vendredi 4 décembre 2009
Dernière lecture
Embrassez-moi
de Katherine Pancol
Présentation de l’éditeur :
Ce roman est l’histoire de tous les désirs : désir pour un homme, désir pour une femme, désir pour une ville, désir nostalgique de faire revivre le passé, désir de jouer, de posséder, désir de s’épargner, d’apprendre, de s’engager… désir fou de jeter sa vie comme on jette les dés.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Oui, je sais, c'est un roman d'amour.
Y'en a qui n'aiment pas. D'office. Ils pensent qu'ils seront immergés dans un roman style Harlequin (zut, j'sais même pas comment elle s'écrit, cette collec'), et il faut dire que le titre de ce roman-ci n'est pas en sa faveur...
Et pourtant... c'est un très beau roman.
Peut-être un peu longuet, mais l'histoire (ou devrais-je dire les histoires entremêlées ?) est prenante, plutôt sympa. Il est question du vieillissement des corps et des âmes (personnage de Louise Brooks et, avec elle, une vision des à-côtés de la célébrité et du temps qui passe inexorablement), de la passion amoureuse et de la difficulté d'aimer.
Ici, la vie n'est pas rose. Mais elle l'est quand même, parfois.
Elle est tout simplement cette vie dont nos désirs mênent trop souvent la danse...
Morceaux choisis
(Et oui, il y en a, cette fois encore, beaucoup. Mais laissez-vous aller à les lire. Ce ne sera qu'un court instant, mais si bon...) :
" Ceux qui ne rangent jamais s’exposent à de dangereuses rencontres quand ils se décident enfin à faire de l’ordre. Un vieux pull, un flacon de parfum éventé, une lettre froissée, et le passé revient frapper comme un esprit malin ".
" Cela me prend, parfois, cette force irraisonnée. Une joie de vivre, l’envie de tout voler, tout croquer, tout distribuer. Cela me vient avec la douceur d’une brise de juin, la couleur d’un taxi au coin d’une rue, le frémissement d’un arbre. Je vibre à l’unisson d’un grand accord qui me plaque sur le monde, je suis belle, je suis bonne, je suis géante, si bien dans chaque fibre de ma peau que l’accord se prolonge et résonne, résonne. Cela dure une minute, une heure, deux heures ou plus, mais je goûte chaque parcelle de ce temps à faire craquer le temps, à le rendre élastique, à y enfourner toute la fougue, la jubilationn, l’énergie du monde ".
" La vie est dans les détails, tu le sais bien. "
" L’homme survit aux tremblements de terre, aux épidémies, aux horreurs de la guerre, et à toutes les souffrances de l’âme, mais la tragédie qui l’a toujours torturé et le tourmentera toujours est la tragédie de la chambre à coucher. Ainsi parlait Tolstoï. "
" Les grands amoureux sont de grands oisifs. Ou de grands rêveurs. Lamartine sur son lac, Musset à Venise, Chopin au piano, Albert Cohen, fonctionnaire distrait… Ils ralentissaient le temps, dépiautaient chaque minute pour en faire une éternité de frissons "
"Les gens n'aiment pas poser de questions, ils ont peur de paraître incultes ou cons, mais si on ne demande pas,on n'apprend jamais, non ?"
"J'avais 19 ans... Qu'est-ce qu'on sait de la vie à 19 ans ? Pas grand chose... Mais à 30 ans, on ne sait rien non plus. A quel âge apprend-on ?"
"Le désir a besoin de lignes de fuite, de perspective. Si un détail arrête sa trajectoire, il meurt aussitôt. C'est pour cela que tu ne peux rien construire sur le désir...".
"On est crédule, quand on aime. On ne veut rien apprendre qui dérange l'idée magnifique que l'on se fait de l'autre. De l'autre que l'on repeint toujours en doré... C'est l'amour qui veut ça".
samedi 28 novembre 2009
Dernière lecture
Présentation de l'éditeur :
"Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire."
Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai longtemps été persuadée que j'avais fait là un très beau rêve : l'endroit (un lac) était merveilleux, avec des couleurs incroyables, contrastées, dorées, surréalistes. Je tenais dans ma main une minuscule grenouille d'à peine 2 centimètres. J'avais alors une dizaine d'années. Je savais que rien de tout cela n'avait pu exister que dans mon imaginaire d'enfant.
Et puis j'y suis retournée, une vingtaine d'années plus tard. J'ai tout de suite reconnu ce lieu incroyable, dont le nom lui-même semblait magique : Saint Sixte.
