Le bruit des vagues

Sur une base de présentation de mes créations artisanales en pâte polymère, perles de rocailles, et divers matériaux de récupération ou naturels, je vous "parle" aussi de mes dernières lectures, de mon amour pour la nature, par le biais de montages photos

vendredi 6 novembre 2009

Dernière lecture

Métaphysique des tubes
Nothomb_amelie_MetaphysiqueDesTubes
Amélie Nothomb

Résumé :
Jusqu'à deux ans et demi, Amélie se décrit comme un tube digestif, inerte et végétatif. Puis vient l'événement fondateur qui la fait chuter dans l'univers enfantin. Durant six mois s'ensuit la découverte du langage, des parents, des frères et soeurs, des nourrices japonaises, du jardin paradisiaque, des passions (le Japon et l'eau), des dégoûts (les carpes), des saisons, du temps. Tout ce qui, à partir de trois ans, constitue la personne humaine à jamais. Car à cet âge-là, tout est joué, le bonheur comme la tragédie.

Mon avis au sujet de ce roman :
Je l'ai lu en deux jours (je veux dire deux nuits...) c'est dire !
Passé le premier chapitre, assez étrange et troublant (...mais où donc veut-elle en venir ?), la merveilleuse conteuse qu'est Amélie Nothomb m'a totalement accaparée par son récit, qui m'a même parfois fait rire aux éclats (même si là n'était probablement pas son objectif...) !
J'ai franchement adoré ce récit, qui m'a définitivement réconciliée à cette plume incisive et percutante, celle qui m'avait également séduite dans "Mercure" (mais franchement déçue dans "Le sabotage amoureux" !).
Ecrivain, oh oui, comme cela sied parfaitement à Mademoiselle Nothomb !

Quelques passages choisis :
"Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas ? Cette différence a un nom : c'est la vie. La vie commence là où commence le regard".
"Le regard est un choix. Celui qui regarde décide de fixer sur telle ou telle chose et donc forcément d'exclure de son attention le reste de son champ de vision. C'est en quoi le regard, qui est l'essence de la vie, est d'abord un refus."
"Le plaisir est une merveille, qui m'apprend que je suis moi. Moi, c'est le siège du plaisir. Le plaisir, c'est moi : chaque fois qu'il y aura du plaisr, il y aura moi. Pas de plaisir sans moi, pas de moi sans plaisir !".
"
Le souvenir est l'un des alliés les plus indispensables de la volupté".
"Marcher était d'une utilité indéniable. Cela permettait d'avancer en voyant le paysage mieux qu'à quatre pattes. Et qui dit marcher dit courir : courir était cette trouveille fabuleuse qui rendait possibles toutes les évasions".
"Dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle."
"Parler pouvait aussi servir à assassiner".
"Pourquoi les dieux seraient-ils immortels ? En quoi l'immortalité rendrait-elle divin ? La pivoine est-elle moins sublime du fait qu'elle va faner ?"

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mardi 27 octobre 2009

Dernière lecture

La dame à la licorne
Chevalier_Tracy_LaDameALaLicorne
de Tracy Chevalier

Présentation de l'éditeur :
Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, peintre miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. L'artiste accepte après avoir entrevu la fille de Le Viste, dont il s'éprend. Elle deviendra l'inspiratrice et le modèle des tapisseries. Cette passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. A Bruxelles, le lissier Georges de La Chapelle est confronté au plus grand défi de sa carrière. Jamais il n'a accepté un travail aussi ambitieux dans des délais aussi brefs. Mais les commandes sont rares et le marchand est puissant. Toute la vie de son atelier et de sa famille en sera bouleversée.

