mardi 12 janvier 2016

dernière lecture : les heures souterraines

de Delphine de Vigan

Les-heures-souterraines

4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l’attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l’immense solitude qu’elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’arrête. Autour d’eux s’agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Chaque fois que je referme un roman de Delphine de Vigan, je reste un petit moment songeuse, à contempler son visage paisible et doux, ses boucles blondes, joyeuses et rebondissantes, son sourire. Et je me demande si c'est un masque qu'elle porte, ou si c'est vraiment elle, là sur la photo, en 4ème de couv'.
Parce que, pour l'instant, chacun de ses romans aura été plutôt sombre et éprouvant, incisant au scalpel les maux et souffrances (souvent cachées) de notre société.
Ce roman, comme les précédents que j'ai lus d'elle, se lit très vite, très tristement. Avec, pourtant, toujours l'espoir, au bout du tunnel, l'envie de lutter et de vaincre.
Quand on a vécu à Paris, même si jusqu'au bout on se dit que peut-être... le dénouement est, finalement, une évidence... 
Vous comprendrez ce sentiment en lisant ce magnifique roman, qu'il vous sera sans doute ensuite impossible d'oublier.

Morceaux choisis :
"Elle rêve parfois d'un homme à qui elle demanderait : est-ce que tu peux m'aimer? Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie. Qui n'aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes. Un homme qui saurait.
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. Il y a longtemps qu'elle le sait."
"Parce qu'elle dit : qu'est ce que tu es maladroit. Alors il voudrait lui dire que non. Il voudrait lui dire avant te rencontrer j'étais un aigle, un rapace, avant de te rencontrer je volais au-dessus des rues, sans jamais rien heurter, avant de te rencontrer, j'étais fort".
"Et-ce que c'est ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas (...) ".
"Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas."

Posté par anne_p à 13:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,


lundi 11 janvier 2016

du vent

" Marcher
comme une feuille morte tombée de l'arbre 
que le vent emporte, 
sans savoir si c'est le vent qui vous porte 
ou si vous portez le vent... "

de Michel Jourdan

IMG_20151212_105929

Photo décembre 2015

Posté par anne_p à 14:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 1 janvier 2016

c'est tout de suite ou jamais

 

"Le bonheur de demain n'existe pas.
Le bonheur, c'est tout de suite ou jamais.
Ce n'est pas réfléchir, dorer, organiser, capitonner la vie,
mais savoir la goûter à tout instant".

 

Une citation de René Barjavel

 

67d6a4a9-56ec-4efb-b316-a2a03250dbf0

 

Photo 26 décembre 2016
(Parménie en Isère)

 

***
**
*

 

Je vous souhaite à tous,
tout de suite, 
une excellente année 2016 !
:)

Anne

 

 

 

 

Posté par anne_p à 22:03 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

dimanche 27 décembre 2015

plus habillées

parce qu'il parait que c'est l'hiver (?)


 

La gaieté,
la santé
changent l'hiver en été.”

(une citation d’Antoine Désaugiers) (*)

 

2013-067BouclesLeBruitDesVaguesPorté

2013-067BouclesLeBruitDesVaguesV1

Boucles d'oreilles en pâte polymère,
et serti de perles de rocailles (technique ici : clic)

 

(*) Une question, que je me posais, comme ça, en passant :
Est-ce que ça serait de si mauvais goût d'ajouter à cette courte liste "le réchauffement climatique" ?

mardi 15 décembre 2015

rencontres quotidiennes

"On se rencontre partout dans le monde.
Ce qui importe,
c'est ce qui s'ensuit de ces rencontres quotidiennes".

Marguerite Duras

 

2015-064CollierLeBruitDesVaguesV3porté

 

2015-064CollierLeBruitDesVaguesV2

 

Création en pâte polymère
avec serti en perles de rocailles


samedi 12 décembre 2015

rentrer dans une images

 

La sagesse 
commence 
dans l'émerveillement...

Socrate

IMG_20151108_205345

Photo novembre 2015
(Pont en Royans)

Vous me dites ce que tout ceci évoque pour vous ?

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 10 décembre 2015

j'apprends...

"... on ne peut comprendre
que par expérience, 

par saisie brute de la vie 
dans notre vie."

Christian Bobin
dans "La part manquante"

 

2015-052CollierLeBruitDesVaguesV2

2015-053CollierLeBruitDesVaguesV2

2015-054CollierLeBruitDesVaguesV2

Colliers en pâte polymère

 

 

***

**

*

2015-052CollierLeBruitDesVaguesV2porté

mardi 8 décembre 2015

dernière lecture : Juliette dans son bain

de Metin Arditi

 

images

4 etoiles

 

