mercredi 20 avril 2016

dernière lecture : Un assassin blanc comme neige

de Christian Bobin

sm_cvt_Un-assassin-blanc-comme-neige_9375

5 etoiles

Présentation de l'éditeur
«L'encre fraîche de Rimbaud tache mes doigts. Ses proses font trembler l'air au-dessus de la page comme sur une route fondue au soleil d'été. 
Je vais chercher mon pain, mes nuages et mes étoiles dans l'unique librairie du Creusot. L'acacia au bas de la rue du Guide surgit comme un donateur fou. Son haleine sent le miel et l'or. 
Toutes les fleurs se ruent vers nous en nous léguant de leur vivant leur couleur et leur innocence. Les contempler mène à la vie parfaite. 
Les anémones sont si crédules que même l'enfer leur donne raison.»

Mon sentiment au sujet de ce texte ET morceaux choisis

Quand je lis Christian Bobin, je pourrais me mettre à pleurer.
Ou à rire.
Ou les deux à la fois.
D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi j'ai écrit cela : "je pourrais".
Je pleure et je ris, au fond de moi. Mon coeur est encore une fois, à cette lecture, balloté à droite et à gauche, malmené, mais pleinement vivant et connecté. à ce que Bobin nommerait probablement l'invisible.
Il me fait toucher de près cet invisible tellement puissant, à la fois violent et apaisant.
Tel un assassin blanc comme neige, il me relie en force et en douceur (comment est-ce possible...) au divin en moi et en ce monde.
(il le dit lui-même : "écrire comme on commet un crime à froid, en conduisant d'une main ferme le couteau jusqu'au coeur non prévenu")
---
Une réflexion me revient souvent, les lundis et les jours de pluie : ces jérémiades des uns et des autres, qui me deviennent de plus en plus insupportables. Ils ne savent (ne veulent ?) plus être heureux que les vendredis ("ce soir, c'est week-end !) ou quand il fait soleil.
Christian Bobin, lui, me réconforte. A chaque fois que je le lis.
"Il y aura toujours une pluie pour jouer du clavecin ou un merle pour composer une fugue" 
Voilà.
Ce seront là les deux seules citations que j'extrairai aujourd'hui de cet encore extraordinaire "Bobin", parce que sinon, il faudrait que je vous en fasse une intégrale lecture, la voix brisée d'émotion.
Et avec quel ravissement !
 
Oh ! une découverte : Sei SHÔNAGON, et ses notes de chevet. Je crois que je vais chercher plus loin...

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,


jeudi 14 avril 2016

dernière lecture : Instructions pour sauver le monde

de Rosa Montero

sm_8954_1144314

4,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se consoler de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en série, de terrorisme et de petits prodiges. 
En raconteuse d'histoires étranges talentueuse, Rosa Montero nous parle des hasards et des coïncidences et écrit une histoire d'espérance, une tragicomédie entre humour et émotion. Un texte captivant qui nous montre que "la vie est belle, folle et douloureuse. Une fable pour adultes qui invite à profiter de la beauté, maîtriser la douleur et rire de cette incroyable folie".

Mon sentiment au sujet de ce roman :

De la lumière au bout du tunnel. 
C'est ce que j'ai ressenti, tout au long de ma lecture,
même si le tunnel, ici, fût fort sombre.
L'écriture de Rosa Montero est de celle qui savent me toucher, même si je préfère des histoires plus (beaucoup plus !) joyeuses.
Beaucoup d'inquiétude, dans ces mots, mais aussi d'espoir. 
Pour ma part, je m'accroche TOUJOURS à l'espoir.
Ai-je eu raison ? Ai-je eu tort ? Seule la lecture de ce roman vous le dira !
;)
Un conseil de lectrice acharnée, donc : 
lisez derechef "Instructions pour sauver le monde", ou alors un autre roman de Rosa Montero ?,
mais alors promettez-moi de me dire s'il aura aussi bien su vous attraper par les tripes et vous hypnotiser...)

Morceaux choisis :

"Pour quelle raison n'avons-nous aucune peine à croire en la misère, en la cruauté et en l'horreur du monde, alors que lorsque nous parlons de bons sentiments il nous vient aussitôt un rictus ironique au visage et nous considérons cela comme une niaiserie ?"
"Il se trouvait dans l' un de ces moments lumineux que l' existence vous offre parfois; des instants de plénitude où tout semble acquérir un sens et où l' on dirait que cette sagesse ne va plus vous abandonner pour le restant de votre vie."
"Tout ce que nous apprenons au cours de nos brèves existences n'est qu'une pincée insignifiante arrachée à l'énormité de ce que nous ne saurons jamais."
"Alors, ce que la planète est en train de faire, c'est nous secouer de là comme un chien secoue ces puces. Parce que c'est ce que nous sommes, de foutus parasites".
"La nuit a le ventre rempli de lumière."
"Les faits ont un poids et laissent par eux-mêmes une empreinte, et chaque individu influe sur la totalité comme si nous étions reliés par un système de vases communicants. Fieldman soutenait que les êtres humains savaient dans un endroit profond de leur conscience que les choses étaient ainsi et que c’était pour cette raison que ce message était présent dans la plupart des religions de la planète".
"Quelle étrange alchimie du cerveau faisait que les nuits pouvaient être si inquiétantes ? L’obscurité était un nid d’obsessions."

