Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le bruit des vagues
Publicité
25 février 2010

dernière lecture : la délicatesse

de David Foenkinos

foenkinos_david_la_delicatesse

Présentation de l'éditeur
Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise
.

Mon sentiment au sujet de ce roman
La première chose que je me suis dite : "Et bien voilà, si je devais écrire un roman, comme j'aimerais savoir écrire comme ça..." C'est fluide, naturel, tout se passe devant nos yeux comme si nous y étions. L'histoire n'a rien de sensationnel, et pourtant on est captivé par ce récit (comme sait aussi le faire Anna Gavalda). C'est à mon sens un excellent roman qui traite du deuil et de la redécouverte de l'amour, avec un humour auquel je ne résiste pas. Comme j'ai bien ri !
Merci, Monsieur Foenkinos, pour cet excellent moment de lecture !
(vous dire tout de même que ce livre ne fait pas l'unanimité, que certains jugent ...juste plat et sans intérêt)

Morceaux choisis :
Il savait que c'était cette image qui passerait devant ses yeux au moment de sa mort. Il en était ainsi du bonheur suprême.
La vie était pour la première fois vécue dans sa densité unique et totalitaire : celle du présent.
Il y a parfois des phrases qu'on adore, qu'on trouve sublimes, alors que celui qui les a prononcées ne s'est rendu compte de rien.
La douleur, c'est peut-être ça : une façon permanente d'être déraciné de l'immédiat.
A cause de la moquette, on n'entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c'est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?
Il était apparu au bon moment. La plupart des histoires se résument d'ailleurs souvent à cette simple question du bon moment.
La recherche d'un sujet de conversation me semble être un bon sujet de conversation.
Du silence, oui, mais il avait peur que son coeur, en tapant si fort, ne fasse trop de bruit.
Etonnant comme parfois on prend des résolutions, on se dit que tout sera ainsi dorénavant, et il suffit d'un mouvement infime des lèvres pour casser l'assurance d'une certitude qui paraissait éternelle.

Publicité
31 mars 2010

dernière lecture : des hommes

de Laurent Mauvignier

MauvignierLaurentDesHommes

Résumé :
Ils ont été appelés en Algérie au moment des "événements", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Mon sentiment, au sujet de ce roman :
C'est un livre encensé par la presse.
Moi je dirais que l'auteur a le don de tourner longtemps autour du pot avant d'en venir au fait, et ça, franchement, ça m'agace. En tout cas dans la première partie du roman. Après, le rythme est tout autre...
Sinon, le thème (que dis-je, le sujet lui-même de la guerre d'Algérie) est si peu abordé que cela fait du bien que, pour une fois, soit évoqué ce que taisent si bien ceux de la génération de nos parents. Eux ont vécu ces évènements, qui les ont profondément marqués, je le sais : j'ai un tonton bien plus bavard que mon père ne l'était sur le sujet... Des personnages presque réels, les conversations, quasi tangibles, l'horreur de la guerre qui tombe sur la figure de ces jeunes hommes en les sidérant. Oui, l'écriture est belle, sûrement, le récit impossible à abandonner, la vie de ces hommes si émouvante....
Mais laissez-moi préférer des sujets plus joyeux, en tout cas moins graves. Si je n'ai pas aimé, cela ne vient que de moi : la cruauté des hommes me fait mal, même dans un roman...

Morceaux choisis :
Voilà, il est là, sur les quais de la Joliette. On a écrit à la craie le numéro de son régiment sur son casque. Il est fatigué, il n'a pas dormi. Il espère dormir et pourtant il faut encore supporter cette fatigue et l'agitation autour de lui, dans son unité, toutes les unités qui vont embarquer ce soir et que quelques badauds seulement viennent voir de loin, jetant à peine quelques au-revoir, sans plus, comme de la mie de pain aux poissons et aux oiseaux du port.
Il peut écrire ça : ça va. Il peut aussi demander comment va la famille, ce qui arrive chez eux (...) et il insiste pour qu'elle lui raconte des détails, des discussions, mais aussi des anecdotes sur la vie dans le bourg et aussi des nouvelles d'autres gars partis comme lui défendre la paix avec des fusils mitrailleurs et des rangers, sauver le pays dont lui n'avait pas vraiment compris qu'il était en danger, vu qu'il ne s'y passe rien et qu'on s'y ennuie à crever.
Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c'est possible de croire que la terreur mènera vers plus de bien. Il se demande si le bien.

28 mars 2010

Mais oui, bien sûr qu'on était là pour travailler !

...Ah bon ? Cela ne se voit pas ?

Objectif : étudier le "etching".
Bon, ok : en pointillé,
entre les rires,
les bons petits plats,
le monstrueux désordre,
les sujets sérieux,
les sujets pas sérieux,
le thé noir,
le thé vert,
les chouquettes et les verrines chantillyteuses d'Olga,
les 20 cuissons de plaques (dont une un peu "fumante"... )
le gâteau à la pomme ou celui aux amandes-qu'avait-toute-une-histoire-de-Crème.

Et nous y sommes parvenues, figurez-vous (...enfin pas toutes, juste les plus studieuses ! Cherchez pas, sur les photos, cela ne se voit pas du tout...)

rencontre_fimo_mars2010_mat_riel2 rencontre_fimo_mars2010_etching1rencontre_fimo_mars2010_etching2 rencontre_fimo_mars2010_mat_riel1

Vous reconnaîtrez Crème, Gadouille, Tewee, Olga et Chifonie.

rencontre_fimo_mars2010_Gadouille rencontre_fimo_mars2010_Tewee

rencontre_fimo_mars2010_Creme rencontre_fimo_mars2010_Olga

rencontre_fimo_mars2010_Chifonie

...Avec, bien sûr, du orange pour Gadouille !
(ce que j'aime le plus, sur cette photo, c'est la couleur du bout des doigts...)

DSC04666

Manquaient (beaucoup !) Lulu et Sylvaine (mais je ne sais pas où elles se seraient installées, y'avait plus de place du tout sur la table !),
En fait, je crois qu'il nous manquait aussi une Nathalie, pour atteindre la perfection : j'avais repéré les bijoux de Nathalie-pluie-perle, et ceux de Nathalie-bijoux. avec cette technique du etching (...mais Olga aussi sait faire des merveilles !)

Enfin : d'autres photos de la rencontre ici et .

