samedi 28 mai 2011

dernière lecture : La maladie de Sachs

de Martin Winkler

WincklerMartin_LaMaladieDeSachs

Présentation de l'éditeur :
" Comment allez-vous, depuis la dernière fois ? Pas bien, sinon je serais pas venu ! Moi, ça va, c'est ma femme qui ne va pas.
Mieux. C'est pas encore ça, mais c'est mieux.
C'est pareil. Vos remèdes ne m'ont rien fait. C'est pas pire, mais j'ai toujours du mal à dormir.
Eh bien, j'ai plus mal, mais maintenant ça me démange. "
Dans le cabinet du Docteur Sachs, les plaintes se dévident, les douleurs se répandent. Sur des feuilles et des cahiers, Bruno Sachs déverse le trop-plaint de ceux qu'il soigne. Mais qui soigne la maladie de Sachs ?

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je l'ai trouvé vraiment, vraiment très long. Mais je l'ai lu. Jusqu'au bout.
Pas facile. Pour Bruno, le héros du roman, je veux dire. Quelle solitude, quelle force. Lire ces pages jusqu'au bout est douloureux mais indispensable. Elles condensent la vie de quelques hommes, admirables, à mon avis.
Et souffrants.
 
Morceaux choisis :
"La vie, c'est risqué."
"Si nos corps vivent, c'est grâce au corps de l'autre, de l'être aimé."
"La morale, c'est encore plus étouffant que l'ashme."
"De toutes manières, aimant ou non, aimé ou non, tôt ou tard, on souffrira. Qu'on le veuille ou pas. Le corps est fait pour ça. Pour souffrir et pour se reproduire. (...) C'est une réalité biologique. Mon corps souffre pour me rappeler sans arrêt que le monde est hostile. Que le feu brûle les doigts, que la neige gèle les orteils (...). Le corps souffre parce que le corps vit."
"Aimer, c'est être impuissant contre le temps et en avoir conscience. Aimer, c'est savoir que l'amour n'aura qu'un temps, tout le temps de la vie, peut-être, mais seulement ce temps-là. "
Et puis, un passage un peu plus long :
"La médecine est une maladie qui frappe tous les médecins, de manière inégale. Certains en tirent des bénéfices durables. D'autres décident un jour de rendre leur blouse, parce que c'est la seule possibilité de guérir - au prix de quelques cicatrices.
Qu'on le veuille ou non, on est toujours médecin. Mais on n'est pas tenu de le faire payer aux autres, et on n'est pas non plus obligé d'en crever".

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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jeudi 14 avril 2011

dernière lecture : Le choeur des femmes

de Martin Winckler

WincklerMartin_Le_choeur_des_femmes

Présentation de l'éditeur :
Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

Mon sentiment, au sujet de ce roman :
A la deuxième page, j'ai franchement éclaté de rire en m'exclamant tout haut : "Mais c'est horrible !", et puis, dans la foulée (outrée...) "Ah !!! là, je sens que ça va me plaire...".
Et je dois dire que je n'ai pas été déçue. J'ai même adoré. Peut-être parce que je suis une femme (combien d'hommes auront ouvert ce roman, sinon peut-être quelques médecins particulièrement concernés, et l'auront lu jusqu'au bout ?)
J'ai aimé parce que le mauvais caractère de Jean, parce que le docteur Karma, qui m'a d'emblée fait penser à un autre...
Même si, à mon avis, la vie de Jean (l'avis de Jean ?) change peut-être un peu trop vite et trop radicalement. "Mais", m'a dit Marie : "on est dans du roman !" (donc, et elle a raison, cela devient dès lors concevable...).
Un roman qui donne envie de connaître les autres écrits de Martin Winckler (La maladie de Sachs, paraît-il, est magnifique).
Celui-ci, je vous le conseille vraiment, si un pavé de 700 pages ne vous fait pas peur.

Morceaux choisis :
"Quand on pose des questions, on n'obtient que des réponses."
"Je ne veux pas être là. Je n'ai rien à y faire. Ces histoires de femmes m'agacent"
"Un corps humain n'a pas de boulons".

L'interview de l'auteur est aussi très intéressante !

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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