Des commentaires sur mes dernières lectures
dimanche 1 octobre 2017

dernière lecture : La tristesse des éléphants

de Jody Picoult

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Présentation de l'éditeur :
La mère de Jenna, Alice, a disparu lorsque dcelle-ci n'avait que trois ans. Aujourd'hui, elle en a treize et est bien décidée à retrouver sa trace. Elle n'a qu'une certitude : jamais sa mère ne l'aurait abandonnée. Jenna se met à relire le journal de bord d'Alice, une scientifique qui étudiait le deuil chez les éléphants. Pour progresser dans sa quête, elle s'adjoint les services de Serenity Jones, une voyante qui prétend être en lien avec l'au-delà, et de Virgil Stanhope, l'inspecteur qui avait suivi l'enquête à l'époque.
Émouvant et haletant, le dernier roman de Jodi Picoult nous fait croire à l'impossible.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je viens de dévorer ce roman. Avec un rebondissement vers la fin qui m'a, je l'avoue, sidérée et le récit, sur la longueur, m'a beaucoup séduite (même si, certains le disent, je suis un peu "bon public" comme lectrice).
Et puis j'ai regardé les commentaires des uns et des autres sur cette incroyable histoire... Evidemment, chacun peut avoir un avis différent, d'ailleurs, c'est flagrant : chacun A un avis différent. Heureusement, sinon notre monde serait bien triste...
Pourtant, cela m'a fait réfléchir à ce mot là : critiquer.
Critiquer est-il nécessairement souligner les côtés négatifs des créations artistiques, démontrer qu'ici il y a eu une faille, et que là l'artiste aurait aussi bien fait de rester couché.
C'est vraiment ce qui m'a frappée, et j'ai pensé : "voilà, c'est exactement ça que j'ai envie de dire sur ma dernière lecture" quand j'ai écouté une émission de Laurent Ruquier à laquelle était conviée la chanteuse Camille (qui pour moi est une VRAIE artiste). Elle était venue présenter son dernier album : "Ouï". L'un des critiques m'a, oui, je crois que je peux le dire, choquée, en s'acharnant sur le sens et la forme des textes, qu'il jugeait indignes d'une ex-élève d'Hypocagne.
Pardon, Môssieu Moix : des textes qui touchent les lecteurs lambda doivent-ils être rédigés pour que seuls les (ex)élèves de Kagne, Hypocagne, Sciences Po, et j'en passe (d'ailleurs, quelle proportion de la population francophone cela représente-t-il, je serais bien curieuse de le savoir)... en saisissent le sens subtil ?
Perso (qui sais lire et écrire ...et accessoirement comprendre aussi, je crois...), je sais exactement ce qui me touche.
Un sens dans le texte
Une émotion
Une reliance ou/et une nouvelle connaissance au monde qui m'entoure.
Je sais que certains artistes un peu fêlés, qui utilisent la plupart du temps des mots simples, ont ce don là de me toucher.
Je n'ai pas besoin d'entendre pour cela des formulations intellectuelles et artificielles. J'ai juste besoin d'entendre des mots qui résonnent.
Bref...
Je voulais juste vous dire que ce roman est sacrément bien pensé, écrit, documenté (même si, même si, même si)... Si vous voulez vous laisser surprendre, séduire, et même cultiver (voui-voui), osez...
Ouvrir ce livre que le commun des "mortels" ne peut qu'encenser.
Sauf s'il a perdu son âme d'enfant
Sauf s'il a perdu le chemin des rêves et de la fiction. (fiction = Construction imaginaire consciente ou inconsciente se constituant en vue de masquer ou d'enjoliver le réel)

Morceaux choisis :
"Les grands-mères, au Botswana, disent à leurs petits-enfants, si tu veux aller vite, marche seul, mais si tu veux aller loin, marchons ensemble".
"L'écran noir de la télévision me nargue.Je ne veux pas la brancher.Je ne veux pas m'entendre annoncer quelque nouvelle horreur survenue dans ce monde où la tragédie ne connaît pas de limites."