9 juillet 2015

dernière lecture : L'épuisement

de Christian Bobin

31HFBNH1REL

3,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
" Je m'égare un peu, ce livre ressemble de plus en plus à ce que ma mère disait en me voyant sortir, mal coiffé : tu ressembles à l'orage. Ce livre ressemble à l'orage mais, somme toute, une promenade sous la pluie n'est jamais mauvaise, la joie y vient avec la peur. "

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai pris, depuis quelques temps, une fort mauvaise habitude : celle, dès qu'un livre est terminé, d'enchaîner sur le suivant, celui se trouvant tout en haut de ma pile (énorme), de manière assez boulimique, je le crains. Et cela sans prendre ce temps précieux de poser mes idées, sans rien écrire sur ma lecture achevée. Du coup, ne me reste, la plupart du temps, que le fil d'une histoire, le conte. 
Or, l'histoire seule n''est pas ce qui, à mon avis, fait l'essentiel d'un bon écrit. Par exemple, dans ce livre-ci (que j'ai achevé voilà plus d'un mois...), il n'y a pas vraiment d'histoire. Plutôt un genre de journal tenu par l'auteur, sur ces petits riens qui, mis bouts à bouts, font le fil d'une vie toute entière. Des ressentis. Des émotions. Des moments.
Christian Bobin est particulièrement expert dans ce genre d'exercices : ici, il passe (apparemment ?) (une amie me dit qu'il est heureux s'il a écrit une seule phrase dans sa journée. Donc tous ses enchaînements doivent être pensés... ?) du coq à l'âne, en ayant souvent l'air de s'égarer. Mais il explique aussi très bien que, pour lui, un bon texte est constellé de "mauvais passages" (ici, malgré le fouillis apparent, je ne les ai pas vraiment trouvés...), de ceux où il ne se passe pas grand chose, parfois même rien du tout, mais qui sont précisément là pour permettre au lecteur de se centrer sur le meilleur du récit. Sur le message essentiel. Le vecteur.
Je crois qu'il illustre là la vie dans son entier : celle de l'individu, pleine de creux et de pleins (les deux ensemble font une vie), mais aussi (cela n'engage que moi...), si j'ai bien compris les théories du monde quantique, celle où l'information passe en prenant le chemin du "vide" (pour les sceptiques, un lien franchement intéressant : http://www.canal-u.tv/video/cerimes/le_vide_quantique_source_d_energie_et_d_emerveillement.9347).
Poête ? Philiosophe ? Grande rêveur ? Visionnaire ? Bobin réveille de nombreux questionnements et ouvre beaucoup de portes. ..Et m'agace aussi, quelquefois... (parce que je le préfère romancier, même si je l'aime quand même (voui-voui, Monsieur Bobin, j'ose le dire : je vous aime), comme ici, "secoueur de neurones... ;)

Morceaux choisis :
"Lire pour se cultiver, c'est l'horreur. Lire pour rassembler son âme dans la perspective d'un nouvel élan, c'est la merveille. 
"
"Ne jamais exiger quoi que ce soit : attendre.
Ne jamais, à personne, rendre compte de ce que tu vis : rire
Ne jamais chercher une aide : attendre encore."
"Et c'est quoi,la fin d' un livre. C'est quand vous avez trouvé la nourriture qu'il vous fallait, à ce jour, à cette heure, à cette page."
"Ecrire... C'est affaire de silence plus que de musique. Mon vrai désir ce n'était pas d'écrire, c'était de me taire. M'asseoir sur le pas d'une porte et regarder ce qui vient, sans ajouter au grand bruissement du monde. Ce désir est un désir d'autiste. Entre le mot "autiste" et le mot "artiste", il n'y a qu'une lettre de différence, pas plus. "
"J'ai toujours été été sensible aux voix déportées par le vent, aux voix qui ne s'adressent pas à vous et vous amènent, un instant, quelques paroles banales, les paroles éternelles de chaque jour."
"Et puis, permettez-moi cette insolence, le miracle est que par endroits vous écriviez si mal : dans chacun de vos livres j'ai trouvé une zone d'ennui, un marais où l'histoire devenait brumeuse et où les phrases n'avançaient presque plus. J'ai bientôt compris que ces pertes étaient indispensables à l'éclat du livre, qu'elles étaient même une partie constituante de cet éclat, comme les broussailles font corps avec la clairière qu'elles protègent."
"Le monde va toujours vers le pire. Dès qu'on le laisse aller seul, le monde va vers la destruction du faible et du précieux en nous."
"La vie n'est jamais si forte que lorsqu'elle est empêchée dans une de ses voies. Elle file, limpide, par l'issue qui lui reste."
"Personne ne peut vivre une seconde sans espérer."

19 janvier 2009

Y'paraît

que les couleurs de ce collier sont trop tristes,
et que, côté teintes,
d'une façon générale,
faudrait que je mette
un peu plus de ci,
et plutôt du ça
dans la plupart de mes bijoux,
qui seraient trop fadasses en couleurs...

Ben moi, j'aime bien ces tons un peu sombres :
ça sent la sortie de l'hiver que je languis tant,
les petites graminées
qui ne demandent qu'à germer,
et les fleurs timides mais résistantes,
qui n'ont pas souffert du gel.

La nature n'est pas exubérante dans ses teintes,
sauf au printemps.
Et encore faut-il alors avoir semé dans son jardin
les couleurs appropriées...

En attendant de voir ce que mes plantations vont donner,
je vous montre ce jardin-là :
tristounet, mais de saison...

Collier_gramin_es

Collier tout fimo
dont les fleurs grises sont sorties des mains de Luce
(...hey !!! ...mais tout le reste c'est de moi, hum ?)

Avec une vue plus précise de la parure complète ici

Publicité
4 décembre 2008

Minuscules, pourtant...

