dimanche 14 août 2016

dernière "lecture" : La déesse des petites victoires

de Yannick Granneck

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Présentation de l'éditeur :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai adoré cette lecture, qui m'a fait découvrir la vie d'Adèle Gödel.
Ne cherchez pas, il s'agit là d'une illustre inconnue, d'une vieille femme aigrie, désagréable,

Adele-Godel

oubliée de tous.
Sauf que... , quand on connaît son histoire, qu'elle nous délivre du fond de sa maison de retraite, heu... peut-on dire du bout des lèvres ? (elle est tout sauf paisible, Adèle... allant tonitruant et irritée serait sans doute mieux), on rencontre une femme exceptionnelle, qui a su accompagner cet homme complexe qu'était Kurt Gödel, grand mathématicien, mais aussi grand égoïste, asocial, malade (autiste ?).
Pour lui, une compagne de chaque jour qui a su s'oublier pour lui laisser toute la place et le rassurer. Pour elle, de la solitude, de la colère, des déracinements, du chagrin, mais aussi des rencontres improbables, comme celle d'Albert Einstein.
Le tout conté avec beaucoup d'humour et de simplicité (oui-oui, même quelques démonstrations de mathématique dont j'aurais presque pu comprendre la logique si je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'orienter vers des études littéraires...  ;)  )
Pourtant, c'est un roman qui m'a aussi beaucoup décontenancée, du fait d'une expérience de lecture particulière : pour la première fois, j'écoutais la version audio d'un roman. Et je dois avouer que cela change tout. ça prend un temps fou ! Et demande une concentration différente, une écoute silencieuse et complète. Pour être sincère : j'aime mille fois mieux me plonger dans un roman écrit ! moi qui adore chaparder par ci-par là une ou deux citations en cours de lecture, le faire dans ces conditions devient presque acrobatique.
Ceci dit, ça m'a donné des idées. Je suis donc allée, à l'issue de ma "lecture"  ;)  chercher un site, ignorant s'il existe ou non : enregistrer ses lectures pour les non-voyants. Et bien oui ! Une association existe : "L'association des donneurs de voix" (dont voici le lien, si certains sont intéressés : http://www.advbs.fr/). Cela demande un véritable engagement, mais l'idée me titille... Et visiblement ne concurrence pas les éditeurs, puisque les fichiers audio ne sont accessibles qu'aux mal-voyants...
Je voudrais enfin remercier Babelio pour ses opération "Masse critique" (http://www.babelio.com/massecritique.php), et les éditons "Le livre qui parle" (http://www.lelivrequiparle.com/) qui m'ont offert ce CD, et donc encore une fois permis d'ouvrir ma réflexion.
Je me dis d'ailleurs qu'un partenariat avec les donneurs de voix pourrait être aussi un beau projet pour Babelio ? (moi qui ne fait même pas partie de cette asso..)
:)

Morceaux choisis :
"Chaque génération croit avoir inventé la fête et la désillusion. Le désespoir ne se démode jamais, comme la nostalgie."
"Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé."
"– Vois-tu ce bleu incroyable à la lisière entre la mer et le ciel ?
Le bord de son chapeau se releva à peine.
– Tu ne le regardes même pas ! A quoi penses-tu devant l’océan ?
– Je contemple un champ d’interactions ondulatoires dont la complexité me fascine."
"Moins nous possédons de certitudes, plus nous les assenons ! C'est pour masquer la panique."
"La vie n'est pas une science exacte. Un être humain est plus que la somme de ses actes. Plus qu'une simple chronologie."
"(...) était-ce la nature du monde d'être complexe ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Plus je pense au langage, plus je suis stupéfié que les gens parviennent à se comprendre."
"Le corps hurle ce que l'esprit refuse d'admettre."
"Pour ne pas se regarder le nombril, il faut en trouver un autre à contempler."
"En physique, nous essayons d'expliquer en termes simples des choses que personne ne connaissait avant nous. La poésie, n'est-ce pas exactement l'inverse ?" - Paul Dirac
"La vanité des hommes les rend sourds, mais bavards. Etape numéro un : le laissez vous expliquer la vie."
"Le génie destructeur de la famille est sans limite".
"La contradiction comme la digression est un précieux stimulant. La réflexion se doit d'être en mouvement instable, comme la vie. Si elle s'arrête, elle se sclérose, puis meurt."
"Un jour, les machines pourront résoudre tous les problèmes, mais aucune d'entre elles ne pourra en poser un".
"Au final, était-ce la nature du monde d'être complexe, ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Il a mal ? Tant mieux. C'est qu'il est encore vivant".
"C'est terrible de se sentir enfermé dans un corps étranger. A l'intérieur j'ai vingt ans."

