dernière lecture : Une anglaise à bicyclette
de Didier Decoin
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Présentation de l'éditeur :
Un massacre d'indiens dans le Dakota du Sud.
Le mariage d'une jeune femme avec son père adoptif dans l'Angleterre victorienne.
Un constable trop méticuleux.
Une bicyclette qui change un destin.
Cinq mystérieuses photographies.
Et sir Arthur Conan Doyle qui croit dur comme fer à l'existence des fées.
Le romanesque à l'état pur de Didier Decoin.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Et bien voilà : je suis super-déçue.
J'avais entendu l'auteur à la radio parler de son roman, et puis, surtout, j'avais déjà lu deux romans de Didier Decoin. Et me voilà me délectant par avance de ce dernier récit d'un auteur que j'apprécie beaucoup. Sans doute en attendais-je trop...
J'y ai cru, pourtant, dans les premières pages : de l'aventure, de l'écriture forte, des scènes assez incroyables. C'est après, je crois, que ça se gâte, sans doute parce qu'Emily n'est résolument pas à sa place dans cette Angleterre victorienne, ou que le récit est, à mon goût, excessivement romanesque ?
Un plus, malgré tout : savoir que les évènements forts de ce roman sont fondés sur des faits "réels" :
le massacre des indiens de Wounded Knee
les fées de Cottingley
D'autres avis, plus encourageants, pour vous permettre de vous faire une idée un peu plus élargie ici.
Morceaux choisis :
" La vérité n'est pas une construction réfléchie, un assemblage d'éléments fabriqués, donc contrôlés, comme le sont les mensonges qui sont, dès leur conception, protégés contre le risque d'être éventés ; on peut les modeler, les améliorer au fur et à mesure qu'ils creusent leur sape ".
" Elan Noir dit que, pour les Lakotas, le cercle est tout et que tout est cercle. Les créatures, les éléments, les mondes hors de la Terre (le soleil et la lune ne sont-ils pas ronds ?), tout cela dessine un cercle. La vie de l'homme aussi, et les nids des oiseaux, et le cycle des saisons. Le cercle ne se discute pas, ne rompt pas, ne se divise pas ".
" Les Lakotas ont raison de penser que la vie d'une homme est un cercle, que tout finit par se rejoindre ".
" Les histoires sont inusables. Elles sont la seule chose au monde sur quoi le temps n'a pas d'emprise".
J'aime bien, aussi, entendre la voix des auteurs.
Et connaître leur visage.
Ici, Didier Decoin défend plutôt bien son dernier roman...
(et puis cet interview dans la magnifique librairie "Dialogue", à Brest)
sans partition
"Qu'est-ce que ça veut dire, un oiseau pas comme les autres ?
Aussi bien un oiseau qui a le vertige
qu'un oiseau capable de siffler sans partition
toutes les sonates pour flûte de Mozart"
une citation de Jean-Louis Fournier
dans "Où on va Papa"
Celui-ci est en terre cuite émaillée !
il suffit d'un souffle
dernière lecture : Une semaine en octobre
de Elisabeth Subercaseaux
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Présentation de l'éditeur :
Le premier roman traduit de la Chilienne Elizabeth Subercaseaux. La troublante radiographie d’un couple et de ses zones d’ombre.
Entre Clara et Clemente, époux depuis vingt ans, ça ne va pas très bien. Surtout depuis que Clemente a découvert le fascinant cahier tenu par Clara, où elle évoque l’existence – réelle ?, fictive ? – d’un amant aujourd’hui décédé… Clara est-elle une véritable diariste ou se sert-elle de la fiction pour se venger de son mari, dont elle sait la liaison avec Eliana ? C’est dans ce climat on ne peut plus ambigu que se déploie l’univers romanesque d’Elizabeth Subercaseaux, qui nous propose ici une superbe variation sur les sortilèges de l’écriture et la dégradation du sentiment amoureux. Un beau livre d’automne, sombre et troublant, tout simplement.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai adoré. Je ne m'attendais pas à un tel roman, qui me touche particulièrement en ce moment précis, puisqu'il traite de la maladie de Clara, cette maladie sournoise et envahissante.
Triste histoire, belle jusqu'au bout. Etrange. Comme le sont souvent les récits des auteurs latinos dont je raffole. Une façon particulière de raconter, dérangeante. Avec des mots justes.
Morceau choisi :
"En une infime particule de temps, tout peut s'altérer de la façon la plus brutale".
dernière lecture : En avant toutes !
de Françoise Dorin
Présentation de l'éditeur :
Lou a une petite trentaine. Elle a tâté du mannequinat, du théâtre, du cinéma, mais aujourd' hui, sa vie professionnelle bat de l'aile. La solution : écrire un livre. C'est ce qu'elle a trouvé pour résister à une mère brillante féministe, présidente du club 'En avant toutes'. .. Tout un programme ! Son père, lui, est le créateur du mouvement 'Ni putes, ni soumis'. .. Là aussi, tout un programme ! Et puis... Venue faire la promotion de son livre sur un plateau de télé, elle va rencontrer Vincent, avocat de 40 ans, présentant lui aussi son nouvel ouvrage. Coup de foudre. La Tarzane va-t-elle céder face au macho plus subtil qu'il n'en a l'air ? Va-t-elle reproduire le schéma de ses parents ? Vont-ils tous réussir un couple basé sur un équilibre nouveau version XXIe siècle ?