« Règle d'optique :
tout semble plus grand
de loin. »   

[une citation de Stanislaw Jerzy Lec,
Extrait des « Nouvelles pensées échevelées »]

DSC01146

Et pourtant
l'homme,
même arnaché d'ailes,
demeure minuscule
dans l'immensité d'un tel paysage...

photo été 2008 :
vue de Grenoble depuis le Vercors
un clic sur la photo pour voir en plus grand,

7 novembre 2008

Gourmandises

J'ai confectionné, voilà quelques temps, un  cheescake aux herbes fraîches, cheescake_blanc_aux_herbes_fraichesqui ressemble à s'y méprendre à une jolie génoise... sauf qu'on le sert en entrée ! Surprise assurée pour vos invités, qui réclameront, presqu'à coup sûr, une seconde portion ! Pour 6 à 8 personnes : 500 g de fromage blanc en faisselle - 250 g de fromage frais aux herbes (boursin ail et fines herbes) - 10 cl de crème liquide (ou crème de soja) - 100 g de crackers nature (wasa, par exemple, dans le rayon biscottes) - 100 g de cerneaux de noix - 3 bouquets d'herbes fraîches (par exemple : persil, ciboulette, basilic) - 60 g de beurre ramolli - 3 feuilles de gélatine - sel et poivre. mettre la faisselle à égoutter (si possible toute la nuit) - écraser les crackers en chapelure - mixer les noix - mettre 2 c à coupe de noix de côté - mélanger le reste des noix avec la chapelure des crackers et le beurre - bien malaxer pour obtenir une pâte - l'étaler en tassant bien au fond d'un moule (démoulable) - réserver au frais - hacher les herbes - les mélanger avec le fromage, la faisselle, les noix mises de côté - faire ramollir les feuilles de gélatine dans de l'eau froide - faire bouillir la crème - y mettre à fondre les feuilles de gélatine ramollies - mélanger avec les fromages - bien poivrer, saler - verser dans le cercle du plat - laisser prendre au frigo 12 heures environ - pour faciliter le démoulage, passer la lame d'un couteau à l'intérieur du cercle - servir des parts assez fines.
Sans doute plus jouable en été, cette recette peut, à mon avis, se décliner très à son avantage en prenant la forme de petites verrines, en entrée ou à l'apéritif...

26 mars 2015

l'éveil

"Jamais je ne m'habituerai au printemps.
Année après année, il me surprend et m'émerveille.
L'âge n'y peut rien, ni l'accumulation des doutes et des amertumes.
Dès que le marronnier allume ses cierges
et met ses oiseaux à chanter,
mon coeur gonfle à l'image des bourgeons.
Et me voilà de nouveau sûr que tout est juste et bien,
que seule notre maladresse a provoqué l'hiver
et que cette fois-ci nous ne laisserons pas fuir l'avril et le mai."

Une citation de René Barjavel
dans "La faim du tigre"

IMG_20150209_171126

Photo février 2015 :
la naissance du printemps

29 juin 2015

4 mains

Avec Sonya, on se retrouve de temps en temps de plus en plus souvent,
pour explorer, ensemble, les possibilités de la pâte polymère, 
en échangeant nos techniques.
Sonya aime imiter les matières naturelles (en ce moment, le bois)
(technique qu'elle maîtrise magnifiquement, je trouve !)

tandis que les azulejos m'inspirent.

Nos deux matières associées nous ont toutes les deux un peu destabilisées,
nous obligeant à sortir de nos habitudes.
On pourrait penser qu'à 4 mains on travaille plus vite, 
Pour nous, c'est plutôt l'inverse, semble-t-il...

Voici le résultat de nos échanges
(Je vous laisse deviner qui a fait quoi !)

Association Sonya-Anne

Bijoux 2544

Photos Juin 2015

***

Je vous encourage vivement à aller visiter sa page FlickR,
Sonya est incroyable de créativité.
Vous en jugerez par vous même...

19 février 2015

un état d'être

Avant/Après.
Rien n`est changé en apparence.

L`arbre, l`oiseau, le vent.
Rien n`est changé en réalité.
L`arbre, l`oiseau, le vent.
Et pourtant désormais tout est différent.
Ce qui était, au début, devant les yeux,
les yeux maintenant le SONT aussi :

l`arbre, l`oiseau, le vent.

Une citation de Christiane Singer

IMG_20150209_164745#1

Photo février 2015
(rameau de gui)

14 juin 2014

je me suis assise dans mon jardin

Reculez d'un pas
et tout s'élargira spontanément

(proverbe chinois)

IMG_20140608_163113

Je me suis assise dans mon jardin.
J'ai regardé autour.
Je veux dire au loin.
Puis j'ai reculé, juste un peu,
pour mieux tout englober du regard.

Mon dieu, quelle immensité !
Que de directions possibles !

J'adore ça, contempler l'univers autour de moi.
Cela m'aide à prendre du recul sur les choses,
sur mes paysages,
sur ma vie.

Avec des repères immuables, rassurants.
Des gestes.
Des moments.
Des certitudes.

J'aime être là.
Juste là,
maintenant.

***

Photo mai 2014
Regard tourné vers le Vercors, par temps d'orage
Tout là-haut : lieu dit "La dent de Moirans"

(photo prise juste devant la porte de ma maison !)

2 juin 2014

dernière lecture : demain j'arrête !

de Gilles Legardinier

Demain-jarrete

3 etoiles

Présentation de l'éditeur :

Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier... 
Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Une douce parenthèse, sans doute ce que l'on appelle un roman de plage...
A mon avis, un roman qui ne marquera pas ma mémoire... (d'ailleurs, pour être honnête avec vous, voilà plus d'une semaine que je l'ai refermé (lu très vite...) et je l'ai déjà plus ou moins oublié... )
Je me rappelle quand même avoir ri de bon coeur dans un ou deux passages, mais franchement, je ne trouve pas qu'il mérite un tel engouement de la part des lecteurs !

