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Le bruit des vagues
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31 octobre 2008

Patrimoine naturel

495__Le_cordon_dunaire_de_KerlouanLes dunes de Kerlouan
S'écroulent sous le poids
De l'enfant qui s'amuse
A s'élancer d'en haut
Nul ne songe que chaque saut
Pèse plus de cent kilos
Du sable qui descend
Mais jamais ne remonte…

Pendant que l'enfant joue,
Maman des bleus chardons
Fait pleine collection
Mais, puisque les feuilles piquent
Mieux vaut tout arracher
Car les racines, elles,
Ne sont point agressives
Aux mains manucurées…

Mais, ainsi l'an prochain,
Adieu les fleurs nouvelles
Car l'élément "chardon"
De la bande littorale
Appartiendra au passé
De notre patrimoine…

un texte de Gérard JEZEQUEL
pour illustrer son tableau "Les dunes de Kerlouan"
(un clic sur la photo pour atteindre son site)

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12 octobre 2008

...Le bruit des vagues

Une sonorité de fond sur ce blog...
voilà quelque chose de nouveau,
mais cela est-il à votre goût ?
Je compte absolument sur vous pour me donner votre avis (*)

Evidemment,
j'aurais préféré quelques mouettes en prime...
mais je ne les ai pas trouvées...
alors je les ai dessinées
...en pâte fimo,
évidemment !

Porte_lame_le_bruit_des_vagues2
Porte-lames en pâte polymère, coquillages et perles de rocailles
(...y'a même des moules, vous les voyez ?)

(*) Ne fonctionne pas sur Netscape (PC),  ni sur Firefox (Mac)
comme ne fonctionne pas non plus sur netscape la mise à jour du bandeau d'accueil de canalblog.
Des fois, faut pas trop chercher à comprendre... Mais si quelqu'un a une solution, je suis preneuse !

30 juin 2008

Message personnel

d'une jolie Rose

 

Rose_pour_roseJ'écris pour les gouttes du ciel
qui retombent un jour,
peut-être dans la mer,
tourbillonnant, en fête,
avec des ballons
sur les balançoires.
Sans une main
pour tout mélanger...

La fête, pleine de vie
qui se passe dans la nuit.
Sans une ombre
pour tout déranger.

Lentement, doucement,
ces gouttes tomberont un jour
pour donner vie à des plantes,
dans un jardin...

Le jardin d'Anne

Rose

Rose n'a que 12 ans.
Elle est l'auteur de ce petit texte, magnifique cadeau
(atelier d'écriture savamment orchestré par mon amie Valérie
sur le sujet : "écrire, c'est se salir les mains".)
D'autres textes suivront...

25 novembre 2008

Et regarder dehors...

depuis ta fenêtre !

meneham_fenetre_village_de_pecheurs

Harmonieuse austérité...
Le petit village de Ménéham, dans le Finistère,
respire l'authenticité,
d'une beauté sauvage et rustique.
Et, si l'on passe derrière les maisons des pêcheurs,
le paysage affiche ces mêmes tons,
mais déclinés alors dans leur incroyable immensité...

fenetre_menham_paysage

Vous voulez participer à cette rubrique ?
La règle du " jeu" est par ici !!!

Photos été 2008

12 avril 2009

Chose promise...

le compte rendu d'une rencontre de fimoteuses
sur le thème du Clay gun

Ça y’est, tout était prêt : j’avais reçu ma convocation.
Je partais avec juste quelques explications sur le trajet
(explications essentielles, puisqu’elles étaient mon seul moyen d’accéder au lieu de rendez-vous).
Et puis, mon téléphone portable, au cas où…

Image_1

J’avoue avoir tourné un peu à droite, puis à gauche, avant de trouver la bonne route.
Heureusement, lorsque je suis enfin arrivée à bon port, personne ne m’a rien demandé…
j’avais un peu l’impression d’être la seule à m’être égarée pour trouver le lieu du rendez-vous.
Presque, on aurait voulu me perdre, on n'aurait pas fait mieux…
Bref, j’y étais.
L’endroit était superbe, mais quand même sacrément isolé, un petit village tout en pierre.
Mais alors, quelle vue magnifique : d’ici, on pouvait admirer la plaine entière !

Image_2

Les filles étaient déjà toutes là, en grande discussion :
" …Vraiment, j’adore la polymère ! C’est un plastique dont je n’avais pas l’habitude ! ..."
" …j’en ai acheté lors d’une liquidation totale… "
" …justement, ça me fait penser, j’ai eu un contrat ! … "
" …les pseudos, sur les blogs, c’est bien, pour la confidentialité… "
" …oui, c’est beaucoup mieux pour une sécurisation de l’information… "

C’est marrant, ces rencontres : on arrive, on a l’impression que tout le monde se connaît déjà.
J’ai d'ailleurs appris qu'elles rentraient toutes d’un stage intensif
(bon, ben oui, elles se connaissaient déjà...).
Quelle chance elles ont de pouvoir consacrer autant de temps à leur hobby.
Damilène nous a montré ses magnifiques boucles d’oreilles en forme de… de…
" d’ogives, Anne, ça se voir tout de suite ! "

Image_3

Chifonie m’a un peu surprise :
on aurait dit qu’elle voulait revenir aux méthodes artisanales, en roulant sa pâte manuellement.
C’est drôle, Olga et Pascale avaient l’air complètement absorbées par sa démonstration.
" Tu sais, Anne, m’a t’elle dit,
il ne faut négliger aucune méthode qui pourrait servir lors d’opérations spéciales ! "

Image_4

L’extraction de la pâte au clay gun traditionnel, pour celles qui l’ont testé,
demande une force de brute !
C’est marrant, dès que l’on a eu des problèmes avec ce maudit appareil,
nous avons immédiatement été aidées,
et on voyait bien que le mari de Sylvaine avait l’habitude d’opérations musclées ! ! !

Image_5

Pascale venait de recevoir un colis spécial,
"avec plein de nouveautés explosives ", nous a t-elle dit
(qu’elle ne nous a pas montrées…), dont le nouveau clay gun.
Elle était totalement séduite par ce nouveau design, qui lui rappelait une poignée d’enclencheur.
J’ai pas tout compris à son charabia, mais elle avait l’air de délirer un peu…

Image_6

Quant au PCE Extruder all métal, faut avouer qu’il est drôlement impressionnant !
C’est Olga qui avait apporté le sien : " du matériel de professionnels ", a-t-elle dit !
Elle m’a fait penser à quelqu'un…

Image_7

Je crois bien que je leur ai fait plaisir en acceptant un sorbet colonel au dessert.