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lundi 3 juillet 2017

dernière lecture : un appartement à Paris

de Guillaume Musso

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3,5 étoiles

 

 

 

Présentation de l'éditeur :
Le nouveau thriller de Guillaume Musso !
« L’art est un mensonge qui dit la vérité… »
Paris, un atelier d’artiste caché au fond d’une allée verdoyante.
Madeline l’a loué pour s’y reposer et s’isoler.
À la suite d’une méprise, cette jeune flic londonienne y voit débarquer Gaspard, un écrivain misanthrope venu des États-Unis pour écrire dans la solitude. Ces deux écorchés vifs sont contraints de cohabiter quelques jours.
L’atelier a appartenu au célèbre peintre Sean Lorenz et respire encore sa passion des couleurs et de la lumière. Terrassé par l’assassinat de son petit garçon, Lorenz est mort un an auparavant, laissant derrière lui trois tableaux, aujourd’hui disparus. Fascinés par son génie, intrigués par son destin funeste, Madeline et Gaspard décident d’unir leurs forces afin de retrouver ces toiles réputées extraordinaires.
Mais, pour percer le véritable secret de Sean Lorenz, ils vont devoir affronter leurs propres démons dans une enquête tragique qui les changera à jamais.
Guillaume Musso signe un thriller addictif et envoûtant porté par des personnages profondément humains. Une plongée vertigineuse dans le monde mystérieux de la création.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Je crois bien que je découvre, avec ce roman, la plume de Guillaume Musso... Il fait partie de ces auteurs que je boudais spontanément : trop populaire, un roman tous les ans, pour moi : cet auteur tient le bon filon à bon compte... Il est dans la production, et je n'aime pas ça.
Pourtant, je dois avouer qu'avec ce roman-ci, je me suis totalement laissée séduire. Peut-être parce qu'il est y surtout question du monde artistique ?
C'était à la fois reposant et trépidant. Comment expliquer... l'auteur connaît toutes les bonnes combines, il écrit bien, il ficelle son intrigue, et nous embarque dans un enchaînement de moments tous liés entre eux et passionnants. Avec des personnages atypiques et attachants.
Curieuse comme je suis, je suis allée avant la fin de ma lecture regarder sur internet si Sean Lorenz, un des personnages-clés du roman, est un artiste qui existe vraiment... et je n'arrivais pas à savoir si oui ou non...
Cela brouille encore mes pistes, j'aimerais tellement contempler ses oeuvres...
L'auteur dévoile ce petit secret à la toute fin du roman, j'aurais peut-être préféré rester dans le doute, parce que quand la fiction et le réel ne font qu'un, on appelle ça un vrai tour de passe-passe, non ? Et ça me plaît d'autant plus : je n'ai plus qu'à imaginer...

Morceaux choisis
"L'éphémère, c'est l'essence même de l'art urbain. C'est aussi ce qui fait sa beauté".
"Le temps est le plus grand exterminateur de l'histoire".
"Le bonheur, c'est agréable à vivre, mais ce n'est pas très bon pour la création. Tu connais des artistes épanouis, toi ?".

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mardi 30 mai 2017

dernière lecture : D'entre les pierres

de David Lelait Helo

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Présentation de l'éditeur :
" Les murs ont des oreilles, il faudra vous y faire. Vous l'avez souvent dit, sans jamais y croire. Car vous ne le vouliez pas, mais je vous place aujourd'hui au pied du mur, excusez le jeu de mots, je suis blagueuse [...] Ah, si les murs pouvaient parler ! Je vous le dis, ils parlent. Mes parquets grincent en mille bavardages, mes boiseries craquent en petits cris et, en dépit de mon grand âge, mes fenêtres voient loin, au-delà du temps qui passe et par-delà les siècles. L'Histoire ne s'écrit pas dans les livres, elle se respire. À l'encre et au papier, elle préfère le vent et le sang. " Une très ancienne maison de Buenos Aires prend la parole qu'on ne lui avait jamais donnée. À l'heure d'être détruite, elle révèle ce qu'elle a vu et gardé trop longtemps secret : le drame de Soledad Salvador, la femme qui aura vécu entre ses murs plus de cinquante ans, un drame qu'elle a été impuissante à empêcher... Au fil de récits de vies, la maison, rescapée de temps révolus, évoque entre rêve et réalité la fondation de la ville cinq siècles plus tôt, l'immigration qui au xixe siècle a donné le jour à l'Argentine, le mythe Eva Peron, la dictature durant les années 1970. Ce roman traite du lien intime que nous entretenons avec notre décor et des secrets dont regorgent nos vies. Il est un voyage au cœur des mythologies argentines, une rêverie qui renferme de grandes leçons de vie, d'amour et de paix.