Morceaux choisis :
"Les gens sont beaux quand ils font ce qu'ils aiment".
"Faut-il qu'ils nous prennent pour des imbéciles... La carotte et le bâton. Chaque année, nous sommes des millions à avoir droit au grand cirque des entretiens annuels "Une rencontre informelle pour échanger librement sur les comportements de chacun et savoir ce qui peut être amélioré pour renforcer l'entreprise à travers l'épanouissement de tous" T'as qu'à croire. Quiconque en a déjà passé sait l'abîme qui sépare cet aguichant programme de la réalité des faits. Le plus souvent, un ou deux petits chefs vous expliquent pourquoi "malgré des efforts indéniables", vous n'aurez pas d'augmentation cette année."
"Le vrai miracle, ce n'est pas la vie. Elle est partout, grouillante. Le vrai miracle, c'est l'amour".
"Je déteste parler à quelqu'un dont je ne capte pas le regard".
"Je ne sais pas pour vous mais, au début de ma vie, il n'y avait que deux sortes de personnes dans mon univers : celles que j'adorais et celles que je détestais. (...) Ensuite, on grandit. Entre le noir et le blanc, on découvre le gris. On rencontre ceux qui ne sont pas vraiment des amis mais que l'on aime quand même un peu et ceux que l'on prend pour des proches et qui n'arrêtent pas de vous planter des couteaux dans le dos. Je ne crois pas que la découverte de la nuance soit un renoncement ou un manque d'intégrité. C'est une autre façon de voir la vie".
"Je ne suis pas une accro de l'informatique. J'ai constaté que souvent, plus les gens s'y intéressent, plus ils sont déconnectés de la vie. C'est un bel outil mais qui peut conduire à des illusions, celle de savoir, celle d'avoir compris, et celle d'avoir des centaines d'amis. Pour moi, la vie se joue ailleurs que devant un clavier".
"N'oubliez jamais cette vérité absolue : ce qu'il y a de pire dans le monde, ce ne sont pas les épreuves, ce sont les injustices".
"est-ce lui qui me fait cet effet-là ou est-ce que je lui donne autant d'importance parce que je n'ai pas grand-chose d'autre dans ma vie ?".
"Quelles que soient les époques, certains mots n'ont jamais changé, certains termes ne subissent pas l'influence des modes. Adorer, espérer, souffrir, attendre et pleurer. Personne, pas même ces jeunes filles insouciantes, n'ose jouer avec la vérité profonde de notre destin."
"Les gens qui dorment ont toujours quelque chose d'émouvant. Ils sont vulnérables. Comme partis ailleurs, ils vous confient en quelque sorte leur corps."
"C'est fou. Nous les filles, quand on pense à quelqu'un, on y pense tout le temps. Il occupe chaque recoin de notre esprit à chaque seconde. Vous vous démenez pour tenter de vous changer les idées et le moindre petit détail vous y ramène. Prisonnière d'une obsession."
"Quel scoop ! Un mec qui déteste être malade ! Si on en trouve un qui accepte de se soigner sans faire d'histoires, sans mimer une agonie digne d'un torturé sous l'Inquisition, ça vaudra le coup de faire un documentaire".
"La vie nous donne une petite leçon chaque jour".
"On pense connaître les choses et soudain un détail surgit et tout change".
"Si je devais confier tout ce que j'ai loupé, il me faudrait des mois, et encore, en parlant vite".
"Les gens s'attendent à ce que vous soyez tel qu'ils se l'imaginent".
"Chaque fois que je suis amoureuse, je commence par une phase où je veux tout savoir de lui. ça frise la boulimie. Qu'est ce qu'il lit ? Qu'est-ce qu'il pense ? Qu'est-ce qu'il fait ? 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est épuisant, mais impossible d'y échapper."

 

 

***

Pour éviter de vous faire perdre du temps, j'ai aussi tenté deux autres lectures. Elles n'ont, à mon avis, aucun intérêt... :
Le dernier roman de Paulo Cohelo : Adultère, désolant...
et un livre de "développement personnel" : Mange, prie, aime, d'Elizabeth Gilbert (même verdict). (Rhôô dites donc, en cherchant le lien, je viens de m'apercevoir "qu'ils" en ont fait un film ! Hé bé... Ceci dit, avec Julia Roberts, ça tient peut-être mieux la route que le bouquin ?)

Evidemment, vous avez bien le droit de ne pas penser comme moi ! (et dans ce cas, votre avis m'intéresse...)

25 mars 2014

dernière lecture : Il faut beaucoup aimer les hommes

de Marie Darrieussecq

cvt_Il-faut-beaucoup-aimer-les-hommes_5908

3 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. Il se trouve que l'homme est noir. "C'est quoi, un noir ? Et d'abord, c'est de quelle couleur ?" la question que pose Jean Genet dans "les nègres", cette femme va y être confrontée comme par surprise. Et c'est quoi, l'Afrique ? Elle essaie de se renseigner. Elle lit, elle pose des questions. C'est la Solange du dernier roman de Marie Darrieussecq, "Clèves", elle a fait du chemin depuis son village natal, dans sa "tribu" à elle, ou tout le monde était blanc.
Le roman réserve d'ailleurs quelques surprises aux lecteurs de "Clèves", même s'il n'est pas nécessaire De l'avoir lu pour entrer dans cette nouvelle histoire. L'homme qu'elle aime est habité par une grande idée : il veut tourner un film adapté de "au cœur des Ténèbres" de Conrad, sur place, au Congo. 
Solange va le suivre dans cette aventure, jusqu'au bout du Monde : à la frontière du Cameroun et de la Guinée équatoriale, au bord du fleuve Ntem, dans une sorte De "je ntem moi non plus". La forêt vierge est très présente dans toute cette deuxième partie du roman, Qui se passe en pirogue et en 4x4 au milieu des pygmées et des bûcherons clandestins, sous l’œil d'une Solange qui se sent négligée.
Depuis "truismes" en passant par "le bébé" ou "Tom est mort" jusqu’à "Clèves", les romans de Marie Darrieussecq travaillent les stéréotypes : ce qu'on attend d'une femme, par exemple ; ou les phrases toutes faites autour du deuil, de la maternité, de la virginité.
Dans "il faut beaucoup aimer les hommes" cet homme noir et cette femme blanche se débattent dans l'avalanche de clichés qui entoure les couples qu'on dit "mixtes".
Le roman se passe aussi dans les milieux du cinéma, et sur les lieux d'un tournage Chaotique, peut-être parce qu'on demande à un homme noir de jouer un certain rôle : d'être noir. Et on demande a une femme de se comporter de telle ou telle façon : d'être une femme.
Le titre est tiré d'une phrase de Marguerite Duras qui sert d'exergue : "il faut beaucoup aimer les Hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter."

