mardi 23 août 2011

dernière lecture : Les chaussures italiennes

de Henning Mankell

Mankell_Henning_Les_chaussures_italiennes

Présentation de l'éditeur :
A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce roman aura été un véritable petit régal : l'histoire d'un homme qui se remet tout simplement à vivre...
Avec une atmosphère très particulière : beaucoup de retenue, de paix, de douceur et de poésie, de violence et de solitude, aussi : la vie d'un reclus dans un univers fantastique, une île hors du temps dans un monde contemporain, une fille (belle), une autre (vengeresse), des chaussures (parfaitement incongrues) et tellement d'autres petits bonheurs distillés au fil des pages.
C'est beau, marquant, oserais-je dire inoubliable ?
(...un genre de conte, à lire plutôt en hiver, sous de douillettes couvertures...)

Morceaux choisis :
« Si j'ai quelque chose à dire, je le dis. Je ne crois pas qu'on doive tout partager. Si on fouille trop loin dans le coeur des autres, on risque de détruire l'amitié. »
(Cette première citation, vraiment, je l'aime ! Car je la trouve franchement à méditer en cette glorieuse aire facebookienne !!!)

« Il vaut mieux s'approcher des autres lentement. Si on va trop vite, on risque la collision ou le naufrage. »
« Il est aussi facile de se perdre à l'intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes. »
« Quand la chaussure va, on ne pense pas au pied. » 
« La vie tourne rarement comme on l'avait imaginé. »
« La nuit d'hiver était étoilée et immobile. Parfois, quand je vois un ciel comme celui-là, je regrette de ne pas être compositeur. »

Et puis, un passage un peu plus long :
"Des promesses, on en reçoit tant. On s'en fait à soi-même. Les autres nous en font. On a les politiciens qui nous parlent d'une vie meilleure pour les vieux, d'un hôpital où personne n'aura plus d'escarres ; on a les banquiers qui nous promettent des intérêts plus élevés, les produits qui nous promettent qu'on va perdre du poids, les crèmes qui nous promettent une vieillesse avec moins de rides. Vivre, ce n'est jamais qu'avancer dans son petit bateau au milieu d'un flot de promesses variées à l'infini. Quelles sont celles dont on se souvient ? On oublie celles qu'on voudrait se rappeler et on se souvient de celles qu'on préfèrerait oublier pour toujours. Les promesses trahies sont comme des ombres qui dansent autour de toi au crépuscule."

Posté par anne_p à 17:27 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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