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Le bruit des vagues
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29 avril 2014

dernière lecture : La maison de l'été

de Patrick Cauvin

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Présentation de l'éditeur :
Depuis vingt-cinq ans, Patrick Cauvin passe tous ses étés dans une bâtisse de tuffeau et d'ardoise, en pays troglodytique, entre Angers et Saumur. Un parc, des grottes, des fantômes : l'achat de l'immense maison fut d'abord un grand moment de panique. Puis, au fil des étés, le lieu a vécu, les amis s'y sont succédés, sont revenus. On y a beaucoup mangé, bu, écouté, chanté, discuté... Patrick Cauvin nous raconte avec plaisir ses balades à vélo à travers le Maine-et-Loire, la douceur des matins, l'amitié des voisins, les vignobles de l'Anjou, les châteaux tout proches.
Patrick Cauvin écrit ici son récit le plus intime... Un livre pour transmettre la joie, les rires, l'amitié, les souvenirs du bonheur, imprégné de la fameuse douceur angevine.
La Maison de l'été poursuit le travail d'une collection qui, dès son premier titre, multiplie succès publics et succès d'estime. Traduisant ainsi un appétit croissant des lecteurs pour ces instants de vie, ces moments d'éternité qu'abritent les demeures de leurs écrivains.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est un roman qui m'a fait un bien fou. 
Patrick Cauvin m'a invitée dans sa demeure, dans sa vie. Il a grand ouvert portes et fenêtres, mis un peu de musique (archi-démodée, pas grave, j'ai eu envie de tout écouter, pour savoir... c'est ce que j'aime, dans les romans, m'imprégner totalement de leur univers, comprendre une ambiance...), il m'a invitée à partager ses repas, rencontrer ses amis, à visiter son potager, son grenier. Sa maison d'été comme elle reçoit. 
J'adore ce genre de récits : Didier Decoin m'avait déjà enthousiasmée avec son roman "Avec vue sur la mer". Ici, aussi le ton est joyeux, la vie douce, coupée du monde agité de la capitale. Cet auteur est bourré d'humour et d'amour (bourru). Il regarde les gens autour de lui. Il regarde la terre. La vie. Il écrit comme on conte aux enfants une belle histoire pour l'endormir, le soir. Il me berce du doux bonheur de savoir que la vie est si simple, si belle, quand on veut...  

Morceaux choisis :
"Et si les maisons tenaient debout plus par la musique que l'on y entend que par le matériau qui les construit ?"
"S'il pleut on s'en fout. Il reste tant de chansons à déguster, tant de théories à échafauder, quelle importance peut bien avoir la présence ou l'absence du soleil."
"J'ai toujours pensé que les lieux où l'on lisait les livres n'étaient pas indifférents à l'atmosphère qui s'en dégageait. Il n'existe pas d'endroit neutre. Le décor interfère."
"Le seul moyen de faire sortir l'un de son bouquin, l'autre de sa musique, les deux autres de leur conversation, et les derniers de leurs chaises longues est de proférer : "Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?" C'est donc à ce propos que les intelligences convergent et se réunissent."
"La gare qui permet d'arriver à une maison qui est la vôtre n'est pas une gare comme les autres".

Un passage un peu plus long, pour ce plaisir que j'ai toujours de débusquer une petite histoire dans la grande...
"Nous avons, J.B. et moi, fondé une tradition. Une fois dans l'été,  nous enfourchons nos vélos et partons en balade dans le matin.
Il est huit heures, la rosée couvre les maïs, les tournesols et les champs de roses. Nous pédalons pépère. Mon compagnon porte la casquette, la salopette, et il a gardé ses pantoufles. Il souffle un peu dans les côtes, nous mettons alors pied à terre et continuons doucement. Il m'explique en marchant que ce morceau de terre appartenait autrefois à l'une des ses cousines aujourd'hui décédée. J'apprends qu'il y avait sur la gauche un sentier qui menait à un moulin, que, plus loin, sur la route qui va à La Bournée vivait un rebouteux, spécialiste du zona qu'il guérissait en trois séances. Moi qui croyais que tout, ici, était immuable, me voici bien désappointé : plus de rebouteux, plus de moulin, plus de cousine.
Décidément, il faut se méfier des impressions d'éternité.
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2 mars 2014

dernière lecture : prières nocturnes

de Santiago Gamboa

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Présentation de l'éditeur :
Accusé de trafic de drogue et emprisonné à Bangkok Manuel, un étudiant en philosophie colombien, risque la peine de mort s’il ne reconnaît pas sa culpabilité, mais sa seule préoccupation est de revoir sa sœur, disparue. Touché par son histoire, le consul de Colombie, amateur de cocktails au cœur tendre, se lance à la recherche de la jeune femme pour convaincre Manuel de lutter malgré tout. Il va découvrir le désert affectif d’une famille immergée dans une société violente, d’une petite bourgeoisie prisonnière du qu’en-dira-t-on et fascinée par une richesse inaccessible.
Dans une prose limpide teintée de mélancolie, ce roman nous parle d’une femme prête à tout pour défendre son idée de la justice et permettre à son frère de vivre ses rêves, et d’un étudiant qui n’hésite pas à risquer sa vie pour retrouver la seule personne qui lui a donné son amour. Formidable raconteur d’histoires Santiago Gamboa nous emmène à travers le monde sur les traces de son héroïne passionnée et cynique qui retourne sa beauté contre ceux qui veulent l’exploiter et fait d’un amour fraternel une raison de vivre.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est un roman que je n'aurais certainement pas acheté, donc lu, s'il ne m'avait été offert. Drôles de circonstances... le site Babelio (une véritable mine d'or pour lecteur affamé, et dont je suis membre depuis quelques temps déjà) est partenaire d'une opération en collaboration avec les éditeurs : Masse critique. Bref, voilà environ 3 semaines, je recevais ce roman dans ma boîte aux lettres... 
Habituellement, j'aurais plutôt tendance à éviter ce genre de lectures, avec souvent trop de préjugés (roman sûrement trop noir pour moi, je n'en retirerai rien de bien intéressant...). Purs prétextes, car je sais très bien ce qui, au fond, me fait peur : je risque de me retrouver face à une réalité que je préfère la plupart du temps de pas voir, face à des vies trop durement malmenées. Des colombiens, j'en ai connus quelques uns. Il y a quelque chose que l'on retrouve dans leur regard, qui ressemble un peu à de la peur, sinon de l'inquiétude. Et c'est en eux, tout le temps. Je sais maintenant exactement pourquoi.
Ce roman est magnifique, et pourtant terrible "…ça ne va pas être un roman noir. […] Ce sera plutôt un roman d’amour". Oui, on peut voir les choses ainsi... ou inversement ! J'ai aimé, dès les premières pages, l'écriture de Santiago Gamboa, qui nous emmène avec lui dans une spirale infernale. Peu de répit dans ces pages, sinon les courts récits décalés d'Inter-Nette, qui arrivent toujours étrangement et qui, à mon avis, n'apportent pas grand chose à cette histoire, et la rencontre de Juana avec le vieux français, que j'ai trouvée succulente.
Dans un autre roman (la vérité sur l'affaire Harry Québert), j'avais lu qu'"un bon livre est un livre que l'on regrette d'avoir terminé". Alors oui : je viens de terminer un excellent roman !

