de Anna Gavalda

Présentation de l'éditeur :
Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. 'Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C'est fini. C'est fini, tu comprends ?' Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.' Anna Gavalda
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un personnage auquel on s'attache au fil de la lecture, quelques délicieux, ennuyeux ou infects instants de vie (...bref, la vie !), une amitié blessée, deux êtres qui se croisent et se reconnaissent...
Beaucoup ont été déçus à la lecture de ce roman (trop long, pas "la gavalda" que l'on connaît, etc...), tandis que moi, j'en redemande juste encore. C'est quoi, déjà, le suivant ? L'échappée belle ? J'ai déjà tellement hâte de m'y plonger...
Morceaux choisis :
Je suis d'ici... Avait englobé dans ce geste le feu, les enfants, leurs rires, les chiens, les chevaux, les prés, les bois, la rivière, son hameau de toits croulants, les premières étoiles, diaphanes, et même les hirondelles qui s'amusaient, elles au contraire, à mettre tout ce ciel entre parenthèses.
Les murs d'un enfant qui grandit sont toujours comme une leçon d'ethnologie amusante. Des mètres carrés qui palpitent et se renouvellent sans cesse.
Il se souvient comme son visage l'avait marqué la dernière fois. Mais ce n'était pas ses rides ou ses racines blanches qui l'avaient décontenancé, c'était... (...) Quelque chose, quelqu'un, la vie avait éteint la lumière.
Etat de sidération : quand la douleur est telle que le cerveau renonce, pour un temps, à faire son boulot de transmetteur.
La douleur, c'est la survie (...). Sans elle, nous laisserions nos mains dans le feu.
Charles, attentif, se concentrait pour plus tard. Leurs bêtises, leurs rires, leurs visages. Cet îlôt dans la nuit. Il ne voulait rien oublier. (...) Ce fût un dîner très gai et plein d'éphémères.
C'était une cuisine sur mesure conçe par un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de volume, passeur de lumière et autres trouducuteries. (...) Propre, nette, immaculée (...) Le problème, c'est qu'il n'y avait rien à manger...
Ce que vous ne comprenez pas (...) ce qui vous échappe ou vous dépasse, dessinez-le. Même mal, même grossièrement. Vouloir dessiner quelque chose, c'est être obligé de s'immobiliser pour l'observer et observer, vous verrez, ce sera déjà comprendre.