’empêche rien. Aimer ne donne aucune protection ».
« Je voudrais tant qu’il y ait un grand élan qui m’emporte, quelque chose contre quoi je ne pourrais même pas lutter. Je ne me poserais aucune question. Ce serait plus fort que tout ».
"Un peu plus tôt, un peu plus tard, peu importe. Ce qui compte, c'est qu'aucun vivant n'ignore que sa vie aura une fin."
« Les souvenirs, c’est dans les vertèbres, qu’ils s’installent. Ils vous courbent le dos (…) ».
« Il aimerait s’arrêter là, s’allonger sur la terre et fermer les yeux, pénétré de ce parfum, s’endormir ».
"Dans leurs regards, la gravité de ceux qui ont appris que l'amour ne protège de rien. Qu'il sert juste à prendre tous les risques. Et qu'on est toujours aussi vulnérable".
"C'est la première fois qu'elle se formule les choses de cette façon : elle ne pense pas Je suis seule. Elle pense Je suis libre".
"Les mots de l'amour il faudrait se contenter de les dire au-dessus de l'eau qui coule, dans le vent au bord de la mer. Qu'ils soient portés loin. L'amour on ne devrait jamais l'enfermer, n dans les bouches, ni dans les coeurs. C'est trop vaste".
"Le vieil homme, debout, s'appuie sur sa canne. Marc pense à un arbre. Les arbres qui ont l'air si vieux et qui reverdissent, quand même, chaque printemps, obstinément."
"On a beau être un profane, la foi, elle va se loger où elle peut. Pourquoi pas dans les mots ?"
« Une seule année, parfois, peut nourrir toute une existence ».
"Il se dit qu'œuvrer sauve de tout. Se concentrer totalement. Evacuer de sa tête de son coeur tout ce qui gêne. Etre entièrement à ce qu'on fait. Et c'est tout. La belle expression.? Oui, c'est vraiment "tout". Alors quelque chose s'ouvre".
« Elle se dit que (…) si chaque jour, elle arrivait à faire une chose, une seule, qui soit belle, elle serait sauvée. »
« Comment pénétrer dans ce qui ne lui appartient pas, ne lui appartiendra jamais ? Comment se donner le droit d’entrer dans l’histoire des autres ? Est ce qu’il suffit de les aimer ? »
"Est-ce qu'on choisit les liens qui vont se tisser lorsqu'on va travailler dans un bureau, une usine, une école ? On va se parler, forcément, et même finir par deviner à la façon de se dire bonjour le matin comment chacun va."
"La liberté est terrible. Si petite pour chacun. La si petite liberté humaine. Et ce désir parfois de l’enfoncer sous la terre. Parce que trop. Si petite, mais déjà trop".
« Rien que cette sensation aiguë de connaître quelqu’un par tout ce qu’il émet à son insu, animal, c’était un bonheur. »

 

***

 

Les 4 haikus, dans le romans, qui sont ceux destinés aux 4 "gardiens" :

"Nu sur un cheval
nu sous la pluie
tombant à verse"

pour Marc,

 

"Premier lever de soleil
Il y a un nuage
Comme un nuage dans un tableau"

pour Hélène,

 

"L'enfant qui l'imite
est plus merveilleux
que le vrai cormoran"

pour Béatrice,

 

"Souffle le vent d'automne
mais les bogues des chataîgnes
sont vertes"

pour Yolande.

 

Mon préféré ? Celui destiné à Béatrice. Visuel et aérien.
Ces haïkus sont extraits de "Haïku" (Fayard, coll "L'Espace intérieur").
24 février 2014

dernière lecture : Billie

d'Anna Gavalda

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2 etoiles

Présentation de l'éditeur :
"Billie, ma Billie, cette petite princesse à l’enfance fracassée qui se fraye un chemin dans la vie avec un fusil de chasse dans une main et On ne badine pas avec l’amour dans l’autre est la plus jolie chose qui me soit arrivée depuis que j’écris". « Franck, il s’appelle Franck parce que sa mère et sa grand-mère adoraient Frank Alamo ( Biche, oh ma biche, Da doo ron ron, Maillot 38-37 et tout ça ) (si, si, ça existe…) et moi, je m’appelle Billie parce que ma mère était folle de Michael Jackson (Billie Jean is not my lover / She’s just a girl etc. ) . Autant dire qu’on ne partait pas avec les mêmes marraines dans la vie et qu’on n’était pas programmés pour se fréquenter un jour…»