Un passage un peu long, une histoire dans l'histoire, de celles dont je raffole (vous commencez à me connaître...) :
"–Ah, Matias, Matias, mon ami, je te vois mal en point. Je te dirai une chose : je sais ce que c’est. Je sais que parfois la vie nous écrase tellement qu’elle ne nous laisse plus de place pour respirer. Alors, je bois. Et mes poumons respirent de l’alcool, au lieu de respirer de l’oxygène. Mais ce n’est pas de ça dont j’allais te parler, parce que je sais que, toi, tu n’aimes pas trop la boisson. Il y a d’autres trucs valables contre le désespoir, et tous consistent à sortir de soi-même. Du trou de sa peine à soi. Boire te sort aussi de toi-même parce que ça t’anesthésie. C’est comme le malade qui est anesthésié dans un bloc opératoire : on peut lui couper la jambe et il ne s’en rend pas compte, parce que d’une certaine façon il n’est pas là. Mais nous avons déjà dit que tu n’étais pas partisan de l’alcool. Bon, il y a d’autres façons de sortir de soi-même, comme, par exemple, penser à l’infiniment grand… Qu’est-ce que c’est, ta douleur d’aujourd’hui, de cette minute, de cette heure, de ce jour, et même de toute ta minuscule vie, comparée aux quatre milliards cinq d’années que la Terre existe ? Mais ça marche encore mieux de penser au très petit. Par exemple, aux atomes. Tu sais que tout ce qui existe dans l’univers est composé d’atomes. Ils sont partout. Ils sont dans l’air transparent, dans les pierres rugueuses, dans notre chair tendre. Et il y a tant et tant d’atomes dans l’univers que leur nombre est inimaginable. Ce sont des chiffres inhumains qui n’ont pas assez de place dans nos têtes. Les atomes se regroupent en molécules ; deux ou plusieurs atomes unis d’une manière plus ou moins stable forment une molécule. Et pour que tu te fasses une idée, je te dirai que dans un centimètre cube d’air, qui est le volume occupé par l’un de ces dés avec lesquels tes amis chauffeurs de taxi sont en train de jouer à cette table, il y a quarante-cinq mille millions de millions de molécules. À présent regarde autour de toi et essaie d’imaginer la quantité exorbitante d’atomes qu’il y a partout. Et qui plus est, les atomes, en plus d’être très nombreux, sont pratiquement éternels. Ils durent et durent un temps incalculable. Si bien que cette chose si minuscule est immense en nombre et en persistance. Les atomes passent leurs très longues vies à se déplacer à droite à gauche et à faire et défaire des molécules. Une partie des atomes qu’il y a dans notre corps provient sans aucun doute du cœur incandescent d’un soleil lointain. Tu le sais bien, nous sommes de la poussière d’étoiles. Et pas seulement ça : statistiquement, il est plus que probable que nous ayons des millions d’atomes de n’importe lequel des personnages historiques que tu pourrais nommer. Des millions d’atomes de Cervantès. Et de Marie Curie. Des millions de Platon et d’autres millions de Cléopâtre. Les atomes mettent un certain temps à se recycler ; il faut donc que s’écoulent suffisamment de décennies après la mort de quelqu’un pour que ses atomes puissent rentrer à nouveau dans le circuit. Mais on peut dire que tous les êtres humains qui ont existé sur la Terre vivent en moi, et que je vivrai dans tous ceux qui viendront plus tard. Et dans un brin d’herbe brûlé par le soleil ou dans le corps cuirassé d’un scarabée.
C’était ce que Cerveau pensa qu’il serait bon de dire, et sans doute s’agissait-il de quelque chose d’encourageant et de beau. Malheureusement, à ce stade du petit matin la vieille femme se trouvait déjà trop pompette et avait peur de ne pas contrôler assez bien sa diction. Elle craignait de siffler sur les s, redoubler les r et trébucher irrémissiblement sur les dentales. Elle craignait de bafouiller et d’avoir l’air ivre, ce qui l’épouvantait, car, malgré la dureté de sa vie et les humiliations qu’elle avait dû subir, Cerveau avait réussi à garder sa fierté et demeurait accrochée à son sens de la dignité comme un naufragé qui coule accroché au pavillon de son navire."