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samedi 13 août 2016

étendue intouchée de commencement du monde

La mer !
Sa seule beauté attire,
retient le regard
et donne l'impression d'une étendue intouchée de commencement du monde,
d'une puissance qui dépasse l'être humain.

[Reine Malouin]

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Photo juillet 2016
(Bénodet, Finistère Sud, au petit matin...)

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mercredi 13 juillet 2016

dernière lecture : Quel effet bizarre faites-vous sur mon coeur

de Christine Orban

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2 étoiles
 
Présentation de l'éditeur :
Quelques années après sa répudiation, Joséphine la femme volage et dépensière pour certains, la bonne étoile de Bonaparte pour d'autres, blessée, humiliée, prisonnière du tourbillon dans lequel la douleur la tient, se décide à lui écrire alors qu'il est exilé à l'île d'Elbe.
Entre culpabilité et force d'âme, Joséphine se demande comment ils en sont arrivés là et retrace les épisodes les plus déchirants de leur histoire. Un destin commun interrompu un soir aux Palais des Tuileries lors d'un dîner en tête à tête, quand Bonaparte au nom de la raison d'état s'oblige à renoncer à ses plus chères affections.
Avec une empathie troublante, l'auteur de La mélancolie du dimanche et de N'oublie pas d'être heureuse devient Joséphine le temps d'un roman et nous fait partager les souffrances d'une femme abandonnée. Dans ce récit intime et bouleversant on retrouvera l'analyse des sentiments et la profondeur qui ont fait le succès de la romancière.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'aime beaucoup l'écriture de Chistine Orban, et ici encore, cela se confirme.
Connaître les sentiments et la vie de Joséphine de Beauharnais a ici été un vrai plaisir,
mais ces écrits destinés à Napoléon traînent vraiment en longueur et en douleur. Je crois que je me suis vraiment obligée à terminer cette lecture, de laquelle j'attendais peut-être trop...
trop de pleurs et de plaintes, j'en oublie d'éprouver de la compassion...
 
Morceaux choisis :
"Je suis vieille. Ce sentiment me dérange moins qu'il ne déplaît aux autres femmes".
"La douleur ne connaît pas la dignité".
"Aussi scintillant et brodé soit-il, l'habit ne protège pas des peines".
"L'attente est une présence différée, une présence envoûtante et obnubilante, chargée d'espoir, de souvenirs".
"A trop se voir, on finit par trouver une place à celui qui n'en a pas. La place e l'ennui, la nécessité de remplir le vide".
"Je ne comprends pas qu'on puisse plonger dans le passé pour soigner quoi que ce soit. Le passé n'apporte aucun soulagement".

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lundi 11 juillet 2016

mais qu'est-ce qu'une illusion ?

 

"L'âme a des illusions
comme l'oiseau a des ailes,
c'est ce qui la soutient"

une citation de Victor Hugo

 

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Collier en pâte polymère,
avec serti de perles

***

une version plus sobre :

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***

 

et, enfin, la version "montée" du cabochon que je vous avais montré dans un post précédent :

 

2016-073CollierLeBruitDesVagues

 

 

samedi 9 juillet 2016

le regard

" Pouvoir secret de l'attention.
Elle change le regard, l'objet, et la palpitation des sens."

(une citation d'Henri Gougaud, dans "Les voyageurs de l'aube")

 

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photo juillet 2016
(Lac de Charavines en Isère)

 