Mon avis au sujet de ce roman :
Je ne crois pas que l'on puisse ici parler de "grande littérature" (mon mari dirait "gnan-gnan", ou même peut-être "cucu"), mais comme ce livre m'a fait du bien !
Je me rends compte que j'aime de plus en plus cette structure de romans où l'on progresse avec, dans chaque chapitre, le "témoignage" de l'un des protagonistes de l'histoire.
L'auteur a bâti cette fiction à partir d'une œuvre artistique existante : les tapisseries des dames ont été restaurées et sont aujourd'hui visibles au musée des Thermes et à l'Hôtel de Cluny, à Paris (musée national du moyen-âge). Cela rend le roman intéressant historiquement, d'autant plus que l'on comprend mieux comment les hommes vivaient à l'époque médiévale :
- corps de métiers tels que peintres ou lissiers (l'on y découvre avec bonheur des descriptions très détaillées sur l'atelier des maîtres lissiers bruxellois),
- vie peu enviable des personnes handicapées (...et plus largement des femmes en général !),
- clivage entre "nobles" et roturiers
- et enfin relation hommes/femmes, qui paraît excessivement décalée par rapport à ce que nous vivons aujourd'hui, mais qui correspond probablement à la dure réalité de l'époque.
Bref, voilà un roman historique (avec l'art comme sujet principal) qui se laisse parcourir avec bonheur.

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mercredi 14 octobre 2009

Dernière lecture

Moderato cantabile
Moderato
de Marguerite Duras

Présentation de l'éditeur :
« Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
- Je ne sais pas. »
Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final.
« Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. »

Mon avis au sujet de ce roman :
C'est drôle, ça m'a rappelé mon année de 1re (littéraire...), où les mots avaient souvent au moins deux sens, et les phrases davantage encore, quant au roman lui-même, on pouvait en débattre des heures entières... Tiens ! d'ailleurs il me semble bien que ce roman est étudié au bac...
Ouvrir un "Marguerite Duras", je n'osais pas trop, et finalement, c'est une jolie petite sonatine, très accessible, en huit temps. Le style y est simple, le vocabulaire direct. Les personnages et les lieux restent flous, laissant libre cours à l'imaginaire... Nous assistons à un dialogue entre deux êtres de condition sociale fort différente autour d'un mystérieux crime. Je crois qu'ici Marguerite Duras a voulu exprimer un refus : celui de vivre dans le train-train du quotidien (qui est très probablement cette vie modérément chantante).
C'est spécial, mais très digeste. Un peu comme un tableau que l'on découvre, surpris au départ, dérangé, probablement, mais qui finit par nous séduire par quelques détails... A tenter, ne serait-ce que pour découvrir cet auteur qui aura fait couler tant d'encre !

Passages choisis :
"Dans cette ville, si petite qu'elle soit, tous les jours il se passe quelque chose, vous le savez bien".
"La nuit, c'est loin les maisons"
"Il regarde ses mains vides et déformées par l'effort. Il lui a poussé, au bout des bras, un destin".
"On rit. Quelque part autour de la table, une femme. Le choeur des conversations augmente peu à peu de volume et, dans une surenchère d'efforts et d'inventivités progressive, émerge une société quelconque. Des repères sont trouvés, des failles s'ouvrent où s'essayent des familiarités. et on débouche peu à peu sur une conversation généralement partisane et particulièrement neutre. La soirée réussira. Les femmes sont au plus sûr de leur éclat. Les hommes les couvrirent de bijoux au prorata de leurs bilans. L'un deux, ce soir, doute qu'il eût raison."

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dimanche 4 octobre 2009

Dernière lecture

Son nom d'avant
Lenoir_Helene_Son_nom_d_avant
d'Hélène Lenoir

Présentation de l'éditeur :
Quand elle le voit pour la première fois, c’est dans un autobus : son regard impitoyable entrant en elle, juste avant qu’il ne descende ; quelques secondes encore avec la vitre entre eux. Et puis rien.
Les circonstances dans lesquelles ils se revoient par hasard vingt ans plus tard ne leur permettent pas de s’approcher l’un de l’autre et sans doute en resteraient-ils là si cela ne tenait qu’à elle, devenue entre-temps épouse de notable et mère de trois enfants. Mais lui, maintenant, il veut quelque chose
.