Image_8

Pour rentrer, je suivais de près Chifonie, équipée d’un GPS.
Il faisait sombre, on ne voyait pas grand chose,
Et puis j’avais tellement hâte de retrouver une route goudronnée…

Image_9

Quand même, on nous met toujours en garde contre les relations nouées sur Internet,
mais là, avouez, …qu’il n’y avait AUCUN danger !

PS : j'ai aussi appris qu'il y avait des grades, chez les polyméristes !
un peu comme les flocons au ski, vous voyez ce que je veux dire ?
J'sais pas trop si j'ai le droit, mais je vais quand même vous les dévoiler :
dans l'ordre : 1er grade, 2e grade, 3e grade, 4e grade. Après, je connais pas.
(ces grades, c'est p't'êt' bien pour mesurer notre niveau ...de bêtise !
Moi, j'en suis au clay gun vert, et vous ?)

extrudeur1   extrudeur2   Extrudeur3   Extrudeur4

Bon... , comme d'hab, un clic sur les images pour les agrandir !
Vous trouverez le "vrai" compte-rendu sur le blog de Sylvaine.

Celles qui ont été croquées
(noms de codes)
:
Galatéa, Objets d'émotions, Roseperle, Chifonie, Damilène, Les p'tits cailloux et Pag

 

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11 juillet 2008

Pourquoi j'écris

la_vague_de_HokusaiJ'écris
pour que la fête
soit comme
une branche rouge
qui sourit,
pour que la mer
soit de toutes
les couleurs,
pour que les mots
soient la lumière
de nos vies.
Et que tout
ne soit pas perdu
dans des guerres artificielles.
J'écris
chinepour que nos âmes d'artistes
soient sauvées.


Yves




Encore un texte (d'adulte) rédigé en atelier d'écriture, sur le thème : "écrire, c'est se salir les mains".

Illlustration du haut : "La vague", de Katsushika Hokusai

15 février 2011

dernière lecture : une forme de vie

d'Amélie Nothomb

amelie_nothomb_une_forme_de_vie

Présentation de l'éditeur :
Quotidiennement sollicitée par du courrier de ses lecteurs, Amélie va un jour tomber sur une lettre inattendue... Un G.I coincé en Irak l'appelle au secours pour tenter de survivre dans cette drôle de guerre. Pour se rebeller, ce white trash se goinfre de junk-food, arborant sa graisse comme une amoureuse enveloppante. Mue par son instinct de Saint-Bernard, l'écrivain lui répond en lui parlant de body-art. S'ensuit une relation épistolaire étrange..

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Chez Amélie Nothomb, avec un peu de chance, il y a de bonnes (voire très bonnes !) pioches.
Mais là, heu... disons que je n'ai pas vraiment perdu mon temps, puisque seulement 3 petites heures m'auront suffi pour lire ce dernier roman. Ce n'est pas inintéressant en soi, mais malgré tout pas passionnant non plus !
Je vous suggère de vous orienter vers l'analyse de ce blog-littéraire, très pertinente, qui a peut-être une vision plus enthousiaste que la mienne... 

Morceau choisi :
" C'est moi : je suis à la fois ce que je suis et ce que je fais".

Lire la suite... (et l'interview de l'auteur !)
1 janvier 2013

dernière lecture : La vie rêvée d'Ernesto G.

de Jean-Michel Guenassia

La-vie-revee-d-ernesto-g-JMguenassia
¬¬¬¬¬

 

Présentation de l'éditeur :
« Quand Joseph repensait à Alger, la première impression qui venait à son esprit était cette lumière d’or en fusion quand il ouvrit la porte de la coursive [...]. Il se demanda s’il y avait le feu, il n’y avait aucune panique, à peine le ronronnement de la grue qui déchargeait les régimes sur le quai affairé. Il écarta lentement ses doigts pour s’accoutumer à cette incandescence, leva les yeux, aperçut un bleu de paradis originel comme il n’en avait jamais vu, ni à Prague, ni à Paris, balayé de toute impureté, chaleureux et chatoyant, un monument monochrome en suspension dont la seule fonction semblait de vous hypnotiser.
En cette fin de journée d’octobre 38, à l’âge de vingt-huit ans, il découvrit enfin le ciel et le soleil, regarda les docks en arcade montante comme une vague et, posé fièrement au-dessus, un jeu inextricable de cubes soudés par un architecte fou dévalant en cascade jusqu’aux immeubles éclatants qui défiaient la mer et comprit ce que voulait dire Alger la blanche. »
La traversée du siècle d’un héros malgré lui ! De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris, la traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif praguois. De la Bohème et ses guinguettes à l’exil dans le djebel, de la peste d’Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d’un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l’Histoire.
Une vie d’amours, d’amitiés et de rencontres, jusqu’à celle d’un certain Ernesto G.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Au départ, je me disais "non, non-non, vraiment pas si bien" (comprendre "pas si bien que les incorrigibles optimistes", du même auteur, que j'avais tellement aimé...)
Déception donc. Mais aussi la barre était haute. Sûr, comment faire aussi bien que ce premier roman inoubliable...
Et puis sont venus les "ah oui, mieux !",
et puis "oui-oui-oui, trop-trop excellent !". Quelle deuxième partie magistrale, terrible, magnifique.
Ouf (un coup dans les tripes). Un tas de choses sont remises à leur place. La chute du mur de Berlin prend un autre sens. Et tout cela si proche de nous dans le temps et dans l'espace ! 

J'ai été bluffée, manipulée, donc amenée bienheureuse et consentante au terme de ce très beau roman.