Présentation de l'éditeur :
Kandiotis ! Kandiotis ! Kandiotis ! La France résonne du nom du richissime mécène Kandiotis, invité au journal télévisé de 20h pour annoncer le don à la France de deux tableaux, l’un de Picasso, l’autre de Braque, qui portent le même nom, Juliette dans son bain.
Est-il possible de bâtir une grande fortune sans se faire d'ennemis? Voilà la question à laquelle Ronald Kandiotis se voit confronté sitôt cette glorieuse annonce faite : sa fille Lara est enlevée ! Qui se cache derrière la mystérieuse « Association des Victimes » qui révèle au public par des messages successifs les turpitudes réelles ou supposées du milliardaire ?
En mêlant avec brio l'intrigue policière et la satire sociale, Metin Arditi dresse le portrait d'un homme ambigu, tiraillé entre le succès et l'isolement, le talent et l'ambition, le cynisme et l'humanité. Une grande vie, un grand personnage.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je suis ravie d'avoir découvert Metin Arditi avec cette lecture car, visiblement, et selon l'avis de plusieurs lecteurs, ça n'est pas son meilleur roman. 
Or, pour ma part, j'attends désormais de lire ses autres écrits avec une fébrile impatience, car je vous avoue que "Juliette dans son bain" m'a littéralement envoûtée. Je l'ai lu en deux jours, passionnée, comme aimantée par cette histoire que j'ai trouvée tellement plausible. (Rien que le titre ! Quelle belle trouvaille !) 
Il en faut peu, diront certains, pour qu'une lecture me séduise... Et bien, je ne le crois pas. Disons qu'Arditi a probablement su toucher une de mes cordes sensibles. 
Ce qui va, d'ailleurs, dans le sens de sa démonstration : "La vérité a plus d'un visage". Celle que l'on perçoit. Chacun selon son vécu, son appréhension du monde qui l'entoure. La journée qu'il vient de passer, peut-être...
Pareil, donc, pour la lecture : deux lecteurs, deux avis.
Tant mieux !
Sinon la vie serait bien triste. Plus de débats, plus de passion, un monde lisse et plat. Lobotomie.

 

Morceaux choisis :
"Toute tâche accomplie à la perfection déclenchait un sentiment de grande confiance."
"Un artiste est un être imparfait. Mais au moment de son acte artistique, il se transcende. Il cesse de juger. Il entre en empathie avec le personnage et le dévoile dans toute sa vérité. Lorsque je regarde un tableau, quand je lis un roman, je m'identifie à ce personnage, et du coup j'accepte ma propre imperfection... Il faut aller au concert. Au théâtre. Au musée. Lire... Trois fois rien... Une fable de la Fontaine, Le Héron, ou Les Deux Coqs. On en ressort moins fanfaron."
"Braque et Picasso ont fait d’une même vérité deux représentations totalement différentes et parfaitement justes… Ensemble, elles portent un message universel… La vérité a plus d’un visage. Elle s’amuse à nous échapper. Elle joue avec nous."
"Devenir riche est une question de travail et de chance. Rester riche est infiniment plus difficile. L’argent rend vaniteux."
"C’est fichu d’avance, d’être généreux. On attend de la reconnaissance, c’est inévitable. Et le bien se transforme en mal."
"Il y a ceux qui croient avoir des amis, et les autres qui affrontent leur solitude avec plus d'honnêteté".
"Il faut quand même parler avec les gens, tu sais. Sans cela, ils t'en veulent".
"La justice des hommes avait ses règles, et la première d'entre elles disait que chacun doit faire comme les autres".
"Qu'avait-elle bien pu dire à Kandiotis, Miss K, lorsqu'il avait été la voir à Vevey ? Sans doute que l'humanité d'un homme était plus importante que son intelligence. Qu'il fallait s'approcher des autres. Prendre le temps de les apprivoiser."

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 6 décembre 2015

une autre échelle du temps

"Peut-être le chêne immobile pendant des siècles
est-il au centre d'un univers
insoupçonnable à l'esprit de l'homme mobile et bref.
La journée est pour lui comme une inspiration,
la nuit une expiration,
le printemps et l'été sa journée,
l'automne sa fatigue
et l'hiver son repos nocturne.
Il vit à une autre échelle du temps,
de l'espace où il est figé,
de la conscience, et de la connaissance."

René Barjavel, dans "La faim du tigre"

IMG_20151202_141633

photo décembre 2015
(graminées)

 

Une douce et tendre pensée pour toi,
ma belle Anne-Françoise,
qui dessines désormais du bout des doigts,
peut-être,
je l'espère,
cette autre échelle du temps.

Posté par anne_p à 18:42 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

lundi 30 novembre 2015

les énergies du hasard

"Quelque application qu'on y mette,
il est difficile de croire que le monde n'est qu'un tas confus,
un ramassis de matière assemblé fortuitement
et battu comme blanc d'oeuf par le fouet des énergies du hasard.
De l'infiniment grand à l'infiniment petit,
l'examen des ensembles et des détails
nous montre au contraire que tout est en ordre.
Non seulement en ordre, mais organisé."

René Barjavel,
dans "La faim du tigre"

IMG_20150809_115938

Photo été 2015
(Le lac de Guerlédan, avant sa remise en eau)

Posté par anne_p à 19:18 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,