Et regarder dehors
depuis ta fenêtre !
photo 2009
(à Saint Malo, face à la mer...)
Si vous aussi voulez participer à cette rubrique,
consultez la règle du " jeu"... C' est par ici !!!
"Nous avons notre ancre en nous-mêmes."
[Victor Hugo]
dernière lecture : 84, charing cross road
de Hélène Hanff
Présentation de l'éditeur :
Helen Hanff, auteure new-yorkaise, désespérait de trouver un bouquiniste, quand une annonce dans le Saturday Review of Litterature arrête son regard : la librairie Marks & Co semble correspondre à ses attentes. Seul petit bémol, elle se situe au 84, Charing Cross Road.... à Londres!
Qu'à cela ne tienne ! Il en faudrait plus décourager notre amoureuse des livres. Commence alors une correspondance entre le libraire et la romancière, correspondance qui durera plus de 20 ans.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Sans doute est-ce l'effet très vivant, presque oral de ces lettres, l'humour d'Hélène bourré de sa vivacité d'esprit, l'évocation d'un époque pas si lointaine de nous et pourtant tellement décalée, qui m'en ont rendu la lecture passionnante.
Et puis voir comment la relation entre une "cliente" et son "fournisseur" devient peu a peu un véritable lien amical.
Et surtout savoir qu'il s'agit là d'un véritable échange épistolaire, et non d'une version romancée : cela donne encore davantage de piquant à ces 20 années de correspondance entre deux personnes qui ne se seront jamais rencontrées !!!
Sinon, comment ne pas faire le parallèle avec "le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates", à mon avis beaucoup plus passionnant (parce que romancé ? parce que très largement inspiré de ce livre d'H.Hanff ?).
Morceaux choisis :
« J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner des pages que quelqu'un d'autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire mon attention. »
« J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-même à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent. »
dernière lecture : ce que je sais de Vera Candida
Ce que je sais de Vera Candida
de Véronique Ovaldé
Présentation de l'éditeur
Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d’une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu’un destin, cela se brise. Elle fuit l’île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d’une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L’Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir.
Un ton d’une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C’est ce qu’il fallait pour donner à cette fable la portée d’une histoire universelle : l’histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L’histoire de l’amour en somme, déplacée dans l’univers d’un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes – et les êtres – qui lui sont chers.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je ne sais pas si c'est le titre qui m'a fait cet effet, mais j'ai vraiment eu le sentiment d'ouvrir un roman "latino", contrée lointaine dont le monde artistique a le don de m'émerveiller (Isabel Allende pour la lecture, Frida Khalo pour la peinture...).
Et quelle histoire, quel rythme, quelles vies ! " Imaginaire ", " destin ", " liberté ", " fatalité ", " espoir "… On dirait un conte, noir, mais qui m'a laissée quand même toute étourdie...
Mon seul regret, devoir refermer ces magnifiques pages...
Morceaux choisis :
Les rencontres sont finalement une accumaultation de coïncidences qui fait que deux personnes, essayant de résister à la malice du destin et de détourner les chemins qui les mènent l'une vers l'autre se dirigent inexorablement vers une collision frontale.
Dans la vraie vie, on ne comprend pas toujours tout, il n'y a pas de notice, il faut que tu te débrouilles pour faire le tri.
Les vies se transforment en trajectoires. Les oscillations, les hésitations, les choix contrariés, les déterminations familiales, le libre arbitre réduit comme peau de chagrin, les deux pas en avant trois pas en arrière sont tous gommés finalement pour ne laisser apparaître que le tracé d'une comète. C'est ainsi qu'il devint peu à peu ce qu'il est encore et que, de loin, on ne pouvait lui imaginer une autre vie que la sienne.
La barrière à franchir est dans ma tête.
C'est très difficile de ne pas considérer tout le temps votre enfant comme un membre supplémentaire et parfait de votre propre corps.
Encadrements
dernière lecture : seule Venise
Présentation de l'éditeur
Elle n'a pas choisi Venise. Cela s'est présenté comme ça. Elle a vidé son compte bancaire, réservé une chambre dans un palais du Castello. Noël approche, et la cité s'enfonce dans les brumes. Un vieux prince russe, rescapé des tourbillons de l'Histoire, une jeune danseuse, un libraire amoureux des mots... Les rencontres se succèdent, les digues intérieures s'affaissent, et Venise se dévoile, secrète et troublante. Amants perdus et retrouvés errent de rios en venelles, tandis que lentement s'éloigne, dans le brouillard, la silhouette du peintre Zoran Music.
