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Le bruit des vagues
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3 juillet 2017

dernière lecture : un appartement à Paris

de Guillaume Musso

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3,5 étoiles

 

 

 

Présentation de l'éditeur :
Le nouveau thriller de Guillaume Musso !
« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je crois bien que je découvre, avec ce roman, la plume de Guillaume Musso... Il fait partie de ces auteurs que je boudais spontanément : trop populaire, un roman tous les ans, pour moi : cet auteur tient le bon filon à bon compte... Il est dans la production, et je n'aime pas ça.
Pourtant, je dois avouer qu'avec ce roman-ci, je me suis totalement laissée séduire. Peut-être parce qu'il est y surtout question du monde artistique ?
C'était à la fois reposant et trépidant. Comment expliquer... l'auteur connaît toutes les bonnes combines, il écrit bien, il ficelle son intrigue, et nous embarque dans un enchaînement de moments tous liés entre eux et passionnants. Avec des personnages atypiques et attachants.
Curieuse comme je suis, je suis allée avant la fin de ma lecture regarder sur internet si Sean Lorenz, un des personnages-clés du roman, est un artiste qui existe vraiment... et je n'arrivais pas à savoir si oui ou non...
Cela brouille encore mes pistes, j'aimerais tellement contempler ses oeuvres...
L'auteur dévoile ce petit secret à la toute fin du roman, j'aurais peut-être préféré rester dans le doute, parce que quand la fiction et le réel ne font qu'un, on appelle ça un vrai tour de passe-passe, non ? Et ça me plaît d'autant plus : je n'ai plus qu'à imaginer...

Morceaux choisis
"L'éphémère, c'est l'essence même de l'art urbain. C'est aussi ce qui fait sa beauté".
"Le temps est le plus grand exterminateur de l'histoire".
"Le bonheur, c'est agréable à vivre, mais ce n'est pas très bon pour la création. Tu connais des artistes épanouis, toi ?".
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3 avril 2017

dernière lecture : Une fille parfaite

de Mary Kubica

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Présentation de l'éditeur :
« Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux ni comment est son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »
Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle vient de commettre une grave erreur. Et que rien, jamais, ne sera plus comme avant. Suspense psychologique envoûtant, Une fille parfaite possède une écriture affûtée, nerveuse, qui sait faire naître peu à peu une émotion bouleversante. Dans ce récit à trois voix, les apparences sont trompeuses, jusqu’à la révélation finale : un uppercut en plein cœur.
Vous n’oublierez pas Une fille parfaite. Vous n’oublierez pas Mia.
Les créateurs de la série TV, True Detective, ont pris une option sur ce roman.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Généralement, je ne suis pas très fan de ce genre de thriller, j'en lis d'ailleurs très peu. Mais là, je me suis complètement laissée emporter, sans doute parce qu'll s'agit d'un huis clos, dans une nature féroce, un cadre très particulier. Rien de glauque et pourtant, quel lieu inhospitalier. La Nature dans toute sa férocité, et l'homme, aussi.
Jusqu'au bout, j'ai adoré. Et je me suis laissée surprendre. Par l'intrigue, mais surtout par une fin incroyable.
 
Morceaux choisis :
(...) "Etre une mauvais mère est un jeu d'enfant comparé au fait d'être une bonne mère, ce qui représente une lutte de tous les instants" (...).
 

 

14 août 2016

dernière "lecture" : La déesse des petites victoires

de Yannick Granneck

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Présentation de l'éditeur :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai adoré cette lecture, qui m'a fait découvrir la vie d'Adèle Gödel.
Ne cherchez pas, il s'agit là d'une illustre inconnue, d'une vieille femme aigrie, désagréable,

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oubliée de tous.
Sauf que... , quand on connaît son histoire, qu'elle nous délivre du fond de sa maison de retraite, heu... peut-on dire du bout des lèvres ? (elle est tout sauf paisible, Adèle... allant tonitruant et irritée serait sans doute mieux), on rencontre une femme exceptionnelle, qui a su accompagner cet homme complexe qu'était Kurt Gödel, grand mathématicien, mais aussi grand égoïste, asocial, malade (autiste ?).
Pour lui, une compagne de chaque jour qui a su s'oublier pour lui laisser toute la place et le rassurer. Pour elle, de la solitude, de la colère, des déracinements, du chagrin, mais aussi des rencontres improbables, comme celle d'Albert Einstein.
Le tout conté avec beaucoup d'humour et de simplicité (oui-oui, même quelques démonstrations de mathématique dont j'aurais presque pu comprendre la logique si je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'orienter vers des études littéraires...  ;)  )
Pourtant, c'est un roman qui m'a aussi beaucoup décontenancée, du fait d'une expérience de lecture particulière : pour la première fois, j'écoutais la version audio d'un roman. Et je dois avouer que cela change tout. ça prend un temps fou ! Et demande une concentration différente, une écoute silencieuse et complète. Pour être sincère : j'aime mille fois mieux me plonger dans un roman écrit ! moi qui adore chaparder par ci-par là une ou deux citations en cours de lecture, le faire dans ces conditions devient presque acrobatique.
Ceci dit, ça m'a donné des idées. Je suis donc allée, à l'issue de ma "lecture"  ;)  chercher un site, ignorant s'il existe ou non : enregistrer ses lectures pour les non-voyants. Et bien oui ! Une association existe : "L'association des donneurs de voix" (dont voici le lien, si certains sont intéressés : http://www.advbs.fr/). Cela demande un véritable engagement, mais l'idée me titille... Et visiblement ne concurrence pas les éditeurs, puisque les fichiers audio ne sont accessibles qu'aux mal-voyants...
Je voudrais enfin remercier Babelio pour ses opération "Masse critique" (http://www.babelio.com/massecritique.php), et les éditons "Le livre qui parle" (http://www.lelivrequiparle.com/) qui m'ont offert ce CD, et donc encore une fois permis d'ouvrir ma réflexion.
Je me dis d'ailleurs qu'un partenariat avec les donneurs de voix pourrait être aussi un beau projet pour Babelio ? (moi qui ne fait même pas partie de cette asso..)
:)

Morceaux choisis :
"Chaque génération croit avoir inventé la fête et la désillusion. Le désespoir ne se démode jamais, comme la nostalgie."
"Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé."
"– Vois-tu ce bleu incroyable à la lisière entre la mer et le ciel ?
Le bord de son chapeau se releva à peine.
– Tu ne le regardes même pas ! A quoi penses-tu devant l’océan ?
– Je contemple un champ d’interactions ondulatoires dont la complexité me fascine."
"Moins nous possédons de certitudes, plus nous les assenons ! C'est pour masquer la panique."
"La vie n'est pas une science exacte. Un être humain est plus que la somme de ses actes. Plus qu'une simple chronologie."
"(...) était-ce la nature du monde d'être complexe ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Plus je pense au langage, plus je suis stupéfié que les gens parviennent à se comprendre."
"Le corps hurle ce que l'esprit refuse d'admettre."
"Pour ne pas se regarder le nombril, il faut en trouver un autre à contempler."
"En physique, nous essayons d'expliquer en termes simples des choses que personne ne connaissait avant nous. La poésie, n'est-ce pas exactement l'inverse ?" - Paul Dirac
"La vanité des hommes les rend sourds, mais bavards. Etape numéro un : le laissez vous expliquer la vie."
"Le génie destructeur de la famille est sans limite".
"La contradiction comme la digression est un précieux stimulant. La réflexion se doit d'être en mouvement instable, comme la vie. Si elle s'arrête, elle se sclérose, puis meurt."
"Un jour, les machines pourront résoudre tous les problèmes, mais aucune d'entre elles ne pourra en poser un".
"Au final, était-ce la nature du monde d'être complexe, ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Il a mal ? Tant mieux. C'est qu'il est encore vivant".
"C'est terrible de se sentir enfermé dans un corps étranger. A l'intérieur j'ai vingt ans."
5 septembre 2016

dernière lecture : Bilqiss

de Safia Azzedine

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Présentation de l'éditeur :
« Vous priez encore Dieu ?
– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?
– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.
– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »
Bilqiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l’histoire d’une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie Allah.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un jour, en rentant du travail, j'ai croisé un jeune couple avec leur bébé dans la poussette. La femme m'a gratifiée d'un immense sourire, et d'un bonjour amical. Je ne l'ai pas reconnue tout de suite. Je lui ai souri en retour.
Et puis, au coin de la rue, je me suis mise à pleurer.
Tous les jours, je travaille avec cette belle jeune femme moderne et dynamique. Qui a de longs cheveux bruns. J'aime beaucoup son sourire, sa gentillesse, sa patience.
Ce jour-là, suis restée sidérée : elle était voilée, de haut en bas.
Cet été, à Cannes, j'ai ressenti ce même chagrin en rencontrant, en fin de journée, le premier jour de nos vacances, des femmes voilées qui se baignaient toutes habillées. Je n'avais encore rien vu de pareil, et j'avoue, cela m'a fait de la peine.
Mais ce qui m'a le plus choquée, ce sont les réflexions que j'ai entendues à leur sujet, par des gens « très comme il faut », que je côtoie depuis des années dans ce même endroit. 
« Visiblement, tu n'es pas d'accord avec moi, Anne ?" m'a dit mon voisin de plage.
Non, c'est vrai, je ne suis pas d'accord. 
Ces deux fois, j'ai réalisé que, même si je ne comprends pas leur geste, je serais prête à défendre bec et ongles la « liberté » de toutes ces femmes à se voiler, où qu'elles soient. 