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jeudi 7 juillet 2016

dernière lecture : Marie

de Marek Halter

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4 étoiles
 
Présentation de l'éditeur :
" Existe-t-il une personne au monde qui ignorerait le nom de Marie, mère de Jésus, celle qui engendra le plus grand bouleversement spirituel depuis la naissance du monothéisme ? Pourtant, ce que nous en disent les Evangiles se résume à quelques versets elliptiques et mystérieux.
Durant les années nécessaires à la rédaction de ce roman, dressant le portrait de " ma Marie ", je me suis efforcé d'imaginer qui avait pu être cette Miryem de Nazareth, née en Galilée dans le chaotique royaume d'Israël en butte à l'occupation romaine. Quels liens entretenait-elle avec la résistance et l'un de ses chefs les plus populaires, Barabbas ? Quels rapports avait-elle avec les esséniens de Damas, la secte des thérapeutes ? Et avec son lointain cousin jean le Baptiste ? Né en Pologne, où le culte de Marie domine l'Eglise catholique, j'ai été depuis mon enfance fasciné par le destin de cette jeune juive à l'origine du christianisme.
Un jour il fallait bien que je parte à sa recherche. Aujourd'hui, j'aimerais partager cette histoire passionnante avec vous. " Après la trilogie consacrée aux héroïnes de la Bible, Sarah, Tsippora et Lilah, immense succès en France, traduite dans vingt-deux pays, voici Marie. C'est le roman le plus surprenant de Marek Halter, depuis La Mémoire dAbraham.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Si vous voulez vous plonger dans un roman d'aventure, avec un A majuscule, ce roman est pour vous ! Quels rebondissements ! Quels caractères forgés ! Et quelle époque furieuse que celle d'Hérode !
J'ai trouvé ce roman passionnant, de la première à la dernière page, avec des personnages hauts en couleurs et, si ça rassure certains, sans orientation religieuse particulière. 
La vie d'une femme peu ordinaire à une époque où vivre était un véritable combat.
 
Morceaux choisis :
"Je ne comprends pas. Et l'on ne peut pas expliquer ce que l'on ne comprend pas. Néanmoins, ce que l'on ne comprend pas existe tout de même".
"Il y a autant de courage à subir l'injustice qu'à se battre en vain".

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mardi 28 juin 2016

un monde en soi

"Dès qu'on accorde une attention soutenue à la moindre chose,
même à un brin d'herbe,

cela devient alors un monde en soi,
mystérieux, impressionnant,

d'une splendeur indescriptible."

Henry Miller

 

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Photo juin 2016

 

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dimanche 26 juin 2016

dernière lecture : La femme au carnet rouge

d'Antoine Laurain

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Présentation de l'éditeur :
Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main.
Il est retrouvé par Laurent Lettelier, libraire de profession, qui ne trouve pour seuls indices sur sa propriétaire que quelques effets personnels (un ticket de pressing, un roman, une pince à cheveux, un carnet...). 
S'ensuit un jeu de piste romanesque.
Un matin à Paris, alors qu'il ouvre sa librairie, Laurent Letellier découvre dans la rue un sac à main abandonné.
Curieux, il en fait l'inventaire et découvre, faute de papiers d'identité, une foule d'objets personnels : photos, parfum... et un carnet rouge rempli de notes. Désireux de retrouver la propriétaire du sac, Laurent s'improvise détective. À mesure qu'il déchiffre les pages du carnet contenant les pensées intimes de l'inconnue, le jeu de piste se mue progressivement en une quête amoureuse qui va chambouler leurs vies.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Quel bonheur de lire des romans comme celui-ci. Les mots glissent, l'histoire se déroule, dans une ambiance douce et paisible, malgré l'agression que subit Laure devant chez elle. Laurent serait-il un des derniers romantiques de ce monde ? Je voudrais croire que non.
Pfff..., j'ai lu ce roman beaucoup trop vite ! Il aura tout de même eu le temps de produire sur moi sa magie : m'extraire, le temps d'une lecture, de la réalité et m'accaparer toute entière.
 
Morceaux choisis :
"Il n'y a guère que le sublime qui puisse nous aider dans l'ordinaire de la vie" (une citation d'Alain Fournier, en prologue du roman)
"On ne maîtrise pas toujours ses peurs, et faire la part entre l'irrationnel et le possible n'est pas aisé à presque deux heures du matin".
"S'il y avait bien une chose qui définissait la parenthèse adolescente, c'était les fous rires. On ne rit plus jamais ainsi, après. La conscience brutale que le monde et la vie sont complètement absurdes déclenche ces hoquets de rire à en perdre la respiration, quand la même idée, vingt ans plus tard, n'entraînera qu'un soupir résigné."
"Peut-on éprouver la nostalgie de ce qui n'a pas eu lieu ? Ce que nous nommons "regrets" et qui concerne les séquences de nos vies où nous avons la quasi-certitude ne pas avoir pris la bonne décision comporterait une variante plus singulière, qui nous envelopperait dans une ivresse mystérieuse et douce : la nostalgie du possible."
 
