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Le bruit des vagues
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29 septembre 2014

dernière lecture : Peine perdue

d'Olivier Adam

Peine perdue

3,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l'abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d'Azur: la sauvage agression d'Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu'on a laissé pour mort devant l'hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte. Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d'une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d'une communauté désemparée, reflet d'un pays en crise.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai été bousculée par ce récit, qui m'a fait, d'une certaine façon, penser au roman "D'acier", de Sylvia Avallone. L'environnement où les individus évoluent laisse-t-il à ce point si peu d'envergure et de liberté à ceux qui y vivent ?
Ici, les personnages, tous plus attachants les uns que les autres (sauf ce gros c... de Pérez), et pourtant dévastés pour la plupart, sont constamment tourmentés et malmenés par la vie : par leur origine plus que modeste, leur lieu de vie "en périphérie" de la ville, leurs parents aux idées souvent obtuses, leur avenir, qu'il soit professionnel ou personnel : tout est obscurément limité.
Et puis l'environnement tout entier, la nature, la vie ! qui les malmènent sans arrêt, semblant même s'acharner contre eux...
Dès lors, comment s'en sortir ?
Cette référence à la nature déchaînée (la mer en furie, le vent, qui dévastent tout), m'a semblé paradoxalement apaisante. Un temps pour respirer, une parenthèse, un entre deux. Un gros ménage. Cela va-t-il mieux après ?
Une question que je me pose, après cette lecture : y a-t-il vraiment si peu de monde qui "s'en sort" dans ces milieux-là ? La drogue, le sexe, l'alcool, grands meneurs, sont-ils à ce point omniprésents. Cela me semble excessif. Les fréquentations que l'on a seraient-elles le véritable point d'équilibre ?
Enfin, tout ça pour dire : quel beau roman ! ...Puisqu'il ne nous laisse pas indemne.
 
Olivier Adam était l'invité de France Culture,dans l'émission "Les bonnes feuilles"

Il nous parle de son roman dont il lit quelques passages (un peu précipitamment, à mon goût. Le lire soi-même rend les choses beaucoup plus subtiles, moins précipitées...), et parle de son inspiration littéraire. C'est prenant. A l'image de sa manière d'écrire.

Parfois...    ;)

 
Morceaux choisis :
"C'est un long apprentissage, parfois, que de savoir rejoindre enfin la vie qui nous va".
"N'est-ce pas aux parents de veiller sur leurs enfants et non le contraire ? N'est-ce pas là le pacte ?"
"Les hommes sont risibles, elle ajoute. Dans leurs poses. Dans ce qu'ils cachent. Dans leur façon de se débattre avec leur virilité. Leur pudeur. C'est pour ça qu'ils sont si touchants. Et comiques. Il faut beaucoup les aimer pour les aimer, dit-elle. Il aime voir ses yeux briller quand elle parle comme ça."
"Il haussait les épaules. Si ça les amusait. Et se replongeait dans ses Fante, London, Bukowski, Carver, Brautigan, Kerouac, ou des trucs plus récents que lui conseillait le libraire près de la plage, ah si vous aimez ce genre de choses, lisez ça, Larry Brown, Donald Rey Pollock Craig Davidson, Brady Udall Cormae Mc Carthy."
"Parfois être là, à cet endroit précis, ça ressemble presque au bonheur. Il a l'impression de se fondre dans tout ça. L'étendue d'eau saline. Le sable constellé de coquillages et de grains de mica. La résine qui suinte des pins. Parfois il prend conscience d'à quel poit il appartient à tout ça. D'a quel point il y est lié. Parfois il se dit qu'atteindre une sorte de sagesse ce serait tellement facile."
"Ce n'est pas qu'il soit persuadé de sa propre importance mais parfois quand t'es rongé par la culpabilité tout semble te faire signe. Tu deviens sérieusement parano. Tu vois des indices, des présages et des punitions partout".
"Parfois la vie ressemble à un film. Rarement mais ça arrive. Et quand ça arrive, en général c'est juste un accident. Un truc éphémère, une épiphanie."
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12 juin 2014

dernière lecture : La voleuse de livres

de Markus Zusak

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter. Une histoire étrange et émouvante où il est question : d'une fillette ; des mots ; d'un accordéoniste ; d'Allemands fanatiques ; d'un boxeur juif ; de vols. Traduit en 20 langues, le best-seller 2007.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Il faut se méfier des livres. Celui-ci, sous son apparence plutôt inoffensive, est une véritable bombe. 
Où il est question de la force des mots. Et des histoires bien racontées. Même lorsqu'elles sont terribles.

J'avoue qu'au début, j'étais assez mitigée : il y avait une succession de textes assez courts, en permanence interrompus par des commentaires, des petites annotations, assez malvenues trouvais-je. Mais le récit avançant, tout ceci prit de l'intensité. Et puis cette narratrice dont on n'a (heureusement !) pas l'habitude : la mort elle-même ! C'est très troublant, comme est troublant ce regard sur cette grande guerre vue "de l'autre côté" : celui des allemands, dont nos livres d'Histoire n'avaient que faire. Et pourtant...
Ce livre est bouleversant et sera pour moi un véritable coup de coeur (en même temps qu'un immense coup au coeur).

