de Tonino Benacquista

Benacquista Tonino Saga

¬¬¬¬¬

Présentation de l'éditeur :
Nous étions quatre : Louis avait usé sa vie à Cinecittà, Jérôme voulait conquérir Hollywood, Mathilde avait écrit en vain trente-deux romans d'amour, et moi, Marco, j'aurais fait n'importe quoi - mais n'importe quoi ! - pour devenir scénariste. Même écrire un feuilleton que personne ne verrait jamais. " Saga ", c'était le titre.
(Grand prix des lectrices de Elle, 1998)

Mon sentiment au sujet de ce roman :
...Dire que j'ai failli passer auprès du bonheur !
Lorsque j'avais lu la partie introductive au roman (la présentation des personnages principaux), je n'avais pas franchement accroché, en tout cas pas compris l'engouement de Nath' ("Hey, coucou, Nath' !") pour ce roman.
Hop, sous la pile ! ...On verra plus tard.
Quelle bêtise !
Quand j'ai extrait ce roman de ma table de nuit (un peu contrainte, mea culpa : ça doit bien faire 6 mois que l'on me l'a prêté et là, il est plus que temps que je le rende...), j'ai plongé dans un univers loufoque, drôle, extravagant, surréaliste : le bonheur.
J'adore !
Vite, vite, un autre Tonio Benacquista !!!

Morceaux choisis :
"Elle a ce genre de beauté qui rend indifférent quatre vingt dix huit hommes sur cent, mais qui fascine les deux qui restent. Je suis l'un d'eux, et par chance l'autre ne s'est jamais manifesté. "
"Hormis Dieu et les scénaristes, vous connaissez d'autres boulots où l'on façonne les destins ?"
"Si l'art imite la vie, tant mieux".
"Le même geste dit exactement le contraire, selon la lecture".
"Je sais que la foi a besoin de preuves".
"Qui a dit que les plus beaux mots désignaient les plus belles choses ? ...Quand on pense qu'adulte a donné adultère. Vous ne trouvez pas ça vertigineux ?"
"Qui a dit que les paranoïaques pesaient le réel avec une balance plus subtile ?"
"J'ai bien peur que la seule limite soit celle de notre imagination".
"Nous sommes faits de l'étoffe de nos rêves".
"Il faudrait pouvoir écrire sa vie, scène après scène, et s'en tenir au script".
"Voilà peut-être le secret du bonheur : ne plus penser qu'à l'instant présent".
"Lancer le boomerang" est un geste très sentuel et une superbe parabole de la solitude".
"Le problème, c'est que je ne serai pas là pour voir la fin du monde".

Et puis, ce passage un peu plus long, que j'adore...
"Transgresser l'interdit, ce n'est ni voler une voiture ni casser la gueule de son pire ennemi. L'interdit, c'est bien autre chose, morveux. L'interdit n'est pas forcément la faute, ni le courage de la faire. L'interdit c'est... c'est faire un geste libre, tout simplement. Un geste qui n'est dicté par aucun code, aucune revendication, aucune revanche. Un geste libre, c'est...Jeter un violon par la fenêtre dans la quiétude du soir. Psalmodier dans une langue inconnue devant un miroir. Casser paisiblement  des verres à pied tout en fumant un énorme cigare. Porter un chapeau grotesque et agir comme s'il était invisible. En somme, risquer avec délice de passer pour un dingue aux yeux des autres. Enterrer du même coup le rationnel, le bon goût et la norme. "

Ben voilà... Tonino Benacquista a une nouvelle adoratrice : moi.
Allez, dites-moi que vous aussi vous l'aimez !