Mon avis au sujet de ce roman :
Ouh là là, je suis un peu ennuyée...
L'auteur doit passer dans "notre" médiathèque d'ici peu, et plusieurs de ses romans sont exposés en tête de rayonnages. Intriguée, je feuillette celui-ci : ça a l'air bien, hop, dans la pile de ceux que j'emporterai tout à l'heure. Et la bibliothécaire de me dire (nous échangeons souvent, toutes les deux...) "surtout, vous me direz ce que vous en aurez pensé".
Et m... je n'aime pas. Le début, avec ces mots qui se répètent, ces situations glauques, pouah, si je ne lui avais pas dit "ok", je n'aurais l'aurais refermé, et basta !
Et puis...
Et puis, une seconde partie dans le récit. L'approche devient alors toute autre : étrange, compliquée, écrite d'une façon artistique, intimiste. Et de me dire alors qu'il n'est pas si mal, finalement... (mais je confirme : tordu). Et je suis franchement contente de l'avoir lu jusqu'au bout. De là à dire que j'irai jusqu'à en conseiller la lecture, je ne crois pas...

Un passage choisi :
" C'était ce regard, il faut que je me concentre sur ce regard quand je me suis retournée à l'église, il faut que j'essaie de ne pas laisser ces vieilleries remonter maintenant... l'éponge qui gonfle et bloque tout, et rien que de l'eau sale quand on presse je le sais, je ne veux pas."

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mercredi 23 septembre 2009

Dernière lecture

Au lecteur précoce
PUJADE_RENAUD_Claude_au_lecteur_precoce
De Claude Pujade-Renaud

Résumé :
Il s’agit d’un recueil de nouvelles.
Malentendus et rendez-vous manqués plombent la vie des héros de ces nouvelles. Il suffirait de presque rien pour qu'ils soient aussi heureux qu'ils en ont l'air. Encore faudrait-il que les mots soient leurs alliés, qu'ils signifient exactement la même chose pour tout le monde.

Mon sentiment au sujet de ces textes :
14 récits relatent une quête de bonheur chez des hommes blessés par une enfance souvent mal vécue, parfois même à la lisière de la folie. Vous dire que j’ai aimé chacune de ces nouvelles serait faux. J’ai tout d’abord adoré le titre de l’ouvrage, qui était comme une invitation. Et puis, d’une écriture incisive, sans dérobade, l’auteur a su m’imposer son style, provoquer de vrais pincements au coeur. Oui, quelques-uns de ces récits ont su faire basculer mon imaginaire. D’autres m’ont beaucoup dérangée.

Quelques passages, que j’ai trouvés plus beaux que les autres…
" Depuis peu, papa et maman ont décidé qu’il n’avait plus besoin de veilleuse. Ils savent pour lui. Il est grand, paraît-il. Ils savent de quoi il a le droit d’avoir peur ou mal. "
" La fille brune s’esclaffe : elle tintinabule ".
" L’ivresse du toucher, les courses éperdues dans le vent, les galopades animales de l’enfance. A quel moment le rétrécissement a-t-il commencé ? "
" A présent, les enfants étaient affublés de prénoms anglo-américans et déguisés en cosmonautes qui auraient pu être en même temps les personnages bouffons d’un carnaval méditerranéen. "
" L’indication " périphérique fluide " le faisait toujours sourire, pour lui la fluidité appartenait aux feuillages des bouleaux, à l’eau des torrents ou aux dérives de la mémoire ".