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Une très belle écriture, c'est certain. 
Mais l'histoire reste dérangeante. Pas à cause de la différence de couleur de peau (ce dont s'interroge Solange, l'héroïne du roman, dès la naissance de son magnifique amour pour Kouhouesso), mais plutôt l'enfermement et l'attente dans lesquels Solange s'est cloisonnée. Un amour aliénant, dirigé vers un homme (l'Homme !, dirait-elle) qui, à mon avis, ne la mérite pas. Il le lui démontre d'ailleurs tout au long du roman, mais surtout à la fin. Quel muffle !
Dérangeant, aussi, ce monde du cinéma, où les acteurs sont décrits comme des êtres totalement superficiels, vivent-ils sur une autre planète ? S'ils n'y sont pas, la consommation de drogues et autres boissons alcoolisées (plutôt banalisées dans le roman, cela correspond-il à la réalité dans ce monde-là ? C'est l'impression que nous en donne la presse people...) finissent de les déconnecter de la réalité...
Puis vient ce basculement entre deux mondes, avec le passage vers la brousse africaine, hostile. Extrêmement contrasté. Dur. La vraie vie ? La secousse dont a besoin Solange pour enfin réagir ? Je crois que c'est là la partie que j'ai préférée de ce roman et, après réflexion, je la trouve même assez fascinante. Un tas d'images restent collées devant mes yeux, un peu oppressantes, comme l'est sans doute l'Afrique entière... 

Un sentiment mitigé, donc, pour moi...  

 

 
Morceaux choisis :
Et il porte sur la mer un regard infini.
Au bout de combien de temps se rompt un lien ? se dénoue une histoire ? L'amour, lui, empirait. L'amour idiot, celui qui empêche de vivre. Le désir qui est une des forme de l'enfer. 
Vouloir se faire aimer de tout le monde plutôt qu'un seul, ça lui faisait comme un repos.
Avant la rencontre, elle se passait de lui. Elle ne percevait même pas son champ magnétique : elle l'ignorait superbement
Le visage est ce que l'on ne voit pas de soi. Le dos non plus, je vous l'accorde. En se contorsionnant, on attrape un éclat d'omoplate, un peu de clavicule et de reins. Mais on porte devant soi son visage comme une offrande.
Un regard sur la mer et elle voudrait être la mer. Un regard sur les vagues et elle voudrait être les vagues. Elle voudrait être le vide, elle voudrait être l'ailleurs, elle voudrait être la chanson qu'il a dans la tête et elle voudrait qu'il la chante, elle, qu'il dérive, oui, mais vers elle ; elle voudrait être cette pensée évasive.
Est-ce que c'était ça l'amour, cette façon d'attendre et maintenant, de regarder bouger les belles lèvres sur les belles dents sans écouter ?
Elle songea qu'elle n'avait pensé à lui que par intermittence : l'exotisme est une distraction puissante.
Les arbres avertissent et préconisent. Les arbres prennent le parti des sages. Les grottes sont sacrées.
Seuls les gens sans vision s'échappent dans le réel, c'est ce que disent les Zoulous
Pas le même homme de face et de profil.
 
Beaucoup de beaux passages sur l'attente :
Attendre est une maladie. Une maladie mentale. Souvent féminine.
Mais qu'importe les lieux et les temps, le monde ici et maintenant était à nouveau peuplé d'un seul homme.
De lui, de cet homme qu'elle aimait, de lui dont elle apprenait les goûts, l'histoire, le plaisir, la force , le talent et le manque d'humour, de lui dont elle commençait à redouter les humeurs, de lui elle ne savait rien. ...
L'objet précis de son attente - lui, ici. Lui et pas un autre. L'attente était tellement vaste qu'il en était pour ainsi dire dissous. Devenu -lui, cet homme- impossible. Une constellation dont l'existence est connue, visible dans le ciel, mais inatteignable et de ce fait, abstraite, et à la longue, indifférente.
L'attente recommençait, l'attente comme une maladie chronique. Une fièvre engluante, une torpeur. Et entre deux rencontres, deux réinfections, elle s'imprégnait lentement de ce paradoxe: elle attendait un homme qu'elle perdait de vue, un homme comme inventé. L'attente était la réalité; son attente à elle la preuve de sa vie à lui. 
7 octobre 2012

c'est tout petit, ce que je fais

"C'est du tout petit, ce que je fais.
C'est de l'ordre du minuscule, de l'indéfinitésimal.

A la question : que faites-vous dans la vie,
voilà ce que j'aimerais répondre, voilà ce que je n'ose pas répondre :
je fais du tout petit,
je témoigne pour un brin d'herbe."

(une citation de Christian Bobin,
dans "autoportrait au radiateur")

07 2010 2

07 2010 1

 

Photo début d'automne

1 août 2012

dernière lecture : Journal d'un corps

de Daniel Pennac

Pennac Daniel Journal d'un corps

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Le narrateur a commencé à tenir scrupuleusement le journal de son corps à l'âge de douze ans, en 1935.
Il l'a tenu jusqu'à sa mort, en 2010, à 87 ans.
Son projet était d'observer les innombrables surprises que notre corps réserve à notre esprit d'un bout à l'autre de notre vie. Ainsi a-t-il finalement décrit toute l'évolution de son organisme.
Le résultat est le roman d'un corps qui tient moins du précis anatomique que de l'univers malaussénien, car Daniel Pennac évite la froideur du constat médical en introduisant à chaque page des personnages, des situations, des dialogues et des réflexions qui font circuler le sang de l'intimité dans ce corps autopsié que le lecteur, souvent, reconnaîtra comme étant le sien.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai bien aimé A-DO-RÉ !!!
Des larmes, des rires, de la curiosité, de l'inquiétude, de la gêne, du plaisir. Cet homme a-t-il vraiment existé ? Comme on aimerait le croire ! Comme on y croit ! D'ailleurs, on le connaît !
Ce sera probablement là mon roman de l'été... et je vous le conseille chaudement.
LE roman de Daniel Pennac ?
Un régal !

Morceaux choisis :
"En pleurant, on se vide infiniment plus qu'en pissant, on se nettoie infiniment mieux qu'en plongeant dans le lac le plus pur, on dépose le fardeau de l'esprit sur le quai de l'arrivée. Une fois l'âme liquéfiée, on peut célébrer les retrouvailles avec le corps."
"Tu te déguiserais (...), je te reconnaîtrais à ton sourire. Et de s'interroger sur ces émanations du corps que sont la silhouette, la démarche, la voix, le sourire, l'écriture, la gestuelle, la mimique, seules traces laissées en nos mémoires par ceux que nous avons vraiment regardés".
"Parle, mon fils, parle. Crois-moi, c'est encore ce qu'on a trouvé de mieux pour se faire comprendre".
"Personne ne vit dans un état de surprise permanente".
"C'est le bonheur du corps qui fait la beauté du paysage".
"(...) à la seconde où je vous ai pris dans mes bras, il m'a semblé que vous existiez depuis toujours ! Là est la stupeur : nos enfants datent de toute éternité ! A peine sont-ils nés que nous ne pouvons plus nous concevoir sans eux".
"Il n'y a pas d'autre ennemi que l'ennemi intérieur".
"Mesdames et messieurs, nous mourons parce que nous avons un corps".
" "Avoir l'esprit large", l'étroitesse de cette expression !"
" (...) Le principe d'accélération, tout est là, nous ne sommes pas des projectiles à chute molle, nous sommes des boules de conscience lancées sur la pente toujours plus raide de notre vie ! Que nos carcasses suivent ou pas, c'est leur affaire".
"La nature a horreur de la symétrie, elle ne commet jamais cette faute de goût".
"Pauvre médecin ! Passer sa vie à réparer un programme conçu pour merder"