C'est ce mot qui m'a décidée à lire le roman de Christian Bobin. Son roman s'y déroule (il le décrit comme je l'avais vu alors... "C'est un pays de montagnes. En pays de montagnes, le bleu a une franchise absolue, un netteté blanche. Ce bleu, comment dire : il brûle et il lave").
Et j'ai plongé dans un magnifique univers. Ce roman est un véritable beaume au coeur, un cadeau superbe qui nous offre, en quelques pages, un sublime voyage poétique.
Morceaux choisis
(décidément, je n'arrive pas bien à me limiter... C'est comme les dessins d'enfants que l'on emmène au bureau pour les coller au mur : on en rajoute régulièrement, mais impossible d'en supprimer, cela désiquilibrerait tout...) :
" Est-ce qu'un sourire peut changer le cours d'une vie ? Voilà une bonne question."
" Le vrai bonheur, c'est çà : un visage inconnu, et comment la parole peu à peu l'éclaire, le fait devenir familier, proche, magnifique, pur."
" Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit grandit dans l’invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place."
" Le chagrin est une soupe au sel."
" Dans le cœur de Prune, Albain est beau, drôle, gentil, héroïque : il est revêtu de cet habit de lumière que l’on prête à ceux que l’on aime, qui les métamorphose à leur insu. Le problème, car il y a un problème, est le suivant : puisque Albain est devenu tout pour Prune, Prune rêve de devenir tout pour Albain."
" A quoi penses-tu ? Lers amoureuses se veulent bienveillantes (c’est bien la moindre des choses), donc compréhensives, larges d’esprit. Mais si compréhensives se rêvent-elles, elles n’espèrent qu’une seule réponse à cette question, elles n’imaginenrt qu’une seule réponse juste : je pense à toi. Leurs amoureux, souvent, escamotent la difficulté. Ils répondent en fuyant : je ne pense à rien."
" On ne peut pas contempler les gens comme des peintures. On ne peut pas les dévisager très longtemps, sinon, on les affole et ils s’imaginent Dieu sait quoi ".
" On croit aimer des gens. En vérité, on aime des mondes."
" Quand on aime quelqu'un, on a toujours quelque chose à lui dire ou à lui écrire, jusqu'à la fin des temps."
mardi 24 novembre 2009
Dernière lecture
Confidences à Allah
De Saphia Azzeddine
Présentation de l’éditeur :
A qui parler quand on est pauvre, perdue, rejetée de sa famille ? Jbara, petite bergère des montagnes du Maghreb, parle à Allah. Il est, dans un monde qui ne voulait pas d’elle, son seul confident. Elle lui raconte la vie, la misère, le mépris, son père ignorant et brutal qui la traite en servante, les hommes qui la traitent en objet, la découverte progressive du pouvoir de la beauté, la prostitution, la prison, le désir d’ailleurs : une vie semblable à tant de vies de femmes, aujourd’hui.
Monologue fiévreux, porté par une rage irrépressible, que la verve et l’humour rendent encore plus acérée, Confidence à Allah est un témoignage direct, cru, sur l’oppression des femmes, mais aussi, et d’abord, le portrait d’une jeune fille résolue à exister par elle-même, et qui ne se soumettra pas.
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Certainement un livre qui aura choqué beaucoup de monde : le langage est cru, le thème (la prostitution) difficile à aborder ...et pourtant ! comment ne pas conseiller cette lecture ?
Une grosse baffe, voilà ce que j'ai reçu.
Cela juste avec les mots (le talent, devrais-je dire) d'une romancière qui n'hésite à aucun moment, qui ne recule devant rien, qui raconte avec une grâce et un toupet incroyables, qui dénonce ou tout simplement relate. Qui émeut.
C'est beau et très laid à la fois. Comment expliquer cela ?
A ouvrir précautionneusement, et surtout sans préjugés !
Morceaux choisis :
" Il faut que je pense à l’avenir. ça vient vite, l’avenir. "
" Parfois, j’aimerais pouvoir faire un accident, mais ne pas mourir. Juste devenir amnésique. Et oublier tout ce qui est trop lourd. Ce qui ne me laisse jamais tranquille, ce qui m’empêche de respirer avec mes deux poumons et ce qui m’empêche de rire avec toutes mes dents. "
vendredi 6 novembre 2009
Dernière lecture
Métaphysique des tubes
Amélie Nothomb
Résumé :
Jusqu'à deux ans et demi, Amélie se décrit comme un tube digestif, inerte et végétatif. Puis vient l'événement fondateur qui la fait chuter dans l'univers enfantin. Durant six mois s'ensuit la découverte du langage, des parents, des frères et soeurs, des nourrices japonaises, du jardin paradisiaque, des passions (le Japon et l'eau), des dégoûts (les carpes), des saisons, du temps. Tout ce qui, à partir de trois ans, constitue la personne humaine à jamais. Car à cet âge-là, tout est joué, le bonheur comme la tragédie.
