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Le bruit des vagues
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23 septembre 2008

Titiller vos papilles

...oui,
mais sans les offenser !

Les petits mélanges subtils de saveurs, les sucrés/salés non-agressifs, voilà un beau challenge en cuisine. Quand on a dégoté la recette qui respecte l'équilibre sacré, le non-excessif, on a, bien sûr, envie de la faire, et la refaire, surtout lorsqu'elle fait l'unanimité !!!...

C'est le cas de cette simplissime recette de saison : la salade aux Figuesfigues et fromage de chèvre, dont, j'espère, vous me donnerez des nouvelles...  pour 4 personnes : 1 c à café de miel - 1 c à café de vinaigre balsamique - 1 c à café de moutarde à l'ancienne - 3 c à café d'huile d'olive - 6 tranches de jambon cru (parme, par exemple) - 6-8 grosses figues bien mûres - 100 g de roquette environ - 100 g de fromage de chèvre coupé en petits cubes. mélanger le miel, le vinaigre, la moutarde, et l'huile dans un grand saladier - remuer jusqu'à obtenir un mélange bien homogène - faire revenir sur une poêle "sèche", à feu moyen, le jambon cru pour le rendre bien croustillant - le déchirer en petits morceaux dès qu'il a refroidi - nettoyer les figues, et les couper en 4/6 morceaux - déposer la roquette dans le saladier - mélanger intimement pour que la sauce enrobe bien les feuilles - sur la salade, déposer les figues, le jambon et le fromage - mélanger le tout juste au moment de servir.

Et régalez vous !!!

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28 août 2008

Où me portent mes rêves

Personnage_a_une_fenetre_Dali

Je ne saurais trop dire pourquoi
lorsque je regarde vers l'horizon
mon regard, inévitablement, se perd.
L'effronterie de cette insondable immensité
me transporte vers d'autres espaces.
Et la perspective d'entrevoir, au loin,
les mouvements bleutés de la mer
est comme la fastueuse promesse
d'une fortune peu ordinaire.
Me revient alors cette pensée :
"homme libre,
toujours
tu chériras la mer".


Anne


 

Texte rédigé en juillet 2008,
mon thème : "à la pêche aux mots".
Le jeu que je venais d'inventer consistait à trouver des mots dans ma dernière lecture, à la page où je me trouvais (L'allée du roi, de Françoise Chandernagor, page 48), ainsi que sur la couverture du roman (qu'est-ce que je vois ?), puis rédiger un texte avec (Ben quoi ? Y'en a bien qui passent leur été à jouer au sudoku... Moi, cela me torture les méninges, et puis, j'ai toujours préféré les mots aux chiffres...).

Illlustration :
"Personnage à une fenêtre", de Salvador Dali

12 juillet 2008

Une série

de boucles d'oreilles

toutes en hidden magique !

s_rie_3_paires_BO
(chacune de ces paires de boucles est visible séparément
sur l'album n° 1 consacré à la polymère)

...Heu,
ça vous fatigue pas, vous,
ces animations, là, qui tournent en boucle ?
Merci de me laisser votre avis
(parce que ouh là là,
moi, ça finit par me donner le tournis !)

20 mars 2010

dernière lecture : la consolante

de Anna Gavalda

gavaldaAnna_la_consolante

Présentation de l'éditeur :
Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. 'Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C'est fini. C'est fini, tu comprends ?' Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.' Anna Gavalda

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un personnage auquel on s'attache au fil de la lecture, quelques délicieux, ennuyeux ou infects instants de vie (...bref, la vie !), une amitié blessée, deux êtres qui se croisent et se reconnaissent...
Beaucoup ont été déçus à la lecture de ce roman (trop long, pas "la gavalda" que l'on connaît, etc...), tandis que moi, j'en redemande juste encore. C'est quoi, déjà, le suivant ? L'échappée belle ? J'ai déjà tellement hâte de m'y plonger...

Morceaux choisis :
Je suis d'ici... Avait englobé dans ce geste le feu, les enfants, leurs rires, les chiens, les chevaux, les prés, les bois, la rivière, son hameau de toits croulants, les premières étoiles, diaphanes, et même les hirondelles qui s'amusaient, elles au contraire, à mettre tout ce ciel entre parenthèses.
Les murs d'un enfant qui grandit sont toujours comme une leçon d'ethnologie amusante. Des mètres carrés qui palpitent et se renouvellent sans cesse.
Il se souvient comme son visage l'avait marqué la dernière fois. Mais ce n'était pas ses rides ou ses racines blanches qui l'avaient décontenancé, c'était... (...) Quelque chose, quelqu'un, la vie avait éteint la lumière.
Etat de sidération : quand la douleur est telle que le cerveau renonce, pour un temps, à faire son boulot de transmetteur.
La douleur, c'est la survie (...). Sans elle, nous laisserions nos mains dans le feu.
Charles, attentif, se concentrait pour plus tard. Leurs bêtises, leurs rires, leurs visages. Cet îlôt dans la nuit. Il ne voulait rien oublier. (...) Ce fût un dîner très gai et plein d'éphémères.
C'était une cuisine sur mesure conçe par un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de volume, passeur de lumière et autres trouducuteries. (...) Propre, nette, immaculée (...) Le problème, c'est qu'il n'y avait rien à manger...
Ce que vous ne comprenez pas (...) ce qui vous échappe ou vous dépasse, dessinez-le. Même mal, même grossièrement. Vouloir dessiner quelque chose, c'est être obligé de s'immobiliser pour l'observer et observer, vous verrez, ce sera déjà comprendre.

7 mars 2010

dernière lecture : ce que je sais de Vera Candida

Ce que je sais de Vera Candida

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de Véronique Ovaldé

Présentation de l'éditeur
Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d’une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu’un destin, cela se brise. Elle fuit l’île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d’une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L’Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir.
Un ton d’une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C’est ce qu’il fallait pour donner à cette fable la portée d’une histoire universelle : l’histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L’histoire de l’amour en somme, déplacée dans l’univers d’un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes – et les êtres – qui lui sont chers.