 

Morceaux choisis :
"Le temps, parfois, est un problème de lumière. Avec les années, certaines formes acquièrent un brillant ou, au contraire, se couvrent d'une étrange opacité. Ce sont les mêmes formes, mais elles paraissent plus vivantes et parfois, parfois seulement, on parvient à les comprendre".
"Un jour, elle a décidé de me regarder. Elle m'a vu, je l'ai vue, nous nous sommes plu et elle m'a donné ce que jusque-là je n'avais obtenu de personne, de la compréhension, ou quelque chose de plus intime : un miroir tombé du ciel où mon âme s'est reflétée."
"Croyez-moi (...), la méchanceté de l'âme se colle au corps et le déforme."
"Les riches se débrouillent toujours pour être déprimés. Ils aiment être malheureux. C'est très élégant d'être triste".
"Une des erreurs de la jeunesse consiste à croire que les gens qui s'intéressent aux mêmes choses sont forcément comme vous. Mais la nature fait son travail, l'esprit souffle où il veut."
"Je dis, pendant que je dors, qu'il vaut mieux vivre heureux un seul instant et se laisser emporter, plutôt que de ne l'être jamais et vivre comme un rongeur".
"Les jeunes sont par définition stupides, mais ce n'est pas leur faute, ils  sont stupides à cause de ce que leur inculquent les adultes : la foi en l'avenir, c'est stupide parce que ça les remplit d'espoir, mais avec le temps ça s'arrange".
"Sais-tu quel est le nom contemporain de la perversité ? La démocratie. Si un chimpanzé avec un tambour devenait populaire et amusant, il pourrait être élu président. Pourquoi le vote de ceux qui n'ont ni critère de jugement, ni éducation, ni culture pèse-t-il autant que le vote de ceux qui ont tout cela ? Pourquoi un vote obtenu avec un pistolet sur la tempe ou en lavant le cerveau des gens par la publicité, ou acheté cinquante mille pesos, vaut-il autant qu'un vote exprimé en toute liberté ? Pose la question aux défenseurs de la démocratie"

 

Un passage sans doute un peu long, mais je le trouve tellement fascinant :
"Quand le vieil homme, qui s'appelait monsieur Echenoz, s'est rétabli, nous avons commencé à parler. Je lui ai demandé pourquoi il avait choisi de rester en Colombie, un pays sous-développé et si violent, dont tout le monde veut partir, il m'a répondu mais non, et toi, tu veux partir ? Je lui ai dit que oui, si je le pouvais, je partirais tout de suite, avec mon frère. Et pour aller où ? N'importe où, n'importe quel endroit au monde doit être mieux qu'ici, j'aimerais aller en Europe, dans un pays civilisé. Il m'a regardée sans me juger, le drap couvrait la moitié de sa poitrine, des poils blancs sortaient des boutonnières de son pyjama. Un pays civilisé ? il a dit. Non, tu ne veux pas quitter la Colombie, ce que tu veux c'est t'éloigner de quelque chose que tu n'aimes pas, mais que tu risques de retrouver n'importe où, disait-il moi je connais bien le monde, l'Afrique surtout, où j'ai travaillé quand j'étais jeune pour des compagnies pétrolières françaises, au Zaïre et au Rwanda, des pays durs, mais aussi magnifiques. Je peux dire la même chose de l'Asie. Malgré les difficultés, la vie y est beaucoup plus belle que dans les endroits "civilisés", d'ailleurs que signifie la civilisation ? En Europe, il n'y a pas de futur. c'est un continent fatigué et grincheux qui veut apprendre à vivre aux autres, mais à force de se regarder dans un miroir, l'Europe s'est figée. Tu fais des études de sociologie ? L'Italie et la France sont gouvernées par des clowns, que signifie être de gauche là-bas ? Pas grand-chose : lire la presse de gauche, avoir un vieux CD de Manu Chao, des tee-shirts du Che et du sous-commandant Marcos, se soucier de l'écologie et des droits de l'homme dans un pays lointain, guère plus. L'Europe, comme toute société opulente, est sur la pente descendante. Comme un individu qui a tout : il est amoureux de lui-même et il s'admire, c'est ce qui se passe là-bas, mais ce que ne savent pas les Européens, c'est qu'ils ne sont l'avenir de personne. Tout au contraire : l'avenir, c'est la périphérie. Pourquoi dire que ce pays est sous-développé et violent, comme si c'était une valeur essentielle, raciale ou culturelle d'une nation et pas d'une autre ? Ce qu'il y a, c'est que la Colombie est un pays jeune, très jeune, qui cherche encore son langage. Ce que tu vois en Europe, cette paix d'aujourd'hui, a coûté deux mille ans de guerre, de sang, de torture et de cruauté. Quand les nations d'Europe avaient l'âge de la Colombie, elles étaient ennemies et chaque fois qu'elles s'affrontaient, des fleuves de sang coulaient, des lagunes, des estuaires, des baies de sang. La dernière guerre européenne a fait cinquante quatre millions de morts. Tu trouves que ce n'est pas violent ? Ne l'oublie jamais. (...) De la violence naissent les sociétés et les périodes de paix, c'est comme ça depuis la nuit des temps, la Colombie est à mi-chemin de ce processus et je t'assure qu'elle va y arriver plus rapidement, et avec moins de sang qu'en Europe."

16 janvier 2014

dernière lecture : Béni soit l'atome

de René Barjavel 

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¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Anicette a le sourire doux comme l'aurore. Genête est un trésor pur, le germe à la pointe de l'amande dans le noyau du fruit et la plus haute branche. Péniche, lui, est un naïf aux grands pieds, solitaire au milieu des bois, incapable d'apprendre le pas des militaires. Celle-ci encore est fée, bénie de Dieu mais tourmentée d'innocents désirs. A eux, coeurs purs, les secrets révélés de l'amour, son éternelle et pleine félicité. Quant aux autres : ergoteurs, jaloux, envieux, confits d'absurdité et de savoir, toujours en quête d'une improbable et vaine perfection, à eux les guerres sans fin, les cataclysmes et les misères d'une stupide condition humaine... Mais dans la poudre et le sang, à coups de canon et d'explosions atomiques, aujourd'hui, demain, sur terre, au ciel ou dans les mains miraculeuses d'une fillette, le même destin s'accomplira jusqu'à son terme...

Mon sentiment au sujet de ce roman :
René Barjavel aura toujours mes faveurs. Toujours.
Parce que c'est un homme totalement libre : d'écrire tout ce qui lui passe par la tête, de la façon la plus poétique qui soit... et si l'on y réfléchit, avec un regard tellement visionnaire et philosophe. J'adore cette manière qu'il a d'évoquer, d'une façon très fantaisiste, toute l'évolution de l'humanité en un seul paragraphe (*), cette impression qu'il nous donne de marcher avec lui dans un rêve éveillé, à la fois oppressant et rassurant, pourtant, puisque tel s'annonce l'avenir de l'homme (ou, pire (?) sa réalité et parfois aussi son passé, en tout cas notre enfance envolée...), d'assister avec lui à des événements hors normes, mais tellement plausibles ! (il évoquait déjà la naissance des epub !) (**)
Je crois que c'est dommage d'enchaîner ces nouvelles. Il faudrait les lire séparément, en prenant le temps de les digérer tranquillement avant d'en entamer une suivante, ce que je ne sais décidément pas faire...

Morceaux choisis :
(*) "Plongés dans l'obscurité, les garçons et les fillettes prenaient des yeux très grands et très clairs, qui leur permettaient de voir tout ce qui s'enfuit à la moindre lueur. Dans les souterrains perdus sous les collines, les grottes immenses, où leurs soupirs se multipliaient en chants d'orgues, au bord des lacs endormis dont l'eau enfermée au premier jour du monde n'a jamais connu la lumière que Dieu créa, les enfants découvraient des prairies de fleurs qu'on ne peut toucher, des trésors de gemmes aux luisances imperceptibles, des animaux furtifs aux ailes repliées, des fresques de chevaux galopants peintes en traits de nuit sur des murs de ténèbres."
(**) "[...] la bibliothèque électrique qui lui permet de faire dérouler, sur son écran de poche ou d'appartement, le texte de tous les livres du monde [...]"
"Quand les habitants de la ville commencèrent à trembler de peur, le roi, lui aussi, s'inquiéta. Il savait que, lorsque quelque chose ne va pas, les citoyens en rendent volontiers le gouvernement responsable, sans chercher le moins du monde à discriminer leur propre responsabilité. Le gouvernement est là pour gouverner."
"Les psychologues sont rares, et plus encore les gens attentifs"
"On croit tout quand on ne sait pas mentir".
"Il réfléchit longuement, et parvient à cette conclusion que la principale faiblesse de l'homme est justement sa faiblesse".
"Cruauté de ton coeur, et les erreurs de ton esprit sont éternels".
"En vérité, ils portaient en eux le regret des ans où ils étaient des enfants aux yeux clairs, où la réalité visible ne bornait pas leur univers, où toutes les aventures étaient possibles. Mais aucun d'eux n'aurait osé se l'avouer. Les enfants ne sont que des enfants".