Tout ça pour dire que Bilqiss est un roman extraordinaire, magistralement écrit par Safia Azzedine qui, je crois, prend tous les risques en s'exprimant aussi librement, ne serait-ce « que » dans un roman. 
Elle a fait remonter en bloc toutes mes émotions, mes souvenirs, ma frustration, ma peine et ma colère contre des hommes à l'esprit obtus, contre des femmes soumises. Contre une façon d'agir que je n'arrive décidément pas à cerner.
Elle conforte aussi ma certitude que, comme le disait si bien Simone Veil, les femmes, en période de crise, seront toujours les premières à devoir se soumettre, particulièrement dans des pays comme ici le Liban, mais aussi hélas dans un pays comme le nôtre, dont la devise est pourtant si pleine d'humanité et porteuse d'espoir…

 

Morceaux choisis :
"A vrai dire, j'aurais préféré avoir le pouvoir des hommes et manier les mots comme une bègue mais, après mille révolutions, l'ordre ne s'était pas inversé : un femme était intelligente, un homme était puissant."
" Pourquoi me regardez-vous comme ça ? demandai-je.
- Parce que mes yeux ne m'obéissent plus. Mon cœur se rebelle et ma tête est en miettes.
- Pour un homme de loi, c'est ennuyeux.
- Pour un homme tout court, c'est le pire châtiment qui soit."

3 juin 2016

pétales de roses

***

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***

Gelée aux pétales de roses

- 600 g de pétales de roses
- 60 cl d'eau
- sucre avec gélifiant (voir quantité plus bas)

Préparation de la recette :
Effeuiller les roses, les laver, couper la base des pétales qui risque d'être amère, les égoutter.
Faire chauffer l'eau dans une marmite jusqu'à frémissement, puis y jeter les pétales de roses.
Laisser cuire à peu près 30 minutes (les pétales doivent alors baigner dans le liquide).
Égoutter les pétales et peser le liquide obtenu. Peser alors la même quantité de sucre avec gélifiant et replacer le tout dans la marmite.
Porter à ébullition et laisser bouillir pendant 7 minutes.
Écumer éventuellement et mettre la gelée en pot.

Remarques :
Le goût de la gelée et sa couleur dépendront du parfum et de la couleur des roses que vous utiliserez.

***

 et le sourire de la cuisinière,
avec un beau collier (qu'elle s'est approprié, la coquine !)
;)

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4 juin 2016

dernière lecture : Le dernier gardien d'Ellis Island

de Gaelle Josse

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :

New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.
Ce livre fait partie du tiercé final du prix des libraires 2015.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
La lecture agit souvent bizarrement pour m'ensorceler.
J'arrive là, tranquille et sereine, un livre à la main, je m'installe au fond d'un fauteuil confortable, et je commence à lire.
Je me laisse imprégner, docile, et soudain, impossible de me détacher des mots, des personnages, de cette histoire qui me happe littéralement.
Quand ce phénomène arrive, c'est que le roman est fabuleux. C'est le cas de celui-ci. 
Là, quelle heure est-il ? Ah, oui, c'est vrai : je suis dans mon salon, en 2016 et pas sur une île au début du siècle dernier.
Je crois que vais aller marcher 5 petites minutes pour me remettre, je viens de rencontrer de très belles personnes qu'il a aussi fallu que j'abandonne là, en même temps que je refermais ce livre.
Maintenant, j'ai besoin de revenir sur terre et de réfléchir à tout "ça"... (l'émigration, ce sujet qui brûle toujours autant l'actualité : des individus malmenés, des manières de faire n'ont pas changé...).

Je vous mets aussi le lien d'une synthèse de lecture que je trouve très bien renseignée sur un site qui s'appelle... Le bruit des livres (...ça m'a fait sourire), ainsi qu'une petite fiche sur Giorgy Kovacs, personnage que l'on retrouve brièvement dans ce roman. Voilà ce que j'aime le plus, dans la lecture : ces éléments qui, mis bout à bout, élargissent notre vision du monde...

Morceaux choisis :
"Que sais-je aujourd'hui de la vie des hommes ? La mienne est déjà suffisamment obscure à mes yeux, comme un livre que l'on croit familier et que l'on découvre un jour écrit dans une langue étrangère."
"Tous ne ressentent pas la peur de la même façon, l'angoisse se traduit autant en paroles qu'en silences".
"Il faut croire que les mots creusent parfois des galeries souterraines, mystérieuses, et que ce que l'on croit enfoui, oublié ou perdu à jamais ne demande qu'à ressurgir au moment le plus inattendu".
"L'exercice d'un pouvoir, d'une autorité, si minime et dérisoire soit-elle, s'accompagne de silence, de solitude et de réserve quant à l'expression des sentiments".
"(...) les martyrs sont toujours du côté de l'esprit, les coupables, du côté de la force, et (...) l'Histoire demeure le seul juge."
18 avril 2016

un parfum de maison sans murs

 

"Nous avons au fond de l'âme, quelque chose,
une nostalgie, un souvenir d'inexistence, un parfum de maison sans murs,
un pressentiment de présence, d'amour simple auprès d'un berceau,
au temps où nous n'étions pas né, même pas logé dans un ventre.
On peut ressentir ces bontés,
mais rien ne sait vraiment les dire,
sauf la musique,
et quelquefois cette lumière jamais vue
qui naît au dernier mot d'un conte,
et qui nous laisse bouche bée."

Henri Gougaud

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31 mai 2016

dernière lecture : Les rêves sont faites pour ça

par Cynthia Swanson

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Présentation de l'éditeur :
Une nuit, Kitty rêve qu’elle se réveille dans une chambre inconnue. Auprès d’elle, un homme qu’elle ne connaît absolument pas mais qui l’appelle Katharyn, et deux petits enfants qui l’appellent maman mais dont elle ne peut être la mère. Puis la scène s’estompe, Kitty ouvre les yeux et reprend sa vie de célibataire amoureuse des livres et libraire à Denver. Mais le rêve revient. De plus en plus souvent. De plus en plus puissant…
Face au miroir de cette autre vie imaginaire, Cynthia Swanson fait douter le lecteur. Qui est vraiment son personnage ? Kitty, la jeune femme qui a fait le choix de se consacrer à sa passion des livres et n’a pas eu d’enfant, ou bien Katharyn, l’épouse comblée, son double onirique ? Au fil des pages, les frontières se brouillent. La résolution, en réorganisant les morceaux du miroir, laisse troublé, stupéfait et ému.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
En ouvrant ce roman, j'ai littéralement été happée par son histoire étrange : les deux vies de Kitty, sa "vraie vie" (libraire) et "sa vie rêvée" (mère au foyer). Je plongeais dans une époque : celle de la jeunesse de mes parents (les années 60), avec, à la clé, les excellents conseils de Kitty, libraire, qui m'orientait vers de très bons romans ("La nef de fous, de Katherine Anne Porter), et me faisait découvrir en parallèle de la bonne musique (Patsy Cline, qui est devenue, après son tragique accident d'avion, une véritable icône de la musique country).
Bref : j'étais séduite,  
Bon, ça, c'est le premier tiers du roman.
Parce qu'après, qu'est-ce que c'est loooooonnnnng !
Quel dommage, cette manière de tourner en rond pour dire au moins deux fois la même chose... L'idée de départ était excellente, le thème (le déni) bien trouvé, et le style vraiment plaisant. 
C'est malgré tout une belle histoire, avec un tas de sujets parallèles très intéressants, une fin qui m'a bien plu, et, même si l'auteur est encore sans doute un peu "jeune" (c'est son tout premier roman !), sa plume, son imaginaire et son style sont franchement prometteurs... 
Ficelé un peu plus serré, le contenu sonnerait bien plus juste.   ;)
Encore une fois, un grand merci à "Masse Critique" et aux éditions Mosaïc, pour ce cadeau reçu dans ma boîte aux lettres qui aura tout de même été pour moi une très belle découverte.
 