Morceaux choisis :
"Le silence n'était ni le calme ni la quiétude. Ni la paix".
"Un enfant humain, là encore. Tellement plus avisé".
"Pour souffrir, tous les lieux se valent".
"Comment ne pas aimer un homme qui non seulement remarque les couleurs, mais en parle ?"
"La punition et la souffrance seraient présentes, tout comme le bonheur. C'était cela, l'écriture".
"Comment sait-on que quelque chose est en vie ? On vérifie qu'il respire".

Un film a été réalisé à partir de ce roman.
Voici sa bande annonce qui retranscrit très bien, je trouve, l'ambiance générale du récit...

13 janvier 2015

dernière lecture : Le jour où j'ai appris à vivre

de Laurent Gounelle

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3 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Et si tout commençait aujourd'hui ?
Imaginez: vous vous baladez sur les quais de San Francisco un dimanche, quand soudain une bohémienne vous saisit la main pour y lire votre avenir. Amusé, vous vous laissez faire, mais dans l’instant son regard se fige, elle devient livide. Ce qu’elle va finalement vous dire… vous auriez préféré ne pas l’entendre. À partir de là, rien ne sera plus comme avant, et il vous sera impossible de rester sur les rails de la routine habituelle.
C'est ce qui va arriver à Jonathan dans ce nouveau roman de Laurent Gounelle. À la suite de cette rencontre troublante, il va se retrouver embarqué dans une aventure de découverte de soi ponctuée d’expériences qui vont changer radicalement sa vision de sa vie, de la vie. Ce roman, dont l’intrigue est basée sur des expériences scientifiques réelles, éclaire d’une lumière nouvelle notre existence et nos relations aux autres, et apporte un souffle d’air pur dans notre vie.
Un nouveau roman lumineux et positif de Laurent Gounelle par l’auteur de L’homme qui voulait être heureux, Les dieux voyagent toujours incognito et Le philosophe qui n’était pas sage.
 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Avec moi, Laurent Gounelle prêche dans sa paroisse... 
J'ai bien aimé. Pour le moment "pause". Pas pour l'écriture, mais pour toute cette bienveillance que ce roman voudrait instaurer (et qui ferait tant de bien en ces premiers jours de 2015...).

 

Morceaux choisis :
"Donnez-moi le courage de changer ce qui peut l'être, d'accepter sereinement les choses que je ne puis changer, et la sagesse de distinguer l'une de l'autre" (François d'Assise)
"Le monde est le résultat de nos actes individuels. Se changer soi-même est la seule voie vers un monde meilleur".
"L'existence est un mouvement perpétuel, tout change à chaque instant, et la résistance à ce changement ne peut mener qu'au malheur. C'est la confiance en la vie qui permet d'avancer, de rebondir, et finalement d'apprécier ce qui arrive".
"Puisqu'on est tous reliés, en luttant contre les autres, on lutte contre soi-même"

 

Les découvertes que j'ai faites, grâce à ces pages :
- Sheldrake et Le principe de résonance morphique (clic) (ça, je demande à voir...) (mais je ne suis pas fermée).
19 mai 2012

dernière lecture : Rosa candida

de Audur Ava Ólafsdóttir

RosaCandida

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte.
En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est beau, très bien écrit, poétique, inspiré.
Ici, les choses peuvent rester simples, si rien ne vient les bouleverser,
Et même si tout vient les compliquer, parce que la vie l'est : compliquée.
Et bien les choses peuvent rester simples. Malgré tout.
Ici, les pages défilent, pour notre plus grand bonheur...
Voilà un roman exactement comme je les aime.

Morceaux choisis
"La beauté est dans l'âme de celui qui regarde."
"Ce n'est pas une grosse affaire que de mourir. Presque tous les meilleurs fils et filles de la terre sont morts avant moi."
"Ceux qui arrivent à entrer un court instant dans la vie des autres peuvent avoir plus d'importance que ceux qui y sont installés depuis des années"
"D'après mon expérience, c'est justement quand on se met à escompter quelque chose de précis que tout autre chose arrive".
"Il est clair en tout cas que le jour de mon décès sera un jour de bonheur pour une foule d'habitants sur la terre- avant que le soleil ne se couche, plein d'enfants seront nés à ma place et une multitude de noces seront célébrées."
"Je suis peut-être encore à la recherche de moi-même, mais en tout cas je sais où je vais."
"Je trouve qu’il arrive tant de choses à la fois ; on met un enfant au monde, et puis, le lendemain, le voilà qui se met à marcher et puis il quittera la maison, il donnera peut-être un coup de fil de temps en temps et l’on n’aura plus son mot à dire."
"Les hommes passent leur vie à la recherche d'eux même. On n'arrive jamais à une conclusion définitive en ce domaine."
"Il y a une charité raisonnable, comme il est écrit dans un verset, dit-il de l'autre bout de la pièce, le dos tourné, mais il n'y a pas d'amour raisonnable. Si l'on vivait une vie de seule raison, on raterait l'amour, comme il est dit, ici, quelque part"
"Les choses empirent généralement jusqu'à un certain point avant de commencer à s'améliorer".
"J’avais le choix entre deux possibilités : dire oui ou dire non. Je n’ai jamais été doué pour prendre des décisions irrévocables au point d’exclure toutes les autres options. En tout cas, pas quand il s’agit de personnes et de sentiments."
"Les hasards ont un sens."