***

Et puis comme ça, en passant... :
cette semaine, dans un article du Monde, il était question de cryogénie. Elle ne semble désormais plus seulement un délire visionnaire de Barjavel (voir le roman "Ravage" que, entre parenthèses, je vous conseille vraiment...).
Je vous invite à découvrir de quoi il en retourne, en cliquant sur le lien. Beurk... ça donne sacrément froid dans le dos !  
;)

13 mars 2014

dernière lecture : Les piliers de la terre

de Ken Follett

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Présentation de l'éditeur :
Dans l'Angleterre du XIIe siècle ravagée par la guerre et la famine, des êtres luttent pour s'assurer le pouvoir, la gloire, la sainteté, l'amour, ou simplement de quoi survivre.
Les batailles sont féroces, les hasards prodigieux, la nature cruelle.
La haine règne, mais l'amour aussi, malmené constamment, blessé parfois, mais vainqueur enfin quand un Dieu, à la vérité souvent trop distrait, consent à se laisser toucher par la foi des hommes.
--
Abandonnant le monde de l'espionnage, Ken Follet, le maître du suspense, nous livre avec "Les Piliers de la Terre" une œuvre monumentale dont l'intrigue, aux rebonds incessants, s'appuie sur un extraordinaire travail d'historien. Promené de pendaisons en meurtres, des forêts anglaises au cœur de l'Andalousie, de Tours à Saint-Denis, le lecteur se trouve irrésistiblement happé dans le tourbillon d'une superbe épopée romanesque dont il aimerait qu'elle n'ait pas de fin.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un récit absolument passionnant, qui nous propulse dans un autre siècle, où la vie était bien plus malmenée qu'aujourd'hui ! ça fait du bien de lire ça... on oublie quelle chance on a de vivre à notre époque ! Les personnages sont vivants, l'histoire pleine de rebondissements. Un régal... 

Morceaux choisis :
"Priez pour demander des miracles, mais plantez aussi des choux."
"Prêter serment, c'est mettre son âme en péril."
"Tôt ou tard, toute femme indépendante se fait traiter de sorcière."
"- Je regrette de t'avoir rendu si malheureux.  - Surtout pas cela. Regrette plutôt de m'avoir rendu si heureux. C'est ça qui fait mal, femme."
"- Vous croyez que c'est une histoire vraie ?  Elle le regarda avec intérêt et il contempla ses beaux yeux sombres.  - Je ne sais pas, dit-elle, je me demande toujours si les histoires sont vraies. la plupart des gens s'en moquent : ils aiment simplement les histoires."
"La première victime d'une guerre civile, c'est la justice."
"Une mère est toujours inquiète"
"Mais il doutait que la proportion fût au cour de la beauté. Il avait le goût des choses folles et désordonnées : les hautes montagnes, les vieux chênes et la chevelure d'Aliena."
"Dieu sait ce qu'il fait. Tout a un sens."
"Phillip n'avait pas peur de mourir, il avait peur de la souffrance."
"La première victime d'une guerre civile, c'est la justice".
"La proportion, c'est le coeur de la beauté".
17 février 2014

dernière lecture : Le cri de la mouette

d'Emmanuelle Laborit

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Présentation de l'éditeur :
Emmanuelle n'a jamais connu que le silence. Le monde, autour d'elle, n'était qu'une étrange représentation de mimiques, de bruits et de gestes mystérieux. Alors, pour s'évader de cette prison, pour clamer son existence, elle s'est mise à crier. Des cris d'oiseau de mer, disaient ses parents. C'est ainsi qu'elle est devenue la mouette. Mais, à sept ans, Emmanuelle découvre le langage des signes. Le monde intelligible s'ouvre enfin et elle devient une petite fille rieuse et "bavarde". Aux désarrois de l'adolescence qui vont suivre, s'ajoute la révolte devant l'ostracisme social dont sont frappés les sourds. Mais très vite la réaction, la lutte et la victoire finale sur elle-même : son triomphe au théâtre dans "Les enfants du silence", son combat pour faire connaître les droits de trois millions de sourds.

 

Mon sentiment au sujet de ce récit :
Cela fait plus de 20 ans qu'Emmanuelle Laborit a reçu le Molière de la révélation théâtrale, et je m'en souviens encore, tant elle était émouvante. Son livre est lui aussi très touchant, poignant, même. Il nous fait comprendre le poids de ce handicap : pour la personne sourde, mais aussi pour sa famille. Emmanuelle Laborit est restée cette magnifique personne et, quand je la regarde s'exprimer avec ses mains (avec son corps tout entier, même ! Et son visage), je me dis que oui, j'aimerais aussi savoir parler comme ça. Elle a raison de dire que ce sont les sourds qui font l'effort de communiquer : quels "entendants" parlent le langage des signes ou ont envie de l'apprendre ? Je n'en connais aucun dans mon entourage...

 

Morceaux choisis :
"On ne peut pas souffrir de ce que l'on ne connaît pas".

 

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10 février 2014

dernière lecture : L'embellie

Audur Ava Olafsdottir

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Présentation de l'éditeur :
C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande.
En ce ténébreux mois de novembre, la narratrice voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie lui confier son fils de quatre ans. Qu'à cela ne tienne, elle partira pour un tour de son île noire, seule avec Tumi, étrange petit bonhomme, presque sourd, avec de grosses loupes en guise de lunettes.
Avec un humour fantasque et une drôlerie décapante, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation cocasse, de plus en plus attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, et de la vie amoureuse, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec le même bonheur immense que dans Rosa candida, en une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Il est vraiment étrange, ce roman... L'impression que j'ai eue est celle de m'implanter dans la tête d'une femme endormie, rêvant avec un imaginaire débordant de sa vie, où tout s'enchaîne à la vitesse grand V. A chaque situation un peu loufoque, s'enchaîne une nouvelle situation un peu loufoque, le tout formant un ensemble parfaitement circulaire, ce qui est cohérent, puisque nous étions partis en voyage sur l'unique route qui fait le tour d'une île : l'Islande. 
L'auteur, c'est indéniable, a un véritable talent d'écriture : une petite phrase vient raconter toute une histoire, le tout savamment distillé au milieu d'une grande histoire elle-même déjà bien ficelée. 
Ce roman est drôle, plein de rebondissements, de bons mots, de bonnes recettes, de paysages insolites, de situations plus loufoques les unes que les autres avec une héroïne un peu paumée, passive, généreuse. Complètement décalée ! Comme cette histoire.
 
Morceaux chosis
"Je ne prétends pas que j'aime faire la cuisine, mais qui sait lire peut cuisiner, un point c'est tout."
"En causant avec sa mère, on peut échapper au poids du présent pour rejoindre un temps plus originel Je me sens à l'étroit dans les eaux amniotiques et j'ai les yeux mouillés."
"Bien consciente qu'une phrase demande ordinairement un sujet, un verbe et un complément, et qu'il faudra au moins trois conjonctions pour lui donner toute sa complexité, ma maîtrise des mots ne va pas si loin, je n'arrive pas à les trouver, à dire le mot juste, celui qui compte."
"Vingt cinq kilomètres, avec un gosse qui est malade en voiture, c'est plus long qu'avec une vieille femme qui va subir une opératon de la hanche, un peu fatiguée de la vie et reconnaissante de n'avoir pas à se rendre à pied à l'hôpital régional en passant par des zones marécageuses et au travers de clôtures en fil de fer barbelé alors qu'elle est en jupe, assise bien droite sur son siège à côté du chauffeur."
"C'est à ce moment précis que m'affleure pour la première fois l'idée que je suis une femme au milieu d'un motif finement tissé d'émotions et de temps, que bien des choses qui se produisent simultanément ont de l'importance pour ma vie, que les évènements n'interviennent pas les uns après les autres, mais sur plusieurs plans simultanés de pensées, de rêves et de sentiments, qu'il y a un instant au coeur de l'instant."
"Telle est l'anarchie de la Nature  elle prend toujours les hommes au dépourvu."
"(...) Elle me demande de l'aider à trouver un mot, un adjectif pour qualifier quelque chose qui s'abat sur les homains, pas forcément de nature météorologique comme la pluie, plutôt un mot associé à la fin du monde dans l'âme et le coeur des hommes, mais pas directement, plutôt de manière détournée comme la pluie dans l'âme et la nature qui verse des larmes. Quelque chose comme l'odeur du bouleau sous la pluie, mais en un seul mot. Le médecin prétend qu'il n'existe pas de mot unique qui soit si vaste."
"Ce que nous ressentons et ce que nous imaginons est aussi la réalité."
"Il existe un monde au delà des mots."
 