Mon avis au sujet de ce roman :
Je l'ai lu en deux jours (je veux dire deux nuits...) c'est dire !
Passé le premier chapitre, assez étrange et troublant (...mais où donc veut-elle en venir ?), la merveilleuse conteuse qu'est Amélie Nothomb m'a totalement accaparée par son récit, qui m'a même parfois fait rire aux éclats (même si là n'était probablement pas son objectif...) !
J'ai franchement adoré ce récit, qui m'a définitivement réconciliée à cette plume incisive et percutante, celle qui m'avait également séduite dans "Mercure" (mais franchement déçue dans "Le sabotage amoureux" !).
Ecrivain, oh oui, comme cela sied parfaitement à Mademoiselle Nothomb !
Quelques passages choisis :
"Quelle est la différence entre les yeux qui ont un regard et les yeux qui n'en ont pas ? Cette différence a un nom : c'est la vie. La vie commence là où commence le regard".
"Le regard est un choix. Celui qui regarde décide de fixer sur telle ou telle chose et donc forcément d'exclure de son attention le reste de son champ de vision. C'est en quoi le regard, qui est l'essence de la vie, est d'abord un refus."
"Le plaisir est une merveille, qui m'apprend que je suis moi. Moi, c'est le siège du plaisir. Le plaisir, c'est moi : chaque fois qu'il y aura du plaisir, il y aura moi. Pas de plaisir sans moi, pas de moi sans plaisir !".
"Le souvenir est l'un des alliés les plus indispensables de la volupté".
"Marcher était d'une utilité indéniable. Cela permettait d'avancer en voyant le paysage mieux qu'à quatre pattes. Et qui dit marcher dit courir : courir était cette trouvaille fabuleuse qui rendait possibles toutes les évasions".
"Dire les choses à haute voix est différent : cela confère au mot prononcé une valeur exceptionnelle."
"Parler pouvait aussi servir à assassiner".
"Pourquoi les dieux seraient-ils immortels ? En quoi l'immortalité rendrait-elle divin ? La pivoine est-elle moins sublime du fait qu'elle va faner ?"
lundi 2 novembre 2009
Les liens vers mes favoris de lecture
"lectures", le blog de Mathilde
"le choix des libraires"
mardi 27 octobre 2009
Dernière lecture
La dame à la licorne
de Tracy Chevalier
Présentation de l'éditeur :
Désireux d'orner les murs de sa nouvelle demeure parisienne, le noble Jean Le Viste commande une série de six tapisseries à Nicolas des Innocents, peintre miniaturiste renommé à la cour du roi de France, Charles VIII. L'artiste accepte après avoir entrevu la fille de Le Viste, dont il s'éprend. Elle deviendra l'inspiratrice et le modèle des tapisseries. Cette passion entraînera Nicolas dans le labyrinthe de relations délicates entre maris et femmes, parents et enfants, amants et servantes. A Bruxelles, le lissier Georges de La Chapelle est confronté au plus grand défi de sa carrière. Jamais il n'a accepté un travail aussi ambitieux dans des délais aussi brefs. Mais les commandes sont rares et le marchand est puissant. Toute la vie de son atelier et de sa famille en sera bouleversée.
Mon avis au sujet de ce roman :
Je ne crois pas que l'on puisse ici parler de "grande littérature" (mon mari dirait "gnan-gnan", ou même peut-être "cucu"), mais comme ce livre m'a fait du bien !
Je me rends compte que j'aime de plus en plus cette structure de romans où l'on progresse avec, dans chaque chapitre, le "témoignage" de l'un des protagonistes de l'histoire.
