mercredi 20 avril 2016

dernière lecture : Un assassin blanc comme neige

de Christian Bobin

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5 etoiles

Présentation de l'éditeur
«L'encre fraîche de Rimbaud tache mes doigts. Ses proses font trembler l'air au-dessus de la page comme sur une route fondue au soleil d'été. 
Je vais chercher mon pain, mes nuages et mes étoiles dans l'unique librairie du Creusot. L'acacia au bas de la rue du Guide surgit comme un donateur fou. Son haleine sent le miel et l'or. 
Toutes les fleurs se ruent vers nous en nous léguant de leur vivant leur couleur et leur innocence. Les contempler mène à la vie parfaite. 
Les anémones sont si crédules que même l'enfer leur donne raison.»

Mon sentiment au sujet de ce texte ET morceaux choisis

Quand je lis Christian Bobin, je pourrais me mettre à pleurer.
Ou à rire.
Ou les deux à la fois.
D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi j'ai écrit cela : "je pourrais".
Je pleure et je ris, au fond de moi. Mon coeur est encore une fois, à cette lecture, balloté à droite et à gauche, malmené, mais pleinement vivant et connecté. à ce que Bobin nommerait probablement l'invisible.
Il me fait toucher de près cet invisible tellement puissant, à la fois violent et apaisant.
Tel un assassin blanc comme neige, il me relie en force et en douceur (comment est-ce possible...) au divin en moi et en ce monde.
(il le dit lui-même : "écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu")
---
Une réflexion me revient souvent, les lundis et les jours de pluie : ces jérémiades des uns et des autres, qui me deviennent de plus en plus insupportables. Ils ne savent (ne veulent ?) plus être heureux que les vendredis ("ce soir, c'est week-end !) ou quand il fait soleil.
Christian Bobin, lui, me réconforte. A chaque fois que je le lis.
"Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue" 
Voilà.
Ce seront là les deux seules citations que j'extrairai aujourd'hui de cet encore extraordinaire "Bobin", parce que sinon, il faudrait que je vous en fasse une intégrale lecture, la voix brisée d'émotion.
Et avec quel ravissement !
 
Oh ! une découverte : Sei SHÔNAGON, et ses notes de chevet. Je crois que je vais chercher plus loin...

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lundi 18 avril 2016

un parfum de maison sans murs

 

"Nous avons au fond de l'âme, quelque chose,
une nostalgie, un souvenir d'inexistence, un parfum de maison sans murs,
un pressentiment de présence, d'amour simple auprès d'un berceau,
au temps où nous n'étions pas né, même pas logé dans un ventre.
On peut ressentir ces bontés,
mais rien ne sait vraiment les dire,
sauf la musique,
et quelquefois cette lumière jamais vue
qui naît au dernier mot d'un conte,
et qui nous laisse bouche bée."

Henri Gougaud

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Photo 2016

 

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samedi 16 avril 2016

créer (ou comment entrer dans un univers empreint de magie...)

" Pouvoir secret de l'attention.
Elle change le regard,
l'objet,
et la palpitation des sens
."

Henri Gougaud

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Création en pâte polymère
(broche)

jeudi 14 avril 2016

dernière lecture : Instructions pour sauver le monde

de Rosa Montero

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4,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se consoler de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en série, de terrorisme et de petits prodiges. 
En raconteuse d'histoires étranges talentueuse, Rosa Montero nous parle des hasards et des coïncidences et écrit une histoire d'espérance, une tragicomédie entre humour et émotion. Un texte captivant qui nous montre que "la vie est belle, folle et douloureuse. Une fable pour adultes qui invite à profiter de la beauté, maîtriser la douleur et rire de cette incroyable folie".

Mon sentiment au sujet de ce roman :

De la lumière au bout du tunnel. 
C'est ce que j'ai ressenti, tout au long de ma lecture,
même si le tunnel, ici, fût fort sombre.
L'écriture de Rosa Montero est de celle qui savent me toucher, même si je préfère des histoires plus (beaucoup plus !) joyeuses.
Beaucoup d'inquiétude, dans ces mots, mais aussi d'espoir. 
Pour ma part, je m'accroche TOUJOURS à l'espoir.
Ai-je eu raison ? Ai-je eu tort ? Seule la lecture de ce roman vous le dira !
;)
Un conseil de lectrice acharnée, donc : 
lisez derechef "Instructions pour sauver le monde", ou alors un autre roman de Rosa Montero ?,
mais alors promettez-moi de me dire s'il aura aussi bien su vous attraper par les tripes et vous hypnotiser...)