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mercredi 26 août 2009

Dernière lecture

Gamines
Testud_Sylvie_Gamines
de Sylvie Testud

Résumé :
L'histoire s'ouvre sur un premier avril : Sybille et Georgette, les deux plus jeunes, veulent faire une blague par téléphone à leur tante, mais Corinne, l'aînée, l'autorité, n'est pas d'accord, le sujet de la blague étant "Il". "Il" c'est leur père, qu'elles ne connaissent pas, elles n'ont qu'une photo de lui. Il les intrigue et les terrorise à fois. L'ombre de cet absent plane sur tout le roman, et surtout sur Sybille, la seule blonde de la fratrie, dans une famille d'italiens. C'est à "Il" qu'elle ressemble.
Au fil des pages, nous voyons les soeurs grandir. Ce livre ne raconte pas vraiment une histoire, c'est plutôt un recueil d'instants de vie, racontés dans un style vif, fait de phrases courtes. C'est ainsi qu'on plonge dans les souvenirs de l'actrice : les questions concernant "Il", les réunions entre soeurs, le départ en colonie de vacances, la découverte de l'Italie, l'incompréhension de la narratrice face au fait que sa mère soit excommuniée à cause de son divorce, la chambre refaite à neuf, l'arrivée de "Pipi-Pierre", le nouveau copain de leur mère, etc.
La fin est inattendue sans être vraiment surprenante : on est loin de la conclusion émouvante et niaise à laquelle on aurait eu droit ailleurs, mais plutôt sur le ton "la vie continue".

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Quand l'auteur annonce, en prologue, que « toute ressemblance avec des personnes existantes est un peu un hasard », on a bien sûr immédiatement envie de connaître son histoire !...
Facile à lire (trop ?), cette autobiographie reste touchante, avec des passages qui nous rappellent notre propre enfance (ah tiens ? Nos parents continuaient donc à vivre pendant que nous étions en colo ?)...

Quelques passages qui m'ont plu :
« Ma mère n’a pas une tête de parent. Elle a une tête de notre mère, c’est tout. »
« Notre vie a basculé à cause d'une histoire d'amour qui avait mal fini. »
« Plus le canular est énorme, plus il est crédible ; plus l’autre à les chocottes, plus on rigole »

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mardi 11 août 2009

Dernière lecture

Le Cercle littéraire
des amateurs d'épluchures de patates

Shaffer___Barrows_Le_cercle_litt_raire_des_amateurs
de Mary Ann Shaffer
et Annie Barrows

Résumé :
Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d'un inconnu, un natif de l'île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis - un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d'un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d'une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates.. .) délices bien évidemment strictement prohibés par l'occupant. Peu à peu, la jeune femme élargit sa correspondance avec plusieurs membres du Cercle et même d'autres habitants de Guernesey, découvrant l'histoire de l'île, les goûts (littéraires et autres) de chacun, l'impact de l'Occupation allemande sur leurs vies...

Mon sentiment au sujet de ce roman
Wouah !!! Quelle belle surprise que voilà ! Le titre m'a fait sourire d'emblée, et pour ce qui est du roman en lui-même, quel régal !
C'est un livre très original dans sa forme, puisqu'il s'agit d'un échange de lettres, mais avec de nombreux rebondissements et des personnages très attachants. Ce roman est à la fois drôle et dramatique, bourré d'humour et il nous apprend comment les gens ont survécu sur les îles anglo-saxonnes pendant la seconde guerre mondiale.
J'avoue avoir tourné chaque page avec beaucoup d'impatience, comme je l'aurais fait avec les lettres attendues d'amis.
Très très réussi : je vous le conseille, c'est un livre idéal pour les vacances !

Quelques passages que j'ai particulièrement aimés :
"C'est ce que j'aime, dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur".
"Les hommes sont plus intéressants dans les livres qu'ils ne le sont en réalité".
"...Imaginez cette vieille bique pernicieuse, prêchant que Dieu a volontairement créé la femme pour qu'elle soit faible, douce et un tantinet mélancolique. C'est tellement plus facile de tenir sa maison ainsi".
"Avez-vous remarqué que, lorsque votre esprit est focalisé sur une personne, sa présence se manifeste partout où vous allez ? Mon amie Sophie appelle cela des coïncidences, et Mr Simpless, mon ami pasteur, la grâce. Il pense que quand on aime profondément une personne ou une chose, on projette une énergie à travers le monde qui lui apporte "la fécondité".

