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Le bruit des vagues
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citations
16 août 2011

tant d'images...

chagall 1931 EquestrienneJe veux rire, courir, parler, pleurer,
et voir, et croire
et boire, danser,
crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
voler, chanter, partir, repartir
souffrir, aimer
Je l'aime tant, le temps qui reste

(Le temps qui reste, Serge Reggiani)

 

 

Illustration : Equestrienne, Chagall, 1931

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8 août 2011

dernière lecture : Madame Seyerling

de Didier Decoin

Decoin Didier Mme-seyerling

Présentation de l'éditeur :
Antoine Dessangles a posé son stylo: c'est fini, il n'écrira plus. Mais personne ne le sait. Surtout pas sa femme et son éditeur auxquels il continue de jouer, non sans une certaine allégresse, la comédie du romancier.
Pour l'écrivain repenti, seuls comptent désormais les héros de la vraie vie: la jeune fille amoureuse, le boxeur de Valenciennes, l'hôtesse de l'air, le plagiste de Biarritz. Antoine les repère, les suit, entre en clandestinité pour observer ce qu'ils deviennent après la rupture, après le combat, après que l'avion s'est posé et que la plage s'est vidée en glissant dans l'arrière-saison.
C'est ce qu'il appelle collectionner les après.
Jusqu'au jour où il part pour New-York afin de s'offrir ce qu'il croit devoir être le chef d'oeuvre de sa collection, le plus poignant de tous les après: la douleur de madame Seyerling, une Noire dont la fille a été condamnée pour meurtre et exécutée.
Dans un New York encore inviolé, Antoine pénètre comme par effraction dans la vie de cette mère d'une force et d'une fragilité mystérieuses. Une vie qui cache un étonnant secret dont la découverte va faire passer l'écrivain voyeur du rôle de témoin intrigué à celui de l'acteur bouleversé.
Après Abraham de Brooklyn et John l' Enfer, Didier Decoin retourne à New York pour traquer la vérité de nos existences. Mais les tragédies de l'Histoire sont, elles aussi, du voyage.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Décidément, Didier Decoin aura été une des belles révélations de ces derniers mois : son écriture me ravit, avec des thèmes qui ne sont pas faciles. Je me laisse emporter par les récits d'un vrai conteur.
En fait, j'ai l'impression d'avoir avancé à tout-petits pas vers une rencontre presqu'essentielle.
Une de mes prochaines lectures sera très certainement "une anglaise à bicyclette", roman dont j'avais noté le titre un peu négligemment après avoir entendu une interview fort sympathique sur France info d'un auteur dont je n'avais jamais entendu parler !

Morceaux choisis :
« J'ai appris à rêver. C'est comme écrire, en plus égoïste, l'angoisse en moins. »
« Duc in altum : va vers le large, monte sur les hauteurs, dirige-toi avec audace vers les lointains. »
« La première phrase, c'est la plus importante. La locomotive. Elle entraîne tout le reste »

5 août 2011

peut-être toi, peut-être moi

 On est tous à la recherche d'une frontière,
une ligne claire entre le rêve et le réalité.

une citation de Tahar Ben Jelloun dans "L'Auberge des pauvres"

AnnePoncet Le bruit des vagues DSC08299

Photo juillet 2011

3 août 2011

dernière lecture : La grammaire est une chanson douce

de Erik Orsenna

Orsenna Erik La grammaire est une chanson douce

Présentation de l'éditeur :
Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime.
Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps.
Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase.
Il me sembla qu'elle nous parlait :
- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.
- Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.
Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi.

Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Pourquoi ai-je emporté ce petit roman dans ma valise ? Tout simplement parce que le texte, au dos de la jaquette, m'a séduite (et je dois dire qu'à le relire, il m'enchante encore !).
Et puis je ne connaissais pas Erik Orsenna, que j'avais envie de découvrir.
Sans doute un texte se rapprochant davantage à de la poésie, ou à un petit conte à destination des enfants.
Pas franchement à mon goût, même si l'objectif de rendre la grammaire attrayante reste louable. J'en suis pour ma part depuis longtemps convaincue, préconisant à mes filles, depuis qu'elles sont toutes petites, de la considérer comme un jeu...