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Si j'ai finalement ouvert ce roman, c'est uniquement parce qu'Anna Gavalda l'a écrit (et que c'est une auteure que j'aime particulièrement, même si elle est désormais souvent qualifiée de "populaire". Et puis ?). Honnêtement, la couverture du roman m'a dérangée dès le départ (et me dérange encore !)... On a l'impression, en la voyant, que c'est un livre écrit pour les 8-12 ans : ses couleurs, sa photo, son titre. "Billie" : je croyais que c'était le nom de l'âne !
Viennent les premiers mots. Surprenants. Crus. Pas du tout ceux auxquels je m'attendais (surtout avec cette fameuse couv' !). Mouaiffff... Pas sûre que ça m'emballe longtemps, tout ça... 
Pourtant... la magie de l'écriture d'Anna Gavalda, son talent de conteuse, m'ont encore une fois absorbée, et c'est une histoire que j'ai lue d'une seule traite (dimanche pluvieux aidant, peut-être...).
Etrange parenthèse que ce roman décalé, que certains trouveront peut-être truffé de bons sentiments ou/et de mauvais goût, mais qui pointe du doigt, sous son faux air de facilité et son ton souvent vulgaire/racoleur, une misère sociale qui est tellement présente dans notre société. On en revient, je trouve, à ma lecture précédente ("Le cri de la mouette", d'E. Laborit) : la société (bien-pensante...) a vite fait de marginaliser, dès l'enfance, les personnes "différentes". 

 

Morceaux choisis :
"On ne peut jamais savoir à l'avance où va aller se nicher le sacré".
"ça aussi, c'est une chose que j'ai apprise avec lui... Cette façon sournoise qu'ont les doutes de toujours se faufiler dans les endroits les plus inattendus et les plus biscornus et surtout chez les gens qui sont beaucoup plus solides que vous."
31 décembre 2013

dernière lecture : juste avant le bonheur

d'Agnès Ledig

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Présentation de l'éditeur :
Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire.
Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, c'est le tragique accident de voiture et Lulu meurt après un long coma. Une chaîne de soutien, d'affection et de tendresse se forme autour de Julie. Avec elle, à travers elle, des êtres désemparés tentent de réapprendre à vivre et de saisir une deuxième chance. La force des épreuves surmontées, l'espoir d'un nouvel amour, ainsi qu'une bonne dose d'intelligence et d'humour peuvent réussir ce miracle.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai vraiment apprécié ce roman, très vite lu, dévoré même..., à un moment où j'avais besoin d'une lecture fluide. Ce qui ne signifie pas paisible, loin de là ! 
J'ai rapidement pensé au génie d'écriture d'Anna Gavalda, auquel on se rapproche ici, et qui a le don de nous rendre les personnages de ses romans attachants, proches même. Vivants. 
Avec en prime ici le plaisir de voir évoquée la splendeur de la Bretagne. 
Enormément d'émotions aussi : de la joie, des rires, puis des larmes avec un retournement de situation auquel on n'est pas prêt, auquel on ne sera jamais prêt.
Une belle leçon de vie...
Si vous êtes en panne d'inspiration pour votre prochaine lecture, courez vous procurer ce roman d'Agnès Ledig, qui est un vrai cadeau.