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3 mars 2010

dernière lecture : seule Venise

Seule Venise
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de Claudie Gallay

Présentation de l'éditeur
Elle n'a pas choisi Venise. Cela s'est présenté comme ça. Elle a vidé son compte bancaire, réservé une chambre dans un palais du Castello. Noël approche, et la cité s'enfonce dans les brumes. Un vieux prince russe, rescapé des tourbillons de l'Histoire, une jeune danseuse, un libraire amoureux des mots... Les rencontres se succèdent, les digues intérieures s'affaissent, et Venise se dévoile, secrète et troublante. Amants perdus et retrouvés errent de rios en venelles, tandis que lentement s'éloigne, dans le brouillard, la silhouette du peintre Zoran Music.

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29 novembre 2013

dernière lecture : Trois chevaux

de Erri De Luca

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¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
«Je monte sur la passerelle, je ne pense à personne, je suis la dernière feuille de l'arbre et je me détache sans être poussé.
Je ne pense pas à la jeune fille aimée, suivie jusqu'à faire partie de son pays.
Maintenant je sais qu'elle est au fond de la mer, jetée au large du haut d'un hélicoptère, les mains attachées. A vécu pour moi, est morte pour offrir des yeux aux poissons.»
Le narrateur, Italien émigré en Argentine par amour, retourne ainsi au pays. En Argentine, sa femme a payé de sa vie leur combat contre la dictature militaire. Lui, le rescapé, a appris que la vie d'un homme durait autant que celle de trois chevaux. Il a déjà enterré le premier, en quittant l'Argentine. Il travaille comme jardinier et mène une vie solitaire lorsqu'il rencontre Làila, qui «va avec des hommes pour de l'argent», et dont il tombe amoureux. Il prend alors conscience que sa deuxième vie touche aussi à sa fin, et que le temps des adieux est révolu pour lui.

Récit dépouillé à l'extrême, Trois chevaux évoque la dictature argentine, la guerre des Malouines, l'Italie d'aujourd'hui. Puis, à travers une narration à l'émotion toujours maîtrisée, où les gestes les plus simples sont décrits comme des rituels sacrés, et où le passé et le présent sont étroitement imbriqués, pose la question des choix existentiels que nous sommes amenés à faire - partir, rester, tuer, laisser vivre - et interroge la notion de destin.

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Mais bien sûr, que je sais que c'est là un très bon livre. Bien sûr, que je l'ai ressenti. Que j'ai été troublée. Déroutée.
Pour tout dire, j'ai même fini par éprouver un malaise. 
Trop...
Un peu comme quand on décide l'aller manger à l'Auberge de Malatras.
Tout y est exquis, subtil, surprenant. Délicieux. Pourtant, je sors toujours de cet endroit déroutée : trop de mélanges fins, trop d'expériences culinaires et d'émotions gustatives. Je crois que j'aurais tout, absolument tout adoré, mais séparément. 
Pour le roman d'Erri de Luca, c'est exactement pareil. Une page par jour eût été mieux (mais impossible, évidemment !). Pour pouvoir déguster vraiment.
Enfin, ça, c'était juste avant que la fin s'annonce, parce que lorsque s'ébauche le dénouement de ce roman (conte ?), il ne reste que le beau. Le très beau.
Un roman avec des passages magnifiques. Un véritable monde parallèle. Un plongeon dans la poésie. A toutes les pages. C'est beaucoup... 
Peut-on lire en gardant les yeux écarquillés ?

 

Morceaux choisis :
"Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Ls livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever".
"La géométrie des choses environnantes fait naître des coïncidences, des rencontres".
"Une cafetière sur le feu suffit à remplir une pièce".
"Je lis les vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont lus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies".
"Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait".`
"Au cours de la journée, mon corps obéit, et il obéit à tout ce dont je le charge, mais ensuite, une fois son office rempli, il m'envoie courir après le vent et me tire à vide, heureux".
"Il y a des créatures destinées les unes aux autres qui n'arrivent jamais à se rencontrer et qui se résignent à aimer une autre personne pour raccommoder l'absence. Elles sont sages".
"La guerre, c'est quand les jeunes rêvent de devenir grand-pères".
"Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires"
"C'est ce que doivent faire les livres, porter une personne et non pas se faire porter par elle, décharger la journée de son dos, ne pas ajouter leurs propres grammes de papier sur ses vertèbres".
"Il y a des humilités qui grandissent un homme".
"Un homme prie et augmente ainsi la substance au ciel. Les nuages sont pleins du souffle des prières".
"Je sais que je suis un homme maintenant car je suis la plus dangereuse des bêtes".
"Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à sn rythme, à la respiration d'un autre qui raconte. Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes".
"Nous apprenons des alphabets et nous ne savons pas lire les arbres. Les chênes sont des romans, les pins des grammaires, les vignes sont des psaumes, les plantes grimpantes des proverbes, les sapins sont des plaidoiries, les cyprès des accusations, le romarin est une chanson, le laurier une prophétie".

« Un arbre a besoin de deux choses : de substance sous terre, et de beauté extérieure. Ce sont des créatures concrètes mais poussées par une force d'élégance. La beauté qui leur est nécessaire c'est du vent, de la lumière, des grillons, des fourmis et une visée d'étoiles vers lesquelles pointer la formule des branches. Le moteur qui pousse la lymphe vers le haut dans les arbres, c'est la beauté, car seule la beauté dans la nature s'oppose à la gravité. Sans beauté l'arbre ne veut pas. C'est pourquoi je m'arrête à un endroit du champ et je lui demande : « ici tu veux ? » Je n'attends pas de réponse, de signe dans la main qui tient son tronc, mais j'aime dire un mot à l'arbre. Lui sent les bords, les horizons et cherche l'endroit exact pour pousser. Un arbre écoute les comètes, les planètes, les amas et les essaims. Il sent les tempêtes sur les soleil et les cigales sur lui avec une attention de veilleur. Un arbre est une alliance entre le proche et le lointain parfait. »

