mercredi 31 mars 2010

dernière lecture : des hommes

de Laurent Mauvignier

MauvignierLaurentDesHommes

Résumé :
Ils ont été appelés en Algérie au moment des "événements", en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

Mon sentiment, au sujet de ce roman :
C'est un livre encensé par la presse.
Moi je dirais que l'auteur a le don de tourner longtemps autour du pot avant d'en venir au fait, et ça, franchement, ça m'agace. En tout cas dans la première partie du roman. Après, le rythme est tout autre...
Sinon, le thème (que dis-je, le sujet lui-même de la guerre d'Algérie) est si peu abordé que cela fait du bien que, pour une fois, soit évoqué ce que taisent si bien ceux de la génération de nos parents. Eux ont vécu ces évènements, qui les ont profondément marqués, je le sais : j'ai un tonton bien plus bavard que mon père ne l'était sur le sujet... Des personnages presque réels, les conversations, quasi tangibles, l'horreur de la guerre qui tombe sur la figure de ces jeunes hommes en les sidérant. Oui, l'écriture est belle, sûrement, le récit impossible à abandonner, la vie de ces hommes si émouvante....
Mais laissez-moi préférer des sujets plus joyeux, en tout cas moins graves. Si je n'ai pas aimé, cela ne vient que de moi : la cruauté des hommes me fait mal, même dans un roman...

Morceaux choisis :
Voilà, il est là, sur les quais de la Joliette. On a écrit à la craie le numéro de son régiment sur son casque. Il est fatigué, il n'a pas dormi. Il espère dormir et pourtant il faut encore supporter cette fatigue et l'agitation autour de lui, dans son unité, toutes les unités qui vont embarquer ce soir et que quelques badauds seulement viennent voir de loin, jetant à peine quelques au-revoir, sans plus, comme de la mie de pain aux poissons et aux oiseaux du port.
Il peut écrire ça : ça va. Il peut aussi demander comment va la famille, ce qui arrive chez eux (...) et il insiste pour qu'elle lui raconte des détails, des discussions, mais aussi des anecdotes sur la vie dans le bourg et aussi des nouvelles d'autres gars partis comme lui défendre la paix avec des fusils mitrailleurs et des rangers, sauver le pays dont lui n'avait pas vraiment compris qu'il était en danger, vu qu'il ne s'y passe rien et qu'on s'y ennuie à crever.
Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c'est possible de croire que la terreur mènera vers plus de bien. Il se demande si le bien.

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mardi 30 mars 2010

Episodes

Un même regard, un même paysage...
au fond du jardin, le massif de la Chartreuse, majestueux,
surtout certains soirs où la montagne et le ciel tout entiers deviennent rose pâle :
la Sure y est mouvante au gré des heures et des saisons...

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Clarélis propose de saisir ces modulations au fil de temps.
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Photo prise hier soir.
(...et sans retouche couleur !)

dimanche 28 mars 2010

Mais oui, bien sûr qu'on était là pour travailler !

...Ah bon ? Cela ne se voit pas ?

Objectif : étudier le "etching".
Bon, ok : en pointillé,
entre les rires,
les bons petits plats,
le monstrueux désordre,
les sujets sérieux,
les sujets pas sérieux,
le thé noir,
le thé vert,
les chouquettes et les verrines chantillyteuses d'Olga,
les 20 cuissons de plaques (dont une un peu "fumante"... )
le gâteau à la pomme ou celui aux amandes-qu'avait-toute-une-histoire-de-Crème.

Et nous y sommes parvenues, figurez-vous (...enfin pas toutes, juste les plus studieuses ! Cherchez pas, sur les photos, cela ne se voit pas du tout...)

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Vous reconnaîtrez Crème, Gadouille, Tewee, Olga et Chifonie.

rencontre_fimo_mars2010_Gadouille rencontre_fimo_mars2010_Tewee

rencontre_fimo_mars2010_Creme rencontre_fimo_mars2010_Olga

rencontre_fimo_mars2010_Chifonie

...Avec, bien sûr, du orange pour Gadouille !
(ce que j'aime le plus, sur cette photo, c'est la couleur du bout des doigts...)

DSC04666

Manquaient (beaucoup !) Lulu et Sylvaine (mais je ne sais pas où elles se seraient installées, y'avait plus de place du tout sur la table !),
En fait, je crois qu'il nous manquait aussi une Nathalie, pour atteindre la perfection : j'avais repéré les bijoux de Nathalie-pluie-perle, et ceux de Nathalie-bijoux. avec cette technique du etching (...mais Olga aussi sait faire des merveilles !)

Enfin : d'autres photos de la rencontre ici et .

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samedi 27 mars 2010

Un bouclier ?

Trop féminin, alors, peut-être...

105BrocheBouclier

broche tout polymère

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vendredi 26 mars 2010

dernière lecture : mon amour, ma vie

de Claudie Gallay

GallayClaudieMonAmourMaVie

Présentation de l'éditeur :
Pa' croit au monde meilleur, il dit que la chance va revenir. Le terrain vague, au bord du périph', il l'a appelé Al'Bamo, le Paradis. En vrai, ça s'appelle rond-point de la Pologne. La bâche du cirque est trouée, il ne reste plus que deux tigres et une guenon. Il doit y avoir des endroits plus beaux que ceux-là, mais Dan, l'enfant du clan des Pazzati, n'en connaît pas. Il sait toutes les mauvaises choses qui guettent quand on est Rom, mais aussi les belles que la vie invente, le feu, les saucisses grillées, le regard de Mam' les rares fois où elle le serre contre lui. Mam', la reine des Pazzati, qui dit toujours que la pitié, ça tue les hommes.