Morceaux choisis :
"Le désespoir et la tristesse n'ont jamais aidé personne à combattre les épreuves".
"La vie s'apparente à la mer. Il y a le bruit des vagues, quand elles s'abattent sur la plage, et puis le silence d'après, quand elles se retirent. Deux mouvements qui se croisent et s'entrecoupent sans discontinuer. L'un est rapide, violent, l'autre est lent. (...) C'est ça la vie... C'est le mouvement, c'est le rythme, le fracas parfois, durant la tempête, et le doux clapotis quand tout est calme. Mais le clapotis quand même. Un bord de mer n'est jamais silencieux, jamais. La vie non plus, ni la vôtre, ni la mienne."
"L'intimité des gens n'est pas inscrite sur leur visage".
"Rien ne sert de s'opposer, le destin trace le chemin. On le suit pas à pas. Mais si on ne marche pas dans ses pas, on finit par se perdre".
"Ainsi va la vie, elle se nourrit d'impermanence, et c'est l'impermanence qui fait que la vie est vie".
"Ce n'est pas la vie qui est belle, c'est nous qui la voyons belle ou moins belle".
"Le silence a cette vertu de laisser parler le regard, miroir de l'âme. On entend mieux les profondeurs quand on se tait".
"Oui, si vous perdez une jambe, ça se voit, les gens sont conciliants. Et encore, pas tous Mais quand c'est un morceau de votre coeur qui est arraché, ça ne se voit pas de l'extérieur".
"Toutes les plaies cicatrisent, plus ou moins vite, plus ou moins bien, mais la peau se referme. On garde une trace, mais la vie est plus forte".
"L'apprivoisement se fait toujours à double sens".
"On ne se trompe jamais quand on aime".
"Un médecin doit aller bien. Un médecin ne flanche pas. Un médecin, c'est un socle sur lequel s'agrippent les patients fragile. Il se doit d'être solide comme un roc".
"L'évidence n'a pas besoin de beaucoup de temps pour sauter aux yeux. C'est généralement instantané".
"Le bonheur va vers ceux qui savent rire". 
"Ne baisse pas les bras, tu risquerais de le faire deux secondes avant le miracle".

30 septembre 2013

dernière lecture : Mille femmes blanches

De Jim Ferguson 

fergus
¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
En 1874, un chef cheyenne demande au Président Grant de lui donner mille femmes blanches pour les marier à ses guerriers afin de faciliter l'intégration et le mélange de leurs deux peuples. Partant de ce fait historique, Jim Fergus retrace l’odyssée, sur les terres sauvages de l’Ouest, de ces femmes recrutées pour la plupart dans des prisons ou des asiles psychiatriques.
C'est un fait historique qui sert de base à ce roman : en 1875, mille femmes blanches, souvent issues de classes défavorisées ou de maisons de fous, sont "offertes" en mariage à mille guerriers indiens. En partant de cet odieux marchandage, Jim Fergus a écrit un roman, vu du côté des femmes. Leur découverte d'un peuple aux coutumes subtiles est étonnante. Eloquente aussi, parce qu'elle dénonce les graves écarts du gouvernement américain vis-à-vis de ceux qu'il considérait comme des sauvages. A lire avant qu'il ne devienne un film.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'avais commencé (et pour ainsi dire fini) ce roman pendant mes vacances d'été, au mois de juillet. Avec ce doux plaisir de lecture, l'été... : à travers son journal, May Dodd nous fait simplement découvrir un vrai portrait de femme (aventurière...) au XIXe siècle.
Pour je ne sais quelle obscure raison, je me suis interrompue. Et là, il m'a fallu un temps immense pour me ré-immerger. Plus envie.
Pourtant l'histoire est vraiment sympa, bien contée, plus ou moins basée sur un fait historique. Mais je crois que je n'en voyais plus le bout... La fin est belle (et triste)...

Vous trouverez ici (clic) une analyse enthousiaste du roman. 

Morceaux choisis :
"Vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages."
"Les militaires sous-estiment l'acuité d'une oreille féminine."
"La vie est si imprévisible."
"Asile d'aliénés : le lieu où l'on crée les fous."
"L'amour n'est que pure folie et, je dois bien te l'avouer, mérite et les obscures demeures, et le fouet auquel les fous ont droit." (Shakespere)
"Y a-t-il plus délicieux qu'un amour condamné ?"

4 janvier 2011

dernière lecture : chouette une ride !

d'Agnès Abécassis

AbecassisAgnesChouetteUneRide

Présentation de l'éditeur :
Anoushka est une jeune auteur de thrillers. Enfin, jeune, c'est ce qu'elle croyait, avant qu'une succession de microévénements humiliants se produisent dans sa vie, lui faisant brutalement prendre conscience qu'elle a déjà trente-six ans. C'est-à-dire techniquement, presque quarante. Donc bientôt cinquante. Elle mène, par ailleurs, une vie totalement ordinaire, entre son métier aux aspects solitaires, ses tâches ménagères barbantes, ses deux filles qui grandissent, son (second) mari toujours ronchon, et sa chienne, une adorable petite boule de poils incontinente. Engluée dans son quotidien, Anoushka étouffe et réalise combien le temps passe vite. Ses années d'insouciance sont déjà si loin... Alors, lorsque sa cousine se marie à l'autre bout du pays, c'est avec sa meilleure amie célibataire qu'elle file célébrer l'événement. Au programme, régression totale : fringues d'ados, propos indignes d'une mère de famille, et surtout envie de respirer un peu. Mais ce mariage va lui réserver bien des surprises. Elle voulait vivre de nouvelles aventures ? Elle va en avoir...