L'auteur a bâti cette fiction à partir d'une œuvre artistique existante : les tapisseries des dames ont été restaurées et sont aujourd'hui visibles au musée des Thermes et à l'Hôtel de Cluny, à Paris (musée national du moyen-âge). Cela rend le roman intéressant historiquement, d'autant plus que l'on comprend mieux comment les hommes vivaient à l'époque médiévale :
- corps de métiers tels que peintres ou lissiers (l'on y découvre avec bonheur des descriptions très détaillées sur l'atelier des maîtres lissiers bruxellois),
- vie peu enviable des personnes handicapées (...et plus largement des femmes en général !),
- clivage entre "nobles" et roturiers
- et enfin relation hommes/femmes, qui paraît excessivement décalée par rapport à ce que nous vivons aujourd'hui, mais qui correspond probablement à la dure réalité de l'époque.
Bref, voilà un roman historique (avec l'art comme sujet principal) qui se laisse parcourir avec bonheur.
mercredi 14 octobre 2009
Dernière lecture
Moderato cantabile
de Marguerite Duras
Présentation de l'éditeur :
« Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?
- Je ne sais pas. »
Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final.
« Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. »
Mon avis au sujet de ce roman :
C'est drôle, ça m'a rappelé mon année de 1re (littéraire...), où les mots avaient souvent au moins deux sens, et les phrases davantage encore, quant au roman lui-même, on pouvait en débattre des heures entières... Tiens ! d'ailleurs il me semble bien que ce roman est étudié au bac...
Ouvrir un "Marguerite Duras", je n'osais pas trop, et finalement, c'est une jolie petite sonatine, très accessible, en huit temps. Le style y est simple, le vocabulaire direct. Les personnages et les lieux restent flous, laissant libre cours à l'imaginaire... Nous assistons à un dialogue entre deux êtres de condition sociale fort différente autour d'un mystérieux crime. Je crois qu'ici Marguerite Duras a voulu exprimer un refus : celui de vivre dans le train-train du quotidien (qui est très probablement cette vie modérément chantante).
C'est spécial, mais très digeste. Un peu comme un tableau que l'on découvre, surpris au départ, dérangé, probablement, mais qui finit par nous séduire par quelques détails... A tenter, ne serait-ce que pour découvrir cet auteur qui aura fait couler tant d'encre !
Passages choisis :
"Dans cette ville, si petite qu'elle soit, tous les jours il se passe quelque chose, vous le savez bien".
"La nuit, c'est loin les maisons"
"Il regarde ses mains vides et déformées par l'effort. Il lui a poussé, au bout des bras, un destin".
"On rit. Quelque part autour de la table, une femme. Le choeur des conversations augmente peu à peu de volume et, dans une surenchère d'efforts et d'inventivités progressive, émerge une société quelconque. Des repères sont trouvés, des failles s'ouvrent où s'essayent des familiarités. et on débouche peu à peu sur une conversation généralement partisane et particulièrement neutre. La soirée réussira. Les femmes sont au plus sûr de leur éclat. Les hommes les couvrirent de bijoux au prorata de leurs bilans. L'un deux, ce soir, doute qu'il eût raison."
dimanche 4 octobre 2009
Dernière lecture
Son nom d'avant
d'Hélène Lenoir
Présentation de l'éditeur :
Quand elle le voit pour la première fois, c’est dans un autobus : son regard impitoyable entrant en elle, juste avant qu’il ne descende ; quelques secondes encore avec la vitre entre eux. Et puis rien.
Les circonstances dans lesquelles ils se revoient par hasard vingt ans plus tard ne leur permettent pas de s’approcher l’un de l’autre et sans doute en resteraient-ils là si cela ne tenait qu’à elle, devenue entre-temps épouse de notable et mère de trois enfants. Mais lui, maintenant, il veut quelque chose.
Mon avis au sujet de ce roman :
Ouh là là, je suis un peu ennuyée...
L'auteur doit passer dans "notre" médiathèque d'ici peu, et plusieurs de ses romans sont exposés en tête de rayonnages. Intriguée, je feuillette celui-ci : ça a l'air bien, hop, dans la pile de ceux que j'emporterai tout à l'heure. Et la bibliothécaire de me dire (nous échangeons souvent, toutes les deux...) "surtout, vous me direz ce que vous en aurez pensé".
Et m... je n'aime pas. Le début, avec ces mots qui se répètent, ces situations glauques, pouah, si je ne lui avais pas dit "ok", je n'aurais l'aurais refermé, et basta !
Et puis...
Et puis, une seconde partie dans le récit. L'approche devient alors toute autre : étrange, compliquée, écrite d'une façon artistique, intimiste. Et de me dire alors qu'il n'est pas si mal, finalement... (mais je confirme : tordu). Et je suis franchement contente de l'avoir lu jusqu'au bout. De là à dire que j'irai jusqu'à en conseiller la lecture, je ne crois pas...