"Avant de partir, je demande au jeune, à la pompe à essence, de prendre une photo de nous.
-Saviez-vous, dit-il, que le battement de coeur d'une baleine s'entend à cinq kilomètres à la ronde ?
J'avoue que je l'ignorais, tandis qu'il me rend l'appareil avec précaution.
- Alors vous ne savez sans doute pas non plus que les battements de coeur d'une baleine peuvent perturber les transmissions radio d'un sous-marin et empêcher une guerre ?"
 
"Lorsqu'une femme cuisine pour un homme, ou l'inverse, il ou elle se donne généralement plus de mal. Dans ces cas-là, les recettes sont également plus généreuses. La quantité des restes dépendra toutefois du stade d'évolution de leur relation."
 
La recette des oignons émincés :
Pour les âmes sensibles, éplucher et émincer sept oignons peut vite devenir une épreuve insurmontable. Il est particulièrement recommandé d'utiliser des lunettes de natation ou des lunettes de ski, selon le cas. Les masques de ski, plus grands, conviennent mieux. Un truc infaillible, dit-on, serait de retenir sa respiration. Il ne faut pas plus d'une minute pour éplucher et émincer un oignon, mais sept, c'est une autre affaire. On recommande aussi de les éplucher sous l'eau froide Si rien de tout cela n'est efficace, il faudra purement et simplement recourir à une tierce personne, à un homme, par exemple. Bien que cela ne soit pas une loi à caractère universel, leur vie émotionnelle est souvent structurée différemment, eu égard notamment à l'épaisseur de leur cuir.
26 janvier 2014

dernière lecture : Immortelle randonnée - Compostelle malgré moi

de Jean-Christophe Rufin

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Présentation de l'éditeur :
Jean-Chistophe Rufin a suivi à pieds, sur plus de 800 km, le "Chemin du Nord" jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle. Beaucoup moins fréquenté que la voie habituelle des pèlerins, cet itinéraire longe les côtes basque et cantabrique puis traverse les montagnes sauvages des Asturies et de Galice.
"Chaque fois que l'on m’a posé la question « Pourquoi êtes-vous allé à Santiago ?», j’ai été bien en peine de répondre. Comment expliquer à ceux qui ne l'ont pas vécu que le Chemin a pour effet sinon pour vertu de faire oublier les raisons qui ont amené à s'y engager ? On est parti, voila tout."
Galerie de portraits savoureux, divertissement philosophique sur le ton de Diderot, exercice d'autodérision plein d'humour et d'émerveillement, "Immortelle randonnée" se classe parmi les grands récits de voyage littéraires. 
On y retrouvera l'élégance du style de l'auteur du Grand Coeur et l'acuité de regard d'un homme engagé, porté par le goût des autres et de l'ailleurs.

Mon sentiment au sujet de ce roman
Le pélerinage vers Saint Jacques de Compostelle fait partie de ces choses qui m'intriguent, m'attirent un peu, sans doute... Une de mes amies, Paulette, part tous les ans avec une copine et reprend sa marche où elle l'avait laissée, l'année précédente. J'aime bien quand elle m'en parle : elle rencontre des personnes plus ou moins intéressantes, souffre dans ses chaussures, revient à la fois inchangée et sereine, après avoir beaucoup parlé, je crois, avec Béné. Sa quête est probablement celle de l'échange...
Jean-Christophe Rufin, lui, est parti seul, pour 900 km de marche. Il raconte, avec beaucoup d'autodérision, ses rencontres, et les anecdotes les plus intéressantes de son périple... Il a choisi le chemin du nord, le plus sauvage, celui qui longe la mer, pour rejoindre Compostelle. Son récit est franchement plaisant : on le suit, pas à pas, avec plaisir. Avec une immense sensation de liberté (qu'il semble perdre dès sa femme arrivée !).
Un témoignage tout à fait passionnant... Il en parle d'ailleurs très bien lui-même... http://www.editionsguerin.com/boutique_fr_article_367.html

 

Morceaux choisis :
"Être homme, ce serait connaître Dieu ou, à tout le moins, le chercher. L'animal poursuit sa proie ; l'être humain court après son salut."
"En partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé"
"Habité et vivant, le quartier historique de San Vicente est une friandise pour pèlerin désespéré."
"L'essentiel consiste à méditer sur la notion de charge et, au-delà, sur le besoin, sur l'objet."
"Quiconque marche sur le Chemin finit tôt ou tard par penser qu'il y a été condamné. Que ce soit par lui-même ne change rien : les sanctions que l'on s'impose n'ont pas moins de rigueur, souvent, que celles qu'inflige la société."
"Chacun porte en lui un nombre variable mais toujours excessif de sujets délicats : décisions procrastinées, projets auxquels on n'a pas consacré assez de temps, interrogations métaphysiques auxquelles on n'a jamais eu le courage de répondre."
"Sans doute ne suis-je pas le seul à goûter les choses et les êtres au moment où ils nous quittent. Mais j'ai poussé plus que d'autres le vice ou la gourmandise jusqu'à m'éloigner souvent de ce que j'ai de plus cher, pour en mesurer le prix. Jeu dangereux où l'on peut gagner beaucoup, mais où il y a encore plus à perdre."
"Mais c'est justement toute la force du christianisme que de tenir ce grand écart entre des formes si opposées de spiritualité. Entre les moines en leur château sacré que l'on nomme une abbaye et la plèbe de curaillons de compagne dans leurs églises sommaires qui tenaient plutôt du hangar à foin que de la cathédrale, les mêmes symboles et les mêmes rituels tendent un pont solide."

10 janvier 2014

dernière lecture : Le voleur de Dieu

d'Ellis Peters

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Présentation de l'éditeur :
Tout se déchaîne à Shrewsbury. Une délégation d’un monastère voisin dévasté par des pillards vient d’arriver à la recherche de fonds.
Dans le même temps, une dame du voisinage, fidèle aux bénédictins, se meurt, tandis qu’une troupe de troubadours cherche asile à l'abbaye.
Une crue s’annonce alors et oblige les frères à mettre à l’abri tous les objets précieux, y compris de cercueil de la Sainte Winifred.
Pour ne rien arranger, le chariot chargé de bois, et contenant le coffre avec les fonds recueillis pour la reconstruction du monastère est attaqué sur la route.
Ce n’est qu’à la fin de la crue que l’on remarque avec effroi que les reliques de la sainte ont disparu.
C’est encore un mystère que va chercher à résoudre le frère Cadfael en collaboration avec le shérif Hugh. 
"En dix-neuf romans, Ellis Peters a imposé un personnage qui s'établit d'emblée au panthéon du whodunit - "qui a fait le coup ?" - aux côtés de Sherlock Holmes, Hercule Poirot, le juge Ti et Pepe Carvalho. La séduction de ces livres doit beaucoup au côté honnête homme de frère Cadfael, ce moine herboriste de 40 ans qui fut d'abord paysan avant de partir en croisade, en 1098, où il participa à la prise d'Antioche en compagnie de Godefroi de Bouillon." 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Il y a pas mal de temps maintenant, j'avais découvert les aventures du Frère Cadfael avec grand bonheur. J'aimais ce décalage dans le temps, ces enquêtes où l'on ne saura qu'au dernier moment qui est le coupable : j'adore aussi ces ambiances lourdes, dans la lignée de "Au nom de la rose" avec un bon suspens. Dans cette série, j'étais servie...
Et puis j'ai oublié Frère Cadfael pendant des années.
Ce roman-ci m'a re-démontré tout le talent qu'a Ellis Peters pour nous plonger dans un autre siècle, pour nous intriguer, nous surprendre ...en un mot nous séduire !

Morceaux choisis :
"Le champ de la nature humaine est impitoyablement vaste."
"L'innocent a droit à la justice bien plus que le coupable au châtiment."
"Le pas qui sépare les choses ordinaires des miracles me paraît ridiculement petit, accidentel presque, et je me demande pourquoi cela vous étonne ou pourquoi vous vous donnez tant de mal pour chercher à comprendre. S'il s'agissait de quelque chose qu'on peut expliquer, ça n'aurait plus rien de miraculeux, n'est-ce pas ?"