Morceaux choisis :
"Les bonnes résolutions sont conçues pour s'autodétruire. On ne change jamais".
"On peut classer les problèmes insolubles de la vie dans deux cercueils, ceux que l'on cache dans un coin obscur où on arrive à les oublier, ils finissent par ne plus vous embarrasser, abcès dormants peut être étouffés (peut-être pas) et ceux qui vous écorchent comme des hameçons, vous continuez à saigner sans vous en rendre compte et ce sont les pires car on s'habitue à vivre avec la souffrance".
"L'avantage des gens qui vous aiment, c'est qu'ils vous comprennent mieux que vous. Et s'ils ne vous comprennent pas vraiment, au moins ils vous aiment".
"On a tous un talon d'Achille. Même les plus forts ou ceux qui ne l'on pas encore trouvé".
"On croit avoir oublié parce qu'on n'y pense plus mais rien ne s'efface jamais des lieux de la jeunesse, ni les images, ni les couleurs."
"Comment sait-on que l'on vous aime ? Il (doit) y avoir un signe, une trace".
"On ne choisit pas ses souvenirs. On les étouffe ou on les chasse mais ils reviennent sans vous demander votre avis".
"Chacun a ses raisons de rester ou de partir".
"C'est ça l'amour, l'envahissement ?"
"Ce n'est pas l'amour qui est compliqué, c'est nous".
"On voudrait toujours rester le même mais ce n'est pas possible : la vie c'est l'évolution. L'homme que je suis aujourd'hui n'est pas celui d'il y a dix ans."
"Quand on se sépare, c'est avec l'espoir de se retrouver un jour, sinon c'est comme mourir chacun de son côté".
"La liberté ne se discute pas, elle ne se marchande pas et ne se divise pas. C'est tout ou rien".

Ah, ces romans qui me font rencontrer de beaux hommes : leurs héros, bien sûr, mais surtout leurs auteurs !
Jean-Michel Guenassia est certainement désormais un de mes chouchous...
Vous voulez aussi faire sa connaissance ?

Un libraire, aussi, qui touche de façon juste les futurs lecteurs
(j'aime beaucoup sa façon passionnée d'évoquer un roman, et celui-ci en particulier)

8 juin 2009

dernière lecture : Moi, Dora Maar

Moi, Dora Maar
Avril_Nicole_Moi_Dora_Maar
Nicole Avril

La présentation du roman par l'éditeur :
On m'appelle Dora Maar. Auprès de mes amis, Georges Bataille, Paul Eluard, Man Ray, Brassaï, j'étais une photographe d'un certain renom. J'ai rencontré un homme. Il était le génie. Il était la vie. Il était la déchirure. Il m'a demandé de le suivre sans me retourner, et, si je me retourne aujourd'hui vers ce qui fut notre amour, c'est que cet homme-là vient de mourir. Il s'appelaït Pablo Picasso.
Ce fut un amour fou. Quand l'amour se retira, il ne resta que la folie. Picasso m'a dessinée avec une tendresse de dentellière et il m'a peinte dans tous mes états. Il a fait pleurer le siècle par mes yeux. Il m'a jetée dans Guernica. Il m'a amenée à tirer la langue devant toutes les horreurs de la guerre. Il m'a donné la beauté immortelle des icônes de nos musées. Il m'a apporté et le plaisir et la catastrophe. On prétend m'avoir entendue affirmer qu'il n'y avait plus que Dieu après Picasso. Je ne me souviens pas de l'avoir dit, mais je n'ai jamais cessé de le penser.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Dora Maar ne nous avait pas laissé de journal sur sa vie, et NIcole Avril y remédie avec une plume toujours aussi incisive, en donnant chair à la passion tragique de la compagne du Maître. Ce roman est bouleversant car la vie, l'oeuvre toute entière de Picasso est bouleversante. Il nous plonge au coeur d'un monde, d'une guerre, d'une passion amoureuse qui ne nous laissent pas indifférent, au contraire !
Il donne envie de mieux connaître l'oeuvre et l'époque.
Il est une porte ouverte.

Quelques passages qui m'ont interpellée :
Je crois au premier instant, à la première ligne, à la première note.
Dans mes rêves, tu es plus vivant depuis que tu es mort
Il m'arrive d'avoir envie de le toucher. On ne s'attendrait pas que ce lutteur halluciné ait la peau si douce. Le travail, par vagues successives et incessantes, a poli son corps sans l'user. On dirait un beau galet dont toutes les arêtes auraient été émoussées. Il ne reste que cette surface lisse et chaude qui appelle les caresses.
La femme qui pleure de Picasso n'est pas celle que vous croyez. La dynamite de la douleur a beau faire exploser son visage, elle est en vérité une femme qui aime, qui jouit et qui crée.
La mer, même la mer ne me manque plus. Comment ai-je pu être si agitée ? Aujourd'hui, l'immobilité me convient. Je me demande parfois si je ne vais pas oublier de respirer.
Il viendra, un jour, me chercher en enfer. C'est le genre de voyage que l'on oublie pas. (au sujet de Jacques Lacan)
Mourir de ne pas mourir, ultime volupté, nadir de la souffrance. La hache au bord de la blessure, écrivait Eluard :
(Je suis vivant sans vivre en moi
et si puissant est mon désir
que je meurs de ne pas mourir.)

 

Le portrait de Dora, par Picasso.
Il y en a bien d'autres, mais celui-ci est celui que je préfère.

dora_maar_1

 

Et puis, Picasso, dans toute sa grandeur...
(c'est juste superbe... à visionner avec ses yeux d'enfant)

18 février 2011

dernière lecture : soie

d'Alessandro Baricco

BarricoAlessandroSoie

Présentation de l'éditeur :
Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.
Soie, publié en Italie en 1996 et en France en 1997, est devenu en quelques mois un roman culte - succès mérité pour le plus raffiné des jeunes écrivains italiens.

Mon sentiment, au sujet de ce roman

Alessandro Baricco est décidément un excellent conteur.
Ce livre se lit en un rien de temps, et pourtant, comme il est dense... C'est prenant, l'écriture est légère, le rythme musical. Une main tendue vers l'inaccessible. Un univers de conte. Une large place laissée à l'imaginaire.
Et ça fonctionne !

Morceaux choisis :
Il y a (...) des désirs et des souffrances, de celles qu'on connaît parfaitement, mais le vrai nom pour les dire, on ne le trouve jamais. (...) Quand on n'a pas de noms pour dire les choses, on se sert d'une histoire.
C'était un de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie.
Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille.
Mille fois il chercha ses yeux, et mille fois elle trouva les siens.
Peut-être que ta vie, des fois, elle tourne d'une drôle de manière, et qu'il n'y a plus rien à ajouter.
Tu étais mort. Et il n'y avait plus rien de beau, au monde.
C'est une souffrance étrange. Mourir de nostalgie pour quelque chose que tu ne vivras jamais.
Il y avait en lui la quiétude inentamable des hommes qui se sentent à leur place.