Mon sentiment au sujet de ce roman & morceau choisi :
"Il y a toujours dans un livre même mauvais, une phrase qui bondit au visage du lecteur comme si elle n'attendait que lui."
ça, c'est une citation de Christian Bobin dans "Les Ruines du ciel"
Donc, la seule chose qui, à mon avis a de l'intérêt dans ce roman est cette phrase-ci :
"L'erreur consiste à croire que quelqu'un d'intelligent ne peut pas être bête."
Pour le reste, vous pouvez vous abstenir (mais cela reste mon avis, et celui de ma fille aussi, d'ailleurs... Vous me ferez part du vôtre ?)
les choses que j'aime
dernière lecture : La nuit de Skyros
de Patrick Cauvin
Présentation de l'éditeur :
Qui est vraiment Michel Caroni et pourquoi s’insinue-t-il dans la vie du psychiatre Paul Valenti ? A chaque séance, le présumé patient raconte un de ses rêves où apparaissent un détail et des personnages qui ont occupé une place importante dans la vie du psychiatre. Ces éléments troublants ravivent une histoire qui a bouleversé son existence : celle d’une authentique passion amoureuse.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Décidément, Monsieur Cauvin, qu'est-ce que je vous adore.
Je dirais bien que je vous aime, mais, depuis quelques temps, "j'aime" est devenu un simple petit bouton bleu clicable (négligemment clicable, si l'on veut, si l'on préfère, beaucoup de gens préfèrent...), et qui, du coup, rend sur le net cette si belle déclaration extrêmement pâlichonne...
Car, croyez-moi, ceci est une véritable déclaration !
Et vous dire encore que je vous suis entièrement fidèle. Ou, reformulé : je vous suis, entièrement, depuis si longtemps... (un peu redondant, mais plus juste, sans doute). Ma première approche, près de vous, fût "Haute-Pierre". Une claque. Surtout dans les quelques dernières pages. Je vous aurais maudit !
Ici, je vous retrouve : le même. Et c'est comme cela que je vous aime (ah flûte, j'avais dit que je ne le prononcerais pas. Trop tard...) : surprenant, et percutant.
Morceaux choisis :
En préambule, l'auteur cite Budd Schulberg, dans "Plus dure sera la chute" : "Il existe toujours un moment où l'on a l'impression que l'on peut voir se dessiner, le temps d'un éclair, dans le regard l'un de l'autre, l'image de ce qui aurait pu se passer, si on avait eu les meilleures cartes en main ou si on avait joué différemment".
"Qui, n'ayant rien à bouffer, n'a jamais découvert en fond d'étagère une boîte de sardines à l'huile, ignore ce qu'est l'intervention du divin dans la vie quotidienne."
"Tout s'oublie. C'est à la fois le résultat d'un travail et une histoire d'érosion."
Je pense qu'il faut parfois un centième de seconde pour que le destin fasse son boulot, disparaisse et vous laisse vous démerder sans lui jusqu'à la fin de votre vie".
"Il y a une mode pour tout, le pinard n'y échappe pas. En ce moment, c'est "sur le fruit". ça passera". (Ce passage-là, c'est sûrment parce qu'en parallèle, j'ai écouté une émission sur France-Inter : "Partir avec", et ce jour-là, Hervé Bizeul était interviewé. J'ai adoré ses paroles et son amour des vignes et du terroir. Envie de découvrir son univers, qui (bonus !) se nomme "le Clos de fées". Le monsieur a un blog, j'y cours !)
Enfin, un passage un peu plus long, clin d'oeil pour mes blogamies sur le groupe CréationFimo, où un sujet récurrent fait couler beaucoup d'encre : le plagiat.
"Je lui ai fait remarquer que depuis la nuit des temps les écrivains se servaient les uns des autres et que, entre les influences et le plagiat, la frontière n'était pas aussi facile à préciser qu'on pouvait le croire".
ligne courbe
La ligne courbe
est la ligne la plus jolie
d'un point à un autre.
(une citation de Mae West)
plaque en pâte polymère
le plus beau des trésors
« Quand nous avons de grands trésors sous les yeux,
nous ne nous en apercevons jamais.
Et sais-tu pourquoi ?
Parce que les hommes ne croient pas aux trésors. »
Paulo Coelho (Extrait de L’alchimiste)
C'est une photo que j'ai trouvée sur le net, si belle
Je crois que je pourrais l'encadrer
(désolée, je n'ai pas trouvé de référence auteur)
***
Elle m'a aussi fait penser à ce texte-ci, d'Alice Fernay dans "Les autres"
que vous connaissez déjà, et que j'aime tant...
" Voilà l'image qu'aujourd'hui j'ai de moi :
je suis un arbre.
Un jour, je l'ai dit résolument : je suis un arbre,
sédentaire par nature, enracinée par l'écheveau de mes affections,
incapable de quitter le premier monde qui me fut donné,
condamnée à rester, plantée,
mais pour autant féconde et tutélaire,
propulsant vers le ciel cent branches portant bourgeons,
dans un mouvement de respiration continue,
dans la joie de désirer,
avec une énergie si immense et vorace
que je la cache pour ne pas être effrayante. "