20 août 2012

dernière lecture : Invisible

de Paul Auster

Auster Paul Invisible

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Trois décennies après les événements, James Freeman, un écrivain américain renommé, raconte l'histoire dont l'a fait dépositaire un ancien condisciple, Adam Walker, du temps où tous deux étaient étudiants à Columbia University. De New York à Paris, ce roman de formation déroule, outre l'histoire d'Adam, un jeune Américain idéaliste dont la vie s'est trouvée bouleversée par la rencontre d'un personnage fascinant et ambigu, Rudolf Born, celle de quelques personnages qui, malgré le passage du temps, subissent toujours l'étrange et périlleux ascendant d'une figure maléfique.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
L'on m'avait dit : "Paul Auster, Anne. Essaie Paul Auster : tu vas adorer".
Ben voilà. J'ai essayé, et je n'y reviendrai plus, je crains... Presque j'ai failli abandonner ce roman où l'auteur met en scène un homme totalement désorienté : « son esprit est ailleurs, à la dérive parmi les créatures qui hantent son imagination tandis qu’il cherche une réponse à la question qui l’obsède ».
C'est compliqué, tordu. Pourtant la fin m'a bien plu, avec ces quelques pages où Cécile, un des personnages du roman, laisse lire un passage de son journal intime. Et comprend.
Si vous voulez une analyse plus fine du roman, vous la trouverez ici (clic).

Morceau choisi :
C'est toi qui doit te prendre en charge. Si quelque chose en toi est cassé, c'est à toi de le réparer de tes propres mains.

23 septembre 2011

dernière lecture : Guérir

de David Servan-Schreiber

docteur servan schreiber 

Présentation de l'éditeur :
David Servan Schreiber part d'un constat simple : Depuis peu, les neurosciences et la psychologie ont connu un changement radical. Notre cerveau 'émotionnel' est bien plus que le vestige encombrant de notre passé animal : maître de notre corps et de nos passions, il est à la source de notre identité, des valeurs qui donnent un sens à notre vie. Qu'il se dérègle un tant soit peu, et celle-ci part en lambeaux, qu'il soit en harmonie avec notre corps et nous devenons pleinement nous-mêmes... L'auteur propose donc sept techniques pour permettre à chacun de trouver ou de retrouver un équilibre mental et physique. Ces méthodes passent par un contrôle des mouvements oculaires, une régularisation du rythme cardiaque ou encore une synchronisation des horloges biologiques.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Après la lecture de "On peut se dire au revoir plusieurs fois", j'avais évidemment envie d'en connaître davantage sur les écrits de David Servan Schreiber. Qui nous propose une manière de parler différemment de la maladie.
L'idée : se battre non pas avec sa tête, mais avec son corps ! Surveiller son alimentation, l'enrichir en oméga 3, bouger en faisant du sport, se tourner vers l'acupuncture, la méditation. Sans jamais négliger le lien aux autres (empathie).
Un documentaire, que vous pourrez visionner à la fin de cet article (principalement axé vers la dépression) retranscrit très bien le contenu du livre.
Pour moi, il s'agit là surtout d'une porte ouverte vers le "mieux vivre" : en harmonie avec son corps et ses idées.
Pour d'autres, sont exposées là les idées d'un charlatan (voir ici ou encore !). (Conseiller une alimentation saine ou faire du sport ne relèvent-ils pas tout simplement de bon sens ?...)
Faites vous votre opinion, et dites moi...

Morceaux choisis :
« Quand on se consacre à quelque chose d'autre, on oublie un peu »
«
L'homme est un animal profondément social. Nous ne pouvons pas vivre heureux, nous ne pouvons pas guérir au fond de nous-même, sans trouver un sens dans notre rapport au monde qui nous entoure, c'est à dire dans ce que nous apportons aux autres. »

 



Guérir Autrement - Dr David Servan-Schreiber 1/4 par Wakeup-


Guérir Autrement - Dr David Servan-Schreiber 2/4 par Wakeup-


Guérir Autrement - Dr David Servan-Schreiber 3/4 par Wakeup-


Guérir Autrement - Dr David Servan-Schreiber 4/4 par Wakeup-

18 juin 2011

l'attraper au vol...

Récupérer un petit bout de cane dont personne ne veut plus,

Tester, pour la première fois, le "heat gun" pour une pré-cuisson "bombée" des cabochons,

Confectionner cinq cabochons aux motifs un peu psychadéliques,

Fabriquer un collier,

Et essayer de capturer une jolie demoiselle en photo.

Pfff, cette fois, je crois que je vais aller me reposer !

2011-088CollierLeBruitDesVaguesV3 5 2011-088CollierLeBruitDesVaguesV3 2
2011-088CollierLeBruitDesVaguesV3 4 2011-088CollierLeBruitDesVaguesV3 3

2011-088CollierLeBruitDesVaguesV1 

Collier en pâte polymère


Je vous montre

- la cane de départ, abandonnée chez moi par Miha

Cane noeuds

- un heat gun (c'est un genre de sèche cheveux, encore appelé pistolet à chaleur)
un clic sur la photo vous redirigera vers un site où vous pourez vous en procurer

heat gun

- et la demoiselle, un peu plus sage
2011_088CollierLeBruitDesVagues_avec_cadre

30 avril 2011

dernière lecture : L'attrape-rêve

de Xavier-Laurent Petit

Petit_Xavier_Laurent_L_attrape_reves

Présentation de l'éditeur :
Louise vit au bout du monde, tout là-haut, dans une vallée belle et rude dont les rares habitants n'aiment pas se mélanger avec ceux " d'en bas ".
Alors, quand un nouvel élève déboule dans la classe en cours d'année, Louise, comme les autres, pense à une erreur. Non seulement Chems n'est pas de la vallée, mais il est différent, avec ses cheveux longs, la couleur de sa peau, la vieille caravane dans laquelle il vit avec sa mère au milieu des bois... C'est cette différence que Louise trouve attirante. Elle est bien la seule. Pour les autres, comme son père, un étranger n'a rien à faire dans la vallée où le travail manque, où la scierie du coin bat de l'aile.
Louise se sent coupée en deux. Mais Chems va prouver qu'il aime cet endroit comme s'il y était né. Quitte à le défendre au péril de sa vie."

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Encore une bonne surprise. Plutôt facile à lire, mais une ambiance très particulière. Une belle parenthèse.

Morceaux choisis :
"Parfois, ce serait bien de faire comme au cinéma, un seconde prise. Et de pouvoir rejouer les scènes de la vraie vie qu'on a un peu ratées".
"Des millions de gens vivent sans lire, mais ce qu'ils ignorent, c'est qu'on vit infiniment plus en lisant".