19 janvier 2012

dernière lecture : Et rester vivant

de Jean-Philippe Blondel

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¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Avoir vingt-deux ans et plus aucune attache. Rouler sur les routes californiennes. Vivre des rêves éveillés et des cauchemars diurnes. Comprendre que l'important, désormais, c'est de continuer coûte que coûte. Et de rester vivant.
Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L'histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture... Seul désormais, il décide de vendre l'appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis : Laure et Samuel. Direction : Morro Bay, Californie. Morro Bay : une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie : le pays mythique qui a marqué une génération. "Et rester vivant" raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passé. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur; on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Le livre était parmi les nouveautés de la médiathèque. Et Jean-Philppe Blondel, je connais déjà un peu. J'aime bien.
"De ce roman-ci, je ne suis pas sortie indemne" me semblait une formule surfaite.
J'ai changé d'avis.
Une autobiographie où l'auteur se délivre d'un poids immense, d'une blessure, avec beaucoup de pudeur.

Morceau choisi :
« Il n'y a pas de bien et de mal, il n'y a que des circonstances. Va vers ce qui te cicatrise. »
"Depuis, quand on me croise, on compatit. On me touche le coude, on m'effleure le bras, on refoule des larmes, on me dit que c'est bien, que je suis courageux, que ça va aller, hein ? Je ne réponds pas. Je laisse glisser. Je continue d'enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux."

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10 septembre 2010

dernière lecture : tu es une rivière

de Chi Li

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Présentation de l'éditeur :
A trente ans, Lala devient veuve avec sept enfants à élever et un huitième bientôt à naître. Son obsession dorénavant va être de trouver de l’argent pour nourrir ses enfants. Elle accumule les petits boulots. Mais les temps sont difficiles dans la Chine des années soixante. Après le désastre économique du Grand Bond en avant, les chinois meurent de faim. Bientôt ils voient arriver la Révolution Culturelle. Lala vit dans une petite ville de la campagne et ne se sent pas trop concernée par tous ces bouleversements politiques. Elle n’a pas le temps, surtout qu’elle refuse de se remarier pour garder sa liberté. Et pourtant, les évènements politiques vont avoir une grande influence sur la vie de toute la famille.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Après "Balzac et la petite tailleuse chinoise", magnifique récit, je poursuis, quasi sonnée, la "découverte" d'une Chine pour ainsi dire contemporaine.
Ce récit, nettement moins poétique que celui de la petite tailleuse, se déroule lui aussi entre 1964 et 1989, dans un village rural, en Chine. Il y est à nouveau question de la Révolution culturelle, dans le monde brutal de la campagne profonde.
Et pourtant, des moments de bonheur, parfois.
J'ai beaucoup aimé l'écriture, le ton, l'histoire.
Et puis admettre que je découvre là un univers, une façon de vivre tellement méconnus...

...Parmi "mes" auteurs chinois, je vous encourage aussi à lire "la joueuse de go", un de mes romans préférés...

11 juin 2010

dernière lecture : Les hommes cruels ne courent pas les rues

Présentation de l'éditeur :
L'homme qu'elle aimait plus que tout l'a abandonnée. L'homme qui la faisait tant rêver, qui la réveillait la nuit pour l'emmener en échappée clandestine dans les meilleurs restaurants de la ville, ce don Juan impossible qui ne savait être fidèle à aucune autre qu'elle. Cet homme, c'était son père, et elle reste inconsolable depuis qu'il a été emporté par un cancer. Alors, elle décide de recommencer sa vie et s'envole pour New-York. Un soir, elle y fait la connaissance d'Allan, et dès le premier regard, une certitude l'assaille : l'homme de sa vie, c'est lui...

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Une héroïne à la recherche d'elle-même, les rêves d'une petite fille avec une relation très ambigüe (et destructrice) avec son père.
Peut-être je deviens exigente. Mais je ne suis pas conquise. Du tout.
C'est surtout que j'avais lu "embrassez-moi", et là, tous les (mêmes) ingrédients y sont. Un genre de redite...
Pourtant, c'est un roman que j'ai lu vite et avec plaisir, parce que c'est très bien écrit, parce que j'avais envie de savoir la suite, parce qu'il y a tellement de jolies phrases. Mais voilà, quand même : je suis déçue. Enfin, si c'est votre premier "Pancol", sûrement y trouverez vous votre compte.
Je dirais : un très bon roman de plage...

Morceaux choisis :
Si je n'étais pas bien polie, bien éduquée par des années de "ça se fait pas, c'est pas correct", je me précipiterais contre lui. (...) En lui mangeant la bouche, les dents, le nez, les joues, en fouillant dans son cou, dans ses oreilles, me repaissant de cette évidence : c'est lui. (...) J'avais rendez-vous et je ne le savais pas.
Que j'aime quand il me regarde avec des yeux qui m'écoutent. Qui me disent que je suis unique.

de Katherine Pancol

Pancol_Katherine_LesHommmesCruelsNeCourentPasLesRues

5 octobre 2008

Bleu !

