dernière lecture : les yeux jaunes des crocodiles
de Katherine Pancol
Présentation de l'éditeur :
Deux soeurs. La quarantaine. Iris, belle, très belle, riche, élégante, parisienne. Autrefois étudiante brillante, elle s'est mariée, et sa vie se résume en un tourbillon vain. Iris s'ennuie, rêve de devenir une autre. Joséphine est une littéraire, historienne spécialisée dans l'étude du XIIe siècle. Beaucoup moins belle, beaucoup moins à l'aise dans la vie. Mariée, elle a deux filles, vit en banlieue et se bat pour tenir debout. Un jour, à un dîner, Iris prétend qu'elle écrit. Entraînée par son mensonge, elle persuade sa soeur d'écrire un livre qu'elle signera, elle. Abandonnée par son mari, acculée par les dettes, Joséphine se soumet. Elle est habituée : depuis qu'elles sont enfants, Iris la magnifique la domine. Le destin de chaque soeur va basculer.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ai-je aimé ce roman ou non...
Mon sentiment est plus que mitigé : Katherine Pancol est de ces auteurs qui ont l'art et la manière de raconter. De magnifiques tournures de phrases, des personnages pleins de vie, en quête d'eux-mêmes et d'amour.
Mais aussi un certain nombre de longueurs, des personnages bien trop stéréotypés (les gentils et les méchants), une multitude de détails, des situations improbables. Nous voilà avec, entre les mains, 650 pages de vies entremêlées (on appelle généralement cela une « saga ») à la lecture facile.
Bon livre de plage où l'on passera de bons moments, mais aussi roman amplement contournable...
Je ne lirai pas la suite...
Morceaux choisis :
"Les femmes ont si bien appris à être fortes qu'elles se sont cuirassées".
"Il y a des gens dont le regard vous améliore. C'est très rare, mais quand on les rencontre, il ne faut pas les laisser passer".
"Quand on est amoureux, quatre vingt dix huit pour cent du cerveau ne fonctionne pas".
"Il faut toujours regarder sa peur en face et lui donner un nom. Sinon, elle vous écrase et vous emporte comme une vague scélérate".
Au sujet de l'écriture :
"Il en faut, du courage, pour rester enfermée de longues heures à triturer les mots, à leur dessiner des petites pattes velues ou des ailes afin qu'ils marchent ou s'envolent".
"Quand on écrit, il faut ouvrir toutes grandes les portes à la vie afin qu'elle s'y engouffre dans les mots et alimente l'imaginaire".
Au sujet du vocabulaire :
"ça sert à t'aider dans ta pensée. A mettre des mots sur des émotions, des sensations.... Tu clarifies ta tête en sachant mettre le bon mot sur la bonne chose. Et en te clarifiant la tête, tu te fais une personnalité, tu apprends à penser, tu deviens quelqu'un".
L'homme idéal est celui qu'on aime.
"Je devrais plutôt lui apprendre à faire une quiche ! ça arrêterait le manège dans sa tête."
Voyager...
dernière lecture : quelque chose en lui de Bartleby
de Philippe Delerm
Présentation de l'éditeur
Le jour où Arnold Spitzweg crée son blog, une petite révolution est en marche : l'employé de bureau discret jusqu'à l'effacement cède donc à la modernité mais sans renier ses principes. Sur la toile, à contre-courant du discours ambiant prônant l'activité outrancière, il fait l'éloge de la lenteur et décrit l'inclination naturelle à la paresse. Contre toute attente, les écrits intimes d'Arnold Spitzweg résonnent avec force chez des milliers d'internautes : on le félicite, on le sollicite, on parle de lui à la radio... L'homme anonyme fait l'événement. Comment vivra-t-il cette subite notoriété ?
Mon sentiment au sujet de ce roman
Heu...
Ici, l'essence du bonheur simple, probablement. Pas mal d'ennui, surtout.
Peut-être intriguée à cause du fameux blog (donc des blogs en général... Donc du mien, soyons honnête...). Puis amadouée par la belle écriture de Philippe Delerm.
Mais pour l' "action", faudra aller chercher ailleurs. Quoi que la fin...