Deux liens que je vous propose :
- l'auteur, qui présente son roman,
- et, dans un tout autre registre, la chanson d'Ariane Moffatt : "Mon corps", à laquelle, évidemment, je n'a pas pu m'enpêcher de penser tout au long de cette lecture !

24 avril 2012

dernière lecture : Anticancer - Les gestes quotidiens pour la santé du corps et de l'esprit

de David Servan-Schreiber

Servan-Schreiber David anticancer

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Une perspective inédite pour mieux se protéger contre la maladie et optimiser sa santé.
La médecine moderne dépiste et soigne le cancer, mais elle ne tire pas parti des découvertes récentes qui montrent comment mobiliser toutes les ressources naturelles de notre corps.
Trois ans après la première parution de ce livre traduit en 35 langues dans près de cinquante pays, et vendu à plus d'un million d'exemplaires , la thèse principale de David Servan-Schreiber selon laquelle nous pouvons significativement fortifier nos défenses naturelles contre les maladies en général  et le cancer en particulier a été confirmée par de nouvelles études intégrées à cette deuxième édition.
David Servan-Schreiber retrace ici les aventures scientifiques passionnantes qui ont mené à cette nouvelle approche et propose une pratique de prévention et d'accompagnement des traitements classiques avec des résultats constatés par la recherche de pointe pour se construire une biologie anticancer.
Nous pouvons tous agir dans quatre domaines principaux.
Ainsi:
- nous prémunir contre les déséquilibres de l'environnement;
- ajuster notre alimentation;
- mieux réagir au stress dans notre vie;
- établir une relation différente à notre corps.
À la suite de la parution de ce livre, David Servan-Schreiber a reçu un nombre considérable de témoignages. Comme lui-même il y a quelques années, de nombreux lecteurs veulent aujourd'hui renforcer leur potentiel de santé. C'est pour eux qu'il a souhaité cette réédition. Afin que chacun puisse acquérir les armes qui lui permettront de se battre au quotidien contre la maladie. Et surtout, que chacun apprenne à nourrir sa force de vie.

Mon sentiment au sujet de cet ouvrage :
Ce livre devrait faire partie des incontournables. Il nous informe. De façon simple et optimiste. Il préconise les bons gestes, qui restent ceux du bon sens. J'ai bien aimé le ton, et je me suis attachée, au fil de ses écrits, à cet auteur dont on perçoit l'intelligence et l'empathie. Le besoin de partager.

Morceaux choisis :
"Nous avons tous besoin de nous sentir utiles à autrui. C'est une nourriture indispensable de l'âme, dont le manque crée une douleur d'autant plus déchirante que la mort est proche. Une grande partie de ce qu'on appelle la peur de la mort vient de la peur que notre vie n'ait pas eu de sens, que nous ayons vécu en vain, que notre existence n'ait fait une différence pour rien ni personne."
"Une plante qui ne prolifère pas n'est pas une mauvaise herbe".
"Pour dire "je t'aime", les indiens Yanomami en Amazonie disent : "Ya pihi irakema", qui signifie "j'ai été contaminé par ton être" - une partie de toi y vit et y grandit."
"Une des leçons les plus essentielles de la vie : nous sommes tous blessés peu ou prou, et nous avons tous appris à en avoir honte."
"Qu'il s'agisse d'apprendre à se relaxer et à mieux contrôler son esprit, à mieux se nourrir ou à pratiquer une activité physique régulière, le secret, au fond, est de se redonner un moyen d'agir sur sa vie - et sur sa maladie - au lieu de la subir dans la détresse et l'impuissance".

23 août 2011

dernière lecture : Les chaussures italiennes

de Henning Mankell

Mankell_Henning_Les_chaussures_italiennes

Présentation de l'éditeur :
A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce roman aura été un véritable petit régal : l'histoire d'un homme qui se remet tout simplement à vivre...
Avec une atmosphère très particulière : beaucoup de retenue, de paix, de douceur et de poésie, de violence et de solitude, aussi : la vie d'un reclus dans un univers fantastique, une île hors du temps dans un monde contemporain, une fille (belle), une autre (vengeresse), des chaussures (parfaitement incongrues) et tellement d'autres petits bonheurs distillés au fil des pages.
C'est beau, marquant, oserais-je dire inoubliable ?
(...un genre de conte, à lire plutôt en hiver, sous de douillettes couvertures...)

Morceaux choisis :
« Si j'ai quelque chose à dire, je le dis. Je ne crois pas qu'on doive tout partager. Si on fouille trop loin dans le coeur des autres, on risque de détruire l'amitié. »
(Cette première citation, vraiment, je l'aime ! Car je la trouve franchement à méditer en cette glorieuse aire facebookienne !!!)

« Il vaut mieux s'approcher des autres lentement. Si on va trop vite, on risque la collision ou le naufrage. »
« Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes. »
« Quand la chaussure va, on ne pense pas au pied. » 
« La vie tourne rarement comme on l'avait imaginé. »
« La nuit d'hiver était étoilée et immobile. Parfois, quand je vois un ciel comme celui-là, je regrette de ne pas être compositeur. »

Et puis, un passage un peu plus long :
"Des promesses, on en reçoit tant. On s'en fait à soi-même. Les autres nous en font. On a les politiciens qui nous parlent d'une vie meilleure pour les vieux, d'un hôpital où personne n'aura plus d'escarres ; on a les banquiers qui nous promettent des intérêts plus élevés, les produits qui nous promettent qu'on va perdre du poids, les crèmes qui nous promettent une vieillesse avec moins de rides. Vivre, ce n'est jamais qu'avancer dans son petit bateau au milieu d'un flot de promesses variées à l'infini. Quelles sont celles dont on se souvient ? On oublie celles qu'on voudrait se rappeler et on se souvient de celles qu'on préfèrerait oublier pour toujours. Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule."