Un passage un peu plus long... une de ces belles histoires dans l'histoire :
"Une étagère s'achevait sur plusieurs livres de Sophie Calle, dont l'un de ses chefs-d'oeuvre poétiques : Suite vénitienne. En 1980, celle-ci avait décidé dans une pure démarche artistique de suivre des hommes - au hasard, dans la rue et à leur insu. A la manière d'un détective privé, elle ramenait de ces longues promenades des photos noir et blanc d'hommes, de dos, dans des lieux divers. Des inconnus qu'elle avait pris en filature des après-midis entiers. Un jour qu'elle avait repéré une nouvelle proie, celle-ci lui échappa et disparut dans la foule. Le soir, l'homme lui était présenté dans un dîner en ville. Il lui dit qu'il allait bientôt partir pour Venise. Secrètement, Sophie Calle décida de reprendre sa filature - de le suivre incognito jusqu'aux ruelles et rii de Venise. De cette expédition, elle ramena un journal de bord de soixante-dix-neuf pages et cent-cinq photos noir et blanc, postfacé par Jean Baudrillard. La quête de Sophie avait pris fin lorsque l'homme s'était retourné, l'avait reconnue et lui avait adressé la parole. Enfin, pas tout à fait, puisqu'elle s'arrangea pour revenir à la gare de Paris quelques minutes avant lui pour prendre un dernier cliché. Toutefois, la tension de l'enquête et la magie s'étaient évaporées au moment de la rencontre. Le retour à la réalité avait sonné la fin de l'histoire."

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jeudi 9 juin 2016

j'ai des idées...

"Toute idée que tu nourris en ton cœur,
tend à se réaliser
d'autant plus énergiquement
qu'elle est accompagnée de sentiments
et qu'elle est nourrie avec persévérance."

une citation de Karl Otto Schmidt

 

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2016-070CollierLeBruitDesVagues

 

Colliers en pâte polymère
(hidden magique)

 

 

Une création récente 
qui ne serait pas encore visible en boutique vous plaît ? 
N'hésitez pas à me contacter

 

 

 

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samedi 4 juin 2016

dernière lecture : Le dernier gardien d'Ellis Island

de Gaelle Josse

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Présentation de l'éditeur :

New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.
Ce livre fait partie du tiercé final du prix des libraires 2015.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
La lecture agit souvent bizarrement pour m'ensorceler.
J'arrive là, tranquille et sereine, un livre à la main, je m'installe au fond d'un fauteuil confortable, et je commence à lire.
Je me laisse imprégner, docile, et soudain, impossible de me détacher des mots, des personnages, de cette histoire qui me happe littéralement.
Quand ce phénomène arrive, c'est que le roman est fabuleux. C'est le cas de celui-ci. 
Là, quelle heure est-il ? Ah, oui, c'est vrai : je suis dans mon salon, en 2016 et pas sur une île au début du siècle dernier.
Je crois que vais aller marcher 5 petites minutes pour me remettre, je viens de rencontrer de très belles personnes qu'il a aussi fallu que j'abandonne là, en même temps que je refermais ce livre.
Maintenant, j'ai besoin de revenir sur terre et de réfléchir à tout "ça"... (l'émigration, ce sujet qui brûle toujours autant l'actualité : des individus malmenés, des manières de faire n'ont pas changé...).

Je vous mets aussi le lien d'une synthèse de lecture que je trouve très bien renseignée sur un site qui s'appelle... Le bruit des livres (...ça m'a fait sourire), ainsi qu'une petite fiche sur Giorgy Kovacs, personnage que l'on retrouve brièvement dans ce roman. Voilà ce que j'aime le plus, dans la lecture : ces éléments qui, mis bout à bout, élargissent notre vision du monde...

Morceaux choisis :
"Que sais-je aujourd'hui de la vie des hommes ? La mienne est déjà suffisamment obscure à mes yeux, comme un livre que l'on croit familier et que l'on découvre un jour écrit dans une langue étrangère."
"Tous ne ressentent pas la peur de la même façon, l'angoisse se traduit autant en paroles qu'en silences".
"Il faut croire que les mots creusent parfois des galeries souterraines, mystérieuses, et que ce que l'on croit enfoui, oublié ou perdu à jamais ne demande qu'à ressurgir au moment le plus inattendu".
"L'exercice d'un pouvoir, d'une autorité, si minime et dérisoire soit-elle, s'accompagne de silence, de solitude et de réserve quant à l'expression des sentiments".
"(...) les martyrs sont toujours du côté de l'esprit, les coupables, du côté de la force, et (...) l'Histoire demeure le seul juge."

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