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

jeudi 7 avril 2016

dernière lecture : Les voyageurs de l'aube

de Henri Gougaud

418SLzM-1XL

4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Dans un modeste ermitage au coeur du désert égyptien, Nathan, un vieux Copte, attend la mort avec sérénité. Et c'est la vie frappe à sa porte : venus de Bagdad, d'Ispahan, de Constantinople, de Jérusalem, des visiteurs font halte chez lui, en attendant de poursuivre leur chemin à bord d'une caravane partie, elle, de Samarcande. Mais, tel un mirage, la caravane n'arrive pas... Durant dix jours, Adour, l'ancien joueur de luth arménien, Hilarion, le moine-soldat grec, Zahra, qui attend la naissance de son enfant, et Madjid, le serviteur en fuite, vont tour à tour raconter leur histoire et leurs tribulations.
Ce sont ces récits, pleins d'espoir, de terreur, de drames et de joies qui dessinent les arabesques à la fois insensées et lumineuses de notre propre condition humaine. Le talent de conteur d'Henri Gougaud donne à cette fresque d'un Orient disparu le charme d'un rêve et la sagesse d'une fable où l'amour, le temps, la vie, la mort, la fraternité, la religion se répondent comme par enchantement.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est terrible quand ces choses là arrivent. On ne sait plus comment ni pourquoi : comment on a déniché un tel texte et pourquoi il nous touche à ce point.
S'agit-il d'un roman ? D'un conte ? D'un essai philosophique ? Qu'importe... 
Ce texte, qui m'a d'emblée embarquée dans l'univers de "L'Alchimiste", de Paulo Cohelo, est une porte ouverte à la réflexion sur la juste place de l'homme sur cette terre. Ses errances, ses questionnements, ses attentes. Il nous embarque dans sa quête de vérité et d'amour. Sa quête du Grand Vrai. Existe-t-il ? Pour lequel d'entre nous ? Tous ?
Pourquoi non ?
Pourquoi sourire ?
Ne me dites pas que vous n'y avez jamais réfléchi ?
Ce livre fait un bien fou. Il réajuste la respiration et le souffle, il repose l'esprit et donne foi en l'humain. En l'humanité, donc.

Morceaux choisis :
"Cette maison me fait content d'être vivant. Jusqu'ici, j'ignorais pourquoi. Maintenant c'est bien, je sais."
"Tout compte fait, le néant serait reposant"
"Nous ignorons presque tout de nos existences, des fils qui nous tiennent debout, des gouffres où nous sommes poussés, des ailes, qui parfois nous portent".
"On oublie que l'imprévu est le plus puissant de nos maîtres et de tous, le moins évitable. Ainsi on se croit en enfer, et voilà que naît la lumière. On va tranquille sous le ciel, et soudain on ne sait plus quel diable bouleverse nos horizons."
(à un bébé encore dans le ventre de sa mère) : "Fais-moi confiance, écoutes, ce que je vais t'apprendre est sûr. Au delà du lieu de ténèbres, où tu ne vois ni haut, ni bas, où tu ne sens ni chaud ni froid, où tu n'as même pas conscience que sont un dehors, un dedans, se trouve un monde où tu vivras, et dans ce monde est un soleil, un clair de lune, des étoiles, de grandes villes, des jardins, des mers, des arbres, des montagnes, et des créatures semblables à celle que tu deviendras, parmi lesquels sont des rois, des forts et des faibles, des pauvres, des malades, des gens heureux."
"- (...) Je veux savoir, dit-elle
- Savoir ? Quoi donc ? (...)
- Si elle l'aime toujours autant.
- Bien sûr, dit Adour, Que crois-tu ? Ces deux-là ne sont qu'un seul arbre, mêmes racines, même sève, même feuillage, même vie."
" Il se plaît à aimer l'amour, celui qui niche dans les âmes loin de ces lieux décourageants où sans cesse on se fait la guerre à coups de vrai, de feu, de miroirs, d'apparence."
"Il suffit parfois de se taire et les réponses viennent seules, elles ne demandent que cela, mais les questions les effarouchent, elles parlent trop fort, elles remuent, elles ne désirent pas, elles veulent, elles ignorent que le silence est le berceau où se murmure tout ce qui vaut d'être entendu".
"Tous les enfants, même mal faits, sont d'incomparables cadeaux, du moins avant qu'ils ne se gâtent."
"Nous avons au fond de l'âme, quelque chose, une nostalgie, un souvenir d'inexistence, un parfum de maison sans murs, un pressentiment de présence, d'amour simple auprès d'un berceau, au temps où nous n'étions pas né, même pas logé dans un ventre. On peut ressentir ces bontés, mais rien ne sait vraiment les dire, sauf la musique, et quelquefois cette lumière jamais vue qui naît au dernier mot d'un conte, et qui nous laisse bouche bée."
"Quels chemins t'ont conduit ici, quels détours, quelles aventures ? J'aime écouter ta voix, elle me remue le coeur, elle charrie du sucre et du sel, du vent de sable, du ciel noir."
" Pouvoir secret de l'attention. Elle change le regard, l'objet, et la palpitation des sens."
 