Morceaux choisis :
"Mes périples nocturnes tendent plutôt vers le fantastique, avec des rêves qui bouleversent toute notion conventionnelle d'espace et de temps. Je pense que c'est à cause de tous ces livres que je lis."
"Je pense brusquement à ce que signifie le fait de vieillir. Cela signifie que les êtres aimés de votre jeunesse se transforment en photos sur un mur, en mots dans une histoire, en souvenir dans un coeur."
13 juillet 2016

dernière lecture : Quel effet bizarre faites-vous sur mon coeur

de Christine Orban

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2 étoiles
 
Présentation de l'éditeur :
Quelques années après sa répudiation, Joséphine la femme volage et dépensière pour certains, la bonne étoile de Bonaparte pour d'autres, blessée, humiliée, prisonnière du tourbillon dans lequel la douleur la tient, se décide à lui écrire alors qu'il est exilé à l'île d'Elbe.
Entre culpabilité et force d'âme, Joséphine se demande comment ils en sont arrivés là et retrace les épisodes les plus déchirants de leur histoire. Un destin commun interrompu un soir aux Palais des Tuileries lors d'un dîner en tête à tête, quand Bonaparte au nom de la raison d'état s'oblige à renoncer à ses plus chères affections.
Avec une empathie troublante, l'auteur de La mélancolie du dimanche et de N'oublie pas d'être heureuse devient Joséphine le temps d'un roman et nous fait partager les souffrances d'une femme abandonnée. Dans ce récit intime et bouleversant on retrouvera l'analyse des sentiments et la profondeur qui ont fait le succès de la romancière.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'aime beaucoup l'écriture de Chistine Orban, et ici encore, cela se confirme.
Connaître les sentiments et la vie de Joséphine de Beauharnais a ici été un vrai plaisir,
mais ces écrits destinés à Napoléon traînent vraiment en longueur et en douleur. Je crois que je me suis vraiment obligée à terminer cette lecture, de laquelle j'attendais peut-être trop...
trop de pleurs et de plaintes, j'en oublie d'éprouver de la compassion...
 
Morceaux choisis :
"Je suis vieille. Ce sentiment me dérange moins qu'il ne déplaît aux autres femmes".
"La douleur ne connaît pas la dignité".
"Aussi scintillant et brodé soit-il, l'habit ne protège pas des peines".
"L'attente est une présence différée, une présence envoûtante et obnubilante, chargée d'espoir, de souvenirs".
"A trop se voir, on finit par trouver une place à celui qui n'en a pas. La place e l'ennui, la nécessité de remplir le vide".
"Je ne comprends pas qu'on puisse plonger dans le passé pour soigner quoi que ce soit. Le passé n'apporte aucun soulagement".
17 mai 2016

dernière lecture : Le mystère Henri Pick

de David Foënkinos

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4,5 etoiles

 

Présentation de l'éditeur :
En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination? 
Récit d'une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu'un roman peut bouleverser l'existence de ses lecteurs.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
David Foënkinos, il est trop fort !
Il le sait très bien, en implantant l'intrigue de son dernier roman à Crozon, qu'il va se mettre au moins la moitié des bretons dans la poche. 
Tous ceux, déjà, qui vivent loin de "leur terre".
Vous ne me croyez pas ? 
C'est Annie (morlaisienne de naissance, "expatriée", comme moi, du côté de Grenoble) qui m'a prêté ce roman. Il vient tout juste de sortir. Elle m'a dit "Bah, tu vas voir, il est pas mal, mais il ne parle même pas de la Bretagne !" (déception dans la voix).
Je confirme (déception dans la voix, bis).
Crozon, c'est plus grand que ça, si tu regardes un peu vers le large.
;)
Allez, je te pardonne, ami écrivain : ton roman, il est super. Jusqu'à la dernière ligne. Un bijou. 
Mais t'es quand même un sacré filou (d'ailleurs, ça se voit, sur les photos).   ;)
 
Morceaux choisis :
"Selon lui, la question n'était pas d'aimer ou de ne pas aimer lire, mais plutôt de savoir comment trouver le livre qui vous correspond. Chacun peut adorer la lecture, à condition d'avoir en main le bon roman, celui qui vous plaira, qui vous parlera, et dont on ne pourra plus se défaire".
"Toute réussite est le fruit d'un bon moment".
"Il était impossible de s'ennuyer dans un tel endroit ; la simple contemplation de la mer pouvait remplir une vie entière".
"Les lecteurs se retrouvent toujours d'une manière ou d'une autre dans un livre. Lire est une excitation totalement égotique. On cherche inconsciemment ce qui nous parle. Les auteurs peuvent écrire les histoires les plus farfelues ou les plus improbables, il se trouvera toujours des lecteurs pour leur dire : "C'est incroyable, vous avez écrit ma vie !".
"On vante davantage les qualités des taiseux et des souffreteux. Mais est-il impossible d'être à la fois génial et frivole ?"
"On se fait parfois d'un auteur une image uniquement à cause d'un titre".
"D'une manière générale, notre époque traque le vrai derrière toute chose, et surtout la fiction".
"Comment croire ceux qui disent écrire pour eux ? Les mots ont toujours une destination, aspirent à un autre regard. Ecrire pour soi serait comme faire sa valise pour ne pas partir".
"On peut se raisonner, mais c'est toujours le corps qui décide du temps nécessaire à la cicatrisation affective".
26 avril 2016

dernière lecture : La compagnie des artistes

de Chris Womersley

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3 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Melbourne, 1986. À dix-huit ans, Tom Button a quitté sa campagne natale pour venir étudier à l’université, profitant de l’appartement dont ont hérité ses parents à la mort de sa tante Helen. Dans la résidence « Cairo », Tom fait la connaissance d’un musicien excentrique, de son épouse et de leur grand cercle d’amis artistes. Sous le charme de ces originaux dont le style de vie le fascine, totalement émerveillé par l'énergie qui fait vibrer la capitale culturelle et artistique de l’Australie, le jeune homme se laisse happer par cet univers de fêtes et de mondanités et perd progressivement pied avec la réalité…
À travers le regard d’un jeune garçon de 18 ans, Chris Womersley s’attache à questionner le vrai et le faux tout en évoquant avec émotion la jeunesse, ses illusions et ses tourments, ses rêves et ses déceptions. Dominé par un suspense psychologique entêtant, dans un milieu où il ne faut jamais se fier aux apparences, La compagnie des artistes est un superbe roman d’apprentissage où la beauté de l’écriture est aussi bouleversante que la justesse de ses personnages.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Il y a un blog sur lequel je suis tombée, un jour, vraiment par hasard. Même pas un blog de lecture.... ça s'appelle "Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça", écrit par Dorian. Si je me penche un peu sur sa manière d'aborder les choses, il s'agit, la plupart du temps, de décortiquer des émotions, des moments, plutôt que des ingrédients qui, mis bout à bout, font les bonnes recettes.
Et la lecture, pour moi, c'est ça, juste ça : des émotions. Avec l'impérieux besoin, ensuite, de partager. Pour que tout le monde puisse y accéder aussi. 
Peut-être... 
Si la curiosité a été suffisamment titillée.
Quel rapport avec ce roman, me direz-vous ? 
Bah, heu.. j'sais pas trop. L'envie de parler de comment j'en suis venue à ne plus pouvoir décrocher, sans doute, d'un roman qui, de prime abord, ne me branchait pas le moins du monde. Qui a pris tout son temps pour m'émouvoir (d'ailleurs, si mon engagement auprès de "Masse critique" ne m'avait pas tenue contrainte, je vous avoue que c'est un de ces livres que je n'aurais probablement jamais fini...).
Voilà. 
Alors ne comptez pas sur moi pour vous conter la quête de Tom (d'autres commentaires s'en chargent parfaitement bien), mais seulement pour vous dire qu'à un moment est apparue la grâce...
Au départ, avec cette femme : Sally,
puis avec la peinture,
les odeurs,
les musées,
les sentiments,
l'inquiétude.
Quelle belle aventure !

Je suis ravie que Babelio m'ait sélectionnée pour cette lecture, qui m'a très certainement fait sortir de mes habitudes de lectures et a titillé ma curiosité.
Je crois que c'est un vrai bon roman. Pour qui saura dépasser les 100 premières pages...

 

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Les "plus" de ma lecture (entre autres...) :

- La compagnie des artistes" est basé sur un fait réel, le vol du célèbre tableau "La femme qui pleure" de Pablo Picasso au musée d'art de Melbourne en 1986. Ce vol fut effectivement  revendiqué par un groupe appelé les Australian Cultural Terroristsn qui demanda la création d'un prix pour les jeunes artistes comme rançon. Ils restituèrent le tableau une semaine plus tard, dans une consigne de gare. 