Morceaux choisis :
« Nos mots préférés sont des affaires intimes, comme la couleur de notre sang. »
« Vingt-cinq langues meurent chaque année ! Elles meurent faute d'avoir été parlées. Et les choses qu'elles désignent meurent avec elles. »
« Les mots, c'est comme les notes. Il ne suffit pas de les accumuler. Sans règle, pas d'harmonie. Pas de musique. Rien que des bruits »
« Les vrais amis des phrases sont comme les fabricants de colliers. Ils enfilent des perles et de l'or. Mais les mots ne sont pas seulement beaux. Ils disent la vérité. » 

Si cette lecture vous tente, je vous conseille de consulter le site evene.fr, qui fait un bel éloge de ce roman. Le lien est juste là.
Et puis ce site, vraiment bien fait, qui dit tout sur cet ouvrage. C'est par ici.
En tout cas, ce récit a l'air de bien inspirer les enfants ! (...ou peut-être plutôt leurs institutrices...) Pour preuve, ce montage vidéo, très bien réalisé, que je vous propose de découvrir... Le lien : par là.

16 juillet 2011

proue

 

AnnePoncet_Le_bruit_des_vagues_DSC08236

 

"Voyager, c'est facile.
Il suffit d'épouser une proue."

une citation d'Yvon Rivard
dans "Mort et naissance de Christophe Ulric"        

  AnnePoncet_Le_bruit_des_vagues_DSC08234

photos juillet 2011
(Concarneau, Finistère-Sud)

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8 juillet 2011

dernière lecture : Avec vue sur la mer

de Didier Decoin

DecoinDidier_Avec_vue_sur_la_mer

Présentation :
Lorsqu'il était enfant, Didier Decoin a passé des vacances dans la Hague, au Nord du Cotentin. Il est tombé amoureux de cette région et a passé des années à y rechercher une maison. Il nous raconte joliment ses mésaventures immobilières, les péripéties inévitables liées aux travaux, les tempêtes, son jardin, les petits bonheurs du voisinage et des nourritures terrestres qu'offre ce pays normand battu par la mer et le vent.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un vrai plaisir. Pourtant, ce n'est rien de spécial. Seulement l'achat d'une maison secondaire. Racontée par un véritable conteur, que dis-je, un véritable ensorceleur, avec quelques passages succulents (l'envolée du toit du voisin), d'autres où je me retrouve totalement (sortir par grand-mauvais-temps écouter la mer mugir en choeur avec le vent), d'autres encore qui me rappellent quelques bons moments (la lumière du phare, dans la chambre, la nuit, à Roscoff...).
J'adorerais tellement ça : une maison avec vue sur la mer, juste pour mettre le nez contre la vitre les jours de grosse tempête !

Morceaux choisis :
« Je soupçonne Dieu d'être de la famille des phares. »
« Comme l'amour, la vue sur la mer est quelque chose qui n'a rien en soi d'exceptionnel, qui est connu et partagé par des millions de gens. Pourtant, quand cela vous échoit, vous ne pouvez vous défendre de l'impression que rien au monde n'est comparable à votre amour ni à votre vue sur la mer. »
« En matière de jardinage, c'est l'oeil qui fait le plus gros du travail. »
« J’ai fait ce livre pour dire que je n’habite pas une maison mais que je suis habité par elle… »