8 novembre 2013

dernière lecture : Toutes choses scintillant

de Véronique Ovaldé

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Présentation de l'éditeur :
C'est la captivante histoire d'une liberté conquise en territoire hostile. Nikko, née sur une île polaire, s'imagine une autre vie loin des neiges et des glaces : elle pense avoir été échangée à sa naissance avec un autre bébé, suite à une grande confusion causée par de nombreuses naissances le même jour. Mais elle va trouver son salut par le mal qui la ronge et l'envahit.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est un roman que je n'ai plus pu poser. Je l'ai même dévoré. Envoûtée.
Pourtant il y fait froid : dehors comme dedans. Mais mon dieu, quelle belle écriture que celle de Véronique Ovaldé ! Elle nous embarque, avec le personnage principal, dans une lutte vers la vie et la liberté, quoi qu'il en coûtera (et il en coûte...).

Morceaux choisis :
"Je traine toujours du coté des gens qui parlent, c'est comme ça que j'apprends des choses, je les écoute, je les trouve un peu idiots, mais je me dis toujours qu'il y en aura bien un qui laissera échapper une parole pertinente ou magique."
"J'étais persuadée que les choses n'arrivaient jamais vraiment. Les choses ne faisaient qu'être dites."
1 octobre 2013

regarder...

« On trouvait partout des petites parcelles de grâce
quand on savait regarder ».

Michael Connelly

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Photo été 2013 (Bretagne)

Pour la petite histoire, cette photo me rappelle mes vacances d'été, quand j'étais enfant.
Avec ma soeur, nous passions un mois d'été à Trézien, en colonies de vacances,
où l'occupation principale, si je me souviens bien, était la plage.
Avec l'arrivée par les dunes.
Et les dunes, là-bas, étaient couvertes de ces petits chatons tout-doux,
avec lesquels il est si agréable de se caresser le visage.
Vous devriez essayer, c'est un vrai bonheur (en tout cas, à l'époque, ça l'était !)

22 octobre 2013

dernière lecture : Les deux messieurs de Bruxelles

de Eric-Emmanuel Schmitt

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Présentation de l'éditeur :
«En amour, on croit être deux alors qu’on est trois.»
Dans la lignée de Concerto à la mémoire d’un angeLa rêveuse d’Ostende et Odette Toulemonde, les nouvelles très romanesques d’Eric-Emmanuel Schmitt parlent de l’amour sous toutes ses formes : conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi amour de l’art ou amour de l’humanité. À travers un suspens subtil et ensorcelant, elles dépassent à chaque fois les apparences pour déjouer l’attendrissante complexité du cœur humain.
Un recueil de cinq nouvelles sur le mystère des sentiments inavoués. Souvent, l'architecture d'une vie est composée de passions invisibles, qui ne se diront jamais, que personne ne devinera, inaccessibles parfois même à celui qui les éprouve. Et pourtant, quoiqu'obscurs, ces sentiments sont réels; mieux, ils construisent la réalité d'un destin.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'avais promis-juré-craché que l'on ne m'y prendrait plus. Ma dernière lecture d'Eric Emmanuel Schmitt m'avait déçue... Celle d'avant aussi. Trop "faciles", je trouvais... Là, c'est franchement différent. Je crois que cet auteur excelle à la rédaction de nouvelles. Et celles-ci sont étonnantes. En tout cas on a envie de savoir où nous mènera le récit. 
J'aurais découvert cet auteur avec ce recueil, j'aurais probablement été séduite. Je crois que je suis désormais à la recherche d'autre chose...
Tout de même un très bon moment de lecture.

Morceaux choisis :
"La mer leur jetait son haleine, une puissante odeur de sel et d’algues, une odeur qui se nourrissait de l’immensité."
"S’il ne pleuvait pas, les chaussées demeuraient mouillées, plus une menace qu’un souvenir…"
"Quand nous savons que le malheur ne s’avère pas un virus transmissible, ce n’est plus le malheur que nous craignons, mais nous face au malheur." 
"Si les hommes ont la naïveté de croire en Dieu, les chiens ont la naïveté de croire en l’homme."
"Un héros, c’est un homme qui essaie d’être un homme toute sa vie, tantôt contre les autres, tantôt contre lui-même."

2 avril 2013

dernière lecture : La liste de mes envies

de Grégoire Delacourt

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Présentation de l'éditeur :
Les femmes pressentent toujours ces choses-là.
Lorsque Jocelyne Guerbette, mercière à Arras, découvre qu’elle peut désormais s’offrir ce qu’elle veut, elle se pose la question : n’y a-t-il pas beaucoup plus à perdre ?
Après L’Ecrivain de la famille, couronné par de nombreux prix (parmi lesquels le prix Pagnol et le prix Carrefour du premier roman), Grégoire Delacourt déroule une histoire folle et forte d’amour et de hasard. Une histoire lumineuse aussi, qui nous invite à revisiter les liste de nos envies.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un vrai bonheur, ce bouquin ! Un bol d'air, une respiration, une vraie réflexion sur le sens de choses, amenée de la plus simple façon qui soit, avec des mots qui glissent, tranquilles. Un de ces livres que l'on dévore à pleines dents et dont on ressort repu et heureux. Vraiment, celui-ci, je vous le conseille, même si la fin m'a déçue (la décision sans appel de l'héroïne m'a surprise, qui ne lui ressemble plus, incapable de pardonner... mais elle n'est plus la même personne. Elle est devenue toute autre).
Vous me direz ce que vous en avez pensé ?

Morceaux choisis :
Toutes les peines sont permises, toutes les peines sont conseillées ; il n'est que d'aller, il n'est que d'aimer. (le futur intérieur, Françoise Leroy).
Moi, le mots, j'aime bien. J'aime bien les phrases longues, les soupirs qui s'éternisent. J'aime bien quand les mots cachent parfois ce qu'ils disent ; ou le disent d'une manière nouvelle.
Il n'y a que dans les livres que l'on peut changer de vie. Que l'on peut effacer tout d'un mot.
16 janvier 2013

philosophie de vie

Le mois de janvier est, paraît-il, celui des bonnes résolutions.

Le bruit des vaguesDSC01316_Peinture

Pour ma part, je préfère m'attacher à suivre une philosophie de vie plutôt que de faire de grands projets :
m'émerveiller d'un coucher de soleil, passer du temps avec mes outils pour sortir des choses de mes mains,
partager mes idées, mes envies, mes émotions sur ces pages, regarder et aimer les gens autour de moi,
progresser dans les domaines qui me tiennent à coeur, en y mettant toute ma passion et mon énergie.
C'est tout cela qui a du sens, pour moi, et me permet de rester pleinement vivante ! 

Aujourd'hui, c'est dans ma cuisine que j'ai trouvé un petit bonheur à partager avec les miens.

à la fois délicieux et léger, ce gâteau à la carotte et à la noix de coco (sans aucune matière grasse !) était expérimental, coloré, surprenant et surtout bienvenu (avec le froid qu'il fait, un goûter autour d'un gâteau était la meilleure chose qui puisse nous arriver aujourd'hui, et puis maintenant, la maison sent si bon...) ! Voilà certainement une recette qui me resservira. Du coup, je vous la propose aussi... Préparation : 10 min - Cuisson : 30 min -  Ingrédients : 300 g de carottes - 200 g de poudre de noix de coco - 130 g de sucre en poudre - 75 g de farine - 3 oeufs - 5 cl de jus de fruit de votre choix - beurre (si vous avez besoin de beurrer votre moule) - 1 sachet de levure chimique. préchauffer le four - râper les carottes - mélanger sucre et noix de coco - ajouter la farine puis la levure puis les carottes râpées - battre les oeufs avec le jus de fruit et les ajouter au mélange précédent - bien mélanger le tout - verser la préparation dans un moule (beurré ?) - faire cuire au four à 175°C (thermostat 6) pendant 30 min.

Illustration : le "fameux" gâteau, façon nature morte, depuis une photo (un clic sur le dessin pour voir en grand).