Morceaux choisis :

"Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ?"
"Il se trouvait dans l' un de ces moments lumineux que l' existence vous offre parfois; des instants de plénitude où tout semble acquérir un sens et où l' on dirait que cette sagesse ne va plus vous abandonner pour le restant de votre vie."
"Tout ce que nous apprenons au cours de nos brèves existences n'est qu'une pincée insignifiante arrachée à l'énormité de ce que nous ne saurons jamais."
"Alors, ce que la planète est en train de faire, c'est nous secouer de là comme un chien secoue ces puces. Parce que c'est ce que nous sommes, de foutus parasites".
"La nuit a le ventre rempli de lumière."
"Les faits ont un poids et laissent par eux-mêmes une empreinte, et chaque individu influe sur la totalité comme si nous étions reliés par un système de vases communicants. Fieldman soutenait que les êtres humains savaient dans un endroit profond de leur conscience que les choses étaient ainsi et que c’était pour cette raison que ce message était présent dans la plupart des religions de la planète".
"Quelle étrange alchimie du cerveau faisait que les nuits pouvaient être si inquiétantes ? L’obscurité était un nid d’obsessions."

Un passage un peu long, une histoire dans l'histoire, de celles dont je raffole (vous commencez à me connaître...) :
"–Ah, Matias, Matias, mon ami, je te vois mal en point. Je te dirai une chose : je sais ce que c’est. Je sais que parfois la vie nous écrase tellement qu’elle ne nous laisse plus de place pour respirer. Alors, je bois. Et mes poumons respirent de l’alcool, au lieu de respirer de l’oxygène. Mais ce n’est pas de ça dont j’allais te parler, parce que je sais que, toi, tu n’aimes pas trop la boisson. Il y a d’autres trucs valables contre le désespoir, et tous consistent à sortir de soi-même. Du trou de sa peine à soi. Boire te sort aussi de toi-même parce que ça t’anesthésie. C’est comme le malade qui est anesthésié dans un bloc opératoire : on peut lui couper la jambe et il ne s’en rend pas compte, parce que d’une certaine façon il n’est pas là. Mais nous avons déjà dit que tu n’étais pas partisan de l’alcool. Bon, il y a d’autres façons de sortir de soi-même, comme, par exemple, penser à l’infiniment grand… Qu’est-ce que c’est, ta douleur d’aujourd’hui, de cette minute, de cette heure, de ce jour, et même de toute ta minuscule vie, comparée aux quatre milliards cinq d’années que la Terre existe ? Mais ça marche encore mieux de penser au très petit. Par exemple, aux atomes. Tu sais que tout ce qui existe dans l’univers est composé d’atomes. Ils sont partout. Ils sont dans l’air transparent, dans les pierres rugueuses, dans notre chair tendre. Et il y a tant et tant d’atomes dans l’univers que leur nombre est inimaginable. Ce sont des chiffres inhumains qui n’ont pas assez de place dans nos têtes. Les atomes se regroupent en molécules ; deux ou plusieurs atomes unis d’une manière plus ou moins stable forment une molécule. Et pour que tu te fasses une idée, je te dirai que dans un centimètre cube d’air, qui est le volume occupé par l’un de ces dés avec lesquels tes amis chauffeurs de taxi sont en train de jouer à cette table, il y a quarante-cinq mille millions de millions de molécules. À présent regarde autour de toi et essaie d’imaginer la quantité exorbitante d’atomes qu’il y a partout. Et qui plus est, les atomes, en plus d’être très nombreux, sont pratiquement éternels. Ils durent et durent un temps incalculable. Si bien que cette chose si minuscule est immense en nombre et en persistance. Les atomes passent leurs très longues vies à se déplacer à droite à gauche et à faire et défaire des molécules. Une partie des atomes qu’il y a dans notre corps provient sans aucun doute du cœur incandescent d’un soleil lointain. Tu le sais bien, nous sommes de la poussière d’étoiles. Et pas seulement ça : statistiquement, il est plus que probable que nous ayons des millions d’atomes de n’importe lequel des personnages historiques que tu pourrais nommer. Des millions d’atomes de Cervantès. Et de Marie Curie. Des millions de Platon et d’autres millions de Cléopâtre. Les atomes mettent un certain temps à se recycler ; il faut donc que s’écoulent suffisamment de décennies après la mort de quelqu’un pour que ses atomes puissent rentrer à nouveau dans le circuit. Mais on peut dire que tous les êtres humains qui ont existé sur la Terre vivent en moi, et que je vivrai dans tous ceux qui viendront plus tard. Et dans un brin d’herbe brûlé par le soleil ou dans le corps cuirassé d’un scarabée.
C’était ce que Cerveau pensa qu’il serait bon de dire, et sans doute s’agissait-il de quelque chose d’encourageant et de beau. Malheureusement, à ce stade du petit matin la vieille femme se trouvait déjà trop pompette et avait peur de ne pas contrôler assez bien sa diction. Elle craignait de siffler sur les s, redoubler les r et trébucher irrémissiblement sur les dentales. Elle craignait de bafouiller et d’avoir l’air ivre, ce qui l’épouvantait, car, malgré la dureté de sa vie et les humiliations qu’elle avait dû subir, Cerveau avait réussi à garder sa fierté et demeurait accrochée à son sens de la dignité comme un naufragé qui coule accroché au pavillon de son navire."