2 avril 2010

Ah !

Cette fois j'en suis sûre :
le printemps sera bientôt là.

Pour preuve ?
l''invasion des fourmis dans ma cuisine.
Elles n'y apparaissent qu'en ce glissement de saisons :
trop tôt pour être dehors, mais déjà en alerte, à l'intérieur.

fourmi_by_math

Ceci est l'une des joies annuelles d'habiter une très vieille maison, à la campagne, avec des murs en pisé...

Nous avions eu le droit, une année, à un couple d'hirondelles qui avait fermement décidé de loger chez nous, à l'intérieur de la maison : elles rentraient par une fenêtre pour sortir par une autre, effectuant là un véritable ballet, une ronde, qui durait, durait, le temps d'un éclat de rire, d'un émerveillement, d'une stupéfaction, pour finalement s'installer sur des tuyaux, bien en hauteur, dans la chaufferie.
Difficiles à déloger, mais spectacle inoubliable !

Et puis, une autre fois, une chauve-souris, accrochée au plafond, dans le couloir. Il faisait jour. Elle dormait, alors...
...un ou deux lézards, aussi, dans le buffet,
Et puis, moins drôle, des mouches, souvent, avec le haras, à seulement quelques mètres de la maison...

C'est notre vie, ici.
Et puis, surtout, c'est de ma faute : je suis incapable de fermer portes et fenêtres dès qu'un rayon de soleil pointe le bout de son nez. J'entends les chevaux hennir, je respire, et la lumière, alors, est tellement douce...

Quant à exterminer la colonie de fourmis, dans la cuisine, cela me fend le coeur...
Il faudra bien pourtant,
parce que fermer mes fenêtres ne servira pas à grand chose...


(photo par Mathilde)

15 septembre 2009

Dernière lecture

Le sourire étrusque
Sampedro_JoseLuis_LeSourireEtrusque
de José Luis Sampedro

Résumé du roman :
Un vieux paysan calabrais malade arrive chez son fils à Milan pour y subir des examens. Il déteste la vie dans le Nord, cette ville hostile et son ciel gris, mais c'est là qu'il découvre son dernier amour: son petit fils, Bruno, qui porte le nom que ses camarades partisans lui avaient donné au temps du maquis. Et, sur le chemin qui le rapproche de la fin de sa vie, c'est aussi la rencontre d'une femme et la révélation de la nature profonde de l'amour: tendresse et complicité, que la dureté de son monde ne lui avait jamais donné à connaître. Au contact de cette femme, mais peut-être encore plus à celui de l'enfant, les derniers jours du vieil homme prennent un tout autre sens, en même temps qu'il donne au petit de la ville de véritables racines. Dans ce roman plein de tendresse, d'humour et d'émotion, l'approche de la mort, la vieillesse, offrent encore de formidables moments de bonheur et d'apprentissage, qui mènent à la plénitude et à la sérénité si bien représentées par le fameux sourire étrusque.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Même si le sujet traité est plutôt intéressant (la vieillesse et tout ce qui l’entoure : le passé historique et souvent passionnant des anciens, la maladie, la mémoire qui s’enfuit, l’approche de la mort), mon opinion sur ce roman n’est pas excellente, et je dois même avouer m’être franchement ennuyée sur la fin, sautant (joyeuseuement) les dernières pages. Une lecture pas indispensable, donc, à mon avis, même si la critique en a fait le meilleur accueil.

Quelques passages qui m'ont interpellée :
Cette histoire de jeûner avant les analyses, pense-t-il en savourant son fromage blanc à l'oignon et au olives, c'est des foutaises de médecin. Du cinéma pour toucher plus. Des analyses, pour quoi faire ? De toutes manières, ça va mal tourner.
Ces souvenirs font tellement partie de moi, se dit-il, que c'est comme le coeur, on finit par l'oublier.

29 juin 2009

Dernière lecture

Les déferlantes
Gallay_Claudie_Les_d_ferlantes
de Claudie Gallay

Résumé :
La narratrice a souffert, son mari est mort, de maladie, et elle ne s'en remet pas. Elle était prof de biologie à l'université d'Avignon. Elle est venue s'installer à La Hague, dans le Cotentin, elle est employée par le centre ornithologique, et sillonne la lande à longueur de journée.
Un jour, Lambert arrive. Nan, une figure du village, le prend pour un certain Michel. Qui est Michel, qui est Lambert ? Commence une terrible quête : Lambert veut la vérité sur la disparition de son frère Paul, il ne croit pas réellement qu'il soit mort dans un naufrage avec ses parents. Une terrible chasse aux secrets débute, sur fond de terre sans pitié "On parlait de La Hague, de la lande, de cette terre rude et forte devant laquelle les hommes ne pouvaient que s'incliner."

Lire la suite...
9 octobre 2012

dernière lecture : la nature de l'air et de l'eau

de Régina McBride

La Nature de l'air et de l'eau

¬¬¬¬¬ 

Présentation de l'éditeur :
Sur la côte ouest de l'Irlande, une jeune fille hante les chemins du rivage, apprend seule à jouer du piano, épie sa mère qui, croit-elle, reçoit la visite nocturne d'un fantôme... Sa sensualité s'éveille, son imagination et sa curiosité vont la pousser, à mesure qu'elle grandit, à percer le mystère de ses origines et à retracer l'histoire d'une mère fantasque à laquelle elle est dramatiquement et irrémédiablement liée. Clodagh Sheehy est fascinée dès l'enfance par sa mère Agatha, issue du monde rude des tinkers, des nomades très pauvres, marchands ambulants de ferblanterie sur la côte ouest de l'Irlande où se situe le roman. La belle et sensuelle Agatha ne serait-elle pas une selkie ?

Mon sentiement au sujet de ce roman :
Une lente appropriation de cet univers. Etrange.
Parce que résonnant de tous les côtés : la jumelle-moitié, la mer, les questionnements, la musique. L'amour. Le rejet. L'inquiétude.
J'aurais smieux aimé ne pas.
ça, c'est pour la première partie du roman.
La seconde est plus heureuse, plus libre, plus dérangeante aussi... Mais différemment : il y a plus de lumière.