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jeudi 16 juillet 2009

Dernière lecture

Je l'aimais
Gavalda_Anna_Je_l_aimais
Anna Gavalda

Résumé :
Adrien est parti. Chloé et leurs deux filles sont sous le choc. Le père d'Adrien apporte à la jeune femme son réconfort. À sa manière : plutôt que d'accabler son fils, il semble lui porter une certaine admiration. Son geste est égoïste, certes, mais courageux. Lui n'en a pas été capable. Tout au long d'une émouvante confidence, il raconte à sa belle-fille comment, jadis, en voulant lâchement préserver sa vie, il a tout gâché.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Ce n'est pas une lecture que j'ai faite, mais une relecture. Autant dire une dégustation... A mon sens, Anna Gavalda a un don : parler du quotidien, de banalité et tout donner en même temps. Les mots sont simples, les scènes ressemblent à des tableaux, l'ensemble à une belle mélodie. Une larme qui coule, un rire qui fuse, des enfants qui jouent. Juste la vie...
J'adore !

Elle a dit aussi (interview) :
« L'Actualité, ça n'existe pas, ça ne veut rien dire. L'actualité, ce sont des gens. Des milliards de gens qui rient, qui pleurent, qui souffrent et qui tombent amoureux. »
« Les beaux textes valent mieux que les beaux chèques. »

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lundi 29 juin 2009

Dernière lecture

Les déferlantes
Gallay_Claudie_Les_d_ferlantes
de Claudie Gallay

Résumé :
La narratrice a souffert, son mari est mort, de maladie, et elle ne s'en remet pas. Elle était prof de biologie à l'université d'Avignon. Elle est venue s'installer à La Hague, dans le Cotentin, elle est employée par le centre ornithologique, et sillonne la lande à longueur de journée.
Un jour, Lambert arrive. Nan, une figure du village, le prend pour un certain Michel. Qui est Michel, qui est Lambert ? Commence une terrible quête : Lambert veut la vérité sur la disparition de son frère Paul, il ne croit pas réellement qu'il soit mort dans un naufrage avec ses parents. Une terrible chasse aux secrets débute, sur fond de terre sans pitié "On parlait de La Hague, de la lande, de cette terre rude et forte devant laquelle les hommes ne pouvaient que s'incliner."

Mon sentiment au sujet de ce roman.
Voilà je crois le meilleur roman que j’ai ouvert depuis des mois ! L’ambiance m’a immédiatement replongée dans " L’herbe d’or ", de Pierre Jakez-Helias, roman que j’avais tellement adoré…
De la douleur hurlée dans le silence, de la douceur puissamment boulversante, une mer qui emporte hommes, bateaux, sentiments, des paysages aussi rugueux que le sont les hommes, ici.
Un livre que l’on ne referme qu’à regret, mais uniquement parce que les yeux ne tiennent plus ouverts…
Et un seul désir : le relire, certainement, plus tard…