Allez, je ne vous raconterai pas ! Laissez-vous surprendre aussi ? Car n'en doutons pas, cela reste un petit plaisir simple. Mais vraiment tout simple...
Morceaux choisis :
A Paris, on ne vous demande pas de droit de douane pour exister. (...) On vous laisse dans votre bulle, au café, au restaurant, dans le métro, dans le bus. Les regards n'ont pas d'efforts à faire pour s'éviter. c'est une mécanique de la pudeur (d'autre diraient de l'indéfférence).
Bien sûr, cela doit être involontaire,mais on ne peut pas s'empêcher de penser que l'intimité dévoilée prend un certain plaisir à s'afficher. Cela fait partie de l'été.
Il ne se verrait pas dire "vous savez, je me suis mis au tai-chi". On ne se met pas au tai-chi. Ce langage est trop fluide pour être disséqué avec une méthode Assimil. Pourtant, c'est peut-être ça qu'il voudrait : une sérénité muette, enclose dans le corps et tutoyant l'espace, apprivoisant les formes et les couleurs.
Il y a là-dessous une angoisse métaphysique. Un besoin d'exister qui ne reposerait sur rien. Ca, c'est vraiment notre époque. Ca m'horripile, évidemment. Mais bizarrement, ça me concerne. (--> Donc, une question que je me pose : ne serait-ce pas là aussi une belle définition (im)pertinente des réseaux sociaux et des blogs sur internet ?)
les choses...
dernière lecture : des hommes
de Laurent Mauvignier
Résumé :
Ils ont été appelés en Algérie au moment des "événements", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.
Mon sentiment, au sujet de ce roman :
C'est un livre encensé par la presse.
Moi je dirais que l'auteur a le don de tourner longtemps autour du pot avant d'en venir au fait, et ça, franchement, ça m'agace. En tout cas dans la première partie du roman. Après, le rythme est tout autre...
Sinon, le thème (que dis-je, le sujet lui-même de la guerre d'Algérie) est si peu abordé que cela fait du bien que, pour une fois, soit évoqué ce que taisent si bien ceux de la génération de nos parents. Eux ont vécu ces évènements, qui les ont profondément marqués, je le sais : j'ai un tonton bien plus bavard que mon père ne l'était sur le sujet... Des personnages presque réels, les conversations, quasi tangibles, l'horreur de la guerre qui tombe sur la figure de ces jeunes hommes en les sidérant. Oui, l'écriture est belle, sûrement, le récit impossible à abandonner, la vie de ces hommes si émouvante....
Mais laissez-moi préférer des sujets plus joyeux, en tout cas moins graves. Si je n'ai pas aimé, cela ne vient que de moi : la cruauté des hommes me fait mal, même dans un roman...
Morceaux choisis :
Voilà, il est là, sur les quais de la Joliette. On a écrit à la craie le numéro de son régiment sur son casque. Il est fatigué, il n'a pas dormi. Il espère dormir et pourtant il faut encore supporter cette fatigue et l'agitation autour de lui, dans son unité, toutes les unités qui vont embarquer ce soir et que quelques badauds seulement viennent voir de loin, jetant à peine quelques au-revoir, sans plus, comme de la mie de pain aux poissons et aux oiseaux du port.
Il peut écrire ça : ça va. Il peut aussi demander comment va la famille, ce qui arrive chez eux (...) et il insiste pour qu'elle lui raconte des détails, des discussions, mais aussi des anecdotes sur la vie dans le bourg et aussi des nouvelles d'autres gars partis comme lui défendre la paix avec des fusils mitrailleurs et des rangers, sauver le pays dont lui n'avait pas vraiment compris qu'il était en danger, vu qu'il ne s'y passe rien et qu'on s'y ennuie à crever.
Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c'est possible de croire que la terreur mènera vers plus de bien. Il se demande si le bien.
dernière lecture : mon amour, ma vie
de Claudie Gallay
Présentation de l'éditeur :
Pa' croit au monde meilleur, il dit que la chance va revenir. Le terrain vague, au bord du périph', il l'a appelé Al'Bamo, le Paradis. En vrai, ça s'appelle rond-point de la Pologne. La bâche du cirque est trouée, il ne reste plus que deux tigres et une guenon. Il doit y avoir des endroits plus beaux que ceux-là, mais Dan, l'enfant du clan des Pazzati, n'en connaît pas. Il sait toutes les mauvaises choses qui guettent quand on est Rom, mais aussi les belles que la vie invente, le feu, les saucisses grillées, le regard de Mam' les rares fois où elle le serre contre lui. Mam', la reine des Pazzati, qui dit toujours que la pitié, ça tue les hommes.
Mon avis au sujet de ce roman :
Je suis sûre que c'est un excellent roman. Mais je n'ai pas aimé. Je suis pourtant allée (vite !) jusqu'au bout, fascinée. Mais dérangée, ô combien dérangée...
Je crois que c'est le sujet qui m'a troublée, la violence, l'enfance volée, la misère, cette vie d'errance. Tout... Mais l'écriture... Très réussi, très écoeurant. Seul le titre y est bucolique...
Une grosse claque.
Je vais m'en remettre...
Morceaux choisis :
Il y a des choses, on a envie de les faire, on ne les fait pas. C'est l'éducation. On se dit qu'on les fera quand on sera grand mais quand on est grand, on n'a plus envie.
Le mental, c'est ce qu'on a derrière les yeux quand on est gagnant.
Le bonheur, ça ne dure pas. C'est pour ça que c'est du bonheur.
C'est comme ça quand on n'envisage pas. Les choses nous tombent dessus sans qu'on ait pensé qu'elles puissent arriver.
C'est ce qui rend vivant. Aimer malgré tout. Sans rien attendre.
La pitié, ça tue les hommes.
dernière lecture : la consolante
de Anna Gavalda
Présentation de l'éditeur :
Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. 'Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C'est fini. C'est fini, tu comprends ?' Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.' Anna Gavalda
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un personnage auquel on s'attache au fil de la lecture, quelques délicieux, ennuyeux ou infects instants de vie (...bref, la vie !), une amitié blessée, deux êtres qui se croisent et se reconnaissent...
Beaucoup ont été déçus à la lecture de ce roman (trop long, pas "la gavalda" que l'on connaît, etc...), tandis que moi, j'en redemande juste encore. C'est quoi, déjà, le suivant ? L'échappée belle ? J'ai déjà tellement hâte de m'y plonger...
Morceaux choisis :
Je suis d'ici... Avait englobé dans ce geste le feu, les enfants, leurs rires, les chiens, les chevaux, les prés, les bois, la rivière, son hameau de toits croulants, les premières étoiles, diaphanes, et même les hirondelles qui s'amusaient, elles au contraire, à mettre tout ce ciel entre parenthèses.
Les murs d'un enfant qui grandit sont toujours comme une leçon d'ethnologie amusante. Des mètres carrés qui palpitent et se renouvellent sans cesse.
Il se souvient comme son visage l'avait marqué la dernière fois. Mais ce n'était pas ses rides ou ses racines blanches qui l'avaient décontenancé, c'était... (...) Quelque chose, quelqu'un, la vie avait éteint la lumière.
Etat de sidération : quand la douleur est telle que le cerveau renonce, pour un temps, à faire son boulot de transmetteur.
La douleur, c'est la survie (...). Sans elle, nous laisserions nos mains dans le feu.
Charles, attentif, se concentrait pour plus tard. Leurs bêtises, leurs rires, leurs visages. Cet îlôt dans la nuit. Il ne voulait rien oublier. (...) Ce fût un dîner très gai et plein d'éphémères.
C'était une cuisine sur mesure conçe par un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de volume, passeur de lumière et autres trouducuteries. (...) Propre, nette, immaculée (...) Le problème, c'est qu'il n'y avait rien à manger...
Ce que vous ne comprenez pas (...) ce qui vous échappe ou vous dépasse, dessinez-le. Même mal, même grossièrement. Vouloir dessiner quelque chose, c'est être obligé de s'immobiliser pour l'observer et observer, vous verrez, ce sera déjà comprendre.