Et puis, cette histoire dans l'histoire, de celles que j'affectionne particulièrement, et qui me touchent, mais qui peut-être n'émouvront jamais que moi... Ma foi, tant pis...
"C'était un jour de plein été dans le grand jardin buissonneux de mon grand-père menuisier et chanteur d'épopées anciennes. Nous étions cinq ou six enfants à nous tirailler la chemise, à lancer des cailloux précis aux nids de pies. Connaissez-vous le jeu où l'un va se cacher, où les autres partout le cherchent ? C'était moi, ce jour-là, que l'on devait trouver. J'avais repéré un abri dans le tronc moisi d'un vieux chêne. Je m'y fourrai dedans, jubilant, presque sûr qu'aucun n'aurait l'idée de venir farfouiller dans ce sombre manteau d'écorce. J'attendis, l'oreille aux aguets, un long moment, tout frémissant, joyeux d'abord comme un filou, puis perplexe, puis déconfit. Personne alentour, plus un diable. Je sortis de mon creux de bois. Où étaient-ils tous ? Envolés !  Ils avaient remué ça et là les buissons et battu l'herbe autour des arbres. Ils ne m'avaient pas déniché. Alors ils s'en étaient allés à des plaisirs plus ordinaires. Je les vis au bord de l'étang qui s'aspergeaient, piaillaient, riaient. Je me sentis soudain si seul qu'un sanglot me monta aux yeux. Je courus, tout désemparé, chercher refuge à l'atelier où mon grand-père travaillait. C'était un homme au cœur sensible. Sa voix quelquefois se brisait quand il me chantait des poèmes. Il me serra sur sa poitrine qui sentait si bon le bois neuf. Je lui comptai ma pauvre histoire. Il m'écouta, sécha mes larmes puis me dit, triste lui aussi :. "Mon petit, tu sais maintenant ce que ressent Dieu chez les hommes". Vous êtes vraiment, tous les deux, aussi parents que des jumeaux. Lui aussi a voulu jouer. Il a trouvé je ne sais où une magnifique cachette. On le cherche, de-ci de-là, on l'espère, puis on l'oublie, chacun retourne à ses paresses, à ses jeux de bric et de broc, et lui reste plus seul que toi qui as au moins un vieux grand-père pour te rafistoler le cœur."

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

vendredi 1 avril 2016

dernière lecture : Une vie entre deux océans

de ML Stedman

51-6AplKSdL

4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Libéré de l’horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l’île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. 
À l’abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel ; un bonheur peu à peu contrarié par l’impossibilité d’avoir un enfant.
Jusqu’à ce jour d’avril où un dinghy vient s’abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d’un homme et un bébé sain et sauf. 
Isabel demande à Tom d’ignorer le règlement, de ne pas signaler "l’incident" et de garder avec eux l’enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices…
Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du coeur et du sang.
" Lire Une vie entre deux océans est une expérience d’immersion totale, incroyablement émouvante. "
Monica Ali, auteur de Sept mers et treize rivières

Mon sentiment au sujet de ce roman :

Je vous avouerai que je ne sais pas trop comment aborder cette synthèse de lecture. 
C'est un roman composé de trois parties à mon avis vraiment distinctes qui, chacune, m'ont touchée d'une manière très différente.
J'ai d'abord été embarquèe dans un univers puissant et grandiose : celui la mer dans son état brut, exactement comme je l'aime. 
Petite parenthèse sur ces premières pages du roman : je crois que l'école laisse de grands blancs dans nos connaissances historiques... Vous le saviez, vous, que les australiens sont venus combattre avec les français dans les tranchées pendant la guerre 14-18, laissant le pays dans un chagrin immense de la perte de très nombreux jeunes hommes ? 
Voilà la trame de fond du roman, puis vient une histoire d'amour "toute simple" (mais une histoire d'amour peut-elle  vraiment être simple... Une belle histoire d'amour serait sans doute plus juste. L'amour de deux assoiffés de vie. Ou plutôt de deux grands blessés par la vie). 
Et le bonheur d'être deux.
Viennent ensuite des temps plus difficiles pour le couple installé sur l'île, 
Pour moi aussi.
Trop d'émotion. Trop d'injustice. Trop d'inquiétude, avec la certitude que cela ne peut que très mal finir.
J'ai dû faire de nombreuses pause, avec le besoin de souffler, cette lecture ayant été pour moi vraiment intense.
Pourtant, à aucun moment, je n'ai envisagé de l'abandonner. C'est un roman très bien écrit (une écriture "toute simple" aussi, comme l'amour de ces deux-là...   ;)  ), avec une histoire tellement plausible, qui procure d'intenses et confuses èmotions. 
C'est beau et triste jusqu'à la dernière page.