Mon sentiment au sujet de cet roman :
Oh là là.. Zut... Je n'en suis qu'à la page 23, et déjà 3 citations qui me bousculent, me font m'arrêter et réfléchir à tout ce qui m'entoure en ce moment même. Avec le sentiment de lire un magnifique recueil de poésie, d'être extraite du réel pour entrer dans un monde parallèle qui existe, là, je n'en doute pas. Je n'en suis qu'à la page 23 et je suis littéralement conquise : par un récit qui décrit une paix profonde et ancrée, et pourtant un tumulte alentour tonitruant, la force et la tranquillité des pierres, la fragilité destructrice de l'homme. Et l'union des deux.
Je vais prendre le temps de respirer entre chaque phrase, pour comprendre la profondeur de ces mots, pour me synchroniser à la pensée de cette extraordinaire maison pensante et celle de la femme qui y vit.
Quelles sensibilités troublantes... J'ai été ce soir invitée au coeur d'un conte extraordinaire, et j'y prends pleinement plaisir.
A bien y réfléchir, ma maison, qui a été construite en 1820, a certainement tellement de choses à conter aussi. L'histoire d'un pays, je le sais, il y a des objets qui parlent pour elle encore, dans le grenier et sous la grange... et la parole des anciens que j'aime tellement écouter. Mais aujourd'hui, je sais que, même si j'aimais déjà tellement ma maison avant, je vais désormais écouter avec beaucoup plus d'attention tout ce qu'elle soufflera à mon oreille...
Vous dire enfin que, fan inconditionnelle d'Isabel Allende, j'ai retrouvé dans ce roman son univers, son talent, son accent, le trouble et la fibre artistique des pays d'Amérique latine. Oh que oui, une corde sensible a vibré, et je ne suis pas prête d'oublier ces mots, magnifiques.

Morceaux choisis :
"Faut-Il donc être au bord de perdre ce que l'on possède pour commencer à l'aimer vraiment ?"

"(...) on ne sait pas se méfier des apparences. À tort car le muet peut se montrer bavard, le sourd accueillir la confidence, le manchot tendre la main et l'aveugle distinguer la beauté de la laideur."
"Je pleurais ce que j'avais perdu, oubliant même que je n'avais pas été heureuse du temps de ma beauté. La mémoire est vicieuse, elle joue à vous inventer des paradis qui n'ont jamais été."

"Je vous dirai tout avec force détails car ce commencement coule en moi de la façon dont l'eau de pluie danse dans la terre et gorge de vie les fleurs éteintes. Commencement qu'aucun de nous ne peut ignorer car il est et sera toujours la source où nous étanchons nos soifs. On ne peut longtemps demeurer indifférent aux fondations des mondes, un jour elles nous rattrapent."
"On parle mieux derrière un masque ou de l'autre côté du rideau. Et on écoute mieux lorsqu'on ne sait rien de l'autre : la curiosité vous ouvre les oreilles, et le cœur parfois. Parfois seulement."
"Il est courant que l'on naisse une seconde fois entre dix-sept et vingt ans. Avant, c'est l'ennui, les membres suspendus à des ficelles que d'autres manœuvrent pour soi, des heures longues à attendre que le spectacle commence vraiment, à rêver d'en être l'acteur magistral."
"Est-il d'instant plus beau que le commencement, de plus émouvant que la prime jeunesse, avec ses désirs en désordre et cette inconscience de ce qui se trame ? Tout était à faire, il suffisait de rêver et de retrousser ses manches."