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mardi 12 avril 2016

évasion

"Il y a des gens
qui peuvent être ailleurs
quand ils veulent,

ils n'ont pas besoin de passeport."

Jacques Prévert

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Photo 2016

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dimanche 10 avril 2016

exercice ludique

L'homme n'est vraiment Homme
que quand il joue

Friedrich Von Schiller

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2015-061CollierLeBruitDesVagues

Collier en pâte polymère

jeudi 7 avril 2016

dernière lecture : Les voyageurs de l'aube

de Henri Gougaud

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Dans un modeste ermitage au coeur du désert égyptien, Nathan, un vieux Copte, attend la mort avec sérénité. Et c'est la vie frappe à sa porte : venus de Bagdad, d'Ispahan, de Constantinople, de Jérusalem, des visiteurs font halte chez lui, en attendant de poursuivre leur chemin à bord d'une caravane partie, elle, de Samarcande. Mais, tel un mirage, la caravane n'arrive pas... Durant dix jours, Adour, l'ancien joueur de luth arménien, Hilarion, le moine-soldat grec, Zahra, qui attend la naissance de son enfant, et Madjid, le serviteur en fuite, vont tour à tour raconter leur histoire et leurs tribulations.
Ce sont ces récits, pleins d'espoir, de terreur, de drames et de joies qui dessinent les arabesques à la fois insensées et lumineuses de notre propre condition humaine. Le talent de conteur d'Henri Gougaud donne à cette fresque d'un Orient disparu le charme d'un rêve et la sagesse d'une fable où l'amour, le temps, la vie, la mort, la fraternité, la religion se répondent comme par enchantement.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est terrible quand ces choses là arrivent. On ne sait plus comment ni pourquoi : comment on a déniché un tel texte et pourquoi il nous touche à ce point.
S'agit-il d'un roman ? D'un conte ? D'un essai philosophique ? Qu'importe... 
Ce texte, qui m'a d'emblée embarquée dans l'univers de "L'Alchimiste", de Paulo Cohelo, est une porte ouverte à la réflexion sur la juste place de l'homme sur cette terre. Ses errances, ses questionnements, ses attentes. Il nous embarque dans sa quête de vérité et d'amour. Sa quête du Grand Vrai. Existe-t-il ? Pour lequel d'entre nous ? Tous ?
Pourquoi non ?
Pourquoi sourire ?
Ne me dites pas que vous n'y avez jamais réfléchi ?
Ce livre fait un bien fou. Il réajuste la respiration et le souffle, il repose l'esprit et donne foi en l'humain. En l'humanité, donc.