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17 juin 2010

dernière lecture : passage du gué

Jean-Philippe Blondel

BlondelJeanPhilippePassageDuGue

Présentation de l'éditeur :
Fred tombe amoureux de Myriam mais Myriam, quoique troublée par Fred, aime Thomas, dont elle est enceinte depuis peu. Quand il l'apprend, Fred s'efface. L'annonce de cet heureux événement les sépare - un drame va les réunir. Face à l'intolérable détresse de Myriam et Thomas, que peut Fred ? Les aider à surmonter ce moment d'une douleur extrême ; choisir de les accompagner, corps et âme, jusqu'à l'autre rive - celle où la vie pourra reprendre : devenir, parce que l'amour emprunte parfois d'étranges chemins, le passeur du gué.
Autour de Fred, s'articulent les voix de Myriam et de Thomas, faisant de ce roman non seulement une histoire d'amour, mais une histoire de maternité et de paternité - de fraternité, au fond. Trois monologues intérieurs qui se croisent, se répondent et se heurtent - se rejoignent au coeur du roman, autour du thème de la naissance et de la mort, pour dire que chaque deuil préfigure une nouvelle aube. Une histoire qui montre comment parfois, au cours d'une existence, un être humain peut en venir à s'oublier lui-même pour permettre aux autres d'aborder des lendemains plus légers.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Beaucoup d'émotion et de souffrance. Des passages bouleversants, d'autres dérangeants, quelques-uns paisibles, aussi.
Une belle histoire triste où se joue la complexité des sentiments, racontée à tour de rôle par les trois personnages. Ce roman est émouvant, humain, subtil.
Avec tout ce que la vie peut offrir de doux et de violent. Donner et prendre.

Morceaux choisis :
Si je l'ai dans la peau, je vais l'extirper - une écharde, on la retire avec une aiguille chauffée à blanc et un coton imbibé d'antiseptique.
ça doit être quelque chose dans ce genre là, l'amitié - accepter que l'autre s'égare sur des chemins loin de vous et accepter qu'il en revienne, sans rancoeur.

28 mai 2010

dernière lecture : la femme à venir

de Christian Bobin

BobinChristianLaFemmeAVenir

Présentation de l'éditeur :
Albe est une petite fille de deux mois. Son père vend des assurances vie. Sa mère lit des manuscrits. Albe va encore grandir et apprendre la vie. Elle va découvrir une chose des plus essentielles et que beaucoup oublient : « Pour atteindre le lointain, il faut passer par le proche. Or le proche ne se laisse pas atteindre si aisément. »

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'aime... J'aime... J'aime : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie !
(un roman que je laisserai dans mon sac à main, en tout cas quelques temps)
'Il" a dit : "J'écris comme je vis, c'est à dire au présent. Le présent revit ensuite et devient le présent du lecteur. Comme lecteur je ressens certains livres comme des cadeaux."
Quel beau cadeau, encore, vous m'avez fait aujourd'hui, merci...