Bleu,
comme les yeux de Charlotte...

« Bleue, bleue,
notre enfance fut un paradis :
on s'en aperçoit bien trop tard aujourd'hui. »

[une citation de Charles Trenet]
Paroles de la chanson « L'Ecole buissonnière »

les_yeux_de_cha

 
Les yeux sont le reflet de l’âme
Des âmes claires, pures, grandes ouvertes
Yeux brûlants vifs comme une flamme
Yeux profonds comme une mer toute claire...

Yeux coquins, sournois, maquillés,
Perçants, froncés, crispés, serrés,
Agacés, Tristes, hagards, mouillés,
Veloutés, Sincères, Rassurés,

Yeux qu’on croise un jour par hasard
Déclenchant un feu d’étincelles
Alors que mille autres regards
Se noient dans le monde matériel !

Pourquoi parler, vouloir paraître ?
Quand un seul regard nous suffit
Pour voir l’art d’un tableau de Maître,
La perfection d’une goutte de pluie ?

Les yeux sont le guide de la vie,
Ils nous préviennent, extériorisent :
La joie, les pleurs, la sympathie,
La douleur, le bonheur limpide...

Il est dans les étoiles, des mondes,
Cachés et ignorés des hommes,
Où anges et yeux purs se confondent,
Dans la grande lumière d’un royaume...

(Jean-Claude Brinette, dans "Le miroir de l’âme")


28 novembre 2009

Dernière lecture

Geai
BobinChristian_Geai
de Christian Bobin

Présentation de l'éditeur :
"Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire."

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3 décembre 2009

Dernière lecture

Embrassez-moi
Pancol_Katherine_embrassez_moi
de Katherine Pancol

Présentation de l’éditeur :
Ce roman est l’histoire de tous les désirs : désir pour un homme, désir pour une femme, désir pour une ville, désir nostalgique de faire revivre le passé, désir de jouer, de posséder, désir de s’épargner, d’apprendre, de s’engager… désir fou de jeter sa vie comme on jette les dés.

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16 juin 2009

Dernière lecture : Clara et la pénombre

Clara et la pénombre
Somoza_clara_penombre_P2
de José Carlos Somoza

Résumé :
Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l'art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes.
Clara est modèle. Elle rêve d'être peinte par le dieu de l'art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des bords d'Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.
À la manière de Rembrandt, Jose Carlos Somoza dépeint de violents clairs-obscurs : les déviances de l'art font écho aux dérives de nos sociétés et conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l'aune de la valeur du vivant.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ouf ! Je suis enfin venue à bout de ce roman très perturbant, long à lire, mais que je n’ai jamais pu laisser tomber : j’aurais eu le sentiment d’abandonner l’héroïne à son incroyable sort, l’impression de ne pas regarder en face vers où l’art extrême peut dériver. J’aurais eu un véritable sentiment d’échec.
Une trame criminelle bien ficelée (pour peu que l’on ait le courage d’aller jusqu’au bout…) pour aborder les vraies questions : l’art peut-il tout se permettre, quelle valeur a un corps humain, et jusqu’où peut-on le soumettre.
Un roman qui frappe fort, que l’on trouve évidemment excessif, complètement délirant ! …Ah oui ???
Mais alors, comment ne pas faire le lien avec la réalité du monde artistique contemporain, où des scènes de science fiction sordides rejoignent le réel, par exemple avec cette terrible exposition « Our body » qui, heureusement, aura été sensurée en France.

Quelques passages qui m'ont plu :
Si tu te laisses vaincre dans les petites choses, tu perdras immédiatement dans les grandes.
Personne n'est coupable, nos rares fautes sont largement payées dans cette vie, il n'y a plus d'enfer. L'existence d'un ciel était une question de foi, mais l'enfer n'admettait pas de discussion possible. Personne ne pouvait être athée vis à vis de l'enfer, parce que l'enfer existait, il était là.
Le beau n'est que le commencement du terrible.

16 juillet 2009

Dernière lecture : je l'aimais

Je l'aimais
Gavalda_Anna_Je_l_aimais
Anna Gavalda

 

Résumé :
Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce n'est pas une lecture que j'ai faite, mais une relecture. Autant dire une dégustation... A mon sens, Anna Gavalda a un don : parler du quotidien, de banalité et tout donner en même temps. Les mots sont simples, les scènes ressemblent à des tableaux, l'ensemble à une belle mélodie. Une larme qui coule, un rire qui fuse, des enfants qui jouent. Juste la vie...
J'adore !

Elle a dit aussi (interview) :
« L'Actualité, ça n'existe pas, ça ne veut rien dire. L'actualité, ce sont des gens. Des milliards de gens qui rient, qui pleurent, qui souffrent et qui tombent amoureux. »
« Les beaux textes valent mieux que les beaux chèques. »

Lire la suite...

29 avril 2009

Dernière lecture

Mes évangiles
Schmitt_Mes_evangiles
Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé :
Sur la colline des oliviers, quelques heures avant son arrestation, Jésus se demande comment il en est là... Est-il bien le Messie ? Trois jours plus tard, de son palais, Ponce Pilate mène l'enquête sur le cadavre qui a disparu de son tombeau. Même quand celui-ci réapparaît, vivant, Pilate tient à trouver une explication rationnelle des événements. Deux héros saisis par le doute. Deux héros dépassés par ce qui leur arrive.