Morceaux choisis :
"Cette maison me fait content d'être vivant. Jusqu'ici, j'ignorais pourquoi. Maintenant c'est bien, je sais."
"Tout compte fait, le néant serait reposant"
"Nous ignorons presque tout de nos existences, des fils qui nous tiennent debout, des gouffres où nous sommes poussés, des ailes, qui parfois nous portent".
"On oublie que l'imprévu est le plus puissant de nos maîtres et de tous, le moins évitable. Ainsi on se croit en enfer, et voilà que naît la lumière. On va tranquille sous le ciel, et soudain on ne sait plus quel diable bouleverse nos horizons."
(à un bébé encore dans le ventre de sa mère) : "Fais-moi confiance, écoutes, ce que je vais t'apprendre est sûr. Au delà du lieu de ténèbres, où tu ne vois ni haut, ni bas, où tu ne sens ni chaud ni froid, où tu n'as même pas conscience que sont un dehors, un dedans, se trouve un monde où tu vivras, et dans ce monde est un soleil, un clair de lune, des étoiles, de grandes villes, des jardins, des mers, des arbres, des montagnes, et des créatures semblables à celle que tu deviendras, parmi lesquels sont des rois, des forts et des faibles, des pauvres, des malades, des gens heureux."
"- (...) Je veux savoir, dit-elle
- Savoir ? Quoi donc ? (...)
- Si elle l'aime toujours autant.
- Bien sûr, dit Adour, Que crois-tu ? Ces deux-là ne sont qu'un seul arbre, mêmes racines, même sève, même feuillage, même vie."
" Il se plaît à aimer l'amour, celui qui niche dans les âmes loin de ces lieux décourageants où sans cesse on se fait la guerre à coups de vrai, de feu, de miroirs, d'apparence."
"Il suffit parfois de se taire et les réponses viennent seules, elles ne demandent que cela, mais les questions les effarouchent, elles parlent trop fort, elles remuent, elles ne désirent pas, elles veulent, elles ignorent que le silence est le berceau où se murmure tout ce qui vaut d'être entendu".
"Tous les enfants, même mal faits, sont d'incomparables cadeaux, du moins avant qu'ils ne se gâtent."
"Nous avons au fond de l'âme, quelque chose, une nostalgie, un souvenir d'inexistence, un parfum de maison sans murs, un pressentiment de présence, d'amour simple auprès d'un berceau, au temps où nous n'étions pas né, même pas logé dans un ventre. On peut ressentir ces bontés, mais rien ne sait vraiment les dire, sauf la musique, et quelquefois cette lumière jamais vue qui naît au dernier mot d'un conte, et qui nous laisse bouche bée."
"Quels chemins t'ont conduit ici, quels détours, quelles aventures ? J'aime écouter ta voix, elle me remue le coeur, elle charrie du sucre et du sel, du vent de sable, du ciel noir."
" Pouvoir secret de l'attention. Elle change le regard, l'objet, et la palpitation des sens."
 
Et puis, cette histoire dans l'histoire, de celles que j'affectionne particulièrement, et qui me touchent, mais qui peut-être n'émouvront jamais que moi... Ma foi, tant pis...
"C'était un jour de plein été dans le grand jardin buissonneux de mon grand-père menuisier et chanteur d'épopées anciennes. Nous étions cinq ou six enfants à nous tirailler la chemise, à lancer des cailloux précis aux nids de pies. Connaissez-vous le jeu où l'un va se cacher, où les autres partout le cherchent ? C'était moi, ce jour-là, que l'on devait trouver. J'avais repéré un abri dans le tronc moisi d'un vieux chêne. Je m'y fourrai dedans, jubilant, presque sûr qu'aucun n'aurait l'idée de venir farfouiller dans ce sombre manteau d'écorce. J'attendis, l'oreille aux aguets, un long moment, tout frémissant, joyeux d'abord comme un filou, puis perplexe, puis déconfit. Personne alentour, plus un diable. Je sortis de mon creux de bois. Où étaient-ils tous ? Envolés !  Ils avaient remué ça et là les buissons et battu l'herbe autour des arbres. Ils ne m'avaient pas déniché. Alors ils s'en étaient allés à des plaisirs plus ordinaires. Je les vis au bord de l'étang qui s'aspergeaient, piaillaient, riaient. Je me sentis soudain si seul qu'un sanglot me monta aux yeux. Je courus, tout désemparé, chercher refuge à l'atelier où mon grand-père travaillait. C'était un homme au cœur sensible. Sa voix quelquefois se brisait quand il me chantait des poèmes. Il me serra sur sa poitrine qui sentait si bon le bois neuf. Je lui comptai ma pauvre histoire. Il m'écouta, sécha mes larmes puis me dit, triste lui aussi :. "Mon petit, tu sais maintenant ce que ressent Dieu chez les hommes". Vous êtes vraiment, tous les deux, aussi parents que des jumeaux. Lui aussi a voulu jouer. Il a trouvé je ne sais où une magnifique cachette. On le cherche, de-ci de-là, on l'espère, puis on l'oublie, chacun retourne à ses paresses, à ses jeux de bric et de broc, et lui reste plus seul que toi qui as au moins un vieux grand-père pour te rafistoler le cœur."

