mardi 16 juin 2009

Dernière lecture : Clara et la pénombre

Clara et la pénombre
Somoza_clara_penombre_P2
de José Carlos Somoza

Résumé :
Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l'art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes.
Clara est modèle. Elle rêve d'être peinte par le dieu de l'art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. Mais, tandis que la jeune toile est apprêtée dans un pavillon isolé des bords d'Amsterdam, la Fondation Van Tysch est en émoi. Une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.
À la manière de Rembrandt, Jose Carlos Somoza dépeint de violents clairs-obscurs : les déviances de l'art font écho aux dérives de nos sociétés et conduisent chacun à mesurer le prix du beau à l'aune de la valeur du vivant.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ouf ! Je suis enfin venue à bout de ce roman très perturbant, long à lire, mais que je n’ai jamais pu laisser tomber : j’aurais eu le sentiment d’abandonner l’héroïne à son incroyable sort, l’impression de ne pas regarder en face vers où l’art extrême peut dériver. J’aurais eu un véritable sentiment d’échec.
Une trame criminelle bien ficelée (pour peu que l’on ait le courage d’aller jusqu’au bout…) pour aborder les vraies questions : l’art peut-il tout se permettre, quelle valeur a un corps humain, et jusqu’où peut-on le soumettre.
Un roman qui frappe fort, que l’on trouve évidemment excessif, complètement délirant ! …Ah oui ???
Mais alors, comment ne pas faire le lien avec la réalité du monde artistique contemporain, où des scènes de science fiction sordides rejoignent le réel, par exemple avec cette terrible exposition « Our body » qui, heureusement, aura été sensurée en France.

Quelques passages qui m'ont plu :
Si tu te laisses vaincre dans les petites choses, tu perdras immédiatement dans les grandes.
Personne n'est coupable, nos rares fautes sont largement payées dans cette vie, il n'y a plus d'enfer. L'existence d'un ciel était une question de foi, mais l'enfer n'admettait pas de discussion possible. Personne ne pouvait être athée vis à vis de l'enfer, parce que l'enfer existait, il était là.
Le beau n'est que le commencement du terrible.

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dimanche 15 février 2009

Dernière lecture

La dame numéro 13
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José Carlos Somoza

Résumé :
Toutes les nuits, un professeur de lettres fait le même rêve : dans sa grande maison à colonnes blanches, une femme hurle à la mort et l'appelle à l'aide. Nous voilà aux portes de "L' Enfer". Dante et ses pairs se mettent au service maléfique de treize sorcières du verbe et la poésie devient la plus cruelle des armes. Les dames sont au nombre de treize mais on n'en cite que douze. Ne jamais se risquer, même en rêve, à parler de la dernière...

Citations :
« Il est pire, bien pire, de s’épuiser que de mourir.»
« La vie peut se rassasier de plaisir mais elle est toujours affamée de douleur.»

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Et si les mots étaient source de pouvoir…
Et si la poésie n’était qu’une arme des plus destructrices lorsqu'elle est bien utilisée…
Moi qui ne suis pas du tout amateur de romans fantastiques, j’étais loin d’imaginer, en ouvrait celui-ci, combien l’auteur saurait m’ensorceler ! Et pourtant… . l'horreur se trame ici derrière chaque mot.
J’aurais bien envie d’écrire : « âmes sensibles s'abstenir ! »,
Mais voilà : je suis moi-même une âme sensible.
Et rien a faire, pourtant.
Sinon connaître
Le secret.
A tout prix !

                   Du grand art...

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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