12 décembre 2012

dernière lecture : Notre corps aime la vérité

de David Servan Schreiber

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Présentation de l'éditeur :
De 1999 à 2011, David Servan- Schreiber a rédigé de nombreuses chroniques pour Psychologies magazine. L'ensemble de ces articles complètent et illustrent les grandes découvertes qu'il a eu a coeur de transmettre dans Guérir et Anticancer, et continuent de nous faire entendre une voix profondément novatrice.
Peut-on soigner des traumatismes violents ? Soulager sans médicament la douleur physique ou les dépressions ? Peut-on se libérer du stress ? Aider son corps à mieux prévenir les maladies chroniques ? Dans une centaine d'articles, en s'appuyant sur l'expérience bouleversante de ses patients, confrontés à toutes sortes de maux physiques ou de douleurs morales, David Servan-Schreiber revient sur l'importance des relations humaines, de la communication émotionnelle, de la méditation, de la nutrition et du sport pour prévenir et guérir les cancers, les maladies cardio-vasculaires, le mal-être ou les dépressions. Il nous explique aussi l'impact formidable de l'EMDR pour soigner les syndromes de stress post-traumatiques, les promesses de la thérapie par la lumière, le rôle indispensable des oméga-3, l'apport immense des médecines alternatives (acupuncture, homéopathie, phytothérapie...), la nécessité d'un travail sur le corps pour développer la cohérence cardiaque, préserver à la fois notre santé mentale et physique (yoga, méditation, taï-chi...). Des conseils faciles à suivre, sans effets secondaires, et aux résultats spectaculaires.
À travers ces pages se dessine la conviction fondamentale de David Servan-Schreiber : l'espoir se situe clairement dans la combinaison des thérapies conventionnelles et des thérapies complémentaires. Toutes les études le prouvent, dessinent une nouvelle médecine et une nouvelle psychologie positives, une théorie radicalement révolutionnaire des principes qui harmonisent les fonctions du corps. Une médecine qui est à portée de main de chacun d'entre nous... Cette sélection d'articles publiés sur plus de dix ans, sans constituer à proprement parler un testament, nous permet de découvrir sa pensée et ses recherches si porteuses d'espoir.

Mon sentiment au sujet de cet ouvrage :
Encore ! (hélas, il n'y en aura plus...)
En tout cas, s'il vous reste un cadeau à trouver avant les fêtes de Noël, sachez que ce livre est un vrai trésor : facile à lire, on peut se délecter d'une seule chronique par jour, et chaque fois (re)découvrir une évidence de vie saine.
Et un conseil : lisez le avant de l'offrir !!!

Morceaux choisis
Nous existons tous avec nos masques, des petits et des plus grands. Mais le courage d'être soi semble faire partie du processus de la vie elle-même, jusque dans nos cellules. A chacun de relever le défi que nous lance la biologie.
Il n'y a pas de souvenirs sans mots, sans discours intérieur. Ce que l'on ne se raconte pas, on ne s'en souvient pas. (...) Les souvenirs "retrouvés" sont donc des souvenirs qui ont été enregistrés dans le corps et les émotions, mais à un moment où nous ne pouvions pas nous raconter à nous même ce qui nous arrivait.
 

 

 

18 novembre 2009

ça...

ça, c'est pour vous faire patienter just'encore un peu...

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Objet : jeu de construction
Couleurs : bleu turquoise et ocre
Thème : plutôt autour de la mer
Matériau : fimo, mais tout est permis !
Objectif : tesselles multiples pour "habiller" le tour d'une fenêtre "façon" mosaïque
...et oui, mais pas n'importe quelle fenêtre : celle de mon futur atelier !

20 septembre 2009

Rien à voir !

Une petite recette d'été,
la meilleure qui soit, puisque concoctée avec les légumes du potager !
Plus de saison ?
Et pourquoi donc ne pas faire vivre encore quelques jours ce savoureux été ? Voilà Tian_de_l_gumespourquoi je vous propose une délicieuse recette de tian à la courgette, aux tomates et aux oignons. Et là, croyez-moi : la tester, c'est l'adopter ! Ingrédients : 4 courgettes moyennes – 4 tomates – 4 gros oignons – 1 fromage de chèvre frais en forme de bûche – 100 g de riz – 1 gousse d’ail – 1 c. à soupe de thym effeuillé – 3 feuilles de laurier – 6 c à soupe d’huile d’olive – 15 cl de vinaigre balsamique – sel et poivre. faire cuire le riz à l’eau bouillante salée 10 mn  - peler les oignons – gratter les courgettes – laver les tomates et enlever les queues – découper tous ces légumes en tranches régulières (environ ½ cm) – préchauffer le four th.6 – égoutter le riz – éplucher l’ail et frotter avec un plat à gratin – huiler le plat et tapisser le plat avec le riz – placer dans le plat les rondelles de tomate, d’oignon, de courgette et de chèvre, debout – parsemer de thym et de laurier émietté – saler, poivrer, arroser d’huile d’olive – enfourner pour environ 40 minutes - 10 mn avant la fin de la cuisson, verser le vinaigre dans une casserole sur feu vif . Le vinaigre doit réduire jusqu’à une consistance sirupeuse (5 mn). napper les légumes de ce caramel, remettre au four 5 mn - servir chaud ou tiède.

27 septembre 2009

Autour d'un bon petit plat

Je vous épargnerai ce que nous avons mangé,
pour mieux me concentrer sur ce que, ensemble,
nous avons concocté.

Parce que, voui mesdames :
les grenobloises savent cuisiner !
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Technique des pastels secs, explorée chez Crème
(le "challenge" étant d'adapter cette technique sur des perles rondes.
Pari gagné !)

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Pour la visite des blogs,
un clic sur la photo !

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25 septembre 2009

Laissez-vous tenter...

Je ne comprends pas toujours pourquoi je vous parle, la plupart du temps, de recettes aux saveurs douces et sucrées, moi qui ne suis pas particulièrement portée sur les pâtisseries (ah ! mais je vous promets !). Ce que j'aime, je crois, c'est les préparer pour les autres, amis et enfants, qui se régalent alors de ces gourmandises. pommeVous ne me croyez pas ? Je suis entourée d'amateurs de gâteaux en tous genres. Pour preuve : encore une recette qui vient d'une de mes amies. "Inratable", précise-t-elle. Mais surtout super facile à réaliser et, par dessus tout, absolument délicieuse !!! (...ben oui, j'en ai mangé, faut pas non plus exagérer...). fondant aux pommes et citron de Valérie Z. Ingrédients : 4 pommes - 100 g de farine - environ 80 g de sucre en poudre - le zeste d'un citron- 2 oeufs - 60 g de beurre mou - 1 sachet de levure chimique. préchauffer le four th. 6 - mélanger intimement les oeufs, le sucre et les zestes, jusqu'à ce que le mélange blanchisse - ajouter le beurre ramolli - verser la farine et la levure - mélanger soigneusement - verser la pâte dans un plat à gratin ou dans un plat à tarte en porcelaine - éplucher les pommes et les découper en fines lamelles - les déposer sur le plat, comme pour une tarte - saupoudrer de 2 c à soupe de sucre en poudre + quelques zestes de citron supplémentaires - faire cuire 30 mn environ - servir directement dans le plat.

11 septembre 2009

Aller et venir

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C'est la monotonie
la vie, dis-toi le bien.
Mets ton imperméable
et tes gants sur tes mains.
C'est pas la paradis,
C'est juste un va et vient,
C'est la monotonie,
alors couvres-toi bien.

(B.Biolay)

Photo été 2009
pour illustrer les vents et marées dans notre quotidien,
la venue de temps moins cléments,
la fin d'un doux été...