Morceaux choisis (mon dieu, comme c'est difficile de choisir ! à chaque page les mots sont uniques et précieux...) :
« Peindre, de sa façon à lui, c'est comme le pain sur la table ou l'eau sur la terre. C'est inventer une urgence, répéter sans fin un acte simple. C'est se nourrir des lumières qui sont partout dans les saisons, dans les allées du sang comme sur le visage sans ombre d'une enfant de deux mois. »
« Du temps passe. A vingt ans, on danse au centre du monde, A trente, on erre dans le cercle. A cinquante, on marche sur la circonférence, évitant de regarder vers l'extérieur comme vers l'intérieur. Plus tard, c'est sans importance, privilège des enfants et des vieillards, on est invisible. »
« C'est le malheur qui fait les vrais peintres. La joie donne des couleurs bien trop pâles, à la rigueur des aquarelles, des papiers peints, mais certes pas de grands oeuvres, n'est-ce pas ? »
« On dirait que les mots éveillent un chagrin, et les changent aussitôt en colère. »
« (Le cheval) ne bouge pas. Il attend. Il attend une poignée d'herbes, la fin du monde, l'ouverture des barrières. »
« Ce n'est pas compliqué, la vie. Il suffit de trois fois rien. »
« La lecture, c'est pratique, ça vous prend dans ses bras et ça vous emmène toute légère jusqu'au sommeil, jusqu'à l'oubli. »
« Il y a une méchanceté dans le coeur, si enfoncée qu'on ne pourrait l'enlever sans mourir aussitôt. On appelle ça le désir. »
« Ce qui est vraiment dit, ce n'est jamais avec des mots que c'est dit. Et on l'entend quand même. Très bien. »
« Le ciel d'été. La grande fleur nocturne du ciel d'été. On se promène là-dessous comme sous les grands plafonds de l'enfance. »
« On s'enferme sagement(...). Chacun dans son coeur plié en quatre. Demain, on le dépliera. On verra ce qui était caché dedans. Peut-être tout. Peut-être rien. Ce soir, ça ne compte pas. Il y a des soirs comme ça.
« Il y a deux manières de mentir. On peut inventer. On peut dire aussi la vérité en passant, d'une voix menue, comme une chose parmi tant d'autres sans importance. C'est la plus élégante façon de mentir. »
« Ils ouvrent la fenêtre sur un ciel talentueux, rose et gris, avec des passages orangés. »
« Voyager, c'est une fête : on met la clef sous la porte, on se laisse à l'intérieur. On se donne rendez-vous à l'étranger. On regarde les rues, le ciel et les maisons. On se regarde soi-même dans les vitrines, étonné d'être où l'on est - c'est à dire ailleurs. On a changé. On est aussi neuf que ce que l'on voit. »

22 décembre 2009

Dernière lecture

D’autres vie que la mienne
CarrereEmmanuelD_autres_vies_que_la_mienne
Emmanuel Carrère

Présentation de l’éditeur
À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?
C’était une commande, je l’ai acceptée. C’est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l’amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d’un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s’occupaient d’affaires de surendettement au tribunal d’instance de Vienne (Isère).
Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai.

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16 décembre 2009

Dernière lecture

La folle allure
bobinChristianLaFolleAllure
de Christian Bobin

Présentation de l'éditeur :
Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos coeurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste et la beauté parfois nous brûle,comme une branche basse giflant notre visage et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.

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23 septembre 2009

Dernière lecture

Au lecteur précoce
PUJADE_RENAUD_Claude_au_lecteur_precoce
De Claude Pujade-Renaud

Résumé :
Il s’agit d’un recueil de nouvelles.
Malentendus et rendez-vous manqués plombent la vie des héros de ces nouvelles. Il suffirait de presque rien pour qu'ils soient aussi heureux qu'ils en ont l'air. Encore faudrait-il que les mots soient leurs alliés, qu'ils signifient exactement la même chose pour tout le monde.

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18 février 2009

C'est "péché de gourmandise"

Et voilà...
Me plonger dans le dernier "Donna Leon" m'a, inévitablement, donné envie de manger. courgeJ'ai cherché une recette pour faire "filer" les courges, qui commencent à s'abimer dans notre cave. ...Et j'ai trouvé cette délicieuse recette de Risotto au potiron et au bacon fumé craquant, qui est, n'ayons pas peur des mots : succulente ! 200 g de riz - 450 g de potiron - 1 barquette de bacon fumé découpé en lamelles - 2 tablettes de bouillon de volaille - 40 g de parmesan très finement tranché (à l'économe) - 1 oignon - 1 gousse d'ail - 10 cl de vin blanc sec - 5 c. à soupe d'huile d'olive - sel et poivre. nettoyer le potiron - le couper en dés - éplucher l'oignon - l'émincer - faire chauffer un peu d'huile d'olives - y faire revenir l'oignon - ajouter ensuite le potiron et le faire revenir également avec l'oignon - ajouter le riz - poursuivre la cuisson jusqu'à ce que le riz devienne translucide - verser le vin blanc - laisser évaporer pendant 1 à 2 mn - puis verser en une seule fois le bouillon (75 cl d'eau + 2 bouillons de volaille - baisser le feu - couvrir et laisser mijoter pendant environ 20 minutes, en remuant régulièrement - faire griller sur une poële à sec les morceaux de bacon - "éplucher" le parmesan - quand le riz est cuit, verser le bacon et le parmesan - bien mélanger - couvrir et laisser reposer quelques instants (hors du feu).
Pour ceux qui le souhaitent, on peut arroser au dernier moment cette préparation d'un filet de vinaigre balsamique. Pour ma part, je n'ai pas trop osé. Il faut dire que c'était déjà tellement bon comme ça...