Mon avis au sujet de ce roman :
Encore un roman que j'ai littéralement dévoré.
N'allez pas croire que je sois particulièrement bon public en lecture, mais c'est vrai qu'en ce moment, beaucoup de livres me paraissent incontournables. J'ai juste suivi le conseil des libraires, écouté "la librairie francophone" (france inter), et du coup, je me régale presque à coup sûr.
Ce roman est encore spécial : une femme seule, un amour à oublier. On retrouve des thèmes semble-t-il chers à l'auteur, qui ne peut qu'avoir elle-même souffert pour écrire des choses pareilles. Cette quête du souffle de vie, cette détresse, ces petits bonheurs simples partagés, tout cela est subtilement écrit, La Ville de Venise, aussi... à la fois apaisante et elle-même en danger, comme cette femme dont on ignore jusque son prénom...
C'est très beau et très troublant. Je vous le conseille, évidemment !
(des commentaires un peu plus documentés ici)
Morceaux choisis :
Chaque vin que vous buvez doit vous rappeler un vin déjà bu, un parfum, une terre. De même que chaque chose que vous apprenez doit se rattacher à quelque chose que vous savez déjà. C'est ainsi que le savoir se construit.
Vous me regardez. ça dure... je ne sais pas. Je voudrais que ça ne s'arrête jamais un regard comme ça. Que ça nous prenne, que ça nous garde et que ça nous enterre tous les deux.
On n'est pas un peu en retard. On est en retard ou on ne l'est pas.
Il est des êtres dont le destin est de se croiser. Où qu'ils soient. Où qu'ils aillent. Un jour, ils se rencontrent.
La musique se marie bien avec le vin.
La neige. Des visages aux fenêtres(...) Partout, des yeux redevenus des yeux d'enfants. Doigts écartés. Contre les vitres. Je n'ai jamais voulu que l'on m'explique la neige. Jamais voulu écouter, comprendre. La neige ne s'explique pas.
L'amour est la chose la plus brutale qui soit. Tellement soudaine. Il faudrait pouvoir s'en protéger, n'est-ce pas ?
Regarder au loin..
dernière lecture : la délicatesse
de David Foenkinos
Présentation de l'éditeur
Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise.
Mon sentiment au sujet de ce roman
La première chose que je me suis dite : "Et bien voilà, si je devais écrire un roman, comme j'aimerais savoir écrire comme ça..." C'est fluide, naturel, tout se passe devant nos yeux comme si nous y étions. L'histoire n'a rien de sensationnel, et pourtant on est captivé par ce récit (comme sait aussi le faire Anna Gavalda). C'est à mon sens un excellent roman qui traite du deuil et de la redécouverte de l'amour, avec un humour auquel je ne résiste pas. Comme j'ai bien ri !
Merci, Monsieur Foenkinos, pour cet excellent moment de lecture !
(vous dire tout de même que ce livre ne fait pas l'unanimité, que certains jugent ...juste plat et sans intérêt)
Morceaux choisis :
Il savait que c'était cette image qui passerait devant ses yeux au moment de sa mort. Il en était ainsi du bonheur suprême.
La vie était pour la première fois vécue dans sa densité unique et totalitaire : celle du présent.
Il y a parfois des phrases qu'on adore, qu'on trouve sublimes, alors que celui qui les a prononcées ne s'est rendu compte de rien.
La douleur, c'est peut-être ça : une façon permanente d'être déraciné de l'immédiat.
A cause de la moquette, on n'entendait pas le bruit de ses talons aiguilles. La moquette, c'est le meurtre de la sensualité. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ?
Il était apparu au bon moment. La plupart des histoires se résument d'ailleurs souvent à cette simple question du bon moment.
La recherche d'un sujet de conversation me semble être un bon sujet de conversation.
Du silence, oui, mais il avait peur que son coeur, en tapant si fort, ne fasse trop de bruit.
Etonnant comme parfois on prend des résolutions, on se dit que tout sera ainsi dorénavant, et il suffit d'un mouvement infime des lèvres pour casser l'assurance d'une certitude qui paraissait éternelle.
Frilosié
C'est triste, l'hiver,
d'une tristesse rude et sauvage
d'une beauté glaciale et sans concession.
Photos Février 2010
Saint Julien de Ratz et Pommiers la Placette, en Isère
Ce n'est pas parce qu'en hiver on dit
"fermez la porte, il fait froid dehors",
qu'il fait moins froid dehors quand la porte est fermée.
[Une citation de Pierre Dac]




