Morceaux choisis :
"C'était dans sa nature. On ne peut pas changer la nature d'un être".
"Il m'apparut que, par nature, l'eau et l'air agissaient avec cruauté en s'en remettant au hasard."
"La naissance est un passage aussi dangereux que la mort".
"Ce sont ses imperfections qui révèlent l'âme d'une chose".
"Ce qui est exceptionnel ne devrait pas être bref."
"Tu vois la beauté d'un lieu si tu le quittes pour y retourner."
"Il était aussi surprenant que le paysage : des creux et des bosses, une terre qui s'interrompait brusquement pour se changer en précipice ; la mer toujours agitée au bord, tentôt tendre, tantôt brutale. C'était arrivé subitement. Il avait été à moi puis il ne l'avait plus été."
"Il me faudrait (...) apprendre à devenir plus secrète, plus solide. Alors, l'éclat trop vif du monde me blesserait moins".
"Les gens racontent des histoires mystérieuses pour adoucir la dureté du monde".
"Buadhann an thoighde ar an gcinneamhain" (la patience vient à bout du destin.

27 février 2009

La face cachée

des rêves...

 « Quand les mystères sont très malins,
ils se cachent dans la lumière. »

     [une citation de Jean Giono]
lumi_re__claboussante
Tiens !
La lumière a décidé d'éclabousser
de façon surprenante
un fragment de carrelage,
dans la cuisine...

C'était si beau, si fugitif,
qu'il s'en est fallu de peu
pour que ce rayon de soleil
ne se laisse pas capturer...

(photo février 2009)

25 août 2008

Dire aux gens qu’on les aime

Comprendre enfin ce qui nous attire en un lieu,
Savoir ce qui nous transporte dans nos souvenirs.
Un parfum, subtile
Le vécu d’une odeur
L’incroyable fragrance iodée des bords de mer
Le nez dans le lilas, au printemps,
L’odeur qui monte de la terre, quand la pluie commence à tomber.

Mais aussi
Cette odeur,
là,
dans la boulangerie de mon Tonton :
encore un endroit que j’adorais, enfant.
Mais, si l’on réfléchit bien, plutôt que l’endroit, les gens, dedans…
Le lieu était le prétexte
Le pain chaud qui sortait du four,
Le nappage des tartes qui fondait à petit bouillons sur le fourneau,
Et deux petites barres de chocolat sorties de la boîte, glissées « en douce » dans ma main.
Voilà,
ça sentait tellement bon…
Caresser le gros chat roux, reprendre mon vélo, rentrer à la maison, du chocolat plein la bouche.

Et puis
Garder tout ça au fond de ma mémoire.

"Le bon vieux temps:
tout ce que la mémoire range dans ses débarras
en gommant le médiocre
pour ne retenir que le meilleur."

une citation de Philippe Bouvard

La_familia

12 août 2008

Derniere lecture

Auprès de moi toujours
Ishiguro_Kazuo_aupres_de_moi_toujours
Kazuo Ishiguro


Résumé
Jadis, Kath, Ruth et Tommy ont été élèves à Hailsham : une école idyllique, nichée dans la campagne anglaise, où les enfants étaient protégés du monde extérieur et élevés dans l'idée qu'ils étaient des êtres à part, que leur bien-être personnel était essentiel, non seulement pour eux-mêmes, mais pour la société dans laquelle ils entreraient un jour. Mais pour quelle raison les avait-on réunis là ? Bien des années plus tard, Kath s'autorise enfin à céder aux appels de la mémoire et tente de trouver un sens à leur passé commun. Une histoire d'une extraordinaire puissance, au fil de laquelle Kath, Ruth et Tommy prennent peu à peu conscience que leur enfance apparemment heureuse n'a cessé de les hanter, au point de frelater leurs vies d'adultes.

Mon avis…
Une jeune femme se souvient, dans ce récit, de son enfance. Elle n’a rien oublié de ses jeunes années dans un pensionnat où l’atmosphère, dès le début, est très énigmatique : il y a quelque chose d’étrange autour de ces enfants, un secret…
Le mystère y est, en permanence, sous-jacent.
Pas complètement séduite par le style d’écriture (les pensées de Kath qui tournent souvent en boucle, reviennent continuellement en arrière : on a l’impression de ne pas « avancer »), je dois pourtant avouer que ce roman a un côté bouleversant, et nous oblige à nous questionner sur les phénoménaux progrès scientifiques. Jusqu’à quels effets aberrants sont prêts à aller les chercheurs, sous prétexte du bien-être de l’humain ?
Et l’on se dit que oui, et ça semble même une évidence, la vie de Kath pourrait, aujourd’hui, devenir une réalité. Et cela donne un vrai vertige.
Effrayant !
Ceux qui connaissent mieux que moi cet auteur conseillent plutôt la lecture de « Les vestiges du jour » et surtout « L'inconsolé »,