"Le bonheur est un compagnon inquiétant, dans son ombre rampe la peur de le perdre."
"(...) la poésie du monde ne se disait ni ne se décrivait, elle se respirait naturellement, se ressentait intimement, se faufilait en toutes choses sans autre filtre que l'âme et le cœur."
Le chagrin devait rester intime et propre."

"On ne se figure pas combien de grandes peines peuvent survenir. Je dirais en avoir observé de deux catégories : celles touchant à la mort des êtres chers et les autres causées par le chagrin d'amour ou le manque d'amour. Les deux réclamant un deuil qui pulvérise le cœur des hommes".
"Les hommes vivent plus longtemps que leurs chiens, les maisons plus longtemps que leurs habitants, et les pierres sont éternelles. Le monde est ainsi fait."

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mercredi 10 mai 2017

dernière lecture : L'amie prodigieuse

d'Elena Ferrante

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Présentation de l'éditeur :
"Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile." 
Elena et Lila vivent dans un quartier pauvre de Naples à la fin des années cinquante. Bien qu'elles soient douées pour les études, ce n'est pas la voie qui leur est promise. 
Lila abandonne l'école pour travailler dans l'échoppe de cordonnier de son père. Elena, soutenue par son institutrice, ira au collège puis au lycée. Les chemins des deux amies se croisent et s'éloignent, avec pour toile de fond une Naples sombre, en ébullition. 
Formidable voyage dans l'Italie du boom économique, L'amie prodigieuse est le portrait de deux héroïnes inoubliables qu'Elena Ferrante traque avec passion et tendresse.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Immersion totale, comment pourrait-il en être autrement ?
L'histoire a pris quelques temps avant de complètement me happer, parce que tellement vivante... Une époque pas si lointaine de la notre, des personnages attachants et puissants, des vies combatives.
Et puis, comment ne pas faire le parallèle avec le roman de Sylvia Avallone, "D'acier", qui montre aussi, à une époque beaucoup plus proche de nous, ces jeunes italiens vivant dans des milieux défavorisés et qui se débattent comme ils peuvent pour sortir d'un monde verrouillé.
Un véritable combat pour eux. Mais le temps a beau passer, les mauvais plis restent...
 
Morceaux choisis :
"Je ne crois pas avoir jamais pensé que la vie qui nous était échue fût particulièrement mauvaise. C'était la vie, un point c'est tout."
"Si on n'essaie pas, rien ne change jamais."
"Ce que c'était, la plèbe, je le sus à ce moment-là, beaucoup plus clairement que quand Mme Oliviero me l'avait demandé des années auparavant. La plèbe , c'était nous. La plèbe, c'étaient ces disputes pour la nourriture et le vin, cet énervement contre ceux qui étaient mieux servis et en premier, ce sol crasseux sur lequel les serveurs passaient et repassaient et ces toasts de plus en plus vulgaires."

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mardi 18 avril 2017

dernière lecture : En attendant Bojangles

D'Olivier Bourdeaut

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5 étoiles

Présentation de l'éditeur : 
Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur "Mr. Bojangles" de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui donne le ton, qui mène le bal, c’est la mère, feu follet imprévisible et extravagant. C’est elle qui a adopté le quatrième membre de la famille, Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique qui déambule dans l’appartement. C’est elle qui n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.
L’optimisme des comédies de Capra, allié à la fantaisie de L’Écume des jours. 

Mon sentiment au sujet de ce roman
 
Un roman extraordinaire, très rythmé, très "différent", un vrai style, quoi, et une histoire contée à deux voix (un enfant et son père) par laquelle on se laisse littéralement envoûter, comme on se laisse aussi ensorceler par l'héroïne de ce récit (la mère).
Je vous conseille vraiment cette lecture, vite lue, mais totalement indélébile par la suite.
 
