mardi 11 septembre 2012

dernière lecture : Le livre des visages

De Sylvie Gracia

 

Gracia Sylvie Le livre des visages

¬¬¬¬¬

 

Présentation de l'éditeur :
Durant une année, Sylvie Gracia s’astreint à publier régulièrement sur facebook une photo prise avec son téléphone portable, puis écrit la réaction spontanée que cette image fait naître en elle. S’invente alors au jour le jour une nouvelle forme du Journal littéraire où le plus intime surgit d’un étonnement, d’un éclat de colère, d’une peur d’être dévoilée, d’un désir soudain avoué. Ici, c’est le fragment, si consubstantiel à notre modernité, qui dévoile le réel, et la poésie la plus délicate comme la critique la plus féroce peuvent en naître. Ici l’instant est roi.

Qu’il s’agisse du regard d’une femme de cinquante ans sur son propre corps, de la tendresse d’une mère pour ses filles, de l’appartement familier, d’un paysage urbain mais aussi d’idéologie ou de politique, l’œil est comme neuf, lavé, et même l’épreuve de la maladie, grâce à ce processus de distanciation, pourra peut-être se vivre autrement.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un texte en noir et en couleurs... Comme la couv'
Avec tout de même une nette dominante de noir, et parfois, cette touche de rouge : sang comme la vie qui coule dans les veines de cette femme et la passion en elle, son côté sulfureux. Rouge, comme sa chambre, comme ses bottines et ses ongles vernis, deux bouts d'elle par lesquels elle signifie qu'elle est une femme. Vivante !
Une lecture plaisante, d'une forme innovante, dévoilant cette femme attachante et (peut-on le dire ?) pudique.
 
Morceaux choisis :
"Le roman que sont nos vies, parfois".
"Ne pas anticiper les actes les rendraient-ils plus évidents ? Innocents, même ?"
"Les mots redoublent la vie. Ou plutôt, lui donnent une vie autre, et ce qui demeure est ce qui a été écrit, plus livresque que ce qui a été vécu"
"Un jour, j'arriverai à faire la photo que j'espère."
"Les meilleures choses de la vie naissent ainsi, les livres, les amours, les rencontres. Sans attente ni désir. S'imposent parce que là, devant soi, redessinant l'horizon."
"Chaque lieu se diffracte dans la multiplicité des instants qui y ont été vécus, des émotions avec lesquelles on les a traversés. 
"Au moment où sur lui mon regard se fixe pour toujours..."
"Le désir nourrit le désir et non le rassasie."
"Mon corps résiste toujours lorsqu'on le contraint."
"Toujours choisir un livre en fonction de l'état d'esprit du moment, c'est un espace ouvert à nos propres interrogations."
"La nature est son propre Land art. Life art,"
"Certains jours, j'attends le grand basculement. À d'autres ne désire surtout rien d'autre que la répétition du même et de l'anodin."

Posté par anne_p à 23:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,