Morceaux choisis :
"Je vous en dirai plus si vous le souhaitez vraiment. C'est juste que je préférerais m'abstenir. Quelquefois, c'est mieux de laisser le passé à sa place. Mais la famille ne fait jamais partie du passé. Vous l'emportez partout avec vous, où que vous alliez."

"On ne peut jamais vraiment parler de l'avenir, si vous y pensez sérieusement. On ne peut parler que de ce que l'on imagine, ou de ce que l'on souhaite. Ce n'est pas la même chose".
"Lorsqu'il repense aux choses de la guerre, à ces années de manipulation des faits, ou à l'impossibilité de mesurer, et encore plus de décrire, l'enfer absolu qui régnait dans les tranchées tandis que les explosions déchiquetaient le sol autour de lui, il apprécie au plus haut point le luxe d'énoncer des vérités simples."
"Un phare, ça fonctionne pour les autres : il est impuissant à éclairer l'espace le plus proche de lui".

Posté par anne_p à 17:36 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 6 février 2016

dernière lecture : Et puis Paulette

de Barbara Constantine

cvt_Et-puis-Paulette_3959

1 etoile

Présentation de l'éditeur : 

Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. 
Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. A l'évidence, elle n'a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus ( 6 et 8 ans ) lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas...
Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher.
De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette....

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :

J'hésitais à me lancer dans la lecture de ce roman, et puis Paulette (ma copine Paulette !) m'a dit, si-si, tu peux y aller, il est sympa. Franchement, pour être honnête, j'avoue avoir été déçue. Par le côté beaucoup trop gentillet de l'histoire (pour ne pas dire cucu). Si vous voulez une lecture facile, pleine de bons (très bons !) sentiments, alors oui, ce roman est pour vous.

 

Morceaux choisis :
"Peut-être qu’à force de ne plus se voir, on finit par s’oublier."

Posté par anne_p à 16:51 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,


mercredi 27 janvier 2016

dernière lecture : La petite robe de Paul

de Philippe Grimbert

cvt_La-Petite-Robe-de-Paul_7292

3,5 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Alors qu'il se promène dans un quartier de Paris qui n'est pas le sien, Paulla cinquantaine, marié, est irrésistiblement attiré par une petite robe blanche de fillette, exposée dans la vitrine d'un magasin. Cet innocent vêtement dont il a fait l'acquisition va se trouver à l'origine d'un véritable drame, précipitant ses acteurs aux limites de la déraison et de la mort. Dans la vie tranquille de Paul, cet achat impulsif, apparemment anodin, produit des effets dévastateurs au point d'amener Paul et sa femme Irène au bord du gouffre. De fil en aiguille, d'un petit mensonge par omission au réveil des vieux démons, la trame d'un couple superficiellement uni va s'user jusqu'à la corde. 

 

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Excellent roman ! Mais alors, quelle noirceur !
Très court, très vite lu, Que l'on reçoit comme un uppercut. Sûre, on n'en sort pas indemne...
A découvrir.

 

Morceaux choisis :
"(...) Paul prit conscience de l'insurmontable difficulté pour lui de mettre en mots ses sentiments. Tout relevait de l'impalpable : regards échangés, sourires, main posée sur un bas en témoignage de tendresse, mais rien qui puisse précisément se dire, encore moins s'écrire."
"Comme tous les enfants qui saisissent intuitivement la tristesse de l'un de ses parents, Paul ne posait aucune question, respectant à son insu le mutisme paternel, ne franchissant aucune barrière dressées par l'homme déjà âgé qui lui accordait sa tendresse."

Posté par anne_p à 13:48 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

dimanche 17 janvier 2016

dernière lecture : La tête en friche

De Marie-Sabine Roger

26077_1204846

5 etoiles

Présentation de l'éditeur : 
"Ce qu'ils mettent au dos des romans, je vais vous dire, c'est à se demander si c'est vraiment écrit pour vous donner l'envie. En tout cas, c'est sûr, c'est pas fait pour les gens comme moi. Que des mots à coucher dehors - inéluctable, quête fertile, admirable concision, roman polyphonique...- et pas un seul bouquin où je trouve écrit simplement : c'est une histoire qui parle d'aventures ou d'amour - ou d'indiens. Et point barre, c'est tout."
Née en 1957, Marie-Sabine Roger se consacre entièrement à l'écriture. Son travail est très reconnu en édition jeunesse, où elle a publié une centaine de livres, souvent primés. Pour les adultes, elle a notamment écrit "Un simple viol" (Grasset, 2004), et des nouvelles publiées chez Thierry Magnier, "La théorie du chien perché" (2003) et "Les encombrants" (2007).