Mon avis au sujet de ce roman :
Peut-être enfin la vérité sur la vie de Jésus ? En tout cas, une approche vraiment intéressante, bourrée d’interrogations. Mais l'auteur ne demande qu’à croire avec, dans son récit, deux regards posés sur une même vie : celle de Jésus. L’un est sceptique, l’autre doute...
C’en est rassurant.

Citation :
"- Je ne serai jamais chrétien, car je n'ai rien vu, j'ai tout raté, je suis arrivé trop tard. Si je voulais croire, je devrais d'abord croire le témoignage des autres.
- Alors peut-être est-ce toi, le premier chrétien ?"

8 mai 2009

Dernière lecture

Eldorado
Gaud__Laurent_Eldorado
de Laurent Gaudé

Résumé
Gardien de la Citadelle Europe, le commandant Piracci navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les embarcations des émigrants clandestins. Mais plusieurs événements viennent ébranler sa foi en sa mission. Dans le même temps, au Soudan, deux frères (bientôt séparés par le destin) s'apprêtent à entreprendre le dangereux voyage vers le continent de leurs rêves, l'Eldorado européen...

Commentaire :
Décidément, comme j'aime cet auteur !
Son récit est d'actualité, poignant, douloureux, sauvage. Le héros progresse vers l'humanisme, et parallèlement vers sa fin. Terrible et bouleversant ce roman est beau, tout simplement.
Bref, du "grand" Laurent Gaudé... vivement de dévorer le prochain !

Quelques extraits :
"Combien de fois dans ta vie as-tu demandé quelque chose à quelqu'un ? Nous n'osons plus. Nous espérons. Nous rêvons que ceux qui nous entourent devinent nos désirs, que ce ne soit même pas la peine de les exprimer. Nous nous taisons. Par pudeur. Par crainte. Par habitude. Ou nous demandons mille choses que nous ne voulons pas, mais qu'il nous faut, de façon urgente et vaine, pour remplir je ne sais quel vide."
"La volonté rend beau et, devant la beauté, l'homme, heureusement, a encore le réflexe, parfois, de se mettre à genoux".
"Les hommes ne sont décidément beaux que des décisions qu'ils prennent".

23 octobre 2008

Ambiances maritimes

Je vous ai souvent parlé de mon parrain,
avec ses paysages de bord de mer,
emprunts de poésie, peints au couteau, aux couleurs douces et pastelles.



Mon oncle Alain, quant à lui, manie les couleurs d'une autre façon.
Souvent sur le thème de la mer ou de la Bretagne,
avec un regard  "graphique", il s'attache à des détails,
qui rendent ses créations proches de la photo.
La couleur s'impose, la forme est précise, harmonieuse.

Tableau_riou


Et puis, ces reflets sur l'eau, là,
avouez qu'il ne leur manque que ...le bruit des vagues !

(pas encore de site, ni de blog,
mais une expo programmée à Brest pour bientôt)

12 septembre 2008

Accueillant

fenetre_a_mougins

Tout, dans la ville de Mougins, ressemble à une carte postale :
la fontaine, derrière l'église,
les petites rues étroites,
avec des boutiques/ateliers pour peintres talentueux exclusivement,
les restaurants, perchés pour la plupart,
les joueurs de boules, qui tapent leur carreau
sur une espèce de terrasse suspendue.
Mougins a beaucoup de charme.

Cette fenêtre-ci a bien sûr attiré mon regard,
et vous aussi, j'en suis certaine,
aimeriez être là haut,
sous ce parasol pourpre,
à admirer le paysage, là bas, qui porte à l'infini.

Mougins_3 Mougins_4
Mougins_1 Mougins_2

Photos prises à Mougins
été 2008

Vous voulez participer à cette rubrique ?
Pour quelques explications, c'est par ici !!!

9 septembre 2008

Dérive...

PICASSO_Tete_d_une_femme_lisantJ'écris
pourtant j'ai la tête
embrumée par des tâches de lumière,
de graffitis de couleurs
dignes de figurer sur le blog de Anne.
Si les rêves sont la littérature du sommeil,
les maux de tête sont les pics verts de l'éveil.
Mon esprit surfe sur les gouttes de pluie
irisées par le solei.
Soudain,
une idée jaillit de cet entrelac de couleurs :
se restaurer,
je dois me restaurer
et pour cela,
je dois trouver un bon cassoulet

Alain.

Encore un texte (d'adulte) rédigé en atelier d'écriture, sur le thème : "écrire, c'est se salir les mains".

Illlustration : Tête d'une femme lisant, de Pablo Picasso

Ahh..., j'ai bien vu, ce texte vous a fait sourire...
Avez vous écouté l'album de Thomas Dutronc ("les frites, bordel")
Même dérive tordante et complètement décalée.
Je trouve ça excellent, drôle...