18 juillet 2009

Sous la pinède

Les cakes, je me demande si je ne commence pas à m'en lasser.
Ils sont pourtant, il faut bien le reconnaître, un mets bien pratique, surtout lorsque l'on Cake_aux_artichaudsa annoncé que l'on apporterait quelque chose pour un petit repas entre amis ou pour un pique-nique. Vite faits, transportables, facilement tranchés : c'est vrai que voilà le plat idéal !
En "fouillant" un peu dans mes recettes, je suis tombée sur celle-ci, dont la base diffère de celles que j'avais confectionnées jusqu'à présent. Rien qu'en la lisant, cela sentait le Sud, avec son accent chantant et ses pins maritimes. Qu'est-ce que je risquais ? Me voilà lancée... Cake aux artichauts et son pesto au basilic. pour la base : 4 oeufs - 250 g de farine - 1 sachet de levure chimique - 100 g de parmesan râpé - sel et poivre - 15 cl d'huile d'olive - 15 cl de vin blanc. Pour la garniture : 2 petits bocaux d'artichauds à l'huile d'olive - un petit bouquet de basilic - 3 gousses d'ail - 2 c. à soupe d'huile d'olive. Pour la décoration : une bonne poignée de pignons de pin. allumer le four th 6-7 - égoutter les artichauds - préparer le pesto en mixant les feuilles de basilic avec l'ail et les 2 c. à soupe d'huile d'olive, le poivre - préparer la base du cake : dans un saladier, battre les oeufs en omelette - saler, poivrer - ajouter le vin blanc en mélangeant bien - puis les 15 cl d'huile d'olive - bien battre la préparation - ajouter la levure, le parmesan puis la farine, le sel et le poivre - les incorporer en petites quantité, en mélangeant bien à chaque fois - verser environ un tiers de cette préparation dans un grand moule à cake - répartir la moitié des artichauds égouttés puis du pesto sur le dessus - recouvrir d'un tiers de la pâte - puis re-artichauds/pesto - puis re-pâte - lisser la surface - saupoudrer de pignons de pin - mettre au four pour environ 45 mn de cuisson (en fin de cuisson, l'huile parfumée bouillonne et même déborde un peu du moule, prévoir votre lèche-frites au fond du four) - laisser tiédir avant de démouler.

Je pense que ce cake est à consommer "avec modération", parce que peut-être un peu trop riche en huile d'olive... Une recette sans doute à améliorer sur ce point-là.

10 mars 2010

dernière lecture : 84, charing cross road

de Hélène Hanff

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Présentation de l'éditeur :
Helen Hanff, auteure new-yorkaise, désespérait de trouver un bouquiniste, quand une annonce dans le Saturday Review of Litterature arrête son regard : la librairie Marks & Co semble correspondre à ses attentes. Seul petit bémol, elle se situe au 84, Charing Cross Road.... à Londres!
Qu'à cela ne tienne ! Il en faudrait plus décourager notre amoureuse des livres. Commence alors une correspondance entre le libraire et la romancière, correspondance qui durera plus de 20 ans
.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Sans doute est-ce l'effet très vivant, presque oral de ces lettres, l'humour d'Hélène bourré de sa vivacité d'esprit, l'évocation d'un époque pas si lointaine de nous et pourtant tellement décalée, qui m'en ont rendu la lecture passionnante.
Et puis voir comment la relation entre une "cliente" et son "fournisseur" devient peu a peu un véritable lien amical.
Et surtout savoir qu'il s'agit là d'un véritable échange épistolaire, et non d'une version romancée : cela donne encore davantage de piquant à ces 20 années de correspondance entre deux personnes qui ne se seront jamais rencontrées !!!
Sinon, comment ne pas faire le parallèle avec "le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", à mon avis beaucoup plus passionnant (parce que romancé ? parce que très largement inspiré de ce livre d'H.Hanff ?).

Morceaux choisis :
« J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner des pages que quelqu'un d'autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. »
« J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-même à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent. »

17 mai 2009

Regarder les choses autrement...

Doisneau_La_DentLa vie c'est comme une dent

La vie, c'est comme une dent
D'abord on n'y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie

Boris Vian

Illustration :
"La dent",
de Robert Doisneau

8 décembre 2015

dernière lecture : Juliette dans son bain

de Metin Arditi

 

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Présentation de l'éditeur :
Kandiotis ! Kandiotis ! Kandiotis ! La France résonne du nom du richissime mécène Kandiotis, invité au journal télévisé de 20h pour annoncer le don à la France de deux tableaux, l’un de Picasso, l’autre de Braque, qui portent le même nom, Juliette dans son bain.
Est-il possible de bâtir une grande fortune sans se faire d'ennemis? Voilà la question à laquelle Ronald Kandiotis se voit confronté sitôt cette glorieuse annonce faite : sa fille Lara est enlevée ! Qui se cache derrière la mystérieuse « Association des Victimes » qui révèle au public par des messages successifs les turpitudes réelles ou supposées du milliardaire ?
En mêlant avec brio l'intrigue policière et la satire sociale, Metin Arditi dresse le portrait d'un homme ambigu, tiraillé entre le succès et l'isolement, le talent et l'ambition, le cynisme et l'humanité. Une grande vie, un grand personnage.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je suis ravie d'avoir découvert Metin Arditi avec cette lecture car, visiblement, et selon l'avis de plusieurs lecteurs, ça n'est pas son meilleur roman. 
Or, pour ma part, j'attends désormais de lire ses autres écrits avec une fébrile impatience, car je vous avoue que "Juliette dans son bain" m'a littéralement envoûtée. Je l'ai lu en deux jours, passionnée, comme aimantée par cette histoire que j'ai trouvée tellement plausible. (Rien que le titre ! Quelle belle trouvaille !) 
Il en faut peu, diront certains, pour qu'une lecture me séduise... Et bien, je ne le crois pas. Disons qu'Arditi a probablement su toucher une de mes cordes sensibles. 
Ce qui va, d'ailleurs, dans le sens de sa démonstration : "La vérité a plus d'un visage". Celle que l'on perçoit. Chacun selon son vécu, son appréhension du monde qui l'entoure. La journée qu'il vient de passer, peut-être...
Pareil, donc, pour la lecture : deux lecteurs, deux avis.
Tant mieux !
Sinon la vie serait bien triste. Plus de débats, plus de passion, un monde lisse et plat. Lobotomie.

 

Morceaux choisis :
"Toute tâche accomplie à la perfection déclenchait un sentiment de grande confiance."
"Un artiste est un être imparfait. Mais au moment de son acte artistique, il se transcende. Il cesse de juger. Il entre en empathie avec le personnage et le dévoile dans toute sa vérité. Lorsque je regarde un tableau, quand je lis un roman, je m'identifie à ce personnage, et du coup j'accepte ma propre imperfection... Il faut aller au concert. Au théâtre. Au musée. Lire... Trois fois rien... Une fable de la Fontaine, Le Héron, ou Les Deux Coqs. On en ressort moins fanfaron."
"Braque et Picasso ont fait d’une même vérité deux représentations totalement différentes et parfaitement justes… Ensemble, elles portent un message universel… La vérité a plus d’un visage. Elle s’amuse à nous échapper. Elle joue avec nous."
"Devenir riche est une question de travail et de chance. Rester riche est infiniment plus difficile. L’argent rend vaniteux."
"C’est fichu d’avance, d’être généreux. On attend de la reconnaissance, c’est inévitable. Et le bien se transforme en mal."
"Il y a ceux qui croient avoir des amis, et les autres qui affrontent leur solitude avec plus d'honnêteté".
"Il faut quand même parler avec les gens, tu sais. Sans cela, ils t'en veulent".
"La justice des hommes avait ses règles, et la première d'entre elles disait que chacun doit faire comme les autres".
"Qu'avait-elle bien pu dire à Kandiotis, Miss K, lorsqu'il avait été la voir à Vevey ? Sans doute que l'humanité d'un homme était plus importante que son intelligence. Qu'il fallait s'approcher des autres. Prendre le temps de les apprivoiser."
1 septembre 2015