Mon avis au sujet de ce roman :
Je suis sûre que c'est un excellent roman. Mais je n'ai pas aimé. Je suis pourtant allée (vite !) jusqu'au bout, fascinée. Mais dérangée, ô combien dérangée...
Je crois que c'est le sujet qui m'a troublée, la violence, l'enfance volée, la misère, cette vie d'errance. Tout... Mais l'écriture... Très réussi, très écoeurant. Seul le titre y est bucolique...
Une grosse claque.
Je vais m'en remettre...

Morceaux choisis :
Il y a des choses, on a envie de les faire, on ne les fait pas. C'est l'éducation. On se dit qu'on les fera quand on sera grand mais quand on est grand, on n'a plus envie.
Le mental, c'est ce qu'on a derrière les yeux quand on est gagnant.
Le bonheur, ça ne dure pas. C'est pour ça que c'est du bonheur.
C'est comme ça quand on n'envisage pas. Les choses nous tombent dessus sans qu'on ait pensé qu'elles puissent arriver.
C'est ce qui rend vivant. Aimer malgré tout. Sans rien attendre.
La pitié, ça tue les hommes.

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jeudi 25 mars 2010

Azur

Bien souvent je passe par ici.
Un signe de tête ou avec la main.
Le vieux paysan me reconnaît. Oui, évidemment : chaque matin je prends cette route pour me rendre au travail, et parfois je m'arrête, le souffle coupé, devant le paysage...
Et c'est là, bien souvent, que me revient cette chanson, "Santa Monica", celle où les gens des villes rêvent de vivre ici,

"Les paysans vont, rigolant tout bas,
de mille rides, sous leurs chapeaux de paille
Ils travaillent été et hiver
dans la chaleur et la poussière,
pour que ne meure pas leur terre
tranquillement sans ombre dans les yeux."

Parce que c'est lui, là, cet homme sur son tracteur.

Ce matin, dans l'un de ses prés, un poulain gambadait joyeusement.
Je me suis arrêtée.
"Azur", a-t-il dit, "c'est son nom".
Il lui fallait bien ça : l'immensité.

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photos mars 2010

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mercredi 24 mars 2010

Au moins on sait !

au moins là on sait
que ma cueillette d'été n'aura pas été vaine !

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Collier en pâte polymère
avec un petit morceau de verre poli par la mer...

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mardi 23 mars 2010

Et regarder dehors...

depuis ta fenêtre

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Photo souvenir de nos vacances, cet été
avec ma copine Marie-Claire

...Et avouez que c'était tentant !

été 2009

Si vous aussi voulez participer à cette rubrique,
consultez la règle du " jeu"... C' est par
ici !!!

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lundi 22 mars 2010

Première fleur ?

Pas sûre : j'ai vu plein de primevères dans les talus hier...

Alors je me suis souvenue comme je les aimais, enfant :
je voulais que mon père s'arrête tout le temps
pour toutes les cueillir et les ramener à maman
dans d'énormes bouquets qui ne tenaient même pas dans ma main.
Quelquefois, il s'arrêtait...

105BagueFleurVerte

Bague en pâte polymère et cire à dorer :
une fleur avec des fleurs dedans.

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samedi 20 mars 2010

dernière lecture : la consolante

de Anna Gavalda

gavaldaAnna_la_consolante

Présentation de l'éditeur :
Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent. 'Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l'impression d'avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu'il est devant l'évier, s'asperge le visage en gémissant. Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C'est fini. C'est fini, tu comprends ?' Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l'appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l'évidence : l'échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.' Anna Gavalda

Mon sentiment au sujet de ce roman :
Un personnage auquel on s'attache au fil de la lecture, quelques délicieux, ennuyeux ou infects instants de vie (...bref, la vie !), une amitié blessée, deux êtres qui se croisent et se reconnaissent...
Beaucoup ont été déçus à la lecture de ce roman (trop long, pas "la gavalda" que l'on connaît, etc...), tandis que moi, j'en redemande juste encore. C'est quoi, déjà, le suivant ? L'échappée belle ? J'ai déjà tellement hâte de m'y plonger...

Morceaux choisis :
Je suis d'ici... Avait englobé dans ce geste le feu, les enfants, leurs rires, les chiens, les chevaux, les prés, les bois, la rivière, son hameau de toits croulants, les premières étoiles, diaphanes, et même les hirondelles qui s'amusaient, elles au contraire, à mettre tout ce ciel entre parenthèses.
Les murs d'un enfant qui grandit sont toujours comme une leçon d'ethnologie amusante. Des mètres carrés qui palpitent et se renouvellent sans cesse.
Il se souvient comme son visage l'avait marqué la dernière fois. Mais ce n'était pas ses rides ou ses racines blanches qui l'avaient décontenancé, c'était... (...) Quelque chose, quelqu'un, la vie avait éteint la lumière.
Etat de sidération : quand la douleur est telle que le cerveau renonce, pour un temps, à faire son boulot de transmetteur.
La douleur, c'est la survie (...). Sans elle, nous laisserions nos mains dans le feu.
Charles, attentif, se concentrait pour plus tard. Leurs bêtises, leurs rires, leurs visages. Cet îlôt dans la nuit. Il ne voulait rien oublier. (...) Ce fût un dîner très gai et plein d'éphémères.
C'était une cuisine sur mesure conçe par un architecte d'intérieur, concepteur d'espace, créateur de volume, passeur de lumière et autres trouducuteries. (...) Propre, nette, immaculée (...) Le problème, c'est qu'il n'y avait rien à manger...
Ce que vous ne comprenez pas (...) ce qui vous échappe ou vous dépasse, dessinez-le. Même mal, même grossièrement. Vouloir dessiner quelque chose, c'est être obligé de s'immobiliser pour l'observer et observer, vous verrez, ce sera déjà comprendre.

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