Et puis
Pourquoi le choix de ces tableaux abstraits,
me demanderez-vous ?
Je crois qu'ils permettent à chacun d'y projetter ce qu'il veut,
Il y a de très grands peintres dont les tableaux méritent
d'être regardés d'un oeil attentif.

12 juillet 2008

Virtuel ?

...pas tant que ça !

Mon coin-atelier regorge de "petits trésors",
ces incroyables cadeaux
reçus de blogueuses
aux quatre coins de notre hexagone
(certaines d'entre vous
vont d'ailleurs reconnaître leur "touche"...)

cadeaux_blogueuses_2

Et hier encore, un magnifique paquet de Michèle
(Oh, ces belles textures,
Tiens du sucre parfumé, Mmmmhhh,
et puis quelques bougies,
des perles : je sais déjà ce que je veux en faire...)
Vite, tout cela dans mon univers !
Merci...

cadeaux_blogueuses

Merci à vous,
amies,
qui me permettez de m'exprimer,
de progresser,
d'échanger,
de rencontrer aussi, parfois,
grâce à ce blog,
vivant grâce à vos passages
et vos commentaires.
Sans vous, rien de tout cela ne serait.

Anne

4 juillet 2008

Les mots d'une amie

scolopendreJ'écris pour le scolopendre innocent
persuadé d'atteindre,
après une longue course verticale
les plaisirs défendus du jardin d'Anne :
baies rouges,
fleurs à l'étamine d'or poudré
gouttes rosées parsemées
sur des tiges chlorophylle longilignes
dressées vers l'azur prometteur.

Hélas,
pauvre brindille verte
ignorant être attachée
par un fil blanc
cloué sur la palissade
à une main machiavélique
qui,
dans l'entrelac de ses doigts,
décidera

d'être salvatrice ou prédatrice...


"Par un geste tout est sauvé,
Par un geste, tout est perdu".

Emmanuelle

Ce texte a été réalisé en atelier d'écriture,
savamment orchestré par mon amie Valérie
sur le thème : "écrire, c'est se salir les mains".
Celui de Rose est par .

27 décembre 2009

Dernière lecture

La lumière du monde

bobinChristianLaLumiereDuMonde
Christian Bobin

Présentation de l'éditeur :
Paroles réveillées et recueillies par Lydie Dattas.

Mon sentiment au sujet de ce recueil :
Un recueil facile à lire, avec des passages plus ou moins intéressants.
Certains pourtant essentiels, très beaux.
C'est spécial, apaisant, philosophique. Aucune action, pourtant. Pas d'histoire non plus. Juste un moment de réflexion.
Une fin beaucoup trop longue ! D''ailleurs, je n'ai pas fini, j'ai effeuillé, picoré. Et je me suis nourrie.
Se dire que ce n'est pas écrit par Christian Bobin lui-même. Peut-être aussi à consommer tout doucement (et non goulûment, comme je le fais en ce moment de ses romans...)
Et puis une référence constante au christ qui ne m'a pas plu.
Pourtant...

Lire la suite...
9 décembre 2009

C'est beau, une rencontre, non ?

"Quelque chose avant sa venue le pressent.
Quelque chose après sa venue se souvient de lui.
La beauté sur la terre est ce quelque chose.
La beauté du visible est faite de l'invisible tremblement des atomes
déplacés par son corps en marche."

Voilà, j'ai rencontré Christian Bobin.
Et de cette rencontre est né un très grand amour !

DSC04049

photo novembre 2009

28 mars 2015

dernière lecture : La faim du tigre

de René Barjavel

CVT_La-Faim-du-tigre_8976

5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
L'homme se trouve devant deux destins possibles : périr dans son berceau, de sa propre main, de son propre génie, de sa propre stupidité, ou s'élancer, pour l'éternité du temps, vers l'infini de l'espace, et y répandre la vie délivrée de la nécessité de l'assassinat. Le choix est pour demain. Il est peut-être déjà fait.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je ne sais pas si cela n'a rien à voir ou justement tout à voir... J'écoutais (pour changer...) l'émission de Marie-Pierre Planchon, sur France Inter, qui avait ce jour-là invité Guillaume Néry (http://www.franceinter.fr/emission-partir-avec-guillaume-nery-un-mammifere-marin) (la suite : http://www.franceinter.fr/emission-partir-avec-guillaume-nery-un-homme-nouveau). Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s'agit d'un champion français d'apnée, discipline qui le mène, la plupart du temps, aux frontières des limites humaines. Il est assez incroyable, de zénitude et de passion. Une des questions de Marie-Pierre l'a amené à parler de ce roman, "La faim du tigre", qui l'a profondément inspiré.

Moi qui suis depuis toujours fan de Barjavel, je me suis rapidement procuré ce roman, pour comprendre un peu ce qu'il avait de si spécial pour tant inspirer un homme tel que Guillaume Néry...
Alors, ça n'est pas bien compliqué : j'ai trouvé dans ces pages un de mes livres de chevet (qui n'est pas un roman mais plutôt un essai philosophique, très accessible). Je l'ai lu, cette fois volontairement, en prenant tout mon temps. Parce que chaque passage porte à réflexion et révolutionne les tripes (les émotions ?). Et la pensée.
Bon, pour les citations, comme quasiment chaque fois maintenant, j'ai abusé. Mais en les relisant, je ne vois pas laquelle supprimer. Choisissez-en une, au hasard ? Et laissez vous emporter...