Du roman, un film.
Je vous laisse découvrir la bande annonce,
qui ressemble exactement à l'univers que je m'étais imaginé...

Lire la suite...
14 avril 2011

dernière lecture : Le choeur des femmes

de Martin Winckler

WincklerMartin_Le_choeur_des_femmes

Présentation de l'éditeur :
Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

Mon sentiment, au sujet de ce roman :
A la deuxième page, j'ai franchement éclaté de rire en m'exclamant tout haut : "Mais c'est horrible !", et puis, dans la foulée (outrée...) "Ah !!! là, je sens que ça va me plaire...".
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue. J'ai même adoré. Peut-être parce que je suis une femme (combien d'hommes auront ouvert ce roman, sinon peut-être quelques médecins particulièrement concernés, et l'auront lu jusqu'au bout ?)
J'ai aimé parce que le mauvais caractère de Jean, parce que le docteur Karma, qui m'a d'emblée fait penser à un autre...
Même si, à mon avis, la vie de Jean (l'avis de Jean ?) change peut-être un peu trop vite et trop radicalement. "Mais", m'a dit Marie : "on est dans du roman !" (donc, et elle a raison, cela devient dès lors concevable...).
Un roman qui donne envie de connaître les autres écrits de Martin Winckler (La maladie de Sachs, paraît-il, est magnifique).
Celui-ci, je vous le conseille vraiment, si un pavé de 700 pages ne vous fait pas peur.

Morceaux choisis :
"Quand on pose des questions, on n'obtient que des réponses."
"Je ne veux pas être là. Je n'ai rien à y faire. Ces histoires de femmes m'agacent"
"Un corps humain n'a pas de boulons".

L'interview de l'auteur est aussi très intéressante !

2 mars 2011

dernière lecture : L'amour est une île

de Claudie Gallay

GallayClaudieL_amour_est_une_i_le

Présentation de l'éditeur :
Alors que le festival d'Avignon 2003 s'enlise dans la grève des intermittents, une actrice célèbre retrouve sa ville natale, après dix ans d'absence. Elle y a vécu un amour passionnel avec le directeur d'un théâtre du festival off, qu'elle a quitté pour faire carrière. Ce dernier met en scène une pièce d'un auteur inconnu, sorte de poète maudit décédé dans des circonstances obscures...

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Tout d'abord, vous dire que je trouve la couverture du roman magnifique.
Et son titre encore davantage.
Quant au roman, quel univers ! C'est à la fois beau et désolant. Extrêment troublant, étouffant même... Un genre de tragédie moderne. Magnifiquement écrit. Quel regret de refermer ces pages !

Morceaux choisis :
"Une vie humaine se résume à quatre petites choses :l'amour, la trahison, le désir et la mort."
"Créer ne suffit pas : il faut transmettre."
"Il y a toujours une multitude de raisons de faire ou de ne pas faire les choses."
"Si on suit son instinct, on n'est jamais coupable."
"J'écoute tout quand ça parle de toi."
"L'amour est une île, quand on part on ne revient pas."
"Se taire est la seule attitude valable."
"Les étoiles, au dessus de ma tête, sont toujours placées au même endroit, le jour, elles sont là et pourtant je ne les vois pas."
"Les colères s'apaisent, ce qui paraissait insupportable devient soudain familier. On s'habitue, d'autres sentiments prennent la place, quand on se retourne, ce qui faisait si mal est devenu du passé. C'est la force du temps."
"Est-ce que quand ils dorment les oiseaux rêvent qu'ils volent ?"
"Il y a quelque chose qui vit et, tout de suite à côté, une autre chose qui meurt."
"Le possible est ennuyeux. Avec l'impossible, on a des chances."
Si je lui avais coupé les ailes - Il aurait été à moi- Il ne serait pas parti- Mais ainsi, il n'aurait plus été un oiseau- Et moi- C'est l'oiseau que j'aimais (Josean Artze)
Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder (Oscar Wilde)

26 novembre 2011

dernière lecture : Une anglaise à bicyclette

 de Didier Decoin

Didier-Decoin-Une-Anglaise-à-bicyclette

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Un massacre d'indiens dans le Dakota du Sud.
Le mariage d'une jeune femme avec son père adoptif dans l'Angleterre victorienne.
Un constable trop méticuleux.
Une bicyclette qui change un destin.
Cinq mystérieuses photographies.
Et sir Arthur Conan Doyle qui croit dur comme fer à l'existence des fées.
Le romanesque à l'état pur de Didier Decoin.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Et bien voilà : je suis super-déçue.
J'avais entendu l'auteur à la radio parler de son roman, et puis, surtout, j'avais déjà lu deux romans de Didier Decoin. Et me voilà me délectant par avance de ce dernier récit d'un auteur que j'apprécie beaucoup. Sans doute en attendais-je trop...
J'y ai cru, pourtant, dans les premières pages : de l'aventure, de l'écriture forte, des scènes assez incroyables. C'est après, je crois, que ça se gâte, sans doute parce qu'Emily n'est résolument pas à sa place dans cette Angleterre victorienne, ou que le récit est, à mon goût, excessivement romanesque ?
Un plus, malgré tout : savoir que les évènements forts de ce roman sont fondés sur des faits "réels" :
le massacre des indiens de Wounded Knee
les fées de Cottingley

D'autres avis, plus encourageants, pour vous permettre de vous faire une idée un peu plus élargie ici.

Morceaux choisis :
" La vérité n'est pas une construction réfléchie, un assemblage d'éléments fabriqués, donc contrôlés, comme le sont les mensonges qui sont, dès leur conception, protégés contre le risque d'être éventés ; on peut les modeler, les améliorer au fur et à mesure qu'ils creusent leur sape ".
" Elan Noir dit que, pour les Lakotas, le cercle est tout et que tout est cercle. Les créatures, les éléments, les mondes hors de la Terre (le soleil et la lune ne sont-ils pas ronds ?), tout cela dessine un cercle. La vie de l'homme aussi, et les nids des oiseaux, et le cycle des saisons. Le cercle ne se discute pas, ne rompt pas, ne se divise pas ".
" Les Lakotas ont raison de penser que la vie d'une homme est un cercle, que tout finit par se rejoindre ".
" Les histoires sont inusables. Elles sont la seule chose au monde sur quoi le temps n'a pas d'emprise".


J'aime bien, aussi, entendre la voix des auteurs.
Et connaître leur visage.
Ici, Didier Decoin défend plutôt bien son dernier roman...
(et puis cet interview dans la magnifique librairie "Dialogue", à Brest)

26 février 2011

dernière lecture : Le pays de l'absence

de Christine Orban

OrbanChristinele_pays_de_l_absence

Présentation de l'éditeur :
Et si un jour nous devenions les parents de nos parents ? Si irrémédiablement, les rôles s'inversaient avec le temps ? Avec justesse et sensibilité, tendresse et humour, Christine Orban nous raconte une histoire qui forcément nous rappelle quelque chose de nos vies.

Mon sentiment au sujet de ce roman
C'est un roman que j'ai lu très vite.
J'aime l'écriture de Christine Orban, qui aborde sereinement tous les sujets, même (surtout ?) les plus graves. Ici, sous une apparente légèreté, le texte est poignant, éprouvant, même, et le sujet triste (la maladie d'Alzheimer).
Je n'avais pas réalisé jusqu'ici que l'auteur, dans chacun de ses romans, évoque sa propre vie, qui ressemble à celle de tout le monde, Sans doute est-ce justement cela qui touche...

Morceaux choisis :
"Le plus beau cadeau qu'une mère puisse offrir à ses enfants, c'est d'être heureuse. Ce n'est pas le plus simple. On ne peut pas en vouloir à une mère de ne pas l'être, mais on peut lui en vouloir de le dire à tout bout de champ. Apprendre le silence. Apprendre à retenir la parole. A cacher la souffrance."
"Je ne tiendrai debout dans la vie qu'en m'appuyant sur quelque chose de l'enfance."
"Je préfère mon agacement au renoncement."

Et un passage, un peu plus long : « Minuit. Tandis que je travaille, tu as fait irruption dans mon bureau traînant une couverture, un pull panthère noué autour du cou sur ta chemise de nuit rose pâle pour me dire que tu as froid. Je te raccompagne dans ta chambre. Tu es si frêle, je n’ose même plus poser une main sur ton épaule de peur de te bousculer. Tu avances un pied devant l’autre, centimètre par centimètre…
J’ignorais que la fin ressemble au commencement, que les mamans finissent par devenir des enfants, que les plus aguerries d’entre elles, celles qui furent avocates ou femmes d’affaires se recroquevillent un jour et ne savent parfois même plus marcher. Jamais je n’ai eu l’impression d’avoir un appartement aussi grand, le chemin n’en finit pas. »

2 juillet 2012

dernière lecture : Saga

de Tonino Benacquista

Benacquista Tonino Saga

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à Cinecittà, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi - mais n'importe quoi ! - pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. " Saga ", c'était le titre.
(Grand prix des lectrices de Elle, 1998)

Mon sentiment au sujet de ce roman :
...Dire que j'ai failli passer auprès du bonheur !
Lorsque j'avais lu la partie introductive au roman (la présentation des personnages principaux), je n'avais pas franchement accroché, en tout cas pas compris l'engouement de Nath' ("Hey, coucou, Nath' !") pour ce roman.
Hop, sous la pile ! ...On verra plus tard.
Quelle bêtise !
Quand j'ai extrait ce roman de ma table de nuit (un peu contrainte, mea culpa : ça doit bien faire 6 mois que l'on me l'a prêté et là, il est plus que temps que je le rende...), j'ai plongé dans un univers loufoque, drôle, extravagant, surréaliste : le bonheur.
J'adore !
Vite, vite, un autre Tonio Benacquista !!!

Morceaux choisis :
"Elle a ce genre de beauté qui rend indifférent quatre vingt dix huit hommes sur cent, mais qui fascine les deux qui restent. Je suis l'un d'eux, et par chance l'autre ne s'est jamais manifesté. "
"Hormis Dieu et les scénaristes, vous connaissez d'autres boulots où l'on façonne les destins ?"
"Si l'art imite la vie, tant mieux".
"Le même geste dit exactement le contraire, selon la lecture".
"Je sais que la foi a besoin de preuves".
"Qui a dit que les plus beaux mots désignaient les plus belles choses ? ...Quand on pense qu'adulte a donné adultère. Vous ne trouvez pas ça vertigineux ?"
"Qui a dit que les paranoïaques pesaient le réel avec une balance plus subtile ?"
"J'ai bien peur que la seule limite soit celle de notre imagination".
"Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves".
"Il faudrait pouvoir écrire sa vie, scène après scène, et s'en tenir au script".
"Voilà peut-être le secret du bonheur : ne plus penser qu'à l'instant présent".
"Lancer le boomerang" est un geste très sentuel et une superbe parabole de la solitude".
"Le problème, c'est que je ne serai pas là pour voir la fin du monde".

Et puis, ce passage un peu plus long, que j'adore...
"Transgresser l'interdit, ce n'est ni voler une voiture ni casser la gueule de son pire ennemi. L'interdit, c'est bien autre chose, morveux. L'interdit n'est pas forcément la faute, ni le courage de la faire. L'interdit c'est... c'est faire un geste libre, tout simplement. Un geste qui n'est dicté par aucun code, aucune revendication, aucune revanche. Un geste libre, c'est...Jeter un violon par la fenêtre dans la quiétude du soir. Psalmodier dans une langue inconnue devant un miroir. Casser paisiblement  des verres à pied tout en fumant un énorme cigare. Porter un chapeau grotesque et agir comme s'il était invisible. En somme, risquer avec délice de passer pour un dingue aux yeux des autres. Enterrer du même coup le rationnel, le bon goût et la norme. "

Ben voilà... Tonino Benacquista a une nouvelle adoratrice : moi.
Allez, dites-moi que vous aussi vous l'aimez !

3 février 2014

dernière lecture : une petite robe de fête

de Christian Bobin

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Présentation de l'éditeur :
On ouvre des portes, une à une. La distance qui sépare une porte de la suivante, on met des mois à la franchir, parfois des années. On est sans impatience. On va d'un pas égal, ni trop lent, ni trop pressé. La main sur la poignée tremble à peine. Dans une pièce il y a un cerisier en fleur. Dans une autre trois flocons de neige. Dans une autre encore une chaise de lumière. On reste sur le seuil, on s'efface contre la porte. On laisse entrer ce qui est bien plus grand que soi - on laisse aller le ciel auprès du cerisier, l'enfance courir jusqu'à la neige, l'ombre s'asseoir sur la petite chaise. Et puis on repart ouvrir d'autres portes, un peu plus loin. C'est une activité somnambule, faussement calme, à peine consciente.
On appelle ça : écrire.

 

Mon sentiment au sujet de ce livre :
Dès que j'ouvre un livre de Christian Bobin, j'ai l'impression d'entrer dans un monde parallèle, un univers qui est mon univers. Ses mots résonnent quelque part, dans mon inconscient, et j'entre en état de bonheur.
Vous pensez sans doute que j'en fais un peu trop... Pourtant ce n'est que pure vérité. 
C'est pour ça que, comme on le fait avec les gens que l'on aime, j'ai perdu toute objectivité concernant ces lectures. Elles sont ma petite parenthèse, mon trésor de lecture. Et j'aime y revenir. Le plus souvent possible.

 

Morceaux choisis :
"Les grands livres, les mauvais livres, les journaux, tout est bon à qui aime lire, tout est nourriture à l'affamé. D'un côté ceux qui ne lisent jamais. De l'autre ceux qui ne font plus que lire. Il y a bien des frontières entre les gens."
"L'art, le génie de l'art n'est qu'un reste de la vie amoureuse qui est la seule vie".
"Ce qui vous touche, dans cette écriture, c'est ce qui vous touche dans la compagnie des enfants : une présence vraie de tout, une manière d'être au monde qui rend le monde léger".
"Tout commence par une déclaration de guerre : je t'aime, et le reste en découle comme par une loi de chute des anges".
"La grâce ne chasse pas nos maladresses. Elle les couronne"
"La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir"
"A quoi ça sert, de lire. A rien ou presque. C'est comme aimer, comme jouer. C'est comme prier".
"Les livres sont des chapelets d'encre noire, chaque grain roulant entre les doigts, mot après mot".
"Les livres aimés se mêlent au pain que vous mangez Ils connaissent le même sort que les visages entrevus, que les journées limpides d'automne et que toute beauté dans la vie : ils ignorent la porte de la conscience, se glissent en vous par la fenêtre du songe et se faufilent jusqu'à une pièce où vous n'allez jamais, la plus profonde, la plus retirée."
"Devant les livres, la nature ou l'amour, vous êtes comme à vingt ans : au tout début du monde et de vous."
"On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience".

Et puis ce passage, que j'aime particulièrement, peut être parce que j'ai l'impression que l'auteur parle un peu de moi ?... :
"Dans l'enfance, elle contemplait le ciel dans une flaque d'eau. Son coeur se prenait aux plus simples lumières. C'est cela qu'elle trouve dans l'écriture. C'est cela qu'elle trouve dans la lecture. Elle lit beaucoup, des romans. Les livres sont comme une eau de fontaine. Elle en approche son visage pour le rafraîchir. Il n'y a aucune différence entre la lecture et l'écriture. Celle qui lit est l'auteur de ce qu'elle lit."

 

Quelques mots de l'auteur, au sujet de son écriture :


16 avril 2012

dernière lecture : Rien ne s'oppose à la nuit

de Delphine De Vigan

DeViganDelphineRien ne s'oppose à la nuit

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »
Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Franchement, après avoir lu "No et moi", du même auteur, je m'attendais à autre chose. C'est drôle, dès lors que l'on part avec une idée préconçue, on a du mal à s'y faire. J'attendais un autre style de récit : un genre de fiction.
Et pourtant, quelle histoire !
Je n'aurais lâché pour rien au monde ce roman qui se lit très vite, avec étonnement. Lorsqu'on regarde l'auteur sourire, s'exprimer, on n'imagine pas un instant quelle a été sa vie, son enfance, sa mère. Comment, avec tout ça, elle a trouvé l'équilibre. On croit toujours que les autres nous ressemblent un peu. C'est faux. Leur histoire est unique, chacun dissimule une fêlure, sa propre fêlure, avec derrière tellement de choses à raconter !

Morceau choisi :
La coordination est à l'écriture ce que le montage est à l'image. Telles que j'écris ces phrases, telles que je les juxtapose, je donne à voir ma vérité. Elle n'appartient qu'à  moi.

2 février 2012

question de point de vue...

Il y a deux façons de vivre votre vie.
L'une est de penser que rien n'est un miracle.
L'autre est de penser que chaque chose en est un.

Albert Einstein

LeBruitDesVaguesDSC09034

A mes yeux,
la naissance d'un motif issu de la technique du hidden magique,
a toujours quelque chose de miraculeux...

LeBruitDesVaguesDSC09036

plaque en pâte polymère
(qu'il va hélas falloir découper en morceaux...)

10 juin 2011

dernière lecture : Leur histoire

de Dominique Mainard

MainardDominiqueLeurHistoire

Présentation de l'éditeur :
Anna a six ans. Elle n'a jamais parlé. Une crainte étrange court tel un fil dans sa famille depuis trois générations, la crainte que les mots ne soient «des traîtres, des voleurs», une menace insidieuse capable de vous ôter la vie et l'amour des êtres qui vous sont chers. Nadèjda, sa mère - la narratrice -, a refusé d'apprendre à lire et à écrire. À l'âge d'Anna, elle a assisté impuissante à la mort de sa grand-mère, provoquée, s'est-elle imaginé, par l'un des mots du conte que la vieille femme lui lisait alors... Lorsque, en désespoir de cause, elle inscrit Anna dans une école pour malentendants, elles croisent le chemin de Merlin, un enseignant qui emploiera toutes ses forces à «donner la parole» à l'enfant. Entre la frayeur que Nadèjda éprouve et l'amour qui naît bientôt entre elle et Merlin, des bulles de savon, un sifflet, des masques seront autant de pierres formant un gué périlleux qui permettra à Anna d'atteindre l'autre rive. «Un conte et un règlement de compte avec les mots.» Catherine Argand, Lire.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est encore un livre que j'ai très très envie de vous conseiller. Il est d'une poésie...
Evidemment, une belle histoire d'amour, mais douloureuse et incertaine, jusqu'au bout. A la manière d'un conte, d'un joli conte, mais les contes sont sans pitié !
Rien que le choix du prénom de Merlin ...j'adore.
A signaler l'adaptation de ce roman au cinéma : Les mots bleus, avec Sergi Lopez et Sylvie Testud. Pour ma part, l'écriture de Dominique Mainard est si belle, dans ce roman, que j'aurais peur d'être déçue en regardant le film... Le lien, ici

Morceaux choisis :
Pourquoi tant d'étoiles et si peu de trèfles à quatre feuilles ? Pourquoi un gaspillage de vents dans les espaces et si peu d'air dans les chambres des hommes ? Pourquoi tant de mots si le silence de la mort doit les ensevelir ? (l'auteur cite Ici André Schmitz, dans "Délits de légèreté").
Y a-t-il un endroit précis dans nos vies où quelque chose s'arrête ou se brise, pourtant nous continuons à vivre comme si de rien n'était, faisant tourner inlassablement le fil des jours dans le vide comme la roue d'un vélo dont la chaîne a sauté ?

8 mai 2011

dernière lecture : Tout le monde est occupé

de Christian Bobin

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Présentation de l'éditeur :
"Je m'appelle Manège, j'ai neuf mois, et je pense quelque chose que je ne sais pas encore dire. Entrer dans ma tête. Mon cerveau est plié en huit comme une nappe de coton. En huit ou en seize. Déplier la nappe, voilà ma pensée de neuf mois : d'une part, les coccinelles n'ont pas bon goût. D'autre part, les ronces brûlent. Enfin les mères volent. Bref, rien que d'ordinaire. Il n'y a que le naturel dans ce monde. Ou si vous voulez, c'est pareil : il n'y aque des miracles dans ce monde."

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est simple : c'est exactement comme ça que je voudrais aimer, comprendre, dessiner, regarder, dire, faire, écrire, penser, rêver.
Je voulais un livre qui me fasse du bien, et m'aère un peu la tête : je l'ai encore une fois trouvé auprès de Christian Bobin.
Et maintenant... je crois que je vais le relire dans la foulée, et le déguster, au lieu de le dévorer comme je viens de le faire.
Envie de dire "merci, merci, merci". ;)

Morceaux choisis :
"Vivre est si rapide. Il faut bien mettre un peu d'enthousiasme là-dedans, non ?"
"Je n'avais jamais vu un aussi bel homme. Il était seul, et la solitude fait beaucoup pour la beauté".
"Parfois l'amour est si fort qu'il n'y a rien à faire : on peut très bien aller, en toute conscience, vers son malheur".
"Je ne fais pas que chanter : j'écoute aussi la conversation du tilleul avec le vent. Le fou rire des feuilles dans la petite brise du soir est un bon remède contre la mélancolie".

"L'amour prend la pensée et la prend toute".
"Une tribu ce n'est pas n'importe quoi. C'est de la chaleur, du rire, et du temps merveilleusement perdu".
"Les choses qui arrivent dans la vie basculent tôt ou tard dans les livres. Elles y trouvent leur mort et un dernier éclat".
"Pour parler, il ne suffit pas de parler, il faut aussi être entendu".
"Dire la vérité : une toute petite part de la vérité, une miette de vérité - ce genre de miette qui gratte entre la peau et la chemise, qui se faufile entre les draps et détruit le sommeil".

Une belle découverte parallèle
avec un magnifique dessin de Pierre Mornet sur la une du roman.

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28 mai 2011

dernière lecture : La maladie de Sachs

de Martin Winkler

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Présentation de l'éditeur :
" Comment allez-vous, depuis la dernière fois ? Pas bien, sinon je serais pas venu ! Moi, ça va, c'est ma femme qui ne va pas.
Mieux. C'est pas encore ça, mais c'est mieux.
C'est pareil. Vos remèdes ne m'ont rien fait. C'est pas pire, mais j'ai toujours du mal à dormir.
Eh bien, j'ai plus mal, mais maintenant ça me démange. "
Dans le cabinet du Docteur Sachs, les plaintes se dévident, les douleurs se répandent. Sur des feuilles et des cahiers, Bruno Sachs déverse le trop-plaint de ceux qu'il soigne. Mais qui soigne la maladie de Sachs ?

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je l'ai trouvé vraiment, vraiment très long. Mais je l'ai lu. Jusqu'au bout.
Pas facile. Pour Bruno, le héros du roman, je veux dire. Quelle solitude, quelle force. Lire ces pages jusqu'au bout est douloureux mais indispensable. Elles condensent la vie de quelques hommes, admirables, à mon avis.
Et souffrants.
 
Morceaux choisis :
"La vie, c'est risqué."
"Si nos corps vivent, c'est grâce au corps de l'autre, de l'être aimé."
"La morale, c'est encore plus étouffant que l'ashme."
"De toutes manières, aimant ou non, aimé ou non, tôt ou tard, on souffrira. Qu'on le veuille ou pas. Le corps est fait pour ça. Pour souffrir et pour se reproduire. (...) C'est une réalité biologique. Mon corps souffre pour me rappeler sans arrêt que le monde est hostile. Que le feu brûle les doigts, que la neige gèle les orteils (...). Le corps souffre parce que le corps vit."
"Aimer, c'est être impuissant contre le temps et en avoir conscience. Aimer, c'est savoir que l'amour n'aura qu'un temps, tout le temps de la vie, peut-être, mais seulement ce temps-là. "
Et puis, un passage un peu plus long :
"La médecine est une maladie qui frappe tous les médecins, de manière inégale. Certains en tirent des bénéfices durables. D'autres décident un jour de rendre leur blouse, parce que c'est la seule possibilité de guérir - au prix de quelques cicatrices.
Qu'on le veuille ou non, on est toujours médecin. Mais on n'est pas tenu de le faire payer aux autres, et on n'est pas non plus obligé d'en crever".
6 décembre 2010

schkrâââck...

Et ben voui,
on peut quand même pas gagner tout le temps...
DSC06524
C'est comme dans la vie,
non ?

Ah ?
Je vous l'avais déjà faite, celle-la ?
Ah oui, je m'en souviens, maintenant que vous le dites...

Et bien, il ne faudrait quand même pas que cela arrive trop souvent !

Alors moi qui étais lancée pour composer un collier dans le style de celui-ci (clic),
me voici avec deux colliers "mono-tesselle" !

166_Collier_monos_tesselles

 

Et, puis, pour utiliser "les restes-des-restes"
j'ai fait ces petites vagues toutes paisibles.

162Collier

 

Et puisque j'étais lancée pour "nettoyer" mon plan de travail,
j'ai encore disséqué une dernière cane qui traînait par là.

165Collier

Créations en pâte polymère

7 novembre 2010

'faut toujours un responsable...

cupcakes_de_maud

Tout ça, c'est de la faute de Maud.
Il faut dire aussi que sa petite recette de cupcakes au potimarron et à la crème de marron (*et profitez-en pour voter ! <-- c'est là (clic) ) tombait à pic ! Parce que cette année, heureusement nous avons la grange pour stocker les courges (et je ne plaisante qu'à moitié...). Bref, ses petits gâteaux m'ont fait de l'oeil, et me voilà trucidant ma première courge de l'année pour réaliser de délicieux petits biscuits pour le goûter.
Bon, si vous lisez d'un peu plus près sa recette, vous observerez aussi qu'il faut seulement 100 g de purée de courge, ce qui correspond (à peine...) à deux cuillères à soupe. ...Vous voyez le problème ? Soit je multiplie les proportions par 10, soit je dégote dare-dare d'autres recettes à base de courge (mais il y en a plein sur son site)...

Pour la crème de marron,  je l'ai aussi confectionnée moi-même, et les filles m'en réclament encore, ce qui est plutôt bon signe... Ingrédients : 1 bocal ou une boîte de conserve de marrons préparés (sinon, des chataîgnes ramassées, pelées et cuites à l'eau, ce qui, c'est sûr, a un autre charme, mais demande d'une part une grande balade en forêt et d'autre part, un brin de patience à l'épluchage...) - environ 300 g de sucre - de l'eau - de la vanille liquide. mixer les marrons en fine purée - mettre le sucre dans une casserole avec un peu d'eau pour obtenir un sirop épais de sucre - faire cuire à feu vif et ajouter d'abord les marrons mixés puis une bonne cuillère à soupe de vanille liquide, et ce avant que le sucre ne se transforme en caramel - continuer la cuisson à feu vif, sans cesser de remuer (la crème de marron va s'épaissir et foncer au bout d'environ 15 mn).

On peut même la mettre en pot en augmentant les proportions pour la servir comme de la confiture !
(les justes proportions pour une dizaine de pots : pour 2 kg de marrons - 1 gousse de vanille - de l'eau - 1,8 kg de sucre environ).

30 septembre 2010

dernière lecture : novecento, pianiste

de Alessandro Baricco

BarricoAlessandroNovecentoPianiste

Présentation de l'éditeur
Novecento est né en mer. A trente ans il ne connaît rien de la terre ferme. Il navigue sans cesse sur l'Atlantique. Son temps est entièrement dédié à composer une musique étrange et magnifique sur son piano, une musique de l'Océan entendue comme un souffle dans les ports qui jalonnent son errance.

Lire la suite...
13 février 2018

dernière lecture : La part manquante

de Christian Bobin

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Présentation de l'éditeur :
"C'est par incapacité de vivre que l'on écrit. C'est par nostalgie d'un Dieu que l'on aime. Un livre, c'est un échec. Un amour, c'est une fuite. Nous ne pouvons entreprendre que de biais, nous ne pouvons vivre que de profil. Nous ne sommes jamais où nous croyons être. Notre désir est voué à l'errance. Notre volonté est sans poids. Parfois quand même, on approche quelque chose. Parfois quand même on reçoit des nouvelles de l'éternel. Le battement des lumières sur un visage. La tombée de la foudre dans une encre."
 
Mon sentiment au sujet de ce livre :
Lorsque j'ouvre un roman de Christian Bobin, j'ai peur.
De son poids dans mon sac,
de son poids sur mon coeur.
Des mots essentiels
à mon existence
Une évidence
Que la vie
Est là
et tient dans ces toutes petites pages
précieuses et fragiles
mais qui pèsent pourtant une tonne dans ma vie.
Des racines et des ailes : Christian Bobin nous rappelle que nous sommes pouvus d'ailes,
mais aussi cloués au sol...
 
Morceaux choisis :
"Seulement voilà, on a trouvé autre chose, on a trouvé les livres, avec les livres on ne choisit plus, on reçoit tout. La lecture c'est la vie sans contraire, c'est la vie épargnée."
"Il en va de la lecture comme d'un amour ou du beau temps : personne ni vous n'y pouvez rien. On lit avec ce que l'on est. On lit ce que l'on est".
"Je vous aime". Sujet, verbe, complément. Ce qu'on apprend dans les livres, c'est la grammaire du silence, la leçon de lumière. Il faut du temps pour apprendre. Il faut tellement de temps pour s'atteindre.
"Et il y a des livres que l'on ne sait pas dire".
"L'abondance des choses empêche de voir. La rumeur des pensées empêche d'entendre".
"Ce à quoi l'on donne de la valeur vous en donne en retour. Ce n'est qu'à vous, donc c'est vous."
"L'esprit est une partie du corps, un fragment plus subtil de la chair -comme on dit d'un vin qu'il est subtil, d'une absence qu'elle est longue".
"(...) Vous y avez trouvé votre formule du bonheur informulable. Elle tient en un mot, et ce mot se tient sur un souffle, au bord des lèvres : rien. Un rien vous enchante. Si un rien vous enchante, c'est aussi parce qu'un rien peut vous anéantir. La même lumière peut, selon les heures et la direction du songe, vous exalter ou vous ruiner. Sans nuances dans un cas comme dans l'autre. Il y a un creux sous votre nom. Il y a un trou dans le ciel. On a inventé le travail pour n'y plus songer".
"Dans la vie ordinaire, on peut toujours parler car on peut toujours mentir. Dans la vie éternelle -qui ne se distingue de la vie ordinaire que par l'éclat d'un regard- on ne peut pas aller contre son cœur, mentir. Alors on se tait".
"C'est quoi, réussir sa vie, sinon cela, cet entêtement d'une enfance, cette fidélité simple : ne jamais aller plus loin que ce qui vous enchante à ce jour, à cette heure".
"Derrière nous se tient un ange. Il est né avec notre naissance. Il grandit et s'épuise avec nous".
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