Et puis, ce passage plus long, qui me plaît particulièrement :
«
Je n'ai jamais vu la mer Rouge, mais je sais bien qu'elle n'est pas rouge. Pas plus, d'ailleurs, que la mer Noire n'est noire. La mer n'est rouge, vraiment rouge, qu'à (...) une certaine heure, brièvement, quand le soleil couchant, comme un tube de peinture que l'artiste écrase, dégorge brusquement une coulée de sa pâte brillante et fluide, d'un incarnat si ardent, si dévorant que les plus vives couleurs de la palette semblent tout à coup d'une tristesse de suie.
La "rougie" de la mer se propage d'ouest en est, courant comme un incendie. Portée par les vagues, elle atteint le rivage, submerge l'ourlet de la plage, s'étale sur les galets en lave incandescente, embrase les lacets de la route, escalade les falaises où elle empourpre les bruyères, l'ocre brune des fougères, le nankin des ajoncs. Le rouge investit tout, faisant du moindre gravier un rubis, transformant les bouquets d'ombelles en forêts de petits érables qui flambent dans la gloire fugitive de quelques minutes d'été indien à l'échelle d'un talus ou d'un fossé.
J'ai même cru voir, perché sur un rocher où il faisait sécher ses ailes, un cormoran virer du noir à l'écarlate.
»

 

5 juillet 2011

drôle de coquillage

 

"On dirait que le bruit de la mer
est l'enveloppe qui contient tout le reste
,
les couleurs, les odeurs.

Si tu regardes longuement le ciel et la mer,
tu finis par croire que ce bruit,
tu le vois."

une citation de Philippe Labro

2011_095BarretteLeBruitDesVagues

barrette en pâte polymère et rocailles

Une création récente
qui ne serait pas encore visible en boutique vous plaît ?
N'hésitez pas à
me contacter


DSC05963

(photo été 2010, dans les Côtes d'Armor)

4 juillet 2011

dernière lecture : Les jours fragiles

de Philippe Besson

BessonPhilippeLes_jours_fragiles

Présentation :
23 juillet 1891 : Arthur Rimbaud revient à Charleville chez sa mère. Amputé d'une jambe, il est à l'agonie et c'est sa sœur Isabelle qui couche ses impressions dans un journal intime fictif, prétexte au roman de Philippe Besson.
Rimbaud revient à l'endroit qu'il a toujours voulu fuir, d'abord pour écrire puis pour faire fortune en Afrique.
Isabelle le soigne et se fait violence pour occulter les horreurs qu'Arthur ne cesse de lui raconter et que ses chastes oreilles de " vieille fille " ne sauraient entendre s'il n'était pas condamné. Leur mère est présente, mais impitoyable, indéchiffrable, alors qu'elle est probablement l'une des clés de l'existence brisée d'Arthur.
Au bout de trente jours, il redescend à Marseille avec l'idée de repartir en Afrique retrouver la vie et le dernier amour qu'il a laissé là-bas un jeune homme dénommé Djami. Il y mourra dans des souffrances inouïes, mais croyant encore embarquer le lendemain.
Dans ce huis-clos entre un frère et une sœur qui ne peuvent pas se comprendre tant la distance entre leurs vie est disproportionnée : Arthur est athée, homosexuel, drogué, Isabelle, pieuse, vierge, travailleuse, le courant passe pourtant. Car Isabelle pressent que son frère est un génie, mais qu'en même temps il ne peut " entrer souillé dans l'histoire ". De son côté Arthur sait confusément qu'il va mourir même s'il lutte jusqu'au bout pour fuir à nouveau.
Philippe Besson s'est glissé dans le personnage d'Isabelle pour affronter Rimbaud du côté de l'intime et non du poète. Il parle à peine de sa poésie puisqu'elle même n'en savait presque rien, mais ce qu'il en dit suffit à faire revivre le génie de Rimbaud avec la grâce et la retenue, qu'on lui connaissait dans ses précédents romans.
De la même façon qu'il éclaire, en ne parlant que des six derniers mois du poète, sa vie entière faite de mystères, relevant de l'indicible, car bien décidé à comprendre Arthur Rimbaud qui le fascine depuis toujours, il a réussi par petites touches, à travers des non-dits, des hypothèses à peine esquissées, à pressentir, avancer dans la connaissance du personnage. Donner un visage humain à un mythe adoré ou détesté dans un roman ayant la grâce.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
ça m'a fait plaisir, au travers de cette lecture, de découvrir la vie d'Arthur Rimbaud. De connaître l'Homme qu'il fût.
Mais voilà tout.
Et puis j'ai regardé, à la fin du roman : pas de poème non plus, dommage.. Le dormeur du val, Le bateau ivre, autant de textes que j'aurais aimé parcourir en parallèle de ma lecture.
Déception (douce), donc, pour moi.
Pourtant, une belle critique, sur le site evene.fr
Pourtant un auteur passionné, qui sait parler de son roman avec fougue.