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mercredi 6 avril 2016

la nature est là pour ça...

"Ne vous croyez ni grand ni petit.
Contemplez !"

Victor Hugo

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Photo 2016

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lundi 4 avril 2016

possibilité de réaliser

C’est justement la possibilité de réaliser un rêve
qui rend la vie intéressante.

Paulo Coelho

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Créations en pâte polymère (collier et boucles d'oreilles assorties)
et serti en perles de rocailles

 

 

 

 

Une création récente 
qui ne serait pas encore visible en boutique vous plaît ? 
N'hésitez pas à me contacter

 

 

vendredi 1 avril 2016

dernière lecture : Une vie entre deux océans

de ML Stedman

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4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. 
À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. 
Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler "l’incident" et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.
" Lire Une vie entre deux océans est une expérience d’immersion totale, incroyablement émouvante. "
Monica Ali, auteur de Sept mers et treize rivières

Mon sentiment au sujet de ce roman :

Je vous avouerai que je ne sais pas trop comment aborder cette synthèse de lecture. 
C'est un roman composé de trois parties à mon avis vraiment distinctes qui, chacune, m'ont touchée d'une manière très différente.
J'ai d'abord été embarquèe dans un univers puissant et grandiose : celui la mer dans son état brut, exactement comme je l'aime. 
Petite parenthèse sur ces premières pages du roman : je crois que l'école laisse de grands blancs dans nos connaissances historiques... Vous le saviez, vous, que les australiens sont venus combattre avec les français dans les tranchées pendant la guerre 14-18, laissant le pays dans un chagrin immense de la perte de très nombreux jeunes hommes ? 
Voilà la trame de fond du roman, puis vient une histoire d'amour "toute simple" (mais une histoire d'amour peut-elle  vraiment être simple... Une belle histoire d'amour serait sans doute plus juste. L'amour de deux assoiffés de vie. Ou plutôt de deux grands blessés par la vie). 
Et le bonheur d'être deux.
Viennent ensuite des temps plus difficiles pour le couple installé sur l'île, 
Pour moi aussi.
Trop d'émotion. Trop d'injustice. Trop d'inquiétude, avec la certitude que cela ne peut que très mal finir.
J'ai dû faire de nombreuses pause, avec le besoin de souffler, cette lecture ayant été pour moi vraiment intense.
Pourtant, à aucun moment, je n'ai envisagé de l'abandonner. C'est un roman très bien écrit (une écriture "toute simple" aussi, comme l'amour de ces deux-là...   ;)  ), avec une histoire tellement plausible, qui procure d'intenses et confuses èmotions. 
C'est beau et triste jusqu'à la dernière page.

Morceaux choisis :
"Je vous en dirai plus si vous le souhaitez vraiment. C'est juste que je préférerais m'abstenir. Quelquefois, c'est mieux de laisser le passé à sa place. Mais la famille ne fait jamais partie du passé. Vous l'emportez partout avec vous, où que vous alliez."

"On ne peut jamais vraiment parler de l'avenir, si vous y pensez sérieusement. On ne peut parler que de ce que l'on imagine, ou de ce que l'on souhaite. Ce n'est pas la même chose".
"Lorsqu'il repense aux choses de la guerre, à ces années de manipulation des faits, ou à l'impossibilité de mesurer, et encore plus de décrire, l'enfer absolu qui régnait dans les tranchées tandis que les explosions déchiquetaient le sol autour de lui, il apprécie au plus haut point le luxe d'énoncer des vérités simples."
"Un phare, ça fonctionne pour les autres : il est impuissant à éclairer l'espace le plus proche de lui".

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