3 février 2009

L'appel du loup...

L'appel du loup,
vous connaissez ça, vous ?

un clic ici, et vous comprendrez tout...

Voici la photo que j'ai trouvée,
et attention : à l'emplacement dit !

palais_id_al_1


...Allez, je vous accorde quelques explications qui vont avec cette drôle de plaque, écrite de la main du facteur, ça sera plus clair pour tout le monde (enfin peut-être).Morgane_en_course

Donc, pour situer les circonstances de la photo : nous voici face à un "joyeux" tête-à-tête entre le Papa de la maison et sa fi-fille, nos deux grands sportifs, partis joyeusement participer à un "petit" triathlon, histoire de se mettre en jambes...

palais_id_al_3Morgane sur les genoux à l'arrivée, Papa un peu confus : l'épreuve était coriace...

- Oh... ma chérie, et si je te trouve une glace, cela sera-t-il suffisamment réconfortant pour toi ?
- Mhhh, oui, je l'avoue, une glace me ferait le plus grand bien, mais au chocolat, alors...
- Bon... Où donc trouver cela, sinon au Palais Idéal, qui se trouve à deux pas ?
- Le palais idéal, kékséksa ?
- Celui du facteur cheval !
- Ah... oui... bien sûr... voilà qui est beaucoup plus clair...

Si vous passez à côté de ce lieu étrange, arrêtez-vous-y. C'est un site incroyable...

 

 

 

palais_id_al_2

 

Voilà, c'était ce que l'on appelle un "tag photo" (avec ici les explications de texte, ce qui n'était pas obligatoire...). La règle du jeu est de parcourir son dossier “photos” le plus récent ou le 6ème plus récent, de choisir la 6ème photo dans ce même dossier et la publier sur son blog. Ensuite tagguer 6 autres blogueurs et les prévenir sur leur blog !

Comme moi aussi je suis plutôt du genre joueuse, j'ai décidé de faire suivre...
Et les heureuses gagnantes sont :
(on sourit, mesdames...) smileys_Anime_3d_anime_3d102
Sylvie alias Gadouille, Isa alias Byic, Chantal alias Cocktail,  Fabienne alias Fabijoux, Marie alias Mariesel, et enfin Nina, qui s'appelle pas nina mais je sais plus son nom...
(mais seulement si elles le souhaitent !)


4 janvier 2009

Watercolor mosaïc

Watercolor mosaïc ?
Mais non, Cathy, je ne viens pas de l'inventer !
Et, rassures-toi, ça n'est pas non plus un gros mot.
Juste le nom encore tarabiscoté d'une technique pour la fimo
dont Luce m'a fait, vendredi dernier, une démonstration efficace !

Je vous montre le résultat sur cette petite boîte à bijoux
que j'ai finalement réussi à décorer
(je ne savais décidément pas quoi en faire, moi,
de ce monstrueux cabochon/barrette/puis-finalement-bouton
lamentablement modelé chez ma copinet
qu'a du se faire une piètre opinion de son invitée...
Si si, je viens de lire son blog, moi ! Bref...),
avec en premier plan, une magnifique parure offerte par "la dame d'en Haut",
coordonnée, s'il vous plaît, à mon watercolor mosaïc
(je ne m'y ferai jamais, moi, à ces drôles d'expressions.
Faudrait songer à les transcrire en vieux bon français, non ?
Ou, pourquoi pas, en patois, en breton,
bref en ce que l'on veut pour enfin sortir de ces mots tordus et hidde..ux !)

watercolor1

De mon côté, petite démonstration de transferts sur marque-pages
(ratée, la démo : j'suis trop nulle, comme démonstratrice !)
Je vous montre le résultat sur le marque-page de Luce
(Heu... le mien ? Il est à la poubelle...)

chez_luce

Je les adore, (...moi),
ces rencontres imprévues,
puis prévues,
et les futures, prévisibles ?