Morceaux choisis :
Il faut arranger nos souvenirs. Sans ça, la vie n'est pas supportable.
Libre. Le tragique de ce seul mot.
Le mutisme n'exige pas d'effort. C'est parler qui est difficile.
Les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire.

28 juin 2011

dernière lecture : Un don

de Toni Morrison

Morrison_Toni_Un_don

Présentation de l'éditeur :
L'histoire prend place à la fin du XVIIe siècle : à cette époque, les colonies d'Amérique sont à peine nées, l'esclavage des Noirs venus d'Afrique est un fait nouveau et n'est pas encore la pierre angulaire de l'économie américaine. Dans ce nouveau monde, des Européens ont bâti des propriétés isolées au milieu de régions sauvages où la maladie et la mort sont une menace de chaque instant, où tous, à l'exception des Indiens, viennent d'ailleurs. Dans une petite ferme du Maryland, vit Jacob Vaark, un fermier et négociant anglo-néerlandais marié à Rebekka. Cette jeune Anglaise est l'aînée de sa famille. Ses parents, peu soucieux de son sort ont décidé de répondre à l'annonce de Jacob qui recherchait 'une femme en bonne santé, chaste et désireuse de voyager'. Quand on propose à Jacob de prendre à son service la très jeune Florens, en compensation d'un retard de paiement, il y voit la possibilité d'alléger la peine de sa femme dont aucun enfant n'a survécu. Florens est immédiatement prise en charge par Lina, une esclave indienne dont la tribu a été décimée par une épidémie. Cette dernière dirige la maisonnée avec Rebekka, menant la vie dure à l'autre esclave du couple, Sorrow la bien nommée, unique rescapée d'un bateau attaqué par des pirates. Florens n'a jamais compris pourquoi sa mère avait cherché à se séparer d'elle.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est un texte qui a été encensé par la presse et par les critiques littéraires, et c'est vrai qu'il s'agit là d'une histoire touchante et belle (troublante et magnifique, diront certains).
Mais combien cette lecture est difficile, à mon avis. J'avais déjà abandonné un roman, en cours de lecture ("Trésor d'amour", de Philippe Solers, tout à fait dans un autre registre, on va dire...), donc celui-ci, je ne voulais pas le lâcher...
On y ressent le "grand" roman littéraire : une densité symbolique, une période-clé de l'Histoire, le thème de l'esclavage, l'art de narrations entremêlées qui s'imbriquent subtilement et nous font avancer dans le récit. Oui, un grand roman. Mais pas reposant du tout ! De la souffrance, de la lutte pour la survie, de la soumission. Tout cela évoqué avec beaucoup de poésie.
...Mais sans doute trop douloureux pour moi.

Morceaux choisis :
Nous ne façonnons jamais le monde, c'est le monde qui nous façonne.
C'est le flétrissement à l'intérieur qui rend esclave et ouvre la porte à ce qui est sauvage.
Toutes les eaux, rivière ou mer, ont des requins sous la surface.
C'est une chose de vivre dans vos propres déchets ; c'en est une autre de vivre dans ceux des autres.

Toni Morrison (prix Nobel de littérature en 1993) a été interviewée sur France-Inter pour "Un don". Ecouter les explications qu'elle donne ici permet de mieux comprendre l'univers dans lequel elle nous plonge, dans son roman.


France Inter - Toni Morrison par franceinter

25 juin 2011

l'appétit de créer

 

"Tuer les nuances,
c'est tuer la liberté,
l'appétit de créer, l'amour, le bonheur
C'est déchirer la trame étincelante de la vie
et la changer en haillon." 

(Paul Guth)

AnnePoncet_Le_bruit_des_vagues_DSC07971

photo juin 2011

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