 

Morceaux choisis :
"Jamais je ne m'habituerai au printemps. Année après année, il me surprend et m'émerveille. L'âge n'y peut rien, ni l'accumulation des doutes et des amertumes. Dès que le marronnier allume ses cierges et met ses oiseaux à chanter, mon coeur gonfle à l'image des bourgeons. Et me voilà de nouveau sûr que tout est juste et bien, que seule notre maladresse a provoqué l'hiver et que cette fois-ci nous ne laisserons pas fuir l'avril et le mai."

"L'homme est comme logé en lui-même à la façon d'un passager incompétent. Il ignore tout de la conduite d'un organisme qui ne dépend pas de lui, et qu'il est tout juste capable de détraquer par son comportement".
"Mais si c'est Dieu qui l'a voulu ? Dieu ? Il faut se méfier des noms et des mots".
"L'homme n'est pas le seul à aimer le caviar. Lorsqu'une femelle de poisson saisie par le printemps pond les millions d'oeufs qui lui gonflent le ventre, elle traîne souvent derrière elle un groupe d'amateurs qui les avalent à mesure de leur sortie. Nous en faisons bien autant avec la poule. Cela nous paraît dans l'ordre, et pas le moins du monde inquiétant, car nous ne sommes ni poisson ni poule, et ne pondons pas nos oeufs."
"Je sais que le monde est un vide parcouru par un réseau de puissances en mouvement, que la matière inerte grouille et qu'il n'y a aucune différence essentielle entre une poignée de terre et la joue d'un enfant. Mais ce monde-là, je ne peux pas le connaître dans sa vérité, car cette vérité ne tombe pas sous mes sens, et ma raison, qui ne peut qu'en constater l'existence, est impuissante à se la représenter".
"Peut-être le chêne immobile pendant des siècles est-il au centre d'un univers insoupçonnable à l'esprit de l'homme mobile et bref. La journée est pour lui comme une inspiration, la nuit une expiration, le printemps et l'été sa journée, l'automne sa fatigue et l'hiver son repos nocturne. Il vit à une autre échelle du temps, de l'espace où il est figé, de la conscience, et de la connaissance."
"Nous ne connaîtrons jamais l'odeur d'une galaxie. Nous ne pourrons jamais écouter un atome. Nos sens sont non seulement limités dans leur nombre, mais aussi dans la dimension de leurs possibilités."
"Je n'y parviendrai peut-être jamais, mais jusqu'à mon dernier souffle, je chercherai à comprendre. Comprendre où je suis et ce que je suis et ce que j'y fais, et à quoi ça rime. Ce corps qui s'est construit sans moi, et qui vit sans mon intervention, cet esprit qu'il renferme dans un scaphandre qu'ont-ils à faire ensemble, vers quelle vase ou quel trésor s'enfoncent-ils dans l'océan de la matière ? Cette chair souffrante et jouissante qui me commande, et qui est faite de vide et qui saigne, qui a reçu du fond des âges une vie qui la laissera tomber et pourrir, cet esprit qui aura à peine le temps de naître avant de s'évanouir, je veux comprendre, comprendre, comprendre, pourquoi ils sont associés, si mal assortis, et s'ils ont un rôle à jouer, une place à tenir, exactement, quelque part entre la salade et la galaxie".
"Le hasard ne conçoit pas, n'ajuste pas, n'organise pas. Le hasard ne fait que de la bouillie."
"On ne quitte pas une maison qu'on trouve sale. On la nettoie."
"Quelque application qu'on y mette, il est difficile de croire que le monde n'est qu'un tas confus, un ramassis de matière assemblé fortuitement et battu comme blanc d'oeuf par le fouet des énergies du hasard. De l'infiniment grand à l'infiniment petit, l'examen des ensembles et des détails nous montre au contraire que tout est en ordre. Non seulement en ordre, mais organisé."
"Nous sommes entourés de miracles auxquels nous sommes habitués. Nous vivons par miracles, tout le vivant est miraculeux dans ses moindres détails, mais nous sommes si accoutumés au merveilleux quotidien qu'il a perdu tout pouvoir de nous émerveiller".
"Nul ne sait plus ce que signifie le nom de Dieu. L'adorer ou le haïr est pareillement infantile. On ne hait pas, on n'adore pas un je-ne-sais-quoi. Ce que je sais, c'est que notre univers, considéré dans ce que nous pouvons connaître ou deviner de son ensemble ou de ses plus infimes détails, ne peut être confondu avec un produit informe et inorganisé du hasard, fût-il éternel".
"Dieu n'est que l'image de Quelque Chose, Principe, Force, Idée, Esprit, Volonté, que nous ne pouvons concevoir ni nommer".
"Si Dieu avait eu besoin d'être adoré, il n'eût créé que des chiens. Le chien est bien plus apte que l'homme à l'amour. Un chien affamé, battu, jeté à l'eau par son maître, s'il en réchappe, reviendra gémir d'amour à ses pieds. Voilà bien le fidèle tel que le rêvent les Eglises".
"Toutes les religions du monde nous racontent, à des détails près, la même histoire, comme si l'humanité tout entière avait bénéficié, à un moment de son existence, de la même connaissance et des mêmes certitudes".
"Les racines de l'arbre mangent la terre et la matière inerte devient matière vivante, fleurs, sève, parfums".
"La bête mange la plante, mange la graine et la feuille de l'arbre, et la matière devient aile, sang, oeil. L'homme mange la plante et la chair de la bête, et la matière devient pensée. Quelle est la suite. Qui ? Qui se nourrit de l'homme ? Que deviennent nos joies, nos amours digérées ?"
"Il sait, il croit savoir, que cela qui est lui, cela qui jouit et qui souffre, cela au moins existe depuis son commencement jusqu'à sa fin. Alors il se met à croire en lui-même. Cela ne mène pas loin : jusqu'à sa mort."
"L'impasse peut devenir le début d'une voie".
"Un atome contient, autant qu'une galaxie, l'infini et ses lois. Dieu st entier dans chaque portion de sa création. IL est entier dans chaque créature. Attention ! Il est dans toi, tout entier ! Il est dans moi ! (...) Nous voilà bien avancés... Tu le sens, toi ? Zéro..."
"Je me dis que si, moi qui ne suis rien, j'ai pu faire au hasard de mes lectures ces rapprochements entre les textes anciens et la science nouvelle, que ne serait-on en droit d'attendre d'une assemblée d'hommes de bonne volonté ayant des connaissances et les confrontant dans le désir de tirer, de ces rapprochements, quelques lumières ?"
"C'est l'oeil qui fait la lumière".
***
"1er janvier 1966. Je vais terminer ce livre aujourd'hui, malgré tous les efforts de mes deux petites filles qui grattent à ma porte, m'appellent, courent dans le couloir après la queue du chien, pleurent, rient, vivent et ne se doutent de rien.
J'ai deux petits-fils aussi, au bord de la mer.
Quatre bourgeons qui portent déjà dans leurs cellules innocentes les ordres de la lignée, de l'espèce et de la vie. Et d'ici que ce livre paraisse, peut-être y en aura-t-il un ou deux autres en chemin.
La vie, l'amour, l'espèce ne sont pas chiches.
L'année finit l'année commence, la vieille la jeune terre tourne, tourne sur elle-même, tourne autour du soleil dans le grand espace vide, tourne comme le dernier valseur qui ne veut pas que le bal finisse."
4 octobre 2009