Quelques passages, que j’ai particulièrement aimés (mais en vérité, ce qu’il faudrait, c’est que je vous en fasse une lecture complète, de ce roman !) :
" Il y a eu ces quelques secondes fragiles où on aurait pu partir aussi, chacun de notre côté, on se serait croisés. Deux être inexistants l’un pour l’autre, c’est ce que nous aurions été ".
" On va quand même pas tuer le bonheur, hein, Max ? "
" On a sauté sur la plage (…). C’était un monde mouvant, plus vraiment le monde de l’eau mais pas celui de la terre. Un entre-deux. "
" Il y a toujours mille raisons pour s’enfermer. Sortir est beaucoup plus difficile ".
" Il avait dans son regard un mélange de tendresse et de douleur, une lumière propre à ceux qui vivent la vie avec infiniment plus d’acuité que les autres ".
" Les questions, les réponses, ce complexe tricotage de mensonges et de vérités. Les choses dites en décalé, celles dites seulement en partie et celles qui ne le seront jamais. Toutes les teintes du contre-jour ".
" Le vent ne siffle que lorsqu'il rencontre quelque chose. Un obstacle. Il ne siffle jamais sur la mer. L'espace le laisse silencieux".
"Quand on ne se questionne plus, on meurt ".
" Vous savez, les sentiments amoureux… Qu’est-ce qui fait que l’on s’éprend, comme ça, au premier regard, sans jamais s’être vus avant ? Il y a des rencontres qui se font et d’autres, toutes les autres, qui nous échappent, nous sommes tellement inattentifs. Parfois, nous croisons quelqu’un, il suffit de quelques mots échangés, et nous savons que nous avons à vivre quelque chose d’essentiel ensemble. Mais il suffit d’un rien pour que ces choses-là ne se passent pas et que chacun poursuive sa route de son côté ".
" Les mots sont l’invention sentence des hommes ".
" La nature n’a pas d’état d’âme. C’est une grande différence entre elle et nous ".

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jeudi 25 juin 2009

Dernière lecture

La nostalgie de l'ange
Sebold_Alice_La_nostalgie_de_l_ange
Alice Sebold

Résumé :
Nom de famille : Salmon, saumon comme le poisson ; prénom : Susie. Assassinée à l'âge de quatorze ans, le 6 décembre 1973. La plupart des jeunes filles disparues dans les années 1970 dont les journaux publiaient la photo me ressemblaient : de race blanche, le cheveu châtain terne. C'était avant que les avis de recherche d'enfants de toute race et de tout sexe n'ornent les cartons de lait ou les quotidiens. C'était encore à l'époque où les gens croyaient que ces choses-là n'existaient pas.
Dans l'album souvenir du lycée, j'avais cité Juan Ramon Jiménez, un poète espagnol que ma soeur aimait : "Si l'on vous donne du papier avec des lignes, écrivez du côté où il n'y en a pas. " J'avais choisi cette citation, à la fois parce qu'elle exprimait mon mépris pour tout environnement structuré, du genre salle de classe, et aussi parce que j'imaginais me voir ainsi conférer une aura littéraire, puisque ce n'était pas la citation débile d'un groupe de rock quelconque. J'étais membre du club d'échecs et du club de chimie, et je brûlais tout ce que j'essayais de faire cuire dans la classe d'arts ménagers de Mrs Delminico. Mon prof préféré était celui de sciences naturelles, Mr Botte, qui aimait faire danser les grenouilles et les écrevisses à disséquer dans leur bocal parafiné, comme pour leur rendre vie.
Ce n'est pas Mr Botte qui m'a tuée, au fait. Et ne vous imaginez pas que tous ceux que vous allez croiser ici sont suspects. C'est bien ça le problème. On n'est jamais sûr de rien. "

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je ne sais pas trop ce qui m’a poussée à choisir ce roman, pas vraiment dans le style de ce qui m'attire habituellement. Sans doute la 4ème de couv’, qui regroupait l’avis de plusieurs " grands " de la littérature (...dont Yann Queffelec), et qui avaient tous adoré ? Alors j’ai tenté.
Et bien m’en a pris. Contrairement à ce que j’avais pu penser, ce livre parle surtout, à travers le regard de l’enfant, de la vie : évidemment, la souffrance, le deuil, mais par dessus tout cette capacité à vivre malgré tout, et l’espoir. L’ensemble raconté sans violence outrancière ni sentimentalisme. Je me suis aussi surprise à partager la douleur des proches de Susie, et à haïr son meurtrier...
Juste le premier chapitre, le plus éprouvant, mais indispensable, sans doute...
et la fin qui m’a beaucoup déçue, interminable et plutôt abracadabrante, Quel dommage...

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