Morceaux choisis : 
"Papa considérait qu'une fête romantique ne pouvait porter qu'un nom féminin"
"Quand la réalité est banale et triste, inventez-moi une belle histoire, vous mentez si bien, ce serait dommage de nous en priver".
"Si tu n'es pas sage, j'allume la télévision".
"Papa m'avait dit que les Espagnols étaient des guerriers de la fête et moi j'aimais ce genre de combat avec des fleurs, des pétards et de la sangria".
Ah ! Votre petit bonus !
Un régal...

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lundi 3 avril 2017

dernière lecture : Une fille parfaite

de Mary Kubica

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Présentation de l'éditeur :
« Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux ni comment est son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »
Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle vient de commettre une grave erreur. Et que rien, jamais, ne sera plus comme avant. Suspense psychologique envoûtant, Une fille parfaite possède une écriture affûtée, nerveuse, qui sait faire naître peu à peu une émotion bouleversante. Dans ce récit à trois voix, les apparences sont trompeuses, jusqu’à la révélation finale : un uppercut en plein cœur.
Vous n’oublierez pas Une fille parfaite. Vous n’oublierez pas Mia.
Les créateurs de la série TV, True Detective, ont pris une option sur ce roman.
 
Mon sentiment au sujet de ce roman :
Généralement, je ne suis pas très fan de ce genre de thriller, j'en lis d'ailleurs très peu. Mais là, je me suis complètement laissée emporter, sans doute parce qu'll s'agit d'un huis clos, dans une nature féroce, un cadre très particulier. Rien de glauque et pourtant, quel lieu inhospitalier. La Nature dans toute sa férocité, et l'homme, aussi.
Jusqu'au bout, j'ai adoré. Et je me suis laissée surprendre. Par l'intrigue, mais surtout par une fin incroyable.
 
Morceaux choisis :
(...) "Etre une mauvais mère est un jeu d'enfant comparé au fait d'être une bonne mère, ce qui représente une lutte de tous les instants" (...).
 

 

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jeudi 17 novembre 2016

dernière lecture : Le livre des Baltimore

de Joël Dicker

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Présentation de l'éditeur 
Joël Dicker ne quitte pas la côte Est. Le Livre des Baltimore, son prochain roman, en librairie le 1er octobre, se situe toujours à flanc d’océan. Et l’on retrouve surtout Marcus Goldman en personne, le héros de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert.
Il quitte pour cela New York et son hiver glacé pour la touffeur tropicale de Boca Raton en Floride. C’est là qu’il décide d’écrire sur sa propre famille. Marcus vient des Goldman de Montclair : classe moyenne, maison banale à Montclair, petite ville dans la banlieue de New York. Rues à la Hopper, avec maisons de briques. Marcus a grandi dans la fascination pour l’autre branche de la famille, les Goldman de Baltimore, le grand port sur l’Atlantique, porte d’entrée historique pour de nombreux migrants. Ces Goldman-là habitent une grande demeure somptueuse dans la banlieue riche de la ville. L’oncle Saul est un avocat de renom. Tante Anita est médecin à l’Hôpital John Hopkins. Il y a aussi Hillel, leur fils, provocateur inspiré, et Woody, fils adopté par le couple, sauvé des gangs et qui rêve d’une carrière dans le football.

Mon sentiment au sujet de ce roman : 
J'ai de plus en plus de difficultés à rédiger mes petites synthèses de lecture qui, pourtant, ne me prennent pas plus de temps que ça... C'est "juste" que je ne sais pas formuler exactement les choses comme je le voudrais, c'est à dire basculer par des mots ce qui se passe en moi pendant ma lecture. C'est de l'ordre du ressenti, de l'éphémère, donc, et le décrire est très inconfortable.
Ce roman-ci nous fait passer par des hauts et des bas, et déclenche pas mal d'émotions, imprime de belles (et moins belles) images dans nos neurones. Il est assez terrible, profond, et pourtant l'homme qui raconte ici son histoire est en paix. C'est troublant.
J'ai mille fois préféré ce roman-ci à "La vérité sur Harry Québert". Ici, l'histoire est intense, tragique, crédible. D'ailleurs elle est vraie.
Peut-être.