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- Je termine ma lecture aujourd'hui, tandis qu'un Le Caravage (qui sera expertisé) est découvert dans un grenier... Il s'agit, justement, de "Judith tranchant le cou d'Holopherne", dont il est, je crois, question à un moment dans ce roman que je viens de refermer. Quelle belle synchroncité !

 

Morceaux choisis :
"Les bons artistes copient, les grands artistes volent" (pablo picasso)
"Revenir en arrière serait peut-être la plus belle chose au monde, mais sûrement aussi la pire".
"C'est venu subitement, ce coup de vieux, presque à mon insu et, certes, sans la moindre participation de ma part".
"Comme les tableaux, les gens sont jugés sur les apparences, mais ils renferment une foule de secrets pour ceux qui savent les débusquer".
"L'amour est une maladie dont le seul remède est l'amour lui-même - énigme à laquelle il n'y a pas d'échappatoire."
(Au sujet de l'art) "Le public veut du sensationnel, une oeuvre qui se marie  avec le divan et le tapis. Gertrude est la seule véritable artiste, mais personne ne s'intéresse à ce type de travail. Trop sérieux, trop subtil, trop profond. Le public aime ce qui lui donne l'impression d'être l'égal de l'artiste, pas son inférieur."
"Tout le monde a un passé. Sans cela, il n'y a rien, pas de vrai caractère. "
"Il y a des périodes dans la vie qui nous marquent à jamais, des saisons ou des journées qui déterminent notre personnalité si totalement que c'est à l'aune de ces moments-là que le reste de notre existence se mesure, tout comme il existe peut-être une seule photo de nous à avoir saisi notre véritable Moi."
"Ces mois sont si pleins de souvenirs heureux qu'il est difficile de les isoler comme on le ferait d'un visage dans la foule".
"Le premier amour est comme une nostalgie du présent : on sait, à une sorte de niveau moléculaire, que ça ne se reproduira pas."
"Quelle chose épouvantable que l'amour ; il est presque impossible d'être sûr des sentiments de quelqu'un, et pourtant on le sait instantanément quand l'amour n'est plus là. Presque comme si - tel l'oxygène - l’absence d'amour était plus notable que le contraire."
"Avec la lenteur d’un poison, cette nouvelle circula en moi, paralysant une partie de mon corps, puis une autre. Le choc, c’est l’absence de toute émotion – plutôt qu’une émotion elle-même -, qui fait que le monde semble avoir été aspiré dans une autre dimension."
"L'innocence, je l'ai depuis compris, est un état à chérir et à redouter tout à la fois."

 

Ah ! Et voilà mon histoire dans l'histoire (et pas la moindre...) :

"- Tu as étudié l'art, si j'ai bien compris ? dit-elle sans me regarder.
- Seulement au lycée.
- Et si tu me citais quelques noms de peintres célèbres ?
Je songeai à mon exemplaire écorné de L'Histoire de l'Art de Gombrich et ses modestes reproductions.
- Euh, Michel-Ange, je suppose. Titien. Tucker, Caravage, Rubens et Van Gogh.
(...) - Qu'ont-ils en commun, ces peintres ?
(...) Je haussai les épaules.
- Ce n'est pas ta faute, me rassura-t-elle avec un sourire pâle. C'est ainsi que s'écrit l'Histoire. Certaines personnes sont inévitablement oubliées. Tous les peintres que tu m'as cités sont des hommes. L'Art avec un grand A, c'est le domaine réservé des hommes. La figure de l'artiste romantique est presque exclusivement masculine. Ceux qui font l'Histoire, ceux qui comptent. Impensable qu'une femme puisse faire aussi bien. On ne t'a jamais parlé de Frida Kahlo ou de Georgia O'Keeffe, n'est ce pas ? Ni d'Elisabeth Durack ?
Je fis non de la tête.  Je n'avais jamais entendu leur nom".
12 janvier 2016

dernière lecture : les heures souterraines

de Delphine de Vigan

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l’attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l’immense solitude qu’elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’arrête. Autour d’eux s’agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Chaque fois que je referme un roman de Delphine de Vigan, je reste un petit moment songeuse, à contempler son visage paisible et doux, ses boucles blondes, joyeuses et rebondissantes, son sourire. Et je me demande si c'est un masque qu'elle porte, ou si c'est vraiment elle, là sur la photo, en 4ème de couv'.
Parce que, pour l'instant, chacun de ses romans aura été plutôt sombre et éprouvant, incisant au scalpel les maux et souffrances (souvent cachées) de notre société.
Ce roman, comme les précédents que j'ai lus d'elle, se lit très vite, très tristement. Avec, pourtant, toujours l'espoir, au bout du tunnel, l'envie de lutter et de vaincre.
Quand on a vécu à Paris, même si jusqu'au bout on se dit que peut-être... le dénouement est, finalement, une évidence... 
Vous comprendrez ce sentiment en lisant ce magnifique roman, qu'il vous sera sans doute ensuite impossible d'oublier.

Morceaux choisis :
"Elle rêve parfois d'un homme à qui elle demanderait : est-ce que tu peux m'aimer? Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie. Qui n'aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes. Un homme qui saurait.
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. Il y a longtemps qu'elle le sait."
"Parce qu'elle dit : qu'est ce que tu es maladroit. Alors il voudrait lui dire que non. Il voudrait lui dire avant te rencontrer j'étais un aigle, un rapace, avant de te rencontrer je volais au-dessus des rues, sans jamais rien heurter, avant de te rencontrer, j'étais fort".
"Et-ce que c'est ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas (...) ".
"Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas."
20 décembre 2015

je ne sais pas vous, mais moi...

Je ne sais pas vous, mais moi, les courges, c'est pas trop mon truc. Alors je cherche à droite, à gauche des recettes pour les rendre "mangeables".
Et quelquefois, je trouve !

flan la courge et à l'orange. Ingrédients pour un plat à gratin de taille moyenne 

Flan courge orange

préparation : 15 minutes environ, cuisson : 30 à 40 minutes), préchauffage du four
500 g de chair de courge - 250 g de sucre - 1/2 citron - 1 c. à café de vanille en poudre (pas indispensable) - 1 c à café de cannelle ou/et de quatre épices - le jus et le zeste d'une orange - 50 cl de lait (ou 25cl de crème fraîche/25cl de lait, ou 50 cl de crème fraîche. ça, c'est comme vous voulez !) - 4 oeufs
faire cuire la courge (épluchée et coupée en petit cubes) pendant 15 mn minimum dans une casserole avec 50 g de sucre, 10 cl d’eau, les épices, le jus et le zeste de l’orange (à feu doux, avec un couvercle semble le plus prudent...). Pendant ce temps, faire un caramel en faisant bouillir 100 g de sucre, 6 c. à soupe d’eau et 10 gouttes de jus de citron (enfin plus ou moins. J'ai jamais très bien compris ce principe de "gouttes", dans les recettes : grosses ou petites ?   ;) ) - le verser dans un plat à gratin de taille moyenne (ou plusieurs petits ramequins allant au four) - battre les œufs en omelette, ajouter le lait/crème, le reste des 100 g de sucre, le mélange de courge cuite -  mixer le tout avec un robot plongeur (généralement utilisé pour la soupe) - verser la préparation dans le plat à gratin (ou les ramequins) caramélisé - faire cuire dans votre four, thermostat 6, au bain-marie pendant au moins 30 minutes.

Cette recette peut aussi être réalisée en remplaçant la courge (potimarron...) par la même quantité de patate douce. Je me demande si avec des carottes ça ne serait pas jouable aussi !

 

Et surtout : dites m'en des nouvelles !!!
:)

30 novembre 2015

les énergies du hasard

"Quelque application qu'on y mette,
il est difficile de croire que le monde n'est qu'un tas confus,
un ramassis de matière assemblé fortuitement
et battu comme blanc d'oeuf par le fouet des énergies du hasard.
De l'infiniment grand à l'infiniment petit,
l'examen des ensembles et des détails
nous montre au contraire que tout est en ordre.
Non seulement en ordre, mais organisé."

René Barjavel,
dans "La faim du tigre"

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Photo été 2015
(Le lac de Guerlédan, avant sa remise en eau)

2 novembre 2015

dernière lecture : Le coeur est un chasseur solitaire

de Carson Mc Cullers

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Présentation de l'ouvrage :
La difficulté de communiquer et d'aimer est la préoccupation majeure de Carson McCullers. Dans sa vie comme dans son oeuvre. Dans Le coeur est un chasseur solitaire, déjà, l'angoisse bat, palpite au rythme de la solitude désespérée des êtres. Celle de Singer, le muet, qui traîne son silence dans l'artère déserte de cette petite ville du Sud américain. Celle de tous les clients du "Café de New York". Car Biff Brannon, le propriétaire du café, aime les marginaux, les anormaux de toutes espèces. Celle de la petite Mick Kelly enfin, cette étrange gosse masculine, si semblable à l'auteur. Cette série de portraits sans reflets se cogne, se bouscule sous nos yeux et demeure à jamais dans notre esprit. Le Coeur est un chasseur solitaire est le premier roman de la jeune Carson qui n'a alors que vingt ans (1940). En quelques années, elle compose ses deux autres romans majeurs : Reflets dans un œil d'or magistralement porté à l'écran par John Huston et Frankie Addams (1946). Elle est également l'auteur d'un insolite recueil de nouvelles, La Ballade du Café Triste. 