4 mai 2018

dernière lecture : Laver les ombres

de Jeanne Benameur

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5 étoiles

Présentation de l'éditeur :
Contraindre un corps qui se refuse au plaisir pour attirer le vide, pour suspendre l’équilibre du monde : c’est Lea quand elle danse, c’était sa mère quand elle devait « aimer » les hommes. Par une nuit d’orage en bord de mer, mère et fille acceptent enfin de briser les digues.
Elle est dans la quête de la beauté, la perfection du geste, la maîtrise absolue du moindre muscle de son corps. Jamais pourtant elle ne parvient à s’affranchir de cette grâce douloureuse qui bannit tout plaisir. Lea semble empêchée de danser par une force centrifuge qu’elle ne sait pas nommer, comme elle semble empêchée d’aimer Bruno, le peintre qu’elle laisse approcher au plus près sans jamais accepter le partage. A la faveur d’une nouvelle chorégraphie, qui place la mère au centre de son art, la danseuse est rattrapée par ses vieux démons qui demandent leur part de lumière. Et quand elle finit par céder à l’insistance de Bruno et pose pour lui, d’où lui vient cette sensation absurde de donner son corps en pâture ? Elle sait que les clés sont dans la maison de l’enfance, dans un secret qu’elle partage sans le connaître. A présent elle doit en avoir « le cœur net ». Par une nuit d’orage, d’apocalypse, elle gagne la petite ville côtière qui l’a vue naître. Mère et fille se retrouvent pour laver les ombres. En onze tableaux où alternent le présent et le passé, peu à peu se dénouent les entraves dont le corps maternel porte les stigmates. Naples à l’époque de la guerre, le bistrot familial, un “bel ami” français qui promet le mariage à une jeune fille de 16 ans et pourtant vend son corps dans une maison close. Puis le départ pour la France, l’enfant inespérée, un semblant d’apaisement tout près du précipice. État des lieux après l’orage : recomposer autrement l’image mythifiée du père, intégrer le faux-pas à la danse. Léa peut aller vers la vie comme la mer revient à l’étale.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ah !
Je viens de retrouver MA Jeanne, celle que j'avais découverte dans "Profanes", tandis que "Pas assez pour faire une femme" m'avait tellement déçue... Heureusement, j'ai poursuivi ma quête de beauté auprès de cette auteure qui m'avait tant touchée.
Ce roman-ci, ce n'est pas bien compliqué : je l'ai commencé hier soir et je ne l'ai plus lâché (fini, donc, aujourd'hui).
Et c'est un joyau.
Pour moi ? à placer entre "Les déferlantes" de Claudie Gallay, "Un territoire fragile" d'Eric Fottorino, "Ker violette", de Karine Fougerey ; des romans qui m'ont tous fait vibrer, respirer totalement, puis retenir ma respiration, m'arrêter pour comprendre (le monde), pleurer, m'arrêter pour (me) comprendre, regarder autour de moi, avoir envie de m'agrandir.
C'est juste inoubliable.
Précieux.
Résonnant.
Après ? Nous recevons chacun les mots, les récits, les rencontres comme notre vie nous a façonnés. Mais je crois qu'ici, voilà vraiment un roman extraordinaire.
A vous de le découvrir aussi... Je vous le souhaite !

Morceaux choisis :
"Laver les ombres, en photographie, signifie mettre en lumière un visage pour en faire le portrait".
"Aujourd'hui elle se demande Est-ce que tous les êtres humains sont des champs de bataille ignorants ?"
"La voix de sa mère, elle ne la reconnaît pas. Peut-être plus jamais Maman".
"Garder ? Jeter ? Les mains hésitent, retournent les objets, les palpent. On a l'air de soupeser leur utilité mais c'est leur histoire qu'on soupèse". 
"Les souvenirs c'est dans les vertèbres qu'ils s'installent. Ils vous courbent le dos."
"Ce que le monde offre est inépuisable et je le comprends. Il n'y a plus qu'à y donner toute mon attention et attendre que cela se déploie."

5 octobre 2017

ne pas se confondre

"Exister,
ce n'est pas se confondre avec le milieu environnant
,

c'est être hétérogène,
c'est à dire différent.

Chaque couleur n'est elle-même
que par le contraste avec la couleur qui lui fait face.
Elle n'a de valeur que dans l'opposition."

(une citation d'Albert Jacquart)

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Plaque décorée en pâte polymère,
création à venir

30 mai 2017

dernière lecture : D'entre les pierres

de David Lelait Helo

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Présentation de l'éditeur :
" Les murs ont des oreilles, il faudra vous y faire. Vous l'avez souvent dit, sans jamais y croire. Car vous ne le vouliez pas, mais je vous place aujourd'hui au pied du mur, excusez le jeu de mots, je suis blagueuse [...] Ah, si les murs pouvaient parler ! Je vous le dis, ils parlent. Mes parquets grincent en mille bavardages, mes boiseries craquent en petits cris et, en dépit de mon grand âge, mes fenêtres voient loin, au-delà du temps qui passe et par-delà les siècles. L'Histoire ne s'écrit pas dans les livres, elle se respire. À l'encre et au papier, elle préfère le vent et le sang. " Une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu'on ne lui avait jamais donnée. À l'heure d'être détruite, elle révèle ce qu'elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu'elle a été impuissante à empêcher... Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l'immigration qui au xixe siècle a donné le jour à l'Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 1970. Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d'amour et de paix.

Mon sentiment au sujet de cet roman :
Oh là là.. Zut... Je n'en suis qu'à la page 23, et déjà 3 citations qui me bousculent, me font m'arrêter et réfléchir à tout ce qui m'entoure en ce moment même. Avec le sentiment de lire un magnifique recueil de poésie, d'être extraite du réel pour entrer dans un monde parallèle qui existe, là, je n'en doute pas. Je n'en suis qu'à la page 23 et je suis littéralement conquise : par un récit qui décrit une paix profonde et ancrée, et pourtant un tumulte alentour tonitruant, la force et la tranquillité des pierres, la fragilité destructrice de l'homme. Et l'union des deux.
Je vais prendre le temps de respirer entre chaque phrase, pour comprendre la profondeur de ces mots, pour me synchroniser à la pensée de cette extraordinaire maison pensante et celle de la femme qui y vit.
Quelles sensibilités troublantes... J'ai été ce soir invitée au coeur d'un conte extraordinaire, et j'y prends pleinement plaisir.
A bien y réfléchir, ma maison, qui a été construite en 1820, a certainement tellement de choses à conter aussi. L'histoire d'un pays, je le sais, il y a des objets qui parlent pour elle encore, dans le grenier et sous la grange... et la parole des anciens que j'aime tellement écouter. Mais aujourd'hui, je sais que, même si j'aimais déjà tellement ma maison avant, je vais désormais écouter avec beaucoup plus d'attention tout ce qu'elle soufflera à mon oreille...
Vous dire enfin que, fan inconditionnelle d'Isabel Allende, j'ai retrouvé dans ce roman son univers, son talent, son accent, le trouble et la fibre artistique des pays d'Amérique latine. Oh que oui, une corde sensible a vibré, et je ne suis pas prête d'oublier ces mots, magnifiques.

Morceaux choisis :
"Faut-Il donc être au bord de perdre ce que l'on possède pour commencer à l'aimer vraiment ?"