3 septembre 2011

la fréquentation d'un bois

La fréquentation d'un bois, d'une montagne, d'un rivage
apporte quelque chose de formidablement ressourçant,
peut-être parce qu'elle nous permet de nous caler
sur le rythme des saisons,

ce qui doit contribuer à l'équilibre.

David Servan-Schreiber,
dans "On peut se dire au revoir plusieurs fois"

AnnePoncet Le bruit des vagues DSC07909

Photo printemps 2011

31 août 2011

tatie

 DSC08323

- Dis, Tatie, on peut en faire un, nous aussi, collier en fimo ?
- Mais bien sûr, ma chérie ! Va chercher ta soeur, et choisissez vos couleurs.
- Ah tiens, tu as vu, on a presque pris les mêmes, avec Juliette !
- Je pourrai aussi mettre des trucs qui brillent, là, dessus ?
   (comprendre des strass...)
- Et moi percer toute seule mes perles ?
- Mais oui, mais oui...
 (heu...pas sûre que maman sera bien contente, ça pique vraiment, ce truc-là !)
- Pourquoi y'a toutes ces traces ?
- J'ai envie de faire des ronds !
- Et moi, des fleurs !
- ça colle, non ?
- Je peux utiliser ta lame qui coupe bien ?
- On peut mettre du doré ?
- C'est long, à cuire ?

- Bon, on y va, alors ? Je vous montre, et vous faites pareil !

...et c'est parti : 

DSC08310 DSC08320

DSC08318 

DSC08313_2

DSC08309 DSC08328

DSC08331 DSC08332

DSC08334

Le résultat ?
prometteur, je trouve !!!
(prudentes, elles m'ont tout de même confié le soin du montage...)

   Le collier de Charlotte (5 ans)                                                   et celui de Juliette (7 ans)

2011_DSC08377CollierEnfantLeBruitDesVagues 2011_DSC08375CollierEnfantLeBruitDesVagues

Et je vous montre aussi leur "modèle"

2011_104CollierLeBruitDesVagues

Colliers en pâte polymère,
avec cire à dorer et strass,
montage sur fil à scoubidous et perles de rocaille

14 octobre 2011

dernière lecture : La nuit de Skyros

de Patrick Cauvin

Cauvin Patrick La-nuit-de-skyros
¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Qui est vraiment Michel Caroni et pourquoi s’insinue-t-il dans la vie du psychiatre Paul Valenti ? A chaque séance, le présumé patient raconte un de ses rêves où apparaissent un détail et des personnages qui ont occupé une place importante dans la vie du psychiatre. Ces éléments troublants ravivent une histoire qui a bouleversé son existence : celle d’une authentique passion amoureuse.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Décidément, Monsieur Cauvin, qu'est-ce que je vous adore.
Je dirais bien que je vous aime, mais, depuis quelques temps, "j'aime" est devenu un simple petit bouton bleu clicable (négligemment clicable, si l'on veut, si l'on préfère, beaucoup de gens préfèrent...), et qui, du coup, rend sur le net cette si belle déclaration extrêmement pâlichonne...
Car, croyez-moi, ceci est une véritable déclaration !
Et vous dire encore que je vous suis entièrement fidèle. Ou, reformulé : je vous suis, entièrement, depuis si longtemps... (un peu redondant, mais plus juste, sans doute). Ma première approche, près de vous, fût "Haute-Pierre". Une claque. Surtout dans les quelques dernières pages. Je vous aurais maudit !
Ici, je vous retrouve : le même. Et c'est comme cela que je vous aime (ah flûte, j'avais dit que je ne le prononcerais pas. Trop tard...) : surprenant, et percutant.

Morceaux choisis :
En préambule, l'auteur cite Budd Schulberg, dans "Plus dure sera la chute" : "Il existe toujours un moment où l'on a l'impression que l'on peut voir se dessiner, le temps d'un éclair, dans le regard l'un de l'autre, l'image de ce qui aurait pu se passer, si on avait eu les meilleures cartes en main ou si on avait joué différemment".
"Qui, n'ayant rien à bouffer, n'a jamais découvert en fond d'étagère une boîte de sardines à l'huile, ignore ce qu'est l'intervention du divin dans la vie quotidienne."
"Tout s'oublie. C'est à la fois le résultat d'un travail et une histoire d'érosion."
Je pense qu'il faut parfois un centième de seconde pour que le destin fasse son boulot, disparaisse et vous laisse vous démerder sans lui jusqu'à la fin de votre vie".
"Il y a une mode pour tout, le pinard n'y échappe pas. En ce moment, c'est "sur le fruit". ça passera". (Ce passage-là, c'est sûrment parce qu'en parallèle, j'ai écouté une émission sur France-Inter : "Partir avec", et ce jour-là, Hervé Bizeul était interviewé. J'ai adoré ses paroles et son amour des vignes et du terroir. Envie de découvrir son univers, qui (bonus !) se nomme "le Clos de fées". Le monsieur a un blog, j'y cours !)

Enfin, un passage un peu plus long, clin d'oeil pour mes blogamies sur le groupe CréationFimo, où un sujet récurrent fait couler beaucoup d'encre : le plagiat.
"Je lui ai fait remarquer que depuis la nuit des temps les écrivains se servaient les uns des autres et que, entre les influences et le plagiat, la frontière n'était pas aussi facile à préciser qu'on pouvait le croire".

3 octobre 2011

le plus beau des trésors

« Quand nous avons de grands trésors sous les yeux,
nous ne nous en apercevons jamais.
Et sais-tu pourquoi ?
Parce que les hommes ne croient pas aux trésors. »
Paulo Coelho (Extrait de L’alchimiste)

arbrefemme

C'est une photo que j'ai trouvée sur le net, si belle
Je crois que je pourrais l'encadrer
(désolée, je n'ai pas trouvé de référence auteur)

***

Elle m'a aussi fait penser à ce texte-ci, d'Alice Fernay dans "Les autres"
que vous connaissez déjà, et que j'aime tant...