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
"Allons, Anne ! On ne choisit de lire un roman sous prétexte que la couverture est belle, ni parce que son titre est une véritable porte ouverte à toutes les rêveries !" Voilà ce que j'ai pensé. Pire, même : le nom de l'auteure m'étant parfaitement inconnu, je me projetais déjà plus ou moins dans un roman dans la lignée de "Les oiseaux se cachent pour mourir". Et puis quoi ! C'est ça, la lecture : la liberté de varier ses plaisirs.Un petit bonbon sucré m'attendait.
Ce roman n'a absolument rien à voir avec l'idée que je m'en étais faite. Je viens de découvrir un véritable bijou : un de ces livres, éveilleurs de conscience, en tout cas de curiosité.
Un livre comme je les adore qui, sous son apparente tranquillité, sa belle esthétique, vous propulse dans la féroce réalité.
Alors, plutôt que de vous en faire un résumé, je préfère vous parler des étranges synchronicités qui se sont produites, pendant ma lecture :
- Cristalline présentait, sur sa page Facebook, le tableau de Norman Rockwell (1963) : "The problem we all live with", me faisant découvrir cette belle personne qu'est Ruby Bridges, véritable symbole noir américain, 
dans le même temps, étaient évoqués les fameux jeux olympiques de Mexico,
(2 événements qui se déroulent une trentaine d'années après l'écriture de ce roman).
C'est de cette consternante inégalité raciale dont il s'agit, dans ce roman, dont nous sommes témoins impuissants, et qui donne froid dans le dos...
- une courte vidéo visionnée,  où il est question du libre port des armes à feu aux Etats-Unis, et l'actualité, en parallèle, toujours aussi tragique... 
- et puis d'autres thèmes, "tellement anodins"...
* le monde du dedans et le monde du dehors (la place de l'imaginaire, qui peut tout rééquilibrer),
* l'alcool,
* la difficile transition enfance / adolescence
* la difficulté des hommes à se parler. Juste entrer en contact. Faire attention à l'autre et communiquer vraiment. Vaste programme...

Il y a énormément à grapiller, dans ce (sombre...) roman, un peu de tous les côtés, chaque personnage étant tellement unique, beau et vrai.
Je vous laisse découvrir ?

 

Morceaux choisis :
"Avec lui, elle était absorbée par l'idée de tout enregistrer dans sa tête afin de le revivre plus tard et de ne rien oublier".
"Il avait connu ses amours, et elles étaient révolues. (...) Terminées. Le laissant meilleur ou pire. Lequel des deux ? Question de point de vue."
"Et comment les morts peuvent-ils être réellement morts alors qu'ils vivent dans les âmes de ceux qu'ils ont laissés ?"
"Ils sont tous très occupés. [...] Je ne veux pas dire qu'ils travaillent nuit et jour ; c'est leur esprit qui n'est jamais en repos."
"Ne me pose pas de questions et je ne te raconterai pas de mensonges. L'indiscrétion est toujours punie."

 
13 octobre 2015

dernière lecture : La ville orpheline

de Victoria Hislop

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2 etoiles


Présentation de l'éditeur :
Été 1972. La ville de Famagouste, à Chypre, héberge la station balnéaire la plus enviée de la Méditerranée, cité rayonnante et bénie des dieux. Un couple ambitieux ouvre l'hôtel le plus spectaculaire de l'île, Le Sunrise, ou Chypriotes grecs et turcs collaborent en parfaite harmonie.
Deux familles voisines, les Georgiou et les Özkan, sont de celles, nombreuses, venues s'installer à Famagouste pour fuir des années de troubles et de violences ethniques dans le reste de l'île, ou la tension monte.
Lorsqu'un putsch grec plonge l'île dans le chaos, celle-ci devient le théâtre d'un conflit désastreux. La Turquie envahit Chypre afin de protéger sa minorité sur place, et Famagouste est bombardée. Quarante mille personnes, n'emportant que leurs biens les plus précieux, fuient l'armée en marche.
Qu'adviendra-t-il du Sunrise et des deux familles restées dans la ville désertée ?

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Comme pas mal d'autres lecteurs, je suis plutôt mitigée sur cette lecture. 
Pourtant, j'étais complètement captivée ! Par des faits historiques extrêmement proches, à la fois géographiquement que dans le temps... et par l'histoire d'une île (Chypre) que je ne connaissais absolument pas ! Comment ne pas être effarée par la rapidité avec laquelle une ville comme Famagouste, station balnéaire plus que florissante, pillée, bombardée, a été complètement oubliée, rayée de la carte : elle n'est plus qu'une ville fantôme. Aujourd'hui encore, elle est effrayante ! 
Et l'île de Chypre, coupée en deux. J'ai du mal à imaginer cela... (je vous mets un lien, qui explique très bien tout ceci...).
Après, l'histoire "romanesque" n'est, à mon avis, pas à la hauteur de cette Histoire avec un grand "H" (par ailleurs très bien restituée). Très peu crédible, façon roman à l'eau de rose. Cette face-là du roman est franchement décevante.
Dommage...

 

Morceaux choisis :
"La différence entre ce qu'ils étaient encore il y a peu et ce qu'ils étaient devenus était considérable. À présent,  ils étaient égaux dans leur dépouillement."
"Ce qui est arrivé est arrivé, rien n’y changera rien."

15 février 2015

dernière lecture : Sauf les fleurs

de Nicolas Clément

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps.

Mon sentiment au sujet de ce (court) roman :
Cette phrase- là, dès la première page, m’a saisie d'émotion : "J'écris notre histoire pour oublier que nous n'existons plus". ça me préparait pour la suite...
J'avais peu de temps. Anne, me suis-je dit, aujourd'hui tu vas être raisonnable : deux-trois pages, pas plus. Mais avec ce livre-là, ça ne marche pas comme ça. Rien ne peut plus nous sortir de cette lecture. Tout d'abord, le récit est très court, ce qui nous donne bonne conscience, mais surtout il y a ce style si particulier, surprenant, et puis l'histoire, qui ne nous laisse aucun répit. On est pris, comme une proie, à la fois consentante (séduite par le talent du narrateur) et indignée (par la tournure que prennent les événements).
C'est triste et beau à la fois.
Comme une promenade, en hiver, quand tout est sombre et presque lugubre. Pourtant...
Pour moi, cette écriture se situerait presque à mi - chemin entre celle de Christian Bobin et celle de Milena Agus... Autant dire un nectar.

Morceaux choisis :
"J'écris notre histoire pour oublier que nous n'existons plus."
"Je pense à maman qui dort seule.  Je donnerais toute ma vie pour avoir une vie. "
"La bouche de Florent descend le long de mes cheveux. Je cherche sur ses lèvres des parents qui s'entendent et se comprennent. Je dois puiser dans cet amour. "
"Ce que j'aime dans un nom, c’est trouver un toit."
"Tu feras pour toi ce que je n'ai pas su faire, élever un arc et viser large."
"Chaque sourire me soutient que la vie est bonne, qu’il ne faut pas toujours chercher à comprendre mais relever les coeurs tombés."
"Aujourd’hui je n’étais pas heureuse sans savoir pourquoi. Demain, je le serai de nouveau sans savoir comment. Je rame, le bonheur est là."
"Ainsi ai-je donc aimé et traduit sans laisser de traces".
"Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m’interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j’étais. [...] Je n’ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d’avant. Je tombe rond ; mon compte est bon."
Et puis, une courte histoire, dans l'histoire, si bien contée...

"Virginia me confie Mes patrons sont gentils. A l'aube, j'arrive la première à la teinturerie, je vérifier les paquets que Mike dépose devant la porte. Je ne sais pas si je ferai l'affaire mais ce travail pour payer mes études me plaît. Sortir du polochon les chemises encore tièdes. Plonger mon nez dans les cols. Imaginer que des gens existent autour de moi, même tôt, même pas longtemps."

 

Ce roman a reçu un prix : le prix du métro Goncourt
L'auteur présente son roman avec beaucoup de douceur...