Mon sentiment au sujet de ce roman : 
C'est une histoire à la fois simple et banale, et qui semble, pourtant, plutôt surréaliste, enfin je crois..., dans ce monde où nous vivons aujourd'hui... Parce qu'elle raconte l'improbable rencontre entre un homme quasi analphabète, plutôt grossier et mal éduqué (genre grosse racaille, diraient mes filles), avec une très vieille femme, passionnée de lecture, douce, cultivée et fragile. Curieusement, ils deviennent; petit à petit, amis, pourrait-on dire inséparables ? et se retrouvent de plus en plus souvent dans le jardin de ville pour partager des moments de lecture (enfin la vieille dame fait la lecture au garçon, qui serait bien incapable de déchiffrer 3 paragraphes à la suite...). S'ensuivent des réflexions, souvent vraiment drôles !
Je ne sais pas par quel tour de passe-passe, Marie-Sabine Roger m'a emmenée avec elle, observant un peu de loin, ces deux lascars, m'attachant à eux. J'étais là, dans le joli jardin de Ville, vers chez moi, où se trouvent, tout le long d'une promenade jalonnée d'arbres centenaires et majestueux, des bancs, et, tout au fond du jardin, la maison de retraite. Le cadre est superbe, les pigeons sont bien là, les jeunes côtoient les vieux. Cette histoire, sous mes yeux,  prenait vie, et les personnages à chaque instant devenaient de plus en plus attachants. 
Des vraies personnes, là, comme on en croise tous les jours, et qui ont leur histoire, si on prenait un peu le temps de les écouter...
Inutile de vous préciser, je pense, à quel point j'ai adoré ce roman.
Oh là là, vous allez finir par m'en vouloir ! Je viens de voir la loooongue liste de citations. En général, c'est plutôt bon signe... Et puis, vous n'êtes pas obligés de tout lire, hein ?

Morceaux choisis : 
"Les mots ce sont des boîtes qui servent à ranger les pensées, pour mieux les présenter aux autres et leur faire l'article. Par exemple, les jours où on aurait l'envie de frapper sur tout ce qui bouge, on peut juste faire la gueule. Mais du coup, les autres peuvent croire qu'on est malade, ou malheureux. Alors que si on dit d'une façon verbale, Faites pas chier, c'est pas le jour! ça évite les confusions".
"Des fois, je me dis que les dingues, on a dû les dresser à devenir méchants à coups de vacheries. Un clébard, si vous voulez le rendre con, suffit de le tabasser sans raison.Un homme, c'est pareil, à part que c'est plus simple. Pas besoin de lui cogner dessus, même pas. Se foutre de sa gueule, ça suffit".
"Lorsque j'ai rencontré Margueritte, j'ai trouvé ça compliqué, d'apprendre le savoir. Ensuite, intéressant. Et puis flippant, parce que, se mettre à réfléchir, ça revient à donner des lunettes à un myope. Tout semblait bien sympa, tout autour : facile, c'était flou. Et tout d'un coup, on voit les fissures, la rouille, les défauts, tout ce qui part en couille. On voit la mort, le fait qu'on va devoir quitter tout ça et même pas forcément d'une façon marrante. On comprend que le temps, ça fait pas que passer : ça nous pousse à crever un peu plus tous ls jours, des deux mains dans le dos. Il n'y a pas de pompon à choper pour faire un tour gratuit, sur le manège; On fait son tour de piste et point barre : on s'en va. Franchement, pour certains, la vie, c'est une belle arnaque".
"En marchant, je repensais à ce truc,qu'elle venait de me lire. A part les rats, y avait d'autres moments que j'avais bien aimé. Par exemple le coup du voisin qui veut se suicider et qui écrit à la craie sur sa porte : Entrez, je suis pendu. Entrez, je suis pendu ! ça tue, un truc pareil, non ? Qu'est ce qu'il pouvait bien avoir dans la tronche, ce Camus, pour inventer des conneries pareilles ! Quoique des fois, la vie..."
"Il ne fat pas aimer les livres en égoïste. Pas plus les livres qu'autre chose, en fait.  Nous ne sommes sur terre que pour être passeurs, voyez-vous... Apprendre à partager ses jouets, voilà probablement la leçon la plus important à retenir, dans la vie..."
"(...) les chagrins des autres, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, ça ne console pas des nôtres".
"Le problème, c'est que je dis les choses que je pense avec les mots que j'ai appris. Forcément, ça limite. C'est peut-être pour ça que j'ai l'air trop direct, à force de parler toujours en ligne droite. mais un chat c'est un chat, et un con, c'est un con. J'y peux rien, si les mots existent. Je m'en sers et c'est tout. Y'a pas de quoi fouetter une pendule."
"Réfléchir, ça m'aide à penser".
"J'aime bien quand elle rigole. En même temps, ça fout la trouille, j'ai toujours peur qu'elle manque d'air. Ces petits vieux, ça commence par se marrer, puis ça tousse comme un diesel, ça vous fait une fausse route et ça vous claque entre les doigts. Pour se fendre la gueule, il faut de l'habitude. Sinon, c'est dangereux. Quoique, tant qu'à mourir."
"L'affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite, c'est trop tard : le coeur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse".
"Quand on aime quelqu'un, il nous fait plus de peine à lui tout seul en étant malheureux, que tous ceux qu'on déteste s'ils se mettaient ensemble à nous pourrir la vie".
"Observer, c'est regarder utile, en se disant qu'on veut se souvenir. Et du coup, on voit mieux. Forcément. On voit même ce qu'on aurait préféré pas savoir (...)".