Morceaux choisis : 
"Les souvenirs, c'est dans la tête. Le reste n'est que de l'encombrement".
"Beaucoup d'entre nous cherchons à donner du sens à nos vies, mais nos vies n'ont de sens que si nous sommes capables d'accomplir ces trois destinées : aimer, être aimé et savoir pardonner. Le reste n'est que du temps perdu."

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mercredi 19 octobre 2016

dernière lecture : En cas de bonheur

de David Foenkinos

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Présentation de l'éditeur :
Claire et Jean-Jacques vivent ensemble depuis huit ans. Mais, leur tendresse apparente, qui les fait citer en exemple par leurs amis, cache la véritable érosion de leur amour... Dissection d'un couple pas comme les autres... un couple comme tous les autres.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
C'est un roman assez vite lu, qui parle de la vie de deux personnes un peu perdues. Roman ennuyeux,
et qui ne nous apprend rien.
J'aurais donc mieux fait de m'abstenir et me fier aux commentaires des lecteurs de Babelio.
Préciser que j'ai beaucoup aimé l'écriture de David Foenkinos dans plusieurs autres romans (La délicatesse, Charlotte).
Ici, je suis déçue...
 
Morceaux choisis :
"Personne ne savait que faire en cas de bonheur."
"C'était peut-être ce qu'il fallait chercher, pour se sentir serein : des éclipses de beauté dans les propositions simples de la vie."
"Il trouva que les femmes, de nos jours, étaient vraiment formidables. Elles vous aimaient ou elles ne vous aimaient pas et, au bout du compte, les hommes n'avaient plus grand chose à faire. Ils n'avaient qu'à être eux-mémes, gentiment lâches, honnêtement mous, et à attendre qu'une femme s'allonge ou non sur leur chemin. On perdait moins de temps ; si les couples divorcaient plus vite il en allait de même avec les râteaux : on avait à peine le temps de regarder une fille que déjà elle nous expliquait qu'il était hors de question d'envisager quoi que ce soit."
"Forcément, on se fait toujours un peu avoir par ce que les gens pensent de nous."
"S'ils sont éphémères, les grands bonheurs sont pires que les grands malheurs."
"Au moment où nous sommes pris en photo, nous ne saurons jamais qui aura cette photo entre les mains les mois, les années, et les siècles suivants. Quelles seront les réactions suscitées par cette photo, les incidences sur la vie des gens ?"
"Partout, la beauté pouvait se révéler. Il suffisait de laisser du temps à notre œil, de ne pas se laisser étouffer par la première impression."
"(...) il se dégageait parfois une beauté rare de l'insignifiance des choses."
O"n passe notre temps à aimer des souvenirs qui, eux, nous oublient. Chaque grain de nostalgie est un rétrécissement du chemin nous menant à la mort."

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lundi 5 septembre 2016

dernière lecture : Bilqiss

de Safia Azzedine

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Présentation de l'éditeur :
« Vous priez encore Dieu ?
– Bien sûr. Pourquoi ne le ferais-je pas ?
– Eh bien, il me semble qu’Il vous a abandonnée ces derniers temps.
– Allah ne m’a jamais abandonnée, c’est nous qui L’avons semé. »
Bilqiss est l’héroïne de ce roman : c’est une femme indocile dans un pays où il vaut mieux être n’importe quoi d’autre et si possible un volatile. On l’a jugée, on l’a condamnée, on va la lapider. Qui lui lancera la première pierre ? Qui du juge au désir enfoui ou de la reporter américaine aux belles intentions lui ôtera la vie ? Le roman puissant de Saphia Azzeddine est l’histoire d’une femme, frondeuse et libre, qui se réapproprie Allah.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un jour, en rentant du travail, j'ai croisé un jeune couple avec leur bébé dans la poussette. La femme m'a gratifiée d'un immense sourire, et d'un bonjour amical. Je ne l'ai pas reconnue tout de suite. Je lui ai souri en retour.
Et puis, au coin de la rue, je me suis mise à pleurer.
Tous les jours, je travaille avec cette belle jeune femme moderne et dynamique. Qui a de longs cheveux bruns. J'aime beaucoup son sourire, sa gentillesse, sa patience.
Ce jour-là, suis restée sidérée : elle était voilée, de haut en bas.
Cet été, à Cannes, j'ai ressenti ce même chagrin en rencontrant, en fin de journée, le premier jour de nos vacances, des femmes voilées qui se baignaient toutes habillées. Je n'avais encore rien vu de pareil, et j'avoue, cela m'a fait de la peine.
Mais ce qui m'a le plus choquée, ce sont les réflexions que j'ai entendues à leur sujet, par des gens « très comme il faut », que je côtoie depuis des années dans ce même endroit. 
« Visiblement, tu n'es pas d'accord avec moi, Anne ?" m'a dit mon voisin de plage.
Non, c'est vrai, je ne suis pas d'accord. 
Ces deux fois, j'ai réalisé que, même si je ne comprends pas leur geste, je serais prête à défendre bec et ongles la « liberté » de toutes ces femmes à se voiler, où qu'elles soient. 