20 novembre 2014

dernière lecture : L'instant précis où les destins s'entremêlent

d'Angélique Barbérat

 

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Présentation de l'éditeur :
Une tache rouge sur l’oreiller, juste sous les cheveux de sa maman, morte sous les coups de son mari. Voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans… Pour survivre, Kyle se jette à cœur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant. Vingt ans après, devenu leader d’un groupe de rock, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur.
Coryn, elle, a grandi dans une banlieue sans charme. À dix-sept ans, elle tombe dans les bras de Jack Brannigan, qui fou amoureux l’épouse, mais, jaloux et violent, l’enferme dans une prison dorée, « Parce que tu m’appartiens… » 
Comment ces deux êtres que tout semble séparer auraient-ils la moindre chance de s’aimer ? Pourtant, à l’instant précis où les destins s’entremêlent, chacun d’eux sait que sa vie ne sera plus jamais la même.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai lu ce livre vraiment très vite. D'ailleurs, pour être honnête, j'ai survolé beaucoup (beaucoup !) de passages. Des pages entières, même. Ce que je refuse habituellement de faire... Mais voilà : je voulais vraiment connaître la fin (c'est moche, je sais, mais passer de Romain Gary à ce texte-ci, le glissement est évidemment très rude !)
C'est un roman facile à lire, qui joue à fond sur les sentiments, et ferait, à mon avis, un excellent film ! (mais j'aime mieux la lecture...)
Avant de me lancer dans cette lecture, j'avais regardé les commentaires et les notes, qui sont pour la plupart excellents, sur Babelio. Pour ma part, je suis franchement déçue. 

 

 

Morceaux choisis :
"Le magique. Il suffit de pas grand-chose pour tout changer".
"Il y a des jours où les astres prennent conscience que vous existez et décident de se pencher sur vous. D'ailleurs, pour le prouver, ils vous octroient une pluie d'événements. Heureux ou malheureux. Qui vous sauvent ou vous sacrifient."
"Un regard et tout change. Un regard et rien n'est plus pareil... Une rencontre. Des atomes qui s'accrochent et laissent des traces indélébiles. Une vie qui sort de son orbite."
21 octobre 2014

dernière lecture : La liseuse

de Paul Fournel

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse.
Il la regarde, il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son coeur se fendait en deux. 
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Depuis 1452 et la parution de la Bible à 32 lignes de Gutenberg, le texte et le livre ont partie liée : publier un texte c'est faire un livre, lire un livre, c'est lire un texte, acheter un texte, c'est acheter un livre.
Ce récit commence le soir où la petite stagiaire discrète apporte à Robert Dubois le vieil éditeur, encore directeur de la maison qui porte son nom, sa première liseuse. Ce bel objet hightech qui le regarde de son écran noir, lui annonce que sa vie est en train de basculer. Que va devenir son métier maintenant que le texte et le papier se séparent ? Quelque chose couve qui pourrait fort bien être une révolution. Il le sait et cette perspective le fait sourire.
La vie continue pourtant à l'identique, Dubois déjeune avec ses auteurs, voyage chez les libraires, rencontre les représentants, mais il porte sa liseuse sous le bras qui lui parle déjà d'un autre monde. Celui qu'il va aider des gamins à bâtir, celui dont il sait qu'il ne participera pas.
De toute la force de son humour et de son regard désabusé et tendre il regarde changer son monde et veille à garder, intact au fond de lui, ce qui jamais ne changera : le goût de lire.

 

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Très beau texte. 
Pas du tout celui auquel je m'attendais. Je ne sais plus trop pourquoi, j'avais cru comprendre qu'il s'agissait d'un genre d'étude comparative sur les liseuses (moi qui deviens inséparable de la mienne, le sujet me tentait bien...).
Bref : rien de tout cela. 
(Mais un peu quand même ?) 
En premier lieu, ce monde de l'édition (dans lequel je baigne quotidiennement), et qui n'est pas si rose, et qui se pose pas mal de questions sur son devenir "papier". le tout numérique est-il envisageable ? le monde ultra connecté est-il le seul possible, désormais ? Ne devons-nous plus, dès lors, nous adresser qu'aux jeunes (loups) (geeks) pour avoir les idées salvatrices, celles qui sauveront le "livre" ? 
Quid alors du "vieux" ? (voui voui... : le salarié, dans cette fameuse maison d'édition, mais aussi l'omniprésent, palpable, rassurant et esthétique livre papier...)
Je vous avouerai être pas mal divisée sur le sujet (du livre ! parce que le "vieux" salarié, pas de doute : il est au top ! ;).
Le livre-papier est pour moi irremplaçable, formant un tout : palpable, harmonieux, odorant. corné ou pas, rempli de sable, de senteurs, ou encore d'annotations. Souvent passé entre d'autres mains. Prêté. Chiné. Puis précieusement rangé dans la bibliothèque. Il est là. Il est beau. Il nous attend. En un mot : il est vivant. 
Mais La liseuse... C'est sûr : les textes sont beaucoup plus "virtuels" : à peine lus, pschhhh, "supprimer le fichier" : disparus. Pourtant, le plaisir de lire est bien là. le même ancrage se produit. Et vous avouer aussi que le soir, quand les yeux fatiguent (et que l'on a passé 40 ans !) la lecture est tellement plus facile... Ma liseuse m'a permis de retrouver le chemin de la lecture, quand la nuit est déjà tombée (moi qui m'interdis de lire pendant la journée : je ne ferais plus que ça !).
Enfin (rien à voir) : cet éditeur a immédiatement été, pour moi, celui déjà rencontré dans un roman de Patrick Cauvin (Belange). Pourtant, rien à voir, sinon la solitude, dans l'immense bureau du décideur.
C'est étonnant, un cerveau, les chemins qu'il prend, les liens qu'il crée, les images qu'il impose, surprenantes, parfois. Les associations d'idées, finalement pas si saugrenues. Et les souvenirs.

Et puis toutes ces portes qui s'ouvrent, particulièrement avec les livres (papiers ou epub).
Et dont est question dans ce roman, avec humour et brio.

 

 
Morceaux choisis :
"(...) il faut que tu saches comme c'est long et comme c'est emmerdant de faire un livre. Même un mauvais livre. Surtout un mauvais livre".
"J'habite à 788 pas de mon bureau ce soir".
"L'artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu'un, divin lorsqu'on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets. D'abord du dur, du charnu, puis, peu à peu, du plus mou, du plus fin, du moins vert. Un subtil dégradé jusqu'au beige du foin qu'un dernier chapeau pointu de feuilles violettes dévoile. La vinaigrette qui renouvelle son goût au fil des changements de texture. Un parcours que l'on rythme à sa guise. Rien ne presse dans l'artichaut. On peut sucer une feuille pendant plusieurs minutes, jusqu'à l'amertume, on peu, au contraire, racler des incisives la chair de plusieurs feuilles à la suite pour se donner une bouchée  consistante. La seule figure interdite est celle de l'empiffrement. Un légume qui a ses règles d'élégance. Puis vient le moment distrayant de l'arrachage. Saisi entre pouce et couteau, le foin cède en petites touffes nettes, libérant le coeur de toute sa toison en une sorte de saisissant raccourci amoureux. Enfin arrive le moment de la récompense : à la fourchette et au couteau on peut entrer dans le coeur du légume (...). Y a t-il seulement une place digne pour l'artichaut dans la littérature ? Un volume, une page, un paragraphe ? A vérifier dès ce soir".
"Lorsque j'aurai terminé la lecture du dernier mot de la dernière phrase du dernier livre, je tournerai la dernière page et je déciderai seul si la vie devant moi vaut encore la peine d'être lue."
 
28 janvier 2015

dernière lecture : La mort d'un père

de Karl Ove Knausgaard

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4,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Première partie d'un des plus étonnants projets littéraires contemporains, la mort d'un père a connu un succès fulgurant dans les pays scandinaves - plus de 500 000 exemplaires vendus dans son seul pays d'origine, la Norvège. Traduite en 15 langues, récompensée de nombreux et prestigieux prix littéraires, cette tentative d'embrasser et de transcender par l'écriture la vie tout entière a d'ores et déjà permis à Knausgaard de se hisser parmi les grands classiques contemporains.
Le petit Karl Ove est un enfant trop sensible, grandi à l'ombre d'un frère solaire, d'une mère souvent absente et d'un père aux colères et à la dureté imprévisibles. Devenu lui-même père, il revient sur ses années de jeunesse. Tissé de mille et une petites anecdotes qui forment autant d'épiphanies, ce temps de l'enfance est marqué par la figure paternelle, ombre portée qui plane sur l'ensemble de l'ouvrage. Jusqu'à sa mort dans la déchéance et l'alcoolisme, et sans doute bien après, la vie de Karl Ove reste hantée par ce père souvent cruel envers son cadet qu'il trouve trop délicat. Les scènes de l'enfance et de l'adolescence, retranscrites avec une justesse poignante, évoquent les premiers émois, la passion du rock, les inhibitions. Karl Ove a la vie dure : il ne prononce pas bien les "r ", sent très jeune sa différence, lui qui, comme nombre d'enfants, n'aspire qu'à la plus plate normalité. Et bientôt survient l'impossible : son frère aîné puis sa mère quittent le foyer familial, laissant Karl Ove seul face à ce père menaçant. Tout est à la fois extrêmement intime et totalement universel dans cette épopée du quotidien qui fait notoirement écho à l'entreprise proustienne dans sa quête d'exhaustivité. L'écriture, fougueuse, pleine d'une douleur et d'une intensité peu communes, donne toute sa force à cette autobiographie qui transcende et renouvelle largement les codes du genre. Par-delà ce paysage sensible livré sans fard, avec une sincérité qui confère à l'impudeur, l'oeuvre de Knausgaard est une quête artistique et intellectuelle : celle de la possibilité pour la littérature de dire la vie. L'écho unanime qu'a rencontré ce livre auprès de la critique souligne, s'il en était besoin, le caractère visionnaire et indispensable de ce texte hors norme.