"(...) on ne sait pas se méfier des apparences. À tort car le muet peut se montrer bavard, le sourd accueillir la confidence, le manchot tendre la main et l'aveugle distinguer la beauté de la laideur."
"Je pleurais ce que j'avais perdu, oubliant même que je n'avais pas été heureuse du temps de ma beauté. La mémoire est vicieuse, elle joue à vous inventer des paradis qui n'ont jamais été."

"Je vous dirai tout avec force détails car ce commencement coule en moi de la façon dont l'eau de pluie danse dans la terre et gorge de vie les fleurs éteintes. Commencement qu'aucun de nous ne peut ignorer car il est et sera toujours la source où nous étanchons nos soifs. On ne peut longtemps demeurer indifférent aux fondations des mondes, un jour elles nous rattrapent."
"On parle mieux derrière un masque ou de l'autre côté du rideau. Et on écoute mieux lorsqu'on ne sait rien de l'autre : la curiosité vous ouvre les oreilles, et le cœur parfois. Parfois seulement."
"Il est courant que l'on naisse une seconde fois entre dix-sept et vingt ans. Avant, c'est l'ennui, les membres suspendus à des ficelles que d'autres manœuvrent pour soi, des heures longues à attendre que le spectacle commence vraiment, à rêver d'en être l'acteur magistral."
"Est-il d'instant plus beau que le commencement, de plus émouvant que la prime jeunesse, avec ses désirs en désordre et cette inconscience de ce qui se trame ? Tout était à faire, il suffisait de rêver et de retrousser ses manches."

"Le bonheur est un compagnon inquiétant, dans son ombre rampe la peur de le perdre."
"(...) la poésie du monde ne se disait ni ne se décrivait, elle se respirait naturellement, se ressentait intimement, se faufilait en toutes choses sans autre filtre que l'âme et le cœur."
Le chagrin devait rester intime et propre."

"On ne se figure pas combien de grandes peines peuvent survenir. Je dirais en avoir observé de deux catégories : celles touchant à la mort des êtres chers et les autres causées par le chagrin d'amour ou le manque d'amour. Les deux réclamant un deuil qui pulvérise le cœur des hommes".
"Les hommes vivent plus longtemps que leurs chiens, les maisons plus longtemps que leurs habitants, et les pierres sont éternelles. Le monde est ainsi fait."

10 mai 2017

dernière lecture : L'amie prodigieuse

d'Elena Ferrante

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Présentation de l'éditeur :
"Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile." 
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. 
Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. 
Formidable voyage dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Immersion totale, comment pourrait-il en être autrement ?
L'histoire a pris quelques temps avant de complètement me happer, parce que tellement vivante... Une époque pas si lointaine de la notre, des personnages attachants et puissants, des vies combatives.
Et puis, comment ne pas faire le parallèle avec le roman de Sylvia Avallone, "D'acier", qui montre aussi, à une époque beaucoup plus proche de nous, ces jeunes italiens vivant dans des milieux défavorisés et qui se débattent comme ils peuvent pour sortir d'un monde verrouillé.
Un véritable combat pour eux. Mais le temps a beau passer, les mauvais plis restent...
 
Morceaux choisis :
"Je ne crois pas avoir jamais pensé que la vie qui nous était échue fût particulièrement mauvaise. C'était la vie, un point c'est tout."
"Si on n'essaie pas, rien ne change jamais."
"Ce que c'était, la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviero me l'avait demandé des années auparavant. La plèbe , c'était nous. La plèbe, c'étaient ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires."
18 avril 2017

dernière lecture : En attendant Bojangles

D'Olivier Bourdeaut

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5 étoiles

Présentation de l'éditeur : 
Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.
L’optimisme des comédies de Capra, allié à la fantaisie de L’Écume des jours. 

Mon sentiment au sujet de ce roman
 
Un roman extraordinaire, très rythmé, très "différent", un vrai style, quoi, et une histoire contée à deux voix (un enfant et son père) par laquelle on se laisse littéralement envoûter, comme on se laisse aussi ensorceler par l'héroïne de ce récit (la mère).
Je vous conseille vraiment cette lecture, vite lue, mais totalement indélébile par la suite.
 
Morceaux choisis : 
"Papa considérait qu'une fête romantique ne pouvait porter qu'un nom féminin"
"Quand la réalité est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver".
"Si tu n'es pas sage, j'allume la télévision".
"Papa m'avait dit que les Espagnols étaient des guerriers de la fête et moi j'aimais ce genre de combat avec des fleurs, des pétards et de la sangria".
Ah ! Votre petit bonus !
Un régal...

11 février 2016

le visible et l'invisible

Le visible et l'invisible :
grand thème philosophique...
(si vous ne le croyez pas, tapez tout simplement ces deux mots sur google,
vous verrez, c'est surprenant...)

La nature, parfois, tranche,
ou rend plus opaques encore ces questionnements,
selon les points de vues de chacun,
allant jusqu'à dessiner des visages dans la roche...
(photo sans retouches !)

Rassurez-moi,
vous les voyez aussi ?

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Photo novembre 2015,
Pont-en-Royans (Isère)

7 avril 2016

dernière lecture : Les voyageurs de l'aube

de Henri Gougaud

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Présentation de l'éditeur :
Dans un modeste ermitage au coeur du désert égyptien, Nathan, un vieux Copte, attend la mort avec sérénité. Et c'est la vie frappe à sa porte : venus de Bagdad, d'Ispahan, de Constantinople, de Jérusalem, des visiteurs font halte chez lui, en attendant de poursuivre leur chemin à bord d'une caravane partie, elle, de Samarcande. Mais, tel un mirage, la caravane n'arrive pas... Durant dix jours, Adour, l'ancien joueur de luth arménien, Hilarion, le moine-soldat grec, Zahra, qui attend la naissance de son enfant, et Madjid, le serviteur en fuite, vont tour à tour raconter leur histoire et leurs tribulations.
Ce sont ces récits, pleins d'espoir, de terreur, de drames et de joies qui dessinent les arabesques à la fois insensées et lumineuses de notre propre condition humaine. Le talent de conteur d'Henri Gougaud donne à cette fresque d'un Orient disparu le charme d'un rêve et la sagesse d'une fable où l'amour, le temps, la vie, la mort, la fraternité, la religion se répondent comme par enchantement.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est terrible quand ces choses là arrivent. On ne sait plus comment ni pourquoi : comment on a déniché un tel texte et pourquoi il nous touche à ce point.
S'agit-il d'un roman ? D'un conte ? D'un essai philosophique ? Qu'importe... 
Ce texte, qui m'a d'emblée embarquée dans l'univers de "L'Alchimiste", de Paulo Cohelo, est une porte ouverte à la réflexion sur la juste place de l'homme sur cette terre. Ses errances, ses questionnements, ses attentes. Il nous embarque dans sa quête de vérité et d'amour. Sa quête du Grand Vrai. Existe-t-il ? Pour lequel d'entre nous ? Tous ?
Pourquoi non ?
Pourquoi sourire ?
Ne me dites pas que vous n'y avez jamais réfléchi ?
Ce livre fait un bien fou. Il réajuste la respiration et le souffle, il repose l'esprit et donne foi en l'humain. En l'humanité, donc.

