petite_sireneJe suis la vigilente.
Si j'’avance à contretemps, ciel immense sur la tête et eau salée sur le visage, je le dois à la pluie, juste avant qu’elle ne tombe, à cette heure trouble, ce moment précis, avant le lendemain, et avant les jours, les mois, les années.
Face aux déferlantes, souvent, je ferme les yeux, et je rêve : d’une ville dans la nuit où vient, seul dans le noir, cet homme, semblait-il sans lumière. Mais il est celui que j’aime tout bas, qui me donne envie de tout connaître, de tout prendre et de tout donner : la terre légère, le nom du vent, la vie des pierres. C'est ainsi que face au large, je porte un désir dans mes yeux, grands ouverts vers l’horizon.
Et j'attends.

Texte rédigé en août 2009,
Le thème : "titres de romans" :
En partant de titres de romans contemporains conseillés sur le site "le choix des libraires" (ici), j'ai essayé d'illustrer de façon poétique, cette photo que je trouve à la fois belle et effrayante : à quoi peut bien donc penser cette femme agrippée à la proue du navire ? Pourquoi reste-t-elle dans cette posture inconfortable alors qu'il lui suffirait de joindre les bras pour plonger dans les flots et retrouver sa liberté... Symbolise-t-elle la femme, figure de proue défiant vents et marées ?
Et vous, qu'en pensez-vous ?