Mon sentiment au sujet de ce roman :
Vu la quantité d'extraits que je n'ai pas pu m'empêcher de relever au fil de ma lecture, vous devinerez aisément combien ce roman m'a séduite ! 
Il s'agit en fait d'une autobiographie, qui se lit comme un roman. C'est très fluide, et l'on se glisse dans la peau de l'auteur (de l'enfant, de l'ado, puis de l'adulte) assez étonnamment, les sens à l'affût. Les émotions sont fortes, l'homme est fragile. Sa vie, somme toute assez banale, est sublimée par le regard qu'il pose sur le monde, autour de lui (hommes et nature confondus).
Et il y a une suite ! ("Un homme amoureux", désormais disponible en France, puis 4 autres tomes, qui arriveront plus tard...). Je me retiens pour ne pas enchaîner cette seconde lecture, mais, pour une fois, je vais être raisonnable et m'autoriser une pause. Pour absorber doucement ce premier tome.
Et puis, de toutes façons, les 4 derniers tomes ne sont pas encore édités en France...

Pour titiller votre curiosité, voici le lien de l'interview de Karl Ove Knausgaard, qui donne une idée plus précise de son défi "littéraire", devenu best-seller, presque à son insu : c'est par ici (clic).

Morceaux choisis :
"Ce qu'on ne connaît pas n'existe pas. Ce qu'on connaît trop n'existe pas non plus. Ecrire c'est sortir ce qui existe de l'ombre de la connaissance."
"Quand notre connaissance du monde s'étend, non seulement la douleur qu'il occasionne diminue mais aussi son sens. Comprendre le monde, c'est prendre une certaine distance par rapport à lui. Ce qui est trop petit à voir à l'oeil nu comme les molécules et les atomes, nous l'agrandissons, ce qui est trop grand comme es formations nuageuses, les deltas, les constellations, nous les rapetissons. Nous ne pouvons fixer les choses qu'après les avoir mises à la portée de nos sens et ce que nous avons fixé s'appelle la connaissance. Nous passons toute l'enfance et l'adolescence à nous efforcer de trouver la bonne distance face aux choses et aux phénomènes. Nous lisons, nous apprenons, nous expérimentons, nous rectifions. Et puis arrive le jour où toutes les distances et les systèmes nécessaires sont établis. C'est à partir de là que le temps commence à passer plus vite. Il ne rencontre plus aucun obstacle, tout est établi, le temps traverse nos vies, les jours passent à une vitesse farouche et, avant même de s'en apercevoir, on a quarante, cinquante, soixante ans..."
"Le coeur se soucie aussi peu de la vie pour laquelle il bat que la ville se soucie de ceux qui remplissent ses différentes fonctions."
"Dans l'acte d'écrire, il y a plus de destruction que de création. Et personne ne le savait mieux que Rimbaud, dont le plus saisissant ne fut pas qu'il le comprenne à un âge si remarquablement jeune mais qu'il l'applique aussi à sa vie. Pour lui, tout était liberté, dons l'écriture comme dans la vie, et c'est parce qu'il mettait la liberté au-dessus de tout qu'il a pu ou même dû renoncer à l'écriture car elle aussi était devenue un assujettissement qu'il fallait détruire."
"Notre façon de penser est intimement liée à notre environnement concret autant qu'aux gens avec qui nous conversons et aux livres que nous lisons." 
"Les émotions sont comme l'eau, elles sont façonnées par leur environnement. Et quand un immense chagrin, si bouleversant et long soit-il, ne laisse pas de trace, ce n'est pas parce que les émotions se sont figées, elles ne le peuvent pas, mais c'est qu'elles font une pause, comme l'eau d'un étang fait une pause."
"Je ne pouvais plus parler simplement avec les gens, ma trop grande conscience de la situation me mettait à distance".
"(...) c'est ça qu'on fait quand on respire, on imprime sa marque encore et toujours dans le monde."
"C'était beau et sauvage. Et je pensai que tout le monde aurait dû se précipiter dehors, les voitures auraient dû s'arrêter, les portières s'ouvrir, les chauffeurs et les passagers descendre le nez en l'air et le regard étincelant de curiosité et avide de beauté. "
3 juillet 2014

dernière lecture : Le libraire

de Gérard Bessette

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1,5 etoile

Présentation de l'éditeur :
Le personnage principal du Libraire est une espèce de Meursault, la candeur en moins, le sarcasme en plus, mais tout aussi indifférent à ce qui l’entoure. Il s’appelle Hervé Jodoin, il a perdu son emploi de répétiteur au collège Saint-Étienne, à Montréal, et il est prêt à accepter n’importe quel boulot, du moment qu’il y ait peu à faire et qu’on le laisse tranquille. Quand, au bureau de chômage, on lui propose un travail de commis dans la librairie d’un petit village, Saint-Joachim, à plusieurs heures de la grande ville, il n’hésite pas : “Saint-Joachim ou ailleurs, je m’en balançais.”
Présenté sous forme de journal intime, comme l’était L’Étranger, Le Libraire est le récit à la première personne de la nouvelle existence de Jodoin, coulée dans une morne routine – les jours passés à la librairie Léon, les beuveries solitaires à la taverne chez Trefflé où il enfile “une moyenne de vingt bocks par soirée”, les dimanches, mortels, où pour tuer le temps, il a commencé ce journal. Une existence d’une parfaite uniformité que des événements viendront bientôt perturber, des “événements qui, eu égard à la monotonie de [sa] vie, méritent l’épithète d’importants”. Cela commence quand son patron, monsieur Chicoine, lui révèle avec des airs de grand conspirateur l’existence du “capharnaüm”, un réduit fermé à double tour où sont cachés “des livres à ne pas mettre entre toutes les mains”. Tout déraille le jour où un jeune collégien à qui Jodoin a refilé en douce L’Essai sur les mœurs, d’Arouet, décide de dénoncer l’existence du capharnaüm. Le curé s’en mêle, c’est la pagaille à la librairie Léon, et Saint-Joachim au complet est en émoi.
Paru en 1960, ce deuxième roman de l’auteur de La Bagarre dénonce l’hypocrisie du clergé qui mettait à l’index toute œuvre n’étant pas jugée édifiante, mais aussi ceux qui “collaboraient” en jouant le jeu de l’autorité ecclésiastique. Intimement lié à l’essor de la littérature québécoise pendant la Révolution tranquille, Le Libraire est devenu un classique qui continue d’être étudié dans les programmes d’études littéraires. --Marie Claude Fortin 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Voici un texte très bien écrit. Pas très long.
Donc je dirais plutôt facile à lire.
L'homme qui se raconte ici (il s'ennuie tellement qu'il a décidé d'écrire son journal, juste pour passer le temps...) est un être odieux, solitaire, désolant. Il le sait. Il n'attend plus grand chose la vie, et pourtant il s'amuse de tout. 
C'est ça qui est comique, je trouve (même si le roman ne l'est absolument pas !) : cet oeil critique d'un homme qui ne craint personne, ne doute de rien, observe tout de son regard désabusé. 
Un expérimentateur ? Un joueur ?
Une cloche...