Tout ça pour dire que Bilqiss est un roman extraordinaire, magistralement écrit par Safia Azzedine qui, je crois, prend tous les risques en s'exprimant aussi librement, ne serait-ce « que » dans un roman. 
Elle a fait remonter en bloc toutes mes émotions, mes souvenirs, ma frustration, ma peine et ma colère contre des hommes à l'esprit obtus, contre des femmes soumises. Contre une façon d'agir que je n'arrive décidément pas à cerner.
Elle conforte aussi ma certitude que, comme le disait si bien Simone Veil, les femmes, en période de crise, seront toujours les premières à devoir se soumettre, particulièrement dans des pays comme ici le Liban, mais aussi hélas dans un pays comme le nôtre, dont la devise est pourtant si pleine d'humanité et porteuse d'espoir…

 

Morceaux choisis :
"A vrai dire, j'aurais préféré avoir le pouvoir des hommes et manier les mots comme une bègue mais, après mille révolutions, l'ordre ne s'était pas inversé : un femme était intelligente, un homme était puissant."
" Pourquoi me regardez-vous comme ça ? demandai-je.
- Parce que mes yeux ne m'obéissent plus. Mon cœur se rebelle et ma tête est en miettes.
- Pour un homme de loi, c'est ennuyeux.
- Pour un homme tout court, c'est le pire châtiment qui soit."

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dimanche 14 août 2016

dernière "lecture" : La déesse des petites victoires

de Yannick Granneck

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Présentation de l'éditeur :
Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle.
Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l’establishment en refusant de céder les documents d’une incommensurable valeur scientifique.
Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d’Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu’elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n’a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l’après-guerre ; de l’Anschluss au maccarthysme ; de la fin de l’idéal positiviste à l’avènement de l’arme nucléaire, Anna découvre l’épopée d’un génie qui ne savait pas vivre et d’une femme qui ne savait qu’aimer.
Albert Einstein aimait à dire : « Je ne vais à mon bureau que pour avoir le privilège de rentrer à pied avec Kurt Gödel. » Cet homme, peu connu des profanes, a eu une vie de légende : à la fois dieu vivant de l’Olympe que représentait Princeton après la guerre et mortel affligé par les pires désordres de la folie. Yannick Grannec a réussi, dans ce premier roman, le tour de force de tisser une grande fresque sur le XXe siècle, une ode au génie humain et un roman profond sur la fonction de l’amour et la finalité de l’existence.

Mon sentiment au sujet de ce roman :
J'ai adoré cette lecture, qui m'a fait découvrir la vie d'Adèle Gödel.
Ne cherchez pas, il s'agit là d'une illustre inconnue, d'une vieille femme aigrie, désagréable,