Dernière lecture

Son nom d'avant
Lenoir_Helene_Son_nom_d_avant
d'Hélène Lenoir

Présentation de l'éditeur :
Quand elle le voit pour la première fois, c’est dans un autobus : son regard impitoyable entrant en elle, juste avant qu’il ne descende ; quelques secondes encore avec la vitre entre eux. Et puis rien.
Les circonstances dans lesquelles ils se revoient par hasard vingt ans plus tard ne leur permettent pas de s’approcher l’un de l’autre et sans doute en resteraient-ils là si cela ne tenait qu’à elle, devenue entre-temps épouse de notable et mère de trois enfants. Mais lui, maintenant, il veut quelque chose
.

Lire la suite...
1 avril 2009

Poisson d'avril :

la recette du saumon mariné ...au sucre ! Sous ses faux airs de bonne plaisanterie, "ha ha, tu nous as bien eus", cette recette-ci fera pourtant partie, promis, de "mes" références culinairesPoissons_d_avril_2009. (Attention : à préparer la veille ! ) pour 4-5 personnes, en entrée : un gros filet de saumon avec sa peau - 1 kg de gros sel blanc - 500 g de sucre cristal spécial confitures - sauce soja - poivre - graines de sésame grillées. bien nettoyer le saumon sous le robinet, et enlever les arêtes - laisser la peau - dans un saladier, mélanger intimement le sucre et le sel - dans un tupperware plat, déposer la moitié du sucre et du sel - y déposer le saumon, côté peau - recouvrir avec le reste de sel /sucre - laisser mariner au frigo pendant une douzaine d'heures - au bout de ce temps, rincer et sècher le pavé de saumon - utiliser un couteau très bien aiguisé pour retirer la peau, et couper en tranches extra fines - les disposer harmonieusement sur un joli plateau de présentation - arroser de sauce soja - poivrer légèrement - saupoudrer de graines de sésame grillées.
Des baguettes pour déguster ce mets sont la moindre des choses...

Alors, blague ou pas blague ?
Essayez, vous en aurez le coeur net !

28 mars 2009

Indiscrétions !

Mirage_de_salvador_DaliLettre à celui
qui pourrait m'aimer

Un geste, un mouvement,
de vous,
et c'est fou,
le bonheur est là,
tout autour de nous.
Votre bouche rouge
(à la fraise, sans doute ?)
à vos cheveux, un accroche-coeur...
Le mien ?
Voilà,
le mal est sans espoir.
ouvrez grand vos bras
et e
mmenez-moi,
même si, pour cela,
deux ailes seraient mieux.

Un texte réalisé en atelier d'écriture (maison des écrits, ville d'échirolles),
que j'aurais pu nommer "ébauche d'une vie à deux"

Illustration : "Mirage", de Salvador Dali

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