Un passage choisi :
" C'était ce regard, il faut que je me concentre sur ce regard quand je me suis retournée à l'église, il faut que j'essaie de ne pas laisser ces vieilleries remonter maintenant... l'éponge qui gonfle et bloque tout, et rien que de l'eau sale quand on presse je le sais, je ne veux pas."
mercredi 23 septembre 2009
Dernière lecture
Au lecteur précoce
De Claude Pujade-Renaud
Résumé :
Il s’agit d’un recueil de nouvelles.
Malentendus et rendez-vous manqués plombent la vie des héros de ces nouvelles. Il suffirait de presque rien pour qu'ils soient aussi heureux qu'ils en ont l'air. Encore faudrait-il que les mots soient leurs alliés, qu'ils signifient exactement la même chose pour tout le monde.
Mon sentiment au sujet de ces textes :
14 récits relatent une quête de bonheur chez des hommes blessés par une enfance souvent mal vécue, parfois même à la lisière de la folie. Vous dire que j’ai aimé chacune de ces nouvelles serait faux. J’ai tout d’abord adoré le titre de l’ouvrage, qui était comme une invitation. Et puis, d’une écriture incisive, sans dérobade, l’auteur a su m’imposer son style, provoquer de vrais pincements au coeur. Oui, quelques-uns de ces récits ont su faire basculer mon imaginaire. D’autres m’ont beaucoup dérangée.
Quelques passages, que j’ai trouvés plus beaux que les autres…
" Depuis peu, papa et maman ont décidé qu’il n’avait plus besoin de veilleuse. Ils savent pour lui. Il est grand, paraît-il. Ils savent de quoi il a le droit d’avoir peur ou mal. "
" La fille brune s’esclaffe : elle tintinabule ".
" L’ivresse du toucher, les courses éperdues dans le vent, les galopades animales de l’enfance. A quel moment le rétrécissement a-t-il commencé ? "
" A présent, les enfants étaient affublés de prénoms anglo-américans et déguisés en cosmonautes qui auraient pu être en même temps les personnages bouffons d’un carnaval méditerranéen. "
" L’indication " périphérique fluide " le faisait toujours sourire, pour lui la fluidité appartenait aux feuillages des bouleaux, à l’eau des torrents ou aux dérives de la mémoire ".
mercredi 26 août 2009
Dernière lecture
Résumé :
L'histoire s'ouvre sur un premier avril : Sybille et Georgette, les deux plus jeunes, veulent faire une blague par téléphone à leur tante, mais Corinne, l'aînée, l'autorité, n'est pas d'accord, le sujet de la blague étant "Il". "Il" c'est leur père, qu'elles ne connaissent pas, elles n'ont qu'une photo de lui. Il les intrigue et les terrorise à fois. L'ombre de cet absent plane sur tout le roman, et surtout sur Sybille, la seule blonde de la fratrie, dans une famille d'italiens. C'est à "Il" qu'elle ressemble.
Au fil des pages, nous voyons les soeurs grandir. Ce livre ne raconte pas vraiment une histoire, c'est plutôt un recueil d'instants de vie, racontés dans un style vif, fait de phrases courtes. C'est ainsi qu'on plonge dans les souvenirs de l'actrice : les questions concernant "Il", les réunions entre soeurs, le départ en colonie de vacances, la découverte de l'Italie, l'incompréhension de la narratrice face au fait que sa mère soit excommuniée à cause de son divorce, la chambre refaite à neuf, l'arrivée de "Pipi-Pierre", le nouveau copain de leur mère, etc.
La fin est inattendue sans être vraiment surprenante : on est loin de la conclusion émouvante et niaise à laquelle on aurait eu droit ailleurs, mais plutôt sur le ton "la vie continue".
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Quand l'auteur annonce, en prologue, que « toute ressemblance avec des personnes existantes est un peu un hasard », on a bien sûr immédiatement envie de connaître son histoire !...
Facile à lire (trop ?), cette autobiographie reste touchante, avec des passages qui nous rappellent notre propre enfance (ah tiens ? Nos parents continuaient donc à vivre pendant que nous étions en colo ?)...
Quelques passages qui m'ont plu :
« Ma mère n’a pas une tête de parent. Elle a une tête de notre mère, c’est tout. »
« Notre vie a basculé à cause d'une histoire d'amour qui avait mal fini. »
« Plus le canular est énorme, plus il est crédible ; plus l’autre à les chocottes, plus on rigole »





