Posté par anne_p à 20:22 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 12 janvier 2016

dernière lecture : les heures souterraines

de Delphine de Vigan

Les-heures-souterraines

4 etoiles

Présentation de l'éditeur :
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu’elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l’attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l’immense solitude qu’elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d’eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s’arrête. Autour d’eux s’agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au cœur d’une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l’on risque de se perdre sans aucun bruit.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Chaque fois que je referme un roman de Delphine de Vigan, je reste un petit moment songeuse, à contempler son visage paisible et doux, ses boucles blondes, joyeuses et rebondissantes, son sourire. Et je me demande si c'est un masque qu'elle porte, ou si c'est vraiment elle, là sur la photo, en 4ème de couv'.
Parce que, pour l'instant, chacun de ses romans aura été plutôt sombre et éprouvant, incisant au scalpel les maux et souffrances (souvent cachées) de notre société.
Ce roman, comme les précédents que j'ai lus d'elle, se lit très vite, très tristement. Avec, pourtant, toujours l'espoir, au bout du tunnel, l'envie de lutter et de vaincre.
Quand on a vécu à Paris, même si jusqu'au bout on se dit que peut-être... le dénouement est, finalement, une évidence... 
Vous comprendrez ce sentiment en lisant ce magnifique roman, qu'il vous sera sans doute ensuite impossible d'oublier.

Morceaux choisis :
"Elle rêve parfois d'un homme à qui elle demanderait : est-ce que tu peux m'aimer? Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie. Qui n'aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes. Un homme qui saurait.
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. Il y a longtemps qu'elle le sait."
"Parce qu'elle dit : qu'est ce que tu es maladroit. Alors il voudrait lui dire que non. Il voudrait lui dire avant te rencontrer j'étais un aigle, un rapace, avant de te rencontrer je volais au-dessus des rues, sans jamais rien heurter, avant de te rencontrer, j'étais fort".
"Et-ce que c'est ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas (...) ".
"Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas."

Posté par anne_p à 13:47 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

mardi 8 décembre 2015

dernière lecture : Juliette dans son bain

de Metin Arditi

 

images

4 etoiles

 

Présentation de l'éditeur :
Kandiotis ! Kandiotis ! Kandiotis ! La France résonne du nom du richissime mécène Kandiotis, invité au journal télévisé de 20h pour annoncer le don à la France de deux tableaux, l’un de Picasso, l’autre de Braque, qui portent le même nom, Juliette dans son bain.
Est-il possible de bâtir une grande fortune sans se faire d'ennemis? Voilà la question à laquelle Ronald Kandiotis se voit confronté sitôt cette glorieuse annonce faite : sa fille Lara est enlevée ! Qui se cache derrière la mystérieuse « Association des Victimes » qui révèle au public par des messages successifs les turpitudes réelles ou supposées du milliardaire ?
En mêlant avec brio l'intrigue policière et la satire sociale, Metin Arditi dresse le portrait d'un homme ambigu, tiraillé entre le succès et l'isolement, le talent et l'ambition, le cynisme et l'humanité. Une grande vie, un grand personnage.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je suis ravie d'avoir découvert Metin Arditi avec cette lecture car, visiblement, et selon l'avis de plusieurs lecteurs, ça n'est pas son meilleur roman. 
Or, pour ma part, j'attends désormais de lire ses autres écrits avec une fébrile impatience, car je vous avoue que "Juliette dans son bain" m'a littéralement envoûtée. Je l'ai lu en deux jours, passionnée, comme aimantée par cette histoire que j'ai trouvée tellement plausible. (Rien que le titre ! Quelle belle trouvaille !) 
Il en faut peu, diront certains, pour qu'une lecture me séduise... Et bien, je ne le crois pas. Disons qu'Arditi a probablement su toucher une de mes cordes sensibles. 
Ce qui va, d'ailleurs, dans le sens de sa démonstration : "La vérité a plus d'un visage". Celle que l'on perçoit. Chacun selon son vécu, son appréhension du monde qui l'entoure. La journée qu'il vient de passer, peut-être...
Pareil, donc, pour la lecture : deux lecteurs, deux avis.
Tant mieux !
Sinon la vie serait bien triste. Plus de débats, plus de passion, un monde lisse et plat. Lobotomie.