Morceaux choisis :
"Il est étonnant comme le temps passe vite quand on ne fait rien. Pourvu qu'on ne soit pas libre. J e veux dire pourvu qu'un "devoir" vous force à rester en place. Autrement, ça  ne tient plus. Ainsi moi, si je n'étais pas obligé de travailler à la librairie Léon pour gagner ma vie et qu'on me demandât de passer des heures d'affilée perché sur un tabouret,  j'en serais complètement incapable."
"Selon moi, un lecteur sérieux, c'est celui qui lit consciencieusement les livres qu'il achète, moins pour passer le temps ou pour y découvrir des obscénités que pour y chercher des idées, des théories, des critiques, peut-être contraires à ses propres conceptions, mais susceptibles de le faire penser."
28 août 2014

dernière lecture : L'âme du monde

de Frédéric Lenoir

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Pressentant l'imminence d'un cataclysme planétaire, sept sages venus des quatre coins du monde se réunissent à Toulanka, monastère perdu des montagnes tibétaines, pour transmettre à Tenzin et Natina, deux jeunes adolescents, les clés de la sagesse universelle. Au-delà des divergences culturelles et historiques de leurs traditions respectives, ils s'appuient sur leur expérience personnelle et se savent inspirés par ce que les philosophes de l'Antiquité appellent l'Âme du monde : la force bienveillante qui maintient l'harmonie de l'univers. 
Leur message répond aux questions essentielles : quel est le sens de mon existence ? Comment réussir ma vie et être heureux ? Comment harmoniser les exigences de mon corps et celles de mon esprit ? Comment apprendre à me connaître et à réaliser mon potentiel créatif ? Comment passer de la peur à l'amour et contribuer à la transformation du monde ?
Loin des croyances dogmatiques, ils ouvrent le chemin simple et concret d'un humanisme spirituel qui aide à vivre.
À la suite de son Petit traité de vie intérieure, Frédéric Lenoir transmet ses connaissances philosophiques et spirituelles à travers un conte initiatique lumineux qui touche le coeur autant que l'intelligence.
 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
L'idée que toutes les religions et orientations spirituelles visent une même quête (celle de la paix et de l'harmonie...) me plaît. J'ai toujours eu le sentiment que les dieux des hommes, quelles que soit leurs religions, puisent à la même source et dispensent la même parole.
Dans ce récit (philosophique), une belle leçon de sagesse nous est donnée, dans ce sens. Disons que c'est reposant, facile à lire, et que ça mène à la réflexion...

J'ai visionné, voilà quelques temps, un documentaire qui rejoint un peu cette vision des choses, et je trouverais dommage de ne pas le partager avec vous... "Mondes intérieurs, mondes extérieurs" : c'est par ici (clic).

A noter aussi que Frédéric Lenoir anime, avec Leili Anvar, une très belle émission hebdomadaire sur France-Culture : Les racines du ciel.


Morceaux choisis :

"Combien d'êtres humains passent l'essentiel de leur vie à se soucier de choses matérielles ou futiles et oublient de prendre le temps de vivre les expériences les plus essentielles, l'amour, l'amitié, l'activité créatrice, la contemplation de la beauté du monde? Le superflu est onéreux mais l'essentiel est offert."
"La dépendance à l'égard des choses matérielles est un des esclavages les plus répandus de nos jours."
"Dans chaque être et chaque instant, heureux ou douloureux, facile ou difficile, nous ne voyons jamais que notre seule image."
"Être libre, c'est aussi ne pas agir en fonction du regard d'autrui."

"Comme l'a affirmé un ancien maître de la sagesse : "le bonheur, c'est de continuer de désirer ce qu'on possède déjà."

 

 

***
J'aime beaucoup son discours... Je vous propose de l'écouter ici :

 

4 septembre 2014

dernière lecture : L'étrange voyage de Monsieur Daldry

de Marc Levy

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2,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
“ L’homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer les six personnes qui te mèneront jusqu’à lui… Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t’attend depuis longtemps. ”
Londres 1950
Alice mène une existence tranquille, entre son travail qui la passionne et sa bande d’amis, tous artistes à leurs heures. Pourtant, la veille de Noël, sa vie va être bouleversée. Au cours d’une virée à la fête foraine de Brighton, une voyante lui prédit un mystérieux avenir. Alice n’a jamais cru à la voyance, mais elle n’arrive pas à chasser ces paroles de son esprit, et ses nuits se peuplent de cauchemars qui semblent aussi réels qu’incompréhensibles.
Son voisin de palier, Monsieur Daldry, célibataire endurci, gentleman excentrique et drôle, aux motivations ambigües, la persuade de prendre au sérieux la prédiction de la voyante et de retrouver les six personnes qui la mèneront vers son destin.
De Londres à Istanbul, il décide de l’accompagner dans un étrange voyage…

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai beaucoup tardé, entre la lecture de ce roman (avant l'été !) et la rédaction de ma petite synthèse de lecture (hier soir). C'est une erreur. Je préfère largement rédiger "à chaud" : les émotions sont tangibles, je suis imprégnée, donc souvent enthousiasmée par ces "petits riens" qui, à mon avis, donnent vie à une lecture.
Pour ce roman, j'ai tardé. Parce que pas inspirée.
Pas parce qu'il ne m'a pas plu (il se lit facilement, et l'histoire est plutôt plaisante), mais je crois me souvenir n'avoir rien ressenti de particulier (je veux dire, pas de grand (ni même de petit...) bousculement, à l'intérieur...). Peut-être juste un brin d'agacement pour le côté beaucoup trop gentillet de l'histoire.
Je crois tout simplement que Marc Levy, c'est plus trop "mon truc"...

De jolies citations, pourtant :

Morceaux choisis :
"Comment décider à l'avance de ce qui sera ou non un jour de fête ?"
"Vous m'avez frôlé l'âme et vous m'avez changé, comment vous pardonner d'avoir fait naître en moi l'envie d'aimer et d'être aimé ?"
"J'ai toujours eu la passion des détails, de ces petits événements, presque invisibles, autour de nous. Observer les gens vous apprend tant de choses".
"Ce n'est pas parce que quelqu'un vous a quitté qu'il cesse d'exister".
"Avec un peu de fantaisie à l'âme, la solitude n'existe plus".
"Lorsque l'imagination est confrontée à la réalité, cela fait parfois des dégâts".
"On a tous besoin de quelqu'un dans la vie, personne ne peut accomplir de grandes choses tout seul".
"L'ivresse est un abandon stupide".
"ça ne coûte rien et ça n'offense personne d'aimer en silence, n'est-ce pas ?"
11 mai 2014

dernière lecture : Le joueur d'échecs

de Stephen Zweig

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4,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Czentowicz, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule. Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cerveau au pragmatisme brutal, incapable de projection véritable. Mise en scène percutante de la résurrection de la folie, cette nouvelle oscille entre ouverture et enfermement. Dans cette avancée implacable de la stupidité destructrice, allégorie de la victoire du nazisme mais aussi chef-d'oeuvre de composition, Zweig s'intéresse peu à la survie du corps, préférant montrer les réactions de l'esprit, qui trouve un symbole parfait dans ce jeu éminemment intelligent mais désespérément stérile. Publié en 1943, un an après le suicide de son auteur, Le Joueur d'échecs fait figure de testament dans l'oeuvre de Zweig.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce court roman, facile à lire, est aussi très intense.
L'obsession, la folie des joueurs ne sont pas loin, dans un cadre pourtant pacifique, privilégié. C'est ce contraste que je trouve saisissant : la quiétude du voyage, dont le cadre semble luxueux et paisible, loin de l'agitation du monde et d'une époque trouble, et soudain : ce duel. Où tout peut très vite basculer (même si chaque coup dure une éternité). 
J'aime aussi cette interrogation : jusqu'où peut aller le cerveau de l'homme ? Quel est son point de non retour ?
Jouer aux échecs, ici, est dangereux, chacun pouvant perdre beaucoup. 
Le jeu de la vie l'est tout autant...

 

Morceaux choisis :
"Si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle".
"Il semble qu'il y ait dans notre cerveau de mystérieuses forces régulatrices qui écartent spontanément ce qui pourrait nuire à l'âme ou la menacer"
"Plus un esprit se limite, plus il touche par ailleurs à l'infini".
20 mai 2014

dernière lecture : la couleur des sentiments

de Kathryn Stockett

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s’occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L’insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s’enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s’exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu’on n’a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l’ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n’est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s’acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui ‘la élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié ; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.
Passionnant, drôle, émouvant, La couleur des sentiments a conquis l’Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d’exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce livre aura été pour moi (mais pour beaucoup d'autres lecteurs aussi, je crois...) un véritable coup de coeur. Moi qui aime les récits à plusieurs voix, ici je suis servie. C'est un livre qui, hélas, se dévore en rien de temps (malgré ses 500 pages). L'histoire (ou justement, il est question de l'Histoire !) est passionnante, les personnages très attachants. Une émotion immense à tourner ces pages, et l'irrépressible envie d'enchaîner avec "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", de Harper Lee.

 

Morceaux choisis :
"Le problème, c'est que si je commence à prier pour Miss Skeeter, je sais que la conversation reprendra la prochaine fois que je vais la voir. Et la suivante et encore la suivante. Parce que c'est comme ça avec la prière. C'est comme l'électricité, ça fait marcher les choses."
"J'avais toujours pensé que la folie est quelque chose de sombre et d'amer, mais elle peut être comme une pluie bienfaisante si on s'y abandonne."
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