" Voilà l'image qu'aujourd'hui j'ai de moi :
je suis un arbre.
Un jour, je l'ai dit résolument : je suis un arbre,
sédentaire par nature, enracinée par l'écheveau de mes affections,
incapable de quitter le premier monde qui me fut donné,
condamnée à rester, plantée,
mais pour autant féconde et tutélaire,
propulsant vers le ciel cent branches portant bourgeons,
dans un mouvement de respiration continue,
dans la joie de désirer,
avec une énergie si immense et vorace
que je la cache pour ne pas être effrayante. "

16 août 2011

tant d'images...

chagall 1931 EquestrienneJe veux rire, courir, parler, pleurer,
et voir, et croire
et boire, danser,
crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
voler, chanter, partir, repartir
souffrir, aimer
Je l'aime tant, le temps qui reste

(Le temps qui reste, Serge Reggiani)

 

 

Illustration : Equestrienne, Chagall, 1931

16 septembre 2011

mi-figue mi-raisin

Il était tout petit quand je l'ai planté, et après l'hiver, tout sec, complètement grillé par le froid. J'ai essayé de l'arracher, parce que franchement, il ne ressemblait plus à rien. AnnePoncet Le bruit des vagues DSC08414
Et là, parmi les racines, une toute petite pousse.
Qu'est-ce que je risque ? me suis-je dit.
Quatre ans plus tard, notre figuier est déjà devenu bien grand (...il doit profiter de l'engrais joyeusement étendu dans les champs de maïs alentours...), et nous donne ses premières figues. Alors je tente quelques recettes, dont celle-ci, qui a fait l'unanimité, à la maison :
le crumble mi-figue mi-raisin de Chrystelle, que j'ai un peu adapté à mes casseroles (pour changer...). (recette pour 6 personnes).

Pour la garniture : 1 grosse grappe de raisin blanc sucré (type muscat) - 8 figues bien mûres -  du miel. Laver les figues et le raisin - couper les figues en quatre, les raisins en deux - les mélanger avec du miel sur le fond d'un plat à gratin.
Pour la pâte à crumble : 220 g de farine - 200 g de sucre - 200 g de beurre bien froid coupé en tout petits cubes. Mélanger le sucre et la farine puis, du bout des doigts, émietter le beurre dans le mélange sucre-farine, pour obtenir un genre de sable.
Etaler la pâte par dessus les fruits - enfourner à four chaud pour 40 à 50 minutes, jusqu'à ce que le dessus soit bien caramélisé-doré - déguster tiède, c'est un pur délice !

C'est une recette que je l'ai trouvée, dans le journal des femmes.
D'autres alléchantes, toujours à base de figues, m'attendent encore, je crois...

8 août 2011

dernière lecture : Madame Seyerling

de Didier Decoin

Decoin Didier Mme-seyerling

Présentation de l'éditeur :
Antoine Dessangles a posé son stylo: c'est fini, il n'écrira plus. Mais personne ne le sait. Surtout pas sa femme et son éditeur auxquels il continue de jouer, non sans une certaine allégresse, la comédie du romancier.
Pour l'écrivain repenti, seuls comptent désormais les héros de la vraie vie: la jeune fille amoureuse, le boxeur de Valenciennes, l'hôtesse de l'air, le plagiste de Biarritz. Antoine les repère, les suit, entre en clandestinité pour observer ce qu'ils deviennent après la rupture, après le combat, après que l'avion s'est posé et que la plage s'est vidée en glissant dans l'arrière-saison.
C'est ce qu'il appelle collectionner les après.
Jusqu'au jour où il part pour New-York afin de s'offrir ce qu'il croit devoir être le chef d'oeuvre de sa collection, le plus poignant de tous les après: la douleur de madame Seyerling, une Noire dont la fille a été condamnée pour meurtre et exécutée.
Dans un New York encore inviolé, Antoine pénètre comme par effraction dans la vie de cette mère d'une force et d'une fragilité mystérieuses. Une vie qui cache un étonnant secret dont la découverte va faire passer l'écrivain voyeur du rôle de témoin intrigué à celui de l'acteur bouleversé.
Après Abraham de Brooklyn et John l' Enfer, Didier Decoin retourne à New York pour traquer la vérité de nos existences. Mais les tragédies de l'Histoire sont, elles aussi, du voyage.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Décidément, Didier Decoin aura été une des belles révélations de ces derniers mois : son écriture me ravit, avec des thèmes qui ne sont pas faciles. Je me laisse emporter par les récits d'un vrai conteur.
En fait, j'ai l'impression d'avoir avancé à tout-petits pas vers une rencontre presqu'essentielle.
Une de mes prochaines lectures sera très certainement "une anglaise à bicyclette", roman dont j'avais noté le titre un peu négligemment après avoir entendu une interview fort sympathique sur France info d'un auteur dont je n'avais jamais entendu parler !

Morceaux choisis :
« J'ai appris à rêver. C'est comme écrire, en plus égoïste, l'angoisse en moins. »
« Duc in altum : va vers le large, monte sur les hauteurs, dirige-toi avec audace vers les lointains. »
« La première phrase, c'est la plus importante. La locomotive. Elle entraîne tout le reste »

6 avril 2011

dans le verger

Cette année, notre verger va retrouver ses belles allures d'antan : les pommiers ont reçu une coupe qui va eur redonner leur port de roi. Concrêtement, pour nous : point de pommes. Il faudra attendre l'année prochaine... DSC07089
Pourtant, moi, c'est maintenant, que j'ai envie de pommes !!!
petits moelleux aux pommes. Ingrédients pour 6 personnes (préparation : 20 minutes, cuisson : 25 minutes). 4 pommes - 3 oeufs - 180 g de beurre - 180 g de farine - 150 g de sucre - miel - 1 pincée de sel - 30 g de beurre pour le fond des moules. préchauffer le four th. 6 - mélanger au batteur le beurre ramolli (20 secondes au micro-ondes...) avec le sucre en poudre, jusqu'à obternir une pommade - incorporer les oeufs un par un - ajouter la farine (en plusieurs fois) et la pincée de sel - bien mélanger jusqu'à obtenir une pâte bien homogène - peler, épépiner et couper en tout-petitis cubes les pommes - déposer, au fond de petits moules en silicone, une noisette de beurre puis une petite c. à café de miel et 1 bonne c. à soupe de pommes en dés - tasser et verser une grosse c. à soupe de pâte par dessus - enfourner pour 20 à 25 mn - démouler au sortir du four.

Publicité
Le bruit des vagues
Publicité
Newsletter
Publicité
Mes livres sur Babelio.com
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 439 809
Publicité