 

Morceaux choisis :
"Toute tâche accomplie à la perfection déclenchait un sentiment de grande confiance."
"Un artiste est un être imparfait. Mais au moment de son acte artistique, il se transcende. Il cesse de juger. Il entre en empathie avec le personnage et le dévoile dans toute sa vérité. Lorsque je regarde un tableau, quand je lis un roman, je m'identifie à ce personnage, et du coup j'accepte ma propre imperfection... Il faut aller au concert. Au théâtre. Au musée. Lire... Trois fois rien... Une fable de la Fontaine, Le Héron, ou Les Deux Coqs. On en ressort moins fanfaron."
"Braque et Picasso ont fait d’une même vérité deux représentations totalement différentes et parfaitement justes… Ensemble, elles portent un message universel… La vérité a plus d’un visage. Elle s’amuse à nous échapper. Elle joue avec nous."
"Devenir riche est une question de travail et de chance. Rester riche est infiniment plus difficile. L’argent rend vaniteux."
"C’est fichu d’avance, d’être généreux. On attend de la reconnaissance, c’est inévitable. Et le bien se transforme en mal."
"Il y a ceux qui croient avoir des amis, et les autres qui affrontent leur solitude avec plus d'honnêteté".
"Il faut quand même parler avec les gens, tu sais. Sans cela, ils t'en veulent".
"La justice des hommes avait ses règles, et la première d'entre elles disait que chacun doit faire comme les autres".
"Qu'avait-elle bien pu dire à Kandiotis, Miss K, lorsqu'il avait été la voir à Vevey ? Sans doute que l'humanité d'un homme était plus importante que son intelligence. Qu'il fallait s'approcher des autres. Prendre le temps de les apprivoiser."

Posté par anne_p à 07:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

samedi 28 novembre 2015

dernière lecture : Le principe de Pauline

de Didier Van Cauwelaert

41fkg9uGs4L

0,5 etoile

Présentation de l'éditeur :
"Pauline avait un grand principe, dans la vie: l’amour ne sert qu’à construire une véritable amitié. Maxime et moi en sommes la démonstration vivante." A vingt ans, Quincy Farriol reçoit pour son premier roman le prix de la Maison d’arrêt de Saint-Pierre-des-Alpes. Dans la librairie déserte où il dédicace, ce grand dépressif rencontre Pauline, sublime étudiante qui s’est portée volontaire pour lui servir d’assistante. C’est la compagne de Maxime, président du jury des détenus, un voyou au grand cœur, pris dans un complot contre un politicien véreux, dont il est le garde du corps et qu’il ne trahira jamais. Condamné pour un crime qu’il n’a pas commis, Maxime veut que Pauline refasse sa vie. Et il charge « son » lauréat d’une mission de confiance : faire l’amour à Pauline pour qu’elle l’oublie. La réussite de cette mission sera le prélude à une amitié-passion qui, de séparations en retrouvailles, de catastrophes hilarantes en bonheurs fous, unira ces trois êtres pendant plus de vingt ans. Car, à sa sortie de prison, le bouillonnant Maxime hérite, en échange de sa loyauté, de dossiers politiques explosifs. Et il va mettre toute sa puissance nouvelle au service du romancier obscur dont il a décidé de faire un auteur de best-sellers.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
"Vouais-vouais-vouais..." (*)
Comme aurait dit mon père, 
Qui lisait tellement plus que moi...
et ne se trompait pas beaucoup sur la qualité de ses lectures.
Enfin, je l'ai lu tout de même jusqu'au bout. Je me demande encore pourquoi...
Je vous mets le lien (clic) vers la page des critiques sur le site de Babelio : tous les lecteurs ne sont pas aussi catégoriques... Beaucoup sont même complètement séduits (comme quoi, tous les goût sont dans la nature...)
(*) Signifiant : allez, arrête un peu de moquer de moi, pour dire poliment...

Morceau choisi :
"Le manque de répartie à l'oral  est une des raisons qui m'ont conduit à la lillérature."

Posté par anne_p à 12:44 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,