21 novembre 2008

Hein ? Qui a dit courge ?

Parce que, si on ne sait pas qu'il s'agit d'un Flan au potiron, DSC01664on se demande bien à quoi l'on a affaire (tout en se régalant !!!). En voici donc la délicieuse recette...  - cuire dans de l'eau bouillante une bonne tranche de potiron coupée en dés (d’environ 3 cm de côtés) -  laisser cuire pendant 10 min - mettre à égoutter dans une passoire - battre 3 œufs avec 200g de sucre en poudre - ajouter 2 cuillers à soupe de farine et 1 de maïzena (ou 2 1/2 de farine), puis 20 cl de lait, auquel on peut rajouter, au choix : 2 grosses c. à soupe d'eau de rose, OU 2 c. à soupe d'eau de fleur d'oranger + des zestes d'oranges ou des morceaux d'oranges confites, OU de l'extrait de vanille (j'ai testé avec l'eau de rose, ça a un petit côté "pas vraiment loukoums mais qu'est-ce que ça peut bien être ?) OU nature (mais alors, ça a vraiment le goût de la courge... si on aime, pourquoi pas ?) - à cette préparation, ajouter le potiron égoutté – mixer - mettre dans un plat beurré - cuire au four th 6, pendant 20 minutes environ.
A tester et, promis, une bonne et belle surprise à la sortie du four !!!

14 septembre 2008

Métamorphose

Ou quand la chysalide devient ...cigale !

Chrysalide_de_cigale cigale

Chez les insectes holométaboles (par exemple les papillons et les abeilles), qui effectuent deux mues de métamorphose, la chrysalide est le stade de développement intermédiaire entre la larve et l'imago (ou adulte). Un autre nom pour désigner ce stade intermédiaire est la nymphe,

Photos été 2008 prises sur les îles de Lérins
Définition : Wikipédia

PS :
et si je vous disais qu'on en a ramassé une pleine poignée, de ces chrysalides : mes filles veulent essayer de les fixer dans la résine pour faire des porte-clés. Promis, on croirait leur mère !!!

24 septembre 2008

Regarder dehors

depuis ta fenêtre !

et_regarder_a_mougins

Le sol, fraîchement arrosé, avec encore quelques reflets d'eau,
Des fleurs, savamment disposées, avec belle harmonie de couleurs.
Voilà encore Mougins (Alpes maritimes) dans sa subtile beauté...

Photo été 2008

Vous voulez participer à cette rubrique ?
La règle du " jeu" est par ici !!!

22 août 2008

Contradictions maritimes

« Le port de plaisance est un lieu conçu
pour que les navigateurs
qui ne prennent pas la mer
puissent rencontrer des vacanciers
qui n'ont pas de bateau. »

Une citation de Philippe Bouvard


port_de_plaisance___Cannes
(Cannes - Port de plaisance - photo été 2008)


Alors...
chercher les vrais marins
Helice_de_bateau
(Portsall, Nord Finistère - sur la "plage" - photo été 2008)

14 août 2008

Et regarder dehors

depuis ta fenêtre !

Land_venec

Alors là, je dois dire
que je suis totalement sous le charme de ce genre d'endroit :
le bateau, dans le jardin,
la fenêtre qui ouvre sur une incroyable immensité,
l'odeur de la mer que tu reçois en plein visage,
les fleurs qui s'inclinent doucement.
Voilà le goût du bonheur...

Et derrière la vitre,
ce magnifique paysage :

Depuis_la_fen_tre_de_landevenec

Photos prise en août 2008,
dans le petit village de Landévennec (Finistère)


Vous voulez participer à cette rubrique ?
Pour quelques explications, c'est par ici !!!

1 septembre 2008

Conversation

Conversation
Chagall_Au_dessus_de_la_ville(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)
   
Comment ça va sur la terre?
- Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères?
- Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages?
- Ça flotte.
Et les volcans?
- Ça mijote.
Et les fleuves?
- Ça s'écoule.
Et le temps?
- Ça se déroule.
Et votre âme?
- Elle est malade
le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.


Jean Tardieu,
dans "Monsieur Monsieur" (1951)

Illustration :
"Au dessus de la ville"
de Marc Chagall

 

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