Adele-Godel

oubliée de tous.
Sauf que... , quand on connaît son histoire, qu'elle nous délivre du fond de sa maison de retraite, heu... peut-on dire du bout des lèvres ? (elle est tout sauf paisible, Adèle... allant tonitruant et irritée serait sans doute mieux), on rencontre une femme exceptionnelle, qui a su accompagner cet homme complexe qu'était Kurt Gödel, grand mathématicien, mais aussi grand égoïste, asocial, malade (autiste ?).
Pour lui, une compagne de chaque jour qui a su s'oublier pour lui laisser toute la place et le rassurer. Pour elle, de la solitude, de la colère, des déracinements, du chagrin, mais aussi des rencontres improbables, comme celle d'Albert Einstein.
Le tout conté avec beaucoup d'humour et de simplicité (oui-oui, même quelques démonstrations de mathématique dont j'aurais presque pu comprendre la logique si je n'avais pas eu la mauvaise idée de m'orienter vers des études littéraires...  ;)  )
Pourtant, c'est un roman qui m'a aussi beaucoup décontenancée, du fait d'une expérience de lecture particulière : pour la première fois, j'écoutais la version audio d'un roman. Et je dois avouer que cela change tout. ça prend un temps fou ! Et demande une concentration différente, une écoute silencieuse et complète. Pour être sincère : j'aime mille fois mieux me plonger dans un roman écrit ! moi qui adore chaparder par ci-par là une ou deux citations en cours de lecture, le faire dans ces conditions devient presque acrobatique.
Ceci dit, ça m'a donné des idées. Je suis donc allée, à l'issue de ma "lecture"  ;)  chercher un site, ignorant s'il existe ou non : enregistrer ses lectures pour les non-voyants. Et bien oui ! Une association existe : "L'association des donneurs de voix" (dont voici le lien, si certains sont intéressés : http://www.advbs.fr/). Cela demande un véritable engagement, mais l'idée me titille... Et visiblement ne concurrence pas les éditeurs, puisque les fichiers audio ne sont accessibles qu'aux mal-voyants...
Je voudrais enfin remercier Babelio pour ses opération "Masse critique" (http://www.babelio.com/massecritique.php), et les éditons "Le livre qui parle" (http://www.lelivrequiparle.com/) qui m'ont offert ce CD, et donc encore une fois permis d'ouvrir ma réflexion.
Je me dis d'ailleurs qu'un partenariat avec les donneurs de voix pourrait être aussi un beau projet pour Babelio ? (moi qui ne fait même pas partie de cette asso..)
:)

Morceaux choisis :
"Chaque génération croit avoir inventé la fête et la désillusion. Le désespoir ne se démode jamais, comme la nostalgie."
"Il est plus facile de briser un atome que de briser un préjugé."
"– Vois-tu ce bleu incroyable à la lisière entre la mer et le ciel ?
Le bord de son chapeau se releva à peine.
– Tu ne le regardes même pas ! A quoi penses-tu devant l’océan ?
– Je contemple un champ d’interactions ondulatoires dont la complexité me fascine."
"Moins nous possédons de certitudes, plus nous les assenons ! C'est pour masquer la panique."
"La vie n'est pas une science exacte. Un être humain est plus que la somme de ses actes. Plus qu'une simple chronologie."
"(...) était-ce la nature du monde d'être complexe ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Plus je pense au langage, plus je suis stupéfié que les gens parviennent à se comprendre."
"Le corps hurle ce que l'esprit refuse d'admettre."
"Pour ne pas se regarder le nombril, il faut en trouver un autre à contempler."
"En physique, nous essayons d'expliquer en termes simples des choses que personne ne connaissait avant nous. La poésie, n'est-ce pas exactement l'inverse ?" - Paul Dirac
"La vanité des hommes les rend sourds, mais bavards. Etape numéro un : le laissez vous expliquer la vie."
"Le génie destructeur de la famille est sans limite".
"La contradiction comme la digression est un précieux stimulant. La réflexion se doit d'être en mouvement instable, comme la vie. Si elle s'arrête, elle se sclérose, puis meurt."
"Un jour, les machines pourront résoudre tous les problèmes, mais aucune d'entre elles ne pourra en poser un".
"Au final, était-ce la nature du monde d'être complexe, ou le questionnement des hommes qui le rendait ainsi ?"
"Il a mal ? Tant mieux. C'est qu'il est encore vivant".
"C'est terrible de se sentir enfermé dans un corps étranger. A l'intérieur j'ai vingt ans."

Posté par anne_p à 21:32 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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