dernière lecture : Le détroit du loup

d'Olivier Truc

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3,5 etoiles


Présentation de l'éditeur :
Hammerfest, petite ville de l’extrême nord de la Laponie. Les bords de la mer de Barents, le futur Dubai de l’Arctique… Tout serait parfait s’il n’y avait pas quelques éleveurs de rennes…
L’histoire se déroule au printemps, quand la lumière ne vous lâche plus, obsédante. Autour du détroit du Loup qui sépare l’île où se trouve Hammerfest de la terre ferme, des drames se nouent. Alors que des rennes traversent le détroit à la nage, un incident provoque la mort d’un jeune éleveur. Peu après, le maire de Hammerfest est retrouvé mort près d’un rocher sacré qui doit être déplacé pour permettre la construction d’une route longeant le détroit. Et les morts étranges se succèdent encore.
À Hammerfest, les représentants des compagnies pétrolières norvégiennes et américaines ont tout pouvoir sur la ville, le terrain constructible est très convoité, ce qui provoque des conflits avec les éleveurs de rennes qui y font paître leurs animaux l’été.
Les héros de ce grand centre arctique de la prospection gazière sont les plongeurs, trompe-la-mort et flambeurs, en particulier le jeune Nils Sormi, un plongeur d’origine sami.
Klemet et Nina mènent l’enquête pour la police des rennes. Mais pour Nina, troublée par les plongeurs, une autre histoire se joue, plus intime, plus dramatique. Les jeunes plongeurs qu’elle découvre lui rappellent ce père scaphandrier qui a disparu depuis son enfance. Subissant cette lumière qui l’épuise, elle va partir à la recherche de ce père mystère, abandonnant Klemet à sa mauvaise humeur, à ses relations ambiguës avec son ombre.
Et c’est une police des rennes en petite forme qui va faire émerger une histoire sombre venue des années 1970, dévoilant les contours d’une patiente vengeance tissée au nom d’un code d’honneur venu d’un autre monde, montrant à quel prix a été bâtie la prospérité de la région.
Deuxième roman d’Olivier Truc, Le détroit du Loup confirme les talents de raconteur d’histoire de l’auteur et sa capacité à nous emmener sur des terrains insoupçonnés.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Quel beau roman ! Très bien écrit, avec de nombreux rebondissements inattendus, des réflexions sur l'accès au modernisme dans des sociétés ancestrales, sur la folie pétrolière, le tout dans un rythme d'écriture un peu lent : probablement celui de la vie en Laponie. Voilà un récit marquant, que je ne suis pas prête d'oublier, avec de magnifiques découvertes et rencontres.
Olivier Truc, dans ses pages, nous parle un moment de Mari Boine, chanteuse norvégienne d'origine Saami (peuple phare du roman), que je connaissais déjà. Ecoutez-là chanter ! Vous saurez quelles hommes et femmes j'ai côtoyés pendant mon incroyable lecture... (c'est par ici - clic)
Heu... et puis vous avouer que, grâce à lui, je sais désormais exactement où situer la Laponie sur une carte...

 

Morceaux choisis :
"Est-ce que l'on croit encore au sacré ? A ce qui nous dépasse ? Les gens croient à ce dont ils ont besoin de croire pour survivre".
"Nous devons être capables de vivre ensemble, c'est le seul enseignement de la toundra. L'homme solitaire est comme le loup. Il fait peur aux hommes, et les hommes se vengent de lui."
"Les autres... Et il va leur rester quoi ? Ils disent qu'élever des rennes n'est pas un métier mais un mode de vie. Ils en font une question d'honneur. Ils sont tellement fiers. L'honneur, ça ne fait pas bouffer.
Sormi regardait les montagnes, à leurs pieds et prit un air songeur.
- Non, ça ne fait pas bouffer... (...) mais ça a de la gueule."
"Il (l'homme) se bat contre lui-même, jour après jour, heure après heure, il n'a pas de pire ennemi."
"Sur la toundra, c'est jamais bon de trop imaginer. Ca énerve les esprits."
"Vous êtes Norvégienne non, alors faites-moi plaisir, n'oubliez jamais comment votre pays s'est enrichi. En risquant délibérément la vie de plongeurs hier et en bafouant les droits de vos Sami aujourd'hui."
23 novembre 2014

dernière lecture : Purgatoire

de Tomás Eloy Martínez

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2,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Purgatoire raconte l’histoire d’Emilia Dupuy, dont la vie s’est brisée un jour de juillet 1977, près de la ville de Tucumán, dans le nord de l’Argentine. Avec son mari Simon, cartographe comme elle, ils étaient partis en mission dans cette région lointaine pour parachever la carte d’une route internationale à la demande de l’Automobile Club de Buenos Aires. C’est alors qu’ils sont arrêtés par les militaires en raison de leurs activités « suspectes », ils détiennent en effet, pour leur travail, des cartes topographiques de toute la zone. Après avoir été détenue et torturée, Emilia est libérée par les autorités grâce à l’intervention de son père, le Docteur Dupuy, l’un des intellectuels du régime, dont les idées guident l’action de la dictature. Emilia rentre à Buenos Aires où elle pense retrouver Simon. Mais Simon ne rentrera jamais. Le calvaire d’Emilia s’étend sur plus de trente ans. Elle part chercher son mari à Rio où un témoin dit l’avoir vu ; elle parcourt les bidonvilles de Caracas et de Mexico où elle croit pouvoir retrouver sa trace. Elle n’accepte pas les conclusions de l’enquête menée par des ONG après la chute de la dictature ni les déclarations de plusieurs soldats qui ont vu le cadavre de Simon dans le patio d’une caserne. Emilia pense que son mari est toujours en vie car elle « sent » sa présence. Qui plus est, vers la fin de sa vie, elle le voit enfin et le retrouve mais comme dans un rêve, ou est-ce la projection de son esprit dérangé ? Car Emilia vit avec les démons du passé : la culpabilité d’un père qu’elle refuse de s’avouer (ce bras droit des militaires n’a eu aucun mal à faire « disparaître » son gendre, jugé « subversif »), et les cauchemars d’une époque effroyable qu’elle a vécue comme un zombi, assommée par la violence psychologique exercée par sa famille et par la société tout entière.

Tomás Eloy Martínez, l’un des intellectuels argentins qui a dénoncé avec le plus de force et d’indignation les crimes de la dictature militaire de son pays, nous raconte cette histoire d’amour et d’obsession dans deux cadres temporels alternés : celui de la dictature et, trente ans plus tard, celui des derniers jours d’Emilia, devenue bibliothécaire dans une petite ville du New Jersey. La narration passe d’un contexte à l’autre, d’une époque à l’autre, et nous offre, à la fois, une fresque historique des années noires de l’Argentine et le portrait intime d’une femme seule, déséquilibrée et hantée par son passé.

 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
La lecture de ce roman m'a pris un temps infini. Pourtant, il est sublime, magnifiquement écrit. Mais aussi terrible.
Alors j'y suis allée à doses homéopathiques. Pour pouvoir digérer. Mais même comme ça, c'est difficile.
Surtout si l'on se réfère à la tragique actualité, dans les pays d'Amérique Latine, qui démontre que cette folie-là, celle des hommes, que l'on espérait d'un passé révolu, ne s'arrêtera jamais (lire ici).
Car, au delà de cette belle histoire d'amour, c'est bien de cela dont il s'agit : la corruption, le totalitarisme, le peuple malmené, impuissant. L'horreur. Et après ça les séquelles, impossible à panser.
C'est un roman que je vous conseille vraiment, dans la lignée de "D'amour et d'ombre", d'Isabel Allende, mais aussi "Prières nocturnes", de Santiago Gamboa, tous dénonciateurs d'un système politique véreux et corrompu jusqu'à la moelle.
 

Morceaux choisis :
"Un simple frôlement des doigts, et elle avait éprouvé de la chaleur, de la plénitude, du bonheur, la sensation d'avoir déjà vécu souvent ce qu'en réalité elle vivait pour la première fois. Dans ce corps inconnu se trouvait la carte de sa vie, la représentation de l'univers telle quelle l'avait lue dans une encyclopédie taoïste datant de deux siècles avant Jésus-Christ : "Sa tête ronde est la voûte céleste, ses pieds délicats sont l'image de la Terre, ses cheveux sont les étoiles, ses yeux le Soleil et la Lune, ses sourcils la Grande Ourse, son nez ressemble à une montagne, ses quatre membres sont les quatre saisons, ses cinq viscères les cinq éléments."
"Quels sont les traits caractéristiques d'un individu? Pas la musique ou le contenu de ses paroles ni les lignes de son corps, rien qui soit directement visible. Plus d'une fois elle s'était trompée, suivant dans la rue des hommes qui marchaient comme Simon, ou qui laissaient derrière eux un sillage de parfum lui évoquant sa nuque, et quand elle les regardait en face elle était désespérée. Pourquoi n'y a-t-il pas deux personnes semblables ?"
"Seules les feuilles des noyers témoignaient d'une certaine imagination et tombaient irrégulièrement en automne".
"Le paysage change au fil des saisons, disait l'écrivain, mais la fenêtre dans laquelle se découpe le paysage est toujours la même".
"Les choses qui n'existent pas sont beaucoup plus nombreuses que celles qui parviennent à exister. Ce qui n'existera pas est infini. Les graines qui n'ont trouvé ni leur terre ni leur eau et qui ne sont pas transformées en plantes, les êtres qui ne sont pas nés, les personnages qui n'ont pas été écrits. (...) On écrit des romans dans cette intention : pour réparer dans le monde l'absence perpétuelle de ce qui n'a jamais existé."

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