Morceaux choisis :
"Cette maison me fait content d'être vivant. Jusqu'ici, j'ignorais pourquoi. Maintenant c'est bien, je sais."
"Tout compte fait, le néant serait reposant"
"Nous ignorons presque tout de nos existences, des fils qui nous tiennent debout, des gouffres où nous sommes poussés, des ailes, qui parfois nous portent".
"On oublie que l'imprévu est le plus puissant de nos maîtres et de tous, le moins évitable. Ainsi on se croit en enfer, et voilà que naît la lumière. On va tranquille sous le ciel, et soudain on ne sait plus quel diable bouleverse nos horizons."
(à un bébé encore dans le ventre de sa mère) : "Fais-moi confiance, écoutes, ce que je vais t'apprendre est sûr. Au delà du lieu de ténèbres, où tu ne vois ni haut, ni bas, où tu ne sens ni chaud ni froid, où tu n'as même pas conscience que sont un dehors, un dedans, se trouve un monde où tu vivras, et dans ce monde est un soleil, un clair de lune, des étoiles, de grandes villes, des jardins, des mers, des arbres, des montagnes, et des créatures semblables à celle que tu deviendras, parmi lesquels sont des rois, des forts et des faibles, des pauvres, des malades, des gens heureux."
"- (...) Je veux savoir, dit-elle
- Savoir ? Quoi donc ? (...)
- Si elle l'aime toujours autant.
- Bien sûr, dit Adour, Que crois-tu ? Ces deux-là ne sont qu'un seul arbre, mêmes racines, même sève, même feuillage, même vie."
" Il se plaît à aimer l'amour, celui qui niche dans les âmes loin de ces lieux décourageants où sans cesse on se fait la guerre à coups de vrai, de feu, de miroirs, d'apparence."
"Il suffit parfois de se taire et les réponses viennent seules, elles ne demandent que cela, mais les questions les effarouchent, elles parlent trop fort, elles remuent, elles ne désirent pas, elles veulent, elles ignorent que le silence est le berceau où se murmure tout ce qui vaut d'être entendu".
"Tous les enfants, même mal faits, sont d'incomparables cadeaux, du moins avant qu'ils ne se gâtent."
"Nous avons au fond de l'âme, quelque chose, une nostalgie, un souvenir d'inexistence, un parfum de maison sans murs, un pressentiment de présence, d'amour simple auprès d'un berceau, au temps où nous n'étions pas né, même pas logé dans un ventre. On peut ressentir ces bontés, mais rien ne sait vraiment les dire, sauf la musique, et quelquefois cette lumière jamais vue qui naît au dernier mot d'un conte, et qui nous laisse bouche bée."
"Quels chemins t'ont conduit ici, quels détours, quelles aventures ? J'aime écouter ta voix, elle me remue le coeur, elle charrie du sucre et du sel, du vent de sable, du ciel noir."
" Pouvoir secret de l'attention. Elle change le regard, l'objet, et la palpitation des sens."
 
Et puis, cette histoire dans l'histoire, de celles que j'affectionne particulièrement, et qui me touchent, mais qui peut-être n'émouvront jamais que moi... Ma foi, tant pis...
"C'était un jour de plein été dans le grand jardin buissonneux de mon grand-père menuisier et chanteur d'épopées anciennes. Nous étions cinq ou six enfants à nous tirailler la chemise, à lancer des cailloux précis aux nids de pies. Connaissez-vous le jeu où l'un va se cacher, où les autres partout le cherchent ? C'était moi, ce jour-là, que l'on devait trouver. J'avais repéré un abri dans le tronc moisi d'un vieux chêne. Je m'y fourrai dedans, jubilant, presque sûr qu'aucun n'aurait l'idée de venir farfouiller dans ce sombre manteau d'écorce. J'attendis, l'oreille aux aguets, un long moment, tout frémissant, joyeux d'abord comme un filou, puis perplexe, puis déconfit. Personne alentour, plus un diable. Je sortis de mon creux de bois. Où étaient-ils tous ? Envolés !  Ils avaient remué ça et là les buissons et battu l'herbe autour des arbres. Ils ne m'avaient pas déniché. Alors ils s'en étaient allés à des plaisirs plus ordinaires. Je les vis au bord de l'étang qui s'aspergeaient, piaillaient, riaient. Je me sentis soudain si seul qu'un sanglot me monta aux yeux. Je courus, tout désemparé, chercher refuge à l'atelier où mon grand-père travaillait. C'était un homme au cœur sensible. Sa voix quelquefois se brisait quand il me chantait des poèmes. Il me serra sur sa poitrine qui sentait si bon le bois neuf. Je lui comptai ma pauvre histoire. Il m'écouta, sécha mes larmes puis me dit, triste lui aussi :. "Mon petit, tu sais maintenant ce que ressent Dieu chez les hommes". Vous êtes vraiment, tous les deux, aussi parents que des jumeaux. Lui aussi a voulu jouer. Il a trouvé je ne sais où une magnifique cachette. On le cherche, de-ci de-là, on l'espère, puis on l'oublie, chacun retourne à ses paresses, à ses jeux de bric et de broc, et lui reste plus seul que toi qui as au moins un vieux grand